« Les Formes du visible », de Philippe Descola
Fruit d’une dizaine d’années de travail et de lecture, cette somme, où l’analyse anthropologique côtoie les anecdotes et les commentaires inspirés de cent cinquante-six illustrations, imprime un tournant à l’étude de cette réalité omniprésente qu’est l’image. Car, pour l’ethnologue Philippe Descola, l’image peut bien plus qu’imiter. S’il l’a traquée dans le monde entier, c’est dans le but de mettre en évidence l’importance d’une dimension souvent négligée par la théorie esthétique, celle de l’effet que les images exercent. Cette efficace de l’image tient à sa capacité de faire apparaître l’invisible, le « non-humain », dieu, esprit ou animal, afin que celui-ci se confonde un temps avec nous. Seul l’Occident moderne, depuis l’invention de la perspective à la Renaissance, aurait limité l’essence de l’image à la représentation. Un travail plein d’entrain et d’humour, aussi passionnant qu’agréable à lire.
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« Les Formes du visible », de Philippe Descola, Seuil, « Les livres du nouveau monde », 768 p., 35 €