Thibaut vous propose de partir pour une expédition philosophique à une époque où il y a ceux qui sont déjà à la montagne et ceux qui vont bientôt s’y rendre…

La montagne inspire une expérience philosophique particulière à gravir
Elle est un élément de notre géographie terrestre. Elle est présente dans les paysages de nombreux pays, mais comme la mer, la forêt ou le désert, elle inspire aussi une expérience singulière, elle est là, à l’horizon comme un espace de liberté à conquérir, mais aussi comme une limite, comme un obstacle et parfois, souvent, comme un danger. Nous voila donc face à plusieurs sentiers pour la gravir philosophiquement : il y a le sentier éthique du défi qu’elle incarne, le sentier épistémologique de sa définition, le sentier métaphysique de son inspiration et le sentier écologique de son équilibre.
Le sentier éthique
Que l’on marche ou que l’on grimpe, la montagne se présente comme un défi à notre liberté et son ascension est l’occasion d’un apprentissage singulier.
La montagne exige de nous une force de caractère, une détermination qui forme et transforme notre liberté. Voilà le paradoxe : la montagne est un espace de liberté qu’à la condition d’en affronter les difficultés et les défis.
Le sentier épistémologique
« Epistémologique » c’est un gros mot pour désigner la connaissance que nous pouvons avoir d’une chose. Et pour la montagne on a un problème de définition. Parce que si on voit bien où elle se termine : au sommet, on ne voit pas bien où elle commence. Sur les côtés on parle de chaîne ou de contreforts, et puis vers le bas, dans la descente, quand arrive-t-on vraiment en bas ? Au niveau de la vallée ? Ou plus bas, en descendant jusqu’au niveau de la mer ? Mais alors la montagne est bien plus grande qu’il n’y paraît… Je pourrai multiplier les questions, mais vous voyez que la définition géographique de la montagne est plus complexe qu’il n’y paraît. Quand on y réfléchit la montagne invite plus à la continuité et au passage, qu’à la rupture et à la frontière.
Une expérience métaphysique
Et qui apprend à voir la puissance de la montagne, apprend aussi à voir sa fragilité. Comme bien d’autres paysages et écosystèmes naturels, la montagne repose sur un équilibre subtil, fait par exemple de fleurs d’altitudes, de glaciers monumentaux et d’animaux singuliers. C’est le sentier écologique sur lequel attire notre attention l’un des pères de l’écologie contemporaine, Aldo Léopold dans son texte « Penser comme une montagne ». Bien sûr les montagnes ne pensent pas, mais rien n’empêche d’essayer d’adopter leur point de vue. C’est même nécessaire, pour qu’elles puissent continuer de nous faire rêver et d’être le terrain d’exploration de notre propre liberté.
Livres
Romans de montagne : Premier de cordée – La grande crevasse – Retour à la montagne
Roger Frison-Roche
Premiers voyages en zigzag, ou Excursions d’un pensionnat en vacances dans les cantons suisses et sur le revers italien des Alpes, par R. Töpffer, illustrés d’après les dessins de l’auteur et ornés de 15 grands dessins par M. Calame. 4e édition
Rodolphe Töpffer































































































