Régionales : la ligne « à droite toute » de Laurent Wauquiez écrase toute concurrence
Alors que seul un électeur sur trois s’est rendu aux urnes, le président sortant de la région Auvergne-Rhône-Alpes a presque déjà plié le match. Avec environ 43,8% des voix au premier tour, il a asséché le Rassemblement national et ne laisse à la gauche, rassemblée derrière l’écologiste Fabienne Grébert, qu’un maigre espoir d’inverser la tendance.

Une « nouvelle espérance » pour la droite, « les cartes sont rebattues » pour la gauche, un « scandale démocratique » pour l’extrême-droite. Au soir du premier tour des élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, chaque formation politique entend imposer sa propre analyse du scrutin, pour se poser en grand vainqueur, en outsider qui monte, ou en victime d’un malentendu électoral.Reste une certitude : celle d’une désaffection sans précédent du jeu politique par les électeurs. Une abstention massive s’est emparée de la région : du Cantal à la Haute-Savoie, en passant par la Métropole de Lyon, plus de 67% des électeurs ne sont pas allés voter, contre 51% en 2015.
« Je suis venue plus par habitude, j’ai l’impression que la politique n’intéresse plus grand monde », soufflait Véronique, une jeune retraitée croisée au bureau de vote numéro 43 de Villeurbanne. Dans ce quartier des Gratte-Ciel, fief des socialistes, à peine 18% des électeurs s’étaient mobilisés dimanche à 18 heures. A Saint-Fons, en banlieue lyonnaise, seuls 13% des inscrits se sont rendus aux urnes dimanche. Une crise politique aiguë qui rend toute interprétation du scrutin un peu vaine.
En Haute-Loire, plus de 67% pour le seigneur Wauquiez
Dans ce désert démocratique, le président sortant d’Auvergne-Rhône-Alpes règne en maître. Dans son fief de Haute-Loire, le seigneur Wauquiez obtient plus de 67% des voix. Aussitôt les premiers résultats connus, il s’est empressé de prendre la parole depuis son siège de campagne, dans le quartier de la Confluence à Lyon, pour se féliciter d’un « choix net pour un cap clair ». Un cap qui l’a amené, tout au long de la campagne, à préempter de plus en plus ostensiblement les discours et les obsessions de l’extrême-droite. Pari gagnant : avec 43,79% des voix, Laurent Wauquiez, qui souhaite jouer sa partition lors de la prochaine présidentielle, peut estimer que sa stratégie est validée.
Dans son discours, l’ancien patron des Républicains empile les éléments de langage sur les « valeurs » qu’il entend incarner. Un corpus idéologique qui ne surprend plus personne à force d’avoir été rabâché tout au long du mandat : « Le travail plutôt que l’assistanat », « la promotion du mérite plutôt que le nivellement par le bas », « l’importance de la fermeté plutôt que le laxisme », « la défense de notre mode de vie plutôt que le communautarisme ». Et « tout simplement le bon sens » pour chapeauter l’ensemble.

Laurent Wauquiez pendant la campagne électorale.
Dans une campagne étouffée par l’ambiance sécuritaire, les sondeurs promettaient le rôle de dauphin de Laurent Wauquiez à Andréa Kotarac. Le candidat du Rassemblement national ressort finalement essoré du scrutin, avec seulement 12,33% des voix, contre 25% en 2015 pour son prédécesseur Christophe Boudot. Un siphonnage en règle. Andréa Kotarac a beau attribuer ce revers à l’abstention massive, crier au « scandale démocratique » en évoquant les courriers de maires pro-Wauquiez envoyés à la veille du scrutin, ou appeler à un « sursaut de tous les patriotes » pour le second tour, le constat demeure : une partie de ses électeurs ont trouvé dans Laurent Wauquiez un substitut plus satisfaisant.
Les macronistes de la région sont les autres grands perdants de la soirée. Emmenée par le député (LREM) de Villeurbanne Bruno Bonnell, omniprésent pendant la campagne, la majorité présidentielle est rayée de la carte de la région. Avec 9,87% des suffrages, Bruno Bonnell tire sa révérence, toute fusion avec une autre liste étant politiquement impossible. Un désaveu cinglant pour le gouvernement. Désormais orphelins, ses électeurs se retrouvent devant un choix cornélien : sortir leur nuancier pour distinguer les lignes identitaires de Laurent Wauquiez et d’Andréa Kotarac, voter pour des candidats de gauche écologistes dépeints en « khmers verts » par une large partie des cadres de la Macronie, ou rejoindre le flot des abstentionnistes.
Performance en trompe-l’oeil
Face au (très gros) score du candidat LR, Fabienne Grébert a créé la (petite) surprise de ce premier tour. Avec 14,45% des suffrages, l’écologiste devance nettement sa rivale socialiste Najat Vallaud-Belkacem (11,4%) mais aussi et surtout le RN Andréa Kotarac. Déjouant les sondages, elle termine deuxième de ce premier round, ce qui la place, de fait, en principale adversaire du président sortant de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une performance en trompe-l’œil : elle est davantage la conséquence de la faiblesse du candidat d’extrême-droite dans les urnes que du score de Fabienne Grébert.
Il n’empêche ! Ce dimanche 20 juin, ses partisans veulent croire que la victoire est toujours possible. « Grébert, faut mettre Wauquiez par terre ! », chantent-ils dans le bar du 3e arrondissement de Lyon où ils se sont réunis. Chaleureusement accueillie par le maire Grégory Doucet, la candidate y délivre un discours offensif. D’abord grave, quand elle met en parallèle l’histoire de la lutte pour le droit de vote avec l’abstention historique du scrutin. « Nos concitoyens sanctionnent un système cynique, un système où tout semble joué d’avance », analyse-t-elle. Puis bagarreur, en installant le duel avec son adversaire : « Ce soir, nous pouvons renverser l’affairisme et le clientélisme (…). J’ai la responsabilité de rassembler ceux qui refusent de laisser la région à la droite extrême et à la droite du RN. Il n’y a pas de fatalité à une société qui promeut la haine. »
Plus tard dans la soirée, Fabienne Grébert retrouve Najat Vallaud-Belkacem à la préfecture du Rhône. Devant les caméras et les appareils photos, les deux femmes posent « rassemblées ». « Nous sommes unies, sans l’ombre d’une hésitation », commente l’ancienne ministre de François Hollande. La grande perdante de la soirée se range derrière Fabienne Grébert.
« Si les socialistes étaient arrivés en tête, cela aurait plombé la petite chance qu’il nous reste de gagner »
C’était l’élection dans l’élection : qui de l’écologiste ou de la socialiste devancerait l’autre à l’issue du premier tour ? « Cela fout bien les boules d’être autant derrière », enrageait, dans la soirée, un membre de l’équipe de la candidate PS. Un an après le doublé lyonnais (ville et métropole), les résultats de ce dimanche confirment le prédominance locale d’EELV au sein de la gauche. Pour la seule ville de Lyon, Fabienne Grébert recueille 22,66% des voix contre 13,78% pour Najat Vallaud-Belkacem. Même dans le bastion socialiste de Villeurbanne, elle creuse l’écart (24,20% des suffrages contre 18,56%).

Fabienne Grébert et Najat Vallaud-Belkacem, le 20 juin 2021.« Si les socialistes étaient arrivés en tête, cela aurait plombé la petite chance qu’il nous reste de gagner, pense le vice-président (EELV) du Grand Lyon Jean-Charles Kohlhaas, ancien conseiller régional. Je suis sûr que l’électorat a plus envie de voter pour une tête de liste écologiste que PS. » Reste que même en additionnant les bulletins de vote qui se sont portés sur leurs noms, les deux représentantes de la gauche sont loin de faire jeu égal avec Laurent Wauquiez.
Fabienne Grébert l’avait bien compris en dramatisant plus que d’autres la faible participation : « La gagnante de la soirée, c’est l’abstention, et la perdante, c’est la démocratie. » Seule une mobilisation plus forte des électeurs de gauche pourrait lui laisser l’espoir d’entraver la réélection annoncée de Laurent Wauquiez dimanche prochain. Mission impossible ?
En Auvergne-Rhône-Alpes, une politique d’infrastructures à l’ancienne
En Auvergne-Rhône-Alpes, la campagne des régionales tourne autour de la figure de Laurent Wauquiez, et notamment de sa politique d’investissement dans le béton, critiquée pour son anachronisme et son fonctionnement jugé clientéliste.
Il ne fait pas bon être paysan au bord de la route nationale 88 (RN88) entre Lyon, capitale de la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes et le Puy-en-Velay, préfecture de la Haute-Loire, et fief de Laurent Wauquiez, le président de la région. Au milieu, Saint-Etienne, et un grand projet routier controversé de chaque côté.
Côté Lyon, les maraîchers, arboriculteurs et éleveurs des côteaux Sud des Monts du Lyonnais redoutent depuis longtemps la construction de l’A45, un vieux projet autoroutier visant à relier la capitale des Gaules à Saint-Etienne sans emprunter la RN88, qui offre pourtant déjà une 2×2 voies le long de la vallée industrielle du Gier.
Côté Le Puy, les éleveurs laitiers des Monts d’Yssingeaux sont en lutte contre une nouvelle 2×2 voies sur une dizaine de kilomètres, qui contournerait le tracé historique sur la petite portion de la RN88 qui reste encore en 1×1 voie.
Les deux projets symbolisent la politique de Laurent Wauquiez (LR) arrivé à la tête de la région en 2015, après deux mandats PS. L’ex-patron des Républicains mène alors campagne pour la région avec une philosophie très claire : avec lui au pouvoir, la chasse sera donnée aux dépenses jugées improductives, et tout l’argent des contribuables ira à l’investissement dans des projets tangibles. La formation professionnelle ? Peu efficace, et trop chère. Les aides à la culture ? Trop élevées. Les instances de développement locales financées par la région ? Trop techno, et pas assez concrètes. Dès son premier budget, Laurent Wauquiez met en pratique ses promesses et chamboule les dotations.
Long de 10,7 km, le doublement d’un tronçon de la RN88 devrait mobiliser 226 millions d’euros d’argent public, notamment pour construire les treize ouvrages d’art (dont un viaduc) nécessaires pour serpenter au milieu des montagnes
La RN88 devient alors rapidement une priorité pour le nouvel exécutif. Et tant pis si les infrastructures routières ne sont pas une prérogative régionale, et que la RN88 est gérée par l’Etat. L’Etat, justement, tergiverse longtemps sur la nouvelle A45 entre Lyon et Saint-Etienne. Mais dans la foulée de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement enterre ce giga-projet consommateur de terres agricoles. Dénonçant une décision « indigne », Laurent Wauquiez se rabat sur l’autre chantier de la RN88 : le doublement d’un tronçon aux portes du Puy-en-Velay.
Mais là aussi, le nouveau tracé fait polémique. Long de 10,7 kilomètres, il devrait mobiliser 226 millions d’euros d’argent public, notamment pour construire les 13 ouvrages d’art (dont un viaduc) nécessaires pour serpenter au milieu des montagnes, avec un passage à près de 1 100 mètres d’altitude. D’après ses défenseurs, le projet doit raccourcir le trajet Saint-Etienne – Le Puy de 15 minutes, et apporter des perspectives économiques à une sous-préfecture enclavée.
Mais « d’une part, les gains de temps sont surestimés, d’autre part, les retombées économiques ne sont pas chiffrées et les coûts économiques sont minorés », estime Renaud Dumas, candidat sur la liste menée par Europe Ecologie Les Verts, et par ailleurs maraîcher bio à Retournac. « 29 fermes seraient touchées par le tracé, et l’impact touristique négatif serait très net dans ce paysage remarquable », poursuit-il.
Anachronismes
Les écolos ne sont pas les seuls à dénoncer la faible prise en compte des externalités. Dans un avis particulièrement sévère, l’Autorité environnementale dénonce un dossier beaucoup trop léger. Contrairement à l’A45, l’Etat n’a, pour le moment, pas enterré le projet. Mais il se contente d’un soutien a minima (14,5 millions d’euros), laissant à la région le soin de payer les 198 millions d’euros que Paris devrait en théorie apporter sur cette route nationale dont il a la gestion. « Durant son mandat, Laurent Wauquiez a dépensé 430 millions d’euros pour la route, qui n’est pas une compétence régionale, et 230 millions sur le ferroviaire, qui relève de sa compétence », dénonce Najat Vallaud-Belkacem, candidate à la tête de la liste PS.
« Au-delà de la question des conséquences climatiques de ces choix, quand la région finance des routes à la place de l’Etat, elle ne finance pas des trains. Sauf que personne ne va aller financer les trains à sa place », regrette-t-elle. Comme les écologistes, la candidate promet, si elle est élue, de relancer des petites lignes (rive droite du Rhône, Oyonnax-Saint-Claude…) et déployer une logique de « RER métropolitain » autour des grandes villes, et notamment de Lyon. Le candidat LREM, Bruno Bonnell, insiste davantage sur les « grosses » lignes régionales, promettant par exemple de doubler la vieillissante ligne Lyon-Grenoble. Mais s’est aussi signalé par un soutien inattendu à l’autoroute A45, pourtant enterrée il y a quatre ans par sa propre famille politique (LREM).
Outre la route, Laurent Wauquiez a multiplié les soutiens à des projets économiques à l’ancienne, à l’image de son plan montagne, qui a fait la part belle à l’enneigement artificiel
Outre la route, Laurent Wauquiez a, durant son mandat, multiplié les soutiens à des projets économiques à l’ancienne, à l’image de son plan montagne, qui a fait la part belle à l’enneigement artificiel. Le Président a ainsi fait voter plusieurs dizaines de millions d’euros pour financer des canons à neige, notamment dans les stations de moyenne montagne, qui font face, réchauffement climatique oblige, à des hivers de plus en plus doux.
« Laurent Wauquiez a fait du canon à neige un programme politique, alors que c’est un outil technique », estime Vincent Neirinck, de l’association Mountain Wilderness.
« Le canon n’est pas un ennemi. Il peut çà et là permettre d’assurer un croisement de piste, ou de prendre le relais de la neige naturelle sur un passage venté. Il ne s’agit pas d’être contre le ski alpin, même pour des écolos barbus comme nous, s’amuse-t-il, avant de poursuivre plus sérieusement : « Faire de la neige artificielle une politique massive, c’est aller contre la réalité de la montagne, et c’est la résumer au ski alpin, alors que le Covid a rappelé que la mono-industrie est une source de fragilité pour nos stations, et qu’on doit penser la montagne pour tous, et pas seulement pour des skieurs alpins aisés qu’on veut faire venir de toute l’Europe ».
Dans son programme, Laurent Wauquiez promet désormais de bâtir « La première montagne durable du monde ». Un changement de tonalité qui se ressent déjà sur le terrain, se réjouit Vincent Neirinck. « Nous organisons cette année les états généraux de la transition du tourisme en montagne, et la région est montée dans le bateau ». Une démarche devenue relativement consensuelle chez les principaux candidats, qui promettent tous de développer un tourisme de montagne plus équilibré.
« Seigneur des panneaux »
Au-delà de leur dimension « climaticide », terme employé par Najat Vallaud-Belkacem, les choix budgétaires de Laurent Wauquiez sont « clientélistes », dénoncent de concert plusieurs partis d’opposition. A l’image de la création avortée du Parc naturel régional des sources et gorges de l’Allier.
« Les élus locaux avaient créé une belle dynamique, et il ne manquait pas grand-chose pour que la création du parc aboutisse », se souvient Renaud Dumas. « Mais Laurent Wauquiez a refusé, au motif que l’argent de la région investi dans ce projet serait mal dépensé. Il a promis de redistribuer la mise directement aux communes, et a tenu sa promesse : les maires qui sont dans son camp ont refait les trottoirs de leur village ou ont construit leur salle polyvalente. Les autres n’ont rien eu. »
L’accusation sur le « système Wauquiez » n’est pas gratuite. Nos confrères de Mediapart ont ainsi documenté la façon dont ses équipes ont surinvesti en Haute-Loire, publiant au passage un enregistrement audio où Laurent Wauquiez explique « ne pas avoir l’intention d’arroser Villeurbanne », grande ville limitrophe de Lyon qui vote très largement à gauche.
La dernière grande critique sur l’investissement façon Wauquiez porte sur son obsession pour la lutte contre les dépenses de fonctionnement. Voulant sortir de son mandat avec une image de bon gestionnaire des finances, le président a coupé dans de nombreuses dépenses de l’ombre (formation professionnelle, développement économique, politique de la ville, culture…) pour afficher un budget excédentaire, tout en investissant dans le béton. Le tout adossé à une vaste campagne de communication.
La majorité des projets qui reçoivent une subvention régionale doivent afficher un panneau bleu indiquant le soutien financier de la région
La majorité des projets qui reçoivent une subvention régionale doivent ainsi afficher un panneau bleu indiquant le soutien financier de la région. « Je faisais une randonnée et là, à 2 700 mètres, au pied d’un calvaire, que vois-je ? Un panneau avec le logo de la région, qui a participé à la restauration de ce petit édifice », raconte ainsi l’élu d’opposition PS Jean-François Débat. Laurent Wauquiez, parfois surnommé « le seigneur des panneaux », se défend en assurant qu’il s’agit d’expliquer aux citoyens à quoi sert l’argent régional.
Mais pour Najat Vallaud-Belkacem, « ce fonctionnement entraîne un surinvestissement dans les projets « en dur » pour lesquels on peut couper des rubans. Dès qu’il s’agit de financer des moyens humains, par exemple de l’ingénierie, ça ne l’intéresse plus, car on ne peut pas déposer des panneaux bleus dessus ». Socialistes (Parlement climatique et social) comme écolo (Convention citoyenne pour la transition écologique et sociale) promettent de recréer des contre-pouvoirs citoyens pour définir les orientations budgétaires et assurer la transparence des investissements. Une bonne partie du sort des paysans du bord de la RN88 devrait donc se jouer ce dimanche, et le suivant.
Auvergne-Rhône-Alpes est une région « grande comme le Danemark et peuplée comme la Suisse », illustre l’élu LR Etienne Blanc, proche de Laurent Wauquiez. Avec une mosaïque de territoires et de situations socio-économiques très contrastées. Difficile d’y porter un discours consensuel et unificateur. Chaque candidat soigne donc son électorat. Laurent Wauquiez, président sortant, est donné favori dans les sondages. Il compte notamment sur la mobilisation de sa Haute-Loire d’adoption, qu’il a particulièrement choyée durant son mandat.
Mais le PS, les écolos et les communistes et insoumis, qui partent séparés au premier tour mais qui devraient s’unir au second, croient beaucoup en leurs chances, notamment dans les grandes métropoles. Celle de Grenoble leur est acquise depuis longtemps. La nouveauté vient de Lyon, où la ville et la métropole ont échappé à la droite et à LREM, pourtant unies, mais battues par Europe Ecologie les Verts aux dernières élections municipales et métropolitaines. Le Rassemblement national peine à exister dans une région que Laurent Wauquiez a largement labourée, notamment sur le thème de la sécurité. Enfin Bruno Bonnell, candidat La République en marche, mène une campagne résolument optimiste, sur l’air du « ça va mieux » actuellement chanté par Emmanuel Macron.
Laurent Wauquiez tente d’orienter la campagne sur le terrain de la sécurité, qui occupe environ un quart de son programme. L’opposition essaie, côté RN, de faire de la surenchère, et côté PS, de sortir de ce piège, en rappelant que la sécurité n’est pas une compétence régionale. L’opposition de gauche insiste également sur la formation professionnelle, de façon à appuyer sur l’un des choix de Laurent Wauquiez les plus contestés : avoir réduit le budget de la formation professionnelle d’environ 150 millions d’euros par an. Enfin, le candidat LREM Bruno Bonnell et la candidate écologiste Fabienne Grébert annoncent vouloir rétablir les subventions aux associations de protection de l’environnement. Une façon là encore de se démarquer de la politique du président sortant, qui a retiré des financements à ces associations pour les donner aux chasseurs.
Vincent Grimault alternatives économiques