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Visite à la ferme de l’Oadie

Aujourd’hui, Vendredi 21 Janvier, c’est le lancement des fameuses Rencontres de l’Écologie au Quotidien. Pour rentrer dans le bain, une visite à la ferme. La ferme de l’Oadie. Celle ci se situe à quelques minutes au dessus de Die. Valérie, paysanne éleveuse, nous reçoit et se présente. Après avoir fait carrière dans un lieu d’accueil organisant sorties en chien de traineau et randonnée équestre, elle a décidé en 2018 d’acheter un terrain pour « créer une petite ferme polyculturelle et en polyélevage afin de se préparer aux changements sociétaux et environnementaux à venir ». Beaucoup auraient hésité à investir dans cette friche de plusieurs hectares qu’elle achète, envahie par les ronces et bien inondée. Valérie fait aménager fossés, rigoles, mares, et très vite peut y laisser ses chevaux et commencer les premières buttes de permaculture. Après quelques débroussaillages, un ancien abri est rénové pour y créer un lieu de stockage, un minimum d’outillage de transformation pour les légumes, une douche chauffée pour les futurs campeurs et woofers, le tout autonome en électricité grâce à un système de panneaux solaires. S’en suivent l’installation d’un poulailler, la création d’un verger et de plateformes pour les tentes du camping à la ferme. Avec cette dernière activité, la vente d’œuf et de chevaux d’élevages et bientôt les fruits des arbres nouveaux, Valérie espère rentabiliser ses investissements.
Valérie nous raconte diverses anecdotes en lien avec l’installation sur le lieu. « Étant donnée l’urgence climatique, nous sommes obligés de revenir au bon sens » nous dit-elle. « Nous plantons des vergers multivariétés avec des arbres fixateurs d’azote et des techniques de grand mère », comme celle de placer des coquilles d’œufs sur les branches des pêchers afin de fixer les micro-organismes porteurs de maladies et limiter le phénomène de cloque. Pour les poules, Valérie fait venir un poulailler high tech, autonome en énergie, afin de garantir l’hygiène de l’élevage et sa pérennité. « La première question à se poser quand on élève des poules, c’est : Voudriez vous être poule chez vous ? »!. Viennent ensuite les anecdotes de vie et de mort des poules dont elle a été confrontée. Elle qui était végétarienne, nous explique comment son éthique a évolué, après diverses attaques de rapaces ou de renards, ou fin de vie de ponte des poules (une poule a une quantité définie d’ovules et arrête de pondre au bout de 2 ans en moyenne !). Et pour le futur, elle souhaite se diversifier et produire des œufs de couleurs différentes en faisant cohabiter plusieurs espèces. Elle espère pouvoir aller du blanc…  au bleu… voire marron ou kaki ! C’est possible et naturel ! C’est une découverte pour la plupart d’entre nous-autres participants !
En tout cas, pour Valérie « la cohabitation entre les animaux et les végétaux semble indispensable pour réduire au maximum l’utilisation de kérosène ». Enfin, le terrain est partagé avec Julie qui s’abandonne également à des expériences de polyagriculture, uniquement végétales de son côté. C’est plus confort que d’être seule, même si parfois le facteur humain se fait sentir. La visite se termine par le ramassage des œufs, une petite cinquantaine ce matin là.
Malgré le vent, le soleil,  ce partage authentique nous aura maintenu pendant 2h sur le terrain au pied des falaises du Vercors Sud et des rapaces friands des courants aériens !
Fabien V. (Texte et photos)
26150 Die

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