
Elisabeth Borne est nommée première ministre par Emmanuel Macron
Ministre des transports, de l’écologie puis du travail depuis l’arrivée au pouvoir du président de la République, l’ancienne présidente de la RATP devient la seconde femme nommée à Matignon, après la démission de Jean Castex.
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Transition écologique : Le Président de la République a nommé Mme Elisabeth Borne, Première ministre et l’a chargée de former un Gouvernement
Venue du Parti socialiste, Élisabeth Borne correspond bien au portrait chinois dessiné au lendemain de son élection par Emmanuel Macron : « quelqu’un qui est attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive ».
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u plus près des Français qu’on trouvera les bonnes réponses », ajoute la nouvelle cheffe du gouvernement.
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L’actuelle ministre du travail, membre du gouvernement depuis 2017, est devenue, lundi, la seconde femme à occuper Matignon
Vingt-deux jours après la réélection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, le chef de l’Etat a décidé de nommer Elisabeth Borne au poste de première ministre pour commencer son second quinquennat, en remplacement de Jean Castex. Ce dernier a remis la démission du gouvernement, lundi après-midi, et doit laisser sa place, lors d’une passation des pouvoirs à Matignon, à celle qui était jusqu’ici ministre du travail.
D’abord chargée des transports, puis de la transition écologique et solidaire, elle avait pris la tête d’un grand ministère du travail, de l’emploi et de l’insertion en juillet 2020. Avec cette nomination, c’est un nouveau chapitre de son parcours dans l’administration et la politique qui s’ouvre, commencé dès son entrée au cabinet de Lionel Jospin, alors ministre de l’éducation nationale, en tant que conseillère technique en 1991.
Première femme nommée à Matignon depuis Edith Cresson (mai 1991 – avril 1992), issue de la gauche – elle a été directrice du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’écologie, durant le quinquennat de François Hollande –, Mme Borne n’a jamais occupé de mandat électif. Un point de différence important avec ses deux prédécesseurs, Edouard Philippe et Jean Castex, qui n’a pas été jugé bloquant par M. Macron, d’abord en quête d’un premier ministre « attaché à la question sociale, à la question environnementale et à la question productive ». Trois domaines couverts par Mme Borne lors de son travail au gouvernement, qui a débuté après son départ de la présidence la RATP, qu’elle dirigeait depuis 2015.

Elisabeth Borne, trois fois ministre et ancienne présidente de la RATP, nommée première ministre
La passation de pouvoir aura lieu à 19 heures
Un communiqué de presse envoyé par Matignon peu après l’annonce de la nomination d’Elisabeth Borne présente le programme de la passation de pouvoir avec Jean Castex, annoncée pour débuter à 19 heures. Après son arrivée à l’hôtel de Matignon, Mme Borne rencontrera M. Castex pendant une quinzaine de minutes avant leur retour conjoint dans la cour du bâtiment pour procéder à la passation de pouvoir.
MCD
Élisabeth Borne, née le 18 avril 1961 à Paris, est une haute fonctionnaire et femme d’État française.
Ingénieur général des Ponts et Chaussées, préfète de la région Poitou-Charentes de 2013 à 2014 puis directrice de cabinet de Ségolène Royal au ministère de l’Écologie de 2014 à 2015, elle est présidente de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) de 2015 à 2017.
Longtemps proche du Parti socialiste, elle rejoint La République en marche et devient ministre chargée des Transports en mai 2017 dans le premier gouvernement Édouard Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron. En juillet 2019, elle devient ministre de la Transition écologique et solidaire, en remplacement de François de Rugy, démissionnaire. Elle est nommée l’année suivante ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion dans le gouvernement Jean Castex.
Le 16 mai 2022, elle est nommée Première ministre, devenant ainsi la deuxième femme à occuper ce poste dans un gouvernement français après Édith Cresson (1991-1992).
Ex-Ministre de la Transition écologique et solidaire
Le 16 juillet 2019, quelques heures après la démission de François de Rugy, Élisabeth Borne est nommée ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle n’est pas ministre d’État, contrairement à ses deux prédécesseurs Nicolas Hulot et François de Rugy, et conserve dans un premier temps le plein exercice de ses attributions sur le portefeuille des Transports. Le 3 septembre 2019, celles-ci sont finalement déléguées à Jean-Baptiste Djebbari, nommé secrétaire d’État auprès d’elle.
Le quotidien L’Opinion indique qu’elle « est largement reconnue, dans ses rangs comme en dehors, comme une ministre qui maîtrise ses dossiers et sait les mener à terme », mais relève « son manque de poids politique ». En raison de précédentes déclarations jugées peu favorables à l’environnement, notamment au sujet de la taxation des carburants maritimes ou du kérosène dans l’aviation, certaines personnalités et associations se montrent sceptiques quant à la réussite de sa mission. BFM TV estime qu’en tant que ministre des Transports, elle ne s’est « jamais départie d’une grande prudence au moment d’aborder les chapitres environnementaux de la politique nationale. » Selon un sondage BVA mené peu après son entrée en fonction, 60 % des Français interrogés ne lui font pas confiance pour faire de la cause environnementale une priorité de son action dans les prochains mois. En réponse aux critiques à son égard, elle déclare ne pas avoir « de leçons à recevoir sur l’écologie » et se définit comme « une écologiste de terrain ».
Alors que, depuis le début de la présidence d’Emmanuel Macron, les ministres peuvent disposer au maximum de dix collaborateurs au sein de leurs cabinets, elle en obtient quinze. Elle emmène avec elle la quasi-intégralité de son cabinet au ministère des Transports, et conserve Cyril Forget, jusqu’alors directeur adjoint de cabinet de François de Rugy, ainsi que trois conseillers du pôle « transition écologique » de François de Rugy. Jack Azoulay et Baptiste Perrissin-Fabert, les deux directeurs de cabinet d’Emmanuelle Wargon et Brune Poirson, sont également directeurs de cabinet adjoints d’Élisabeth Borne.
Elle entame l’exercice de sa fonction avec la défense au Parlement du projet de loi énergie-climat, commencée par François de Rugy. Celle-ci décrète « l’urgence écologique et climatique » et actualise notamment les objectifs de la politique énergétique de la France, en prévoyant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, une baisse de 40 % de la consommation d’énergies fossiles d’ici à 2030 (contre 30 % précédemment), et la fermeture des dernières centrales à charbon en 2022. Elle décale également de 2025 à 2035 la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique. Elle est définitivement adoptée par le Parlement le 26 septembre 2019, et promulguée le 9 novembre 2019.
En septembre 2019, Élisabeth Borne et Bruno Le Maire envoient une lettre à Jean-Bernard Lévy, président d’Électricité de France (EDF), en lui donnant une feuille de route précise pour « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts ». Alors que Jean-Bernard Lévy annonce, le mois suivant, la prochaine construction de six nouveaux réacteurs EPR, la ministre de la Transition écologique assure que rien n’a été « tranché », qu’il s’agit d’un « scénario parmi d’autres », et qu’aucune décision ne sera prise avant la mise en service de l’EPR de Flamanville. Elle appelle également EDF à « réfléchir » à son rôle au cas où un scénario « 100 % énergies renouvelables » serait retenu à terme pour la fourniture d’énergie en France, aux dépens de nouvelles centrales nucléaires. En juin 2020, au sortir de la pandémie de Covid-19, elle déclare être confortée « dans l’idée qu’il faut avoir un mix électrique diversifié », et estime que « dépendre d’une source d’électricité à 70 % [à savoir le nucléaire] n’est pas la façon d’être le plus résilient ». Elle mène à terme la mise à l’arrêt définitive, fin juin 2020, de la centrale nucléaire de Fessenheim.
En novembre 2019, elle annonce l’abandon du projet EuropaCity, tout en maintenant le projet d’urbanisation du Triangle de Gonesse et celui de la gare le desservant. Selon Le Monde, alors que l’exécutif hésitait avec un sursis de quelques mois, Élisabeth Borne plaidait pour l’arrêt immédiat du projet.
En novembre 2019, alors que l’Assemblée nationale vote, après un avis favorable du gouvernement — de fait, de Gérald Darmanin, seul ministre présent au moment du vote —, un amendement reportant de 2020 à 2026 l’effacement de l’huile de palme de la liste des biocarburants qui bénéficient de la minoration de la taxe générale sur les activités polluantes, Élisabeth Borne fait part de son « incompréhension » tant « sur le fond de l’amendement que sur la forme, avec une absence de débat ». Le Premier ministre Édouard Philippe demande qu’un nouveau vote se tienne à l’Assemblée.
Selon Reuters qui cite « plusieurs sources », « le premier vote sur ce sujet sensible s’est fait dans le dos d’Élisabeth Borne, qui a œuvré pour obtenir une deuxième délibération aboutissant finalement au maintien de l’huile de palme sur la liste des biocarburants taxés à partir du 1er janvier 2020, au grand dam de Total qui avait milité pour un sursis jusqu’en 2026 » afin d’alimenter la plateforme de la Mède. L’agence Reuters ajoute que cet épisode « témoigne des tiraillements entre deux ministères essentiels de la galaxie Emmanuel Macron, écartelée entre ses promesses vertes et son souci d’encourager l’activité économique. »
En décembre 2019, la direction générale des douanes et droits indirects publie une note qui maintient l’exonération fiscale pour un sous-produit de l’huile de palme (les « acides gras de palme », dits PFAD), malgré la suppression du principe de cet avantage par le Parlement. Le cabinet d’Élisabeth Borne réagit en affirmant qu’« il n’y aura pas de décision en catimini sur les critères de durabilité des PFAD », et qu’« une concertation large et transparente se tiendra début janvier avec les acteurs économiques comme avec les associations environnementales ».
Lors du Black Friday de 2019, qui suscite la polémique en raison de ses conséquences environnementales, Élisabeth Borne met en cause ce qui, selon elle, « est d’abord une énorme opération commerciale des grandes plateformes en ligne », « dont [elle] ne pense pas qu’elles soient les amies des petits commerçants ». Elle dénonce également le fait que cet événement engendre « des milliers de colis en France avec tout ce que ça pose comme problèmes d’embouteillages, de pollution, d’émissions de gaz à effet de serre. »
En janvier 2020, elle est accusée par le magazine Marianne d’avoir omis de déclarer un poste détenu en 2015-2016 dans le formulaire qu’elle a déposé auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Le cabinet de la ministre répond qu’elle n’était pas obligée de déclarer cette fonction dans sa déclaration d’intérêts et que cette interprétation a été validée par la Haute Autorité précitée. En juin 2020, la HATVP demande à Élisabeth Borne de modifier sa déclaration d’intérêts, tout en considérant que les règles applicables étaient sujettes à interprétation et que les omissions en cause n’étaient pas « de nature à caractériser un risque de conflit d’intérêt » avec la fonction de ministre de la Transition écologique et solidaire.
En mai 2020, lors du déconfinement consécutif à la pandémie de Covid-19 en France, elle lance la création d’un plan destiné à favoriser la réparation des vélos. Ce plan, dit « coup de pouce vélo » et accompagné du déploiement temporaire de pistes cyclables, aurait permis, mi-juin 2020, de procéder à la remise en état d’environ 170 000 vélos. En juin, elle annonce le triplement du budget alloué à ce plan, pour viser « le million de vélos remis en état d’ici à la fin de l’année ».
Peu avant le terme des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, elle se dit favorable, « à titre personnel », à l’organisation d’un référendum sur les mesures proposées par celle-ci, estimant que « des questions multiples permettraient de faire partager les travaux de [la Convention] avec tous les Français ». Elle se dit également favorable, « à titre personnel », à l’abaissement de la limite de vitesse sur autoroute à 110 km/h, proposée par la Convention. Le 21 juin 2020, elle reçoit au nom de l’exécutif les propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Comme Emmanuel Macron, elle assure que les 146 propositions retenues par le président de la République (sur 149) « seront mises en œuvre ».
Lors de son départ du ministère, Le Monde, Libération et La Croix estiment qu’elle n’a pas réussi « à mettre la protection de l’environnement au cœur des décisions du gouvernement », faute de marges de manœuvre conséquentes, dans la lignée de ses prédécesseurs. Elle a mené à terme trois chantiers législatifs : la loi énergie-climat, la loi d’orientation des mobilités et la loi sur l’économie circulaire.