Communiqué du 14 février 2022
Le loup abattu à Crest (Drôme) ou le pied de nez de l’État aux éleveurs qui protègent leur troupeau
Dans la nuit du 8 au 9 février 2022 un lieutenant de louvèterie abattait un loup responsable
de dommages sur un troupeau de brebis à CREST, quartier des Gardettes. Ce tir fait partie des
mesures dérogatoires qui peuvent être ordonnées par les préfets dans le cadre du plan de tir
annuel de 120 loups à abattre pour l’année 2022.
Alors que la Commune de Crest est classée parmi les centaines de communes drômoises dans
la liste des territoires susceptibles de subir des attaques de loups (Cercle 1), alors que l’éleveur
avait déjà subi, bien avant l’arrivée du loup, une forte attaque de chien ; le troupeau ne
bénéficiait d’aucune protection(1). Sans accabler cet éleveur qui a probablement agi par
naïveté, il importe de redire que, dans ce contexte, les attaques de loup ou de chien sont
inévitables.
Les associations de protection de la nature (APN) sont conscientes du drame que constitue,
pour un éleveur, la perte accidentelle de brebis. Elles rappellent que les dommages dus au
loup sont tous correctement indemnisés.
Depuis le retour naturel du loup(2), de nombreux éleveurs et/ou bergers sont conscients que
le monde change, que l’opinion évolue en faveur de l’animal, qu’il soit domestique ou
sauvage. Ils sont de plus en plus nombreux à comprendre que la nécessaire Transition
amorcée dans une multitude de secteurs d’activité, doit aussi s’opérer dans les pratiques de
l’élevage en acceptant, entre autres, de coexister avec toutes les autres formes de vie, fussent–
elles concurrentes.
La Transition demande de l’intelligence et beaucoup d’efforts et les éleveurs qui se tournent
résolument vers l’avenir réalisent un travail difficile pour adapter leurs pratiques à la présence
du loup avec des résultats qui sont la plupart du temps au rendez–vous.
La légitime solidarité nationale s’exerce déjà pour accompagner financièrement les éleveurs
dans la Transition de l’élevage vis à vis des grands prédateurs. Elle doit être maintenue coûte
que coûte (protection des troupeaux et indemnisation).
Les tirs dérogatoires létaux font partie du dispositif des aides aux éleveurs dans les cas
extrêmes où, MALGRÉ UNE PROTECTION ADAPTÉE ET EFFECTIVE DU TROUPEAU, les attaques
du loup se répètent.
Dans le cas du loup abattu à Crest, le représentant de l’État a signé une autorisation de tir sur
un troupeau qui ne possédait aucune protection. Ce faisant, non seulement celui–ci « s’arrange »
avec les textes en vigueur(3) mais il envoie un signal de complaisance en
direction des éleveurs qui ne protègent pas leur troupeau.
Quelques heures avant l’abattage du loup, les services de l’État ont demandé à l’éleveur
d’installer à la hâte une clôture électrifiée avant l’intervention du tireur afin que ce dernier
puisse inscrire dans la fiche de tir qu’il a « constaté la protection du troupeau »… Cette
formule doit en effet figurer dans « la fiche de tir » et sans elle, le tir peut être contesté devant
un juge administratif. Chacun appréciera l’élégance du procédé.
L’affaire du « loup de Crest », tel qu’elle a été traitée par le représentant de l’État, constitue
un pied de nez à tous les éleveurs et bergers qui respectent la Loi et s’investissent dans un
difficile travail visant à assurer une protection optimale de leur troupeau.
FRAPNA Drôme Nature Environnement
France nature environnement Auvergne Rhône–Alpes (FNE AuRA)
Contacts presse :
Georges EROME : 06 07 21 83 67
Didier ARIAGNO : 07 85 34 11 19
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1– En cercle 1, les mesures de protection (clôtures électrifiées, chien de protection, berger…) sont financées
à 80 % par des aides publiques (mesure 07.62, financement État et Europe – FEADER).
2– Dans la Drôme, le retour du loup date de la fin des années 1990. Aujourd’hui, la Drôme et les territoires
limitrophes comptent une vingtaine de meutes, soit un effectif de l’ordre de 120 loups de plus d’un an.
3– L’abattage d’un loup, par dérogation, doit s’effectuer sur un troupeau protégé. Arrêté du 23 octobre
2020 fixant les conditions et limites des tirs dérogatoires de loups (en particulier art. 14 et 17).
Cordialement
Frapna Drôme Nature Environnement
38 avenue de Verdun
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Site : http://www.frapnadrome.org/