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Guerre en Ukraine : De violents combats ont lieu à Lyssytchansk

La Russie envahit l’Ukraine.

15h56
Rassemblement à Genève: des manifestants demandent des échanges de prisonniers

Plus de 70 personnes ont dénoncé samedi une intensification des bombardements russes et ont rendu hommage aux soldats du site industriel de Marioupol. Lire notre article.

De nombreuses Ukrainiennes étaient présentes au rassemblement à Genève.
De nombreuses Ukrainiennes étaient présentes au rassemblement à Genève.
15h53
Violents combats à Lyssytchansk mais la ville «n’est pas encerclée»

L’armée ukrainienne a affirmé samedi que Lyssytchansk, une ville de l’est de l’Ukraine au cœur d’intenses combats ces derniers jours, «n’est pas encerclée» contrairement aux affirmations des séparatistes soutenus par l’armée russe.

Selon les autorités ukrainiennes, 21 personnes au moins ont été tuées vendredi par des missiles russes ayant détruit un immeuble et un complexe touristique à Serguiïvka, à 50 km d’Odessa. (Photo d'illustration)
Selon les autorités ukrainiennes, 21 personnes au moins ont été tuées vendredi par des missiles russes ayant détruit un immeuble et un complexe touristique à Serguiïvka, à 50 km d’Odessa.

«Les combats font rage autour de Lyssytchansk. Heureusement, la ville n’est pas encerclée et elle est sous contrôle de l’armée ukrainienne», a déclaré à la télévision ukrainienne Rouslan Mouzytchouk, porte-parole de la Garde nationale de l’Ukraine, démentant une information donnée plus tôt par un représentant de l’armée séparatiste de Lougansk.

14h16
Les séparatistes prorusses disent avoir encerclé Lyssytchansk

Les séparatistes soutenus par l’armée russe ont affirmé samedi avoir «totalement» encerclé Lyssytchansk, dans l’est de l’Ukraine, un ville clé au cœur d’intenses combats ces derniers jours.

«Aujourd’hui, la milice populaire de Lougansk (l’armée séparatiste, ndlr) et les forces armées russes ont occupé les dernières hauteurs stratégiques, ce qui nous permet d’affirmer que la localité de Lyssytchansk est totalement encerclée», a indiqué un représentant de l’armée séparatiste de Lougansk, Andreï Marotchko, cité par l’agence de presse russe TASS.

Un soldat ukrainien tire sur une position dans la ville de Severodonetsk, dans la région de Luhansk, en Ukraine, le 19 juin 2022. (Photo d'illustration)
Un soldat ukrainien tire sur une position dans la ville de Severodonetsk, dans la région de Luhansk, en Ukraine, le 19 juin 2022.

Lyssytchansk est la dernière grande ville de la région de Lougansk contrôlée par l’armée ukrainienne.

Elle est jumelle de celle de Severodonetsk, conquise la semaine dernière par Moscou après le retrait des forces ukrainiennes à l’issue d’une bataille de plusieurs semaines. Les deux villes sont séparées par la rivière Donets.

La prise de Lyssytchansk permettrait à l’armée russe d’avancer ensuite vers Sloviansk et Kramatorsk, deux autres grandes villes de la région industrielle du Donbass, que Moscou cherche à conquérir.

11h43
Kiev dénonce la «terreur russe» après des frappes meurtrières

L’Ukraine a dénoncé une «terreur russe délibérée». Elle a renouvelé ses appels pour obtenir des systèmes anti-missiles occidentaux après des frappes dans la région d’Odessa, au moment où les forces de Kiev affrontent une situation très difficile à Lyssytchansk.

Selon les autorités militaires et civiles ukrainiennes, 21 personnes au moins, dont un garçon de 12 ans, ont été tuées vendredi avant l’aube par trois missiles russes ayant détruit «un grand immeuble» et «un complexe touristique» à Serguiïvka, localité sur le littoral de la mer Noire, à environ 80 km d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine.

«Il s’agit d’une terreur russe délibérée et non de quelques erreurs ou d’une frappe de missile accidentelle», a dénoncé tard vendredi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que les autorités locales assurent «qu’il n’y avait pas la moindre cible militaire» à l’endroit des frappes.

Des sauveteurs travaillent sur les lieux d'un hôtel de vacances détruit après un bombardement sur la petite ville de Serhiivka près d'Odesa, dans le sud de l'Ukraine, le 1er juillet 2022. (Photo d'illustration)
Des sauveteurs travaillent sur les lieux d’un hôtel de vacances détruit après un bombardement sur la petite ville de Serhiivka près d’Odesa, dans le sud de l’Ukraine, le 1er juillet 2022. (Photo d’illustration)

En réponse aux accusations ukrainiennes, le Kremlin a assuré que «les forces armées de Russie n’opèrent pas sur des cibles civiles» en Ukraine, réaction qualifiée «d’inhumaine et cynique» par Berlin. Selon Kiev, les frappes sur Serguiïvka ont fait 38 blessés, parmi lesquels cinq enfants, dont deux dans un état grave.

«J’appelle nos partenaires à fournir à l’Ukraine des systèmes de défense antimissiles aussitôt que possible. Aidez-nous à sauver des vies», a plaidé une nouvelle fois sur Twitter le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, qualifiant la Russie «d’Etat terroriste».

«Lourdes pertes»

Selon l’armée ukrainienne, les armes utilisées contre Serguiïvka sont des missiles de croisière soviétiques datant de la guerre froide et conçus pour frapper un groupe aéronaval, du même type que ceux ayant frappé lundi en pleine journée un centre commercial à Krementchouk (centre de l’Ukraine, à 200 km du front) et ayant fait au moins 19 morts selon le dernier bilan encore provisoire des secours.

Volodymyr Zelensky a reconnu que la situation demeurait «extrêmement difficile» à Lyssytchansk, industrielle du Donbass, où se concentre la majeure partie des combats et où les Russes «tentent d’encercler» l’armée ukrainienne «par le sud et par l’ouest», selon le gouverneur local, Serguiï Gaïdaï.

Volodymyr Zelensky
Volodymyr Zelensky

Dans son point matinal quotidien sur la situation du front, l’état-major général ukrainien affirme samedi que «les Russes ont mené une offensive [vers une localité à quelques kilomètres à l’ouest de la ville], sans succès, et se sont repliés».

Vendredi, le ministère de la Défense russe avait annoncé que ses forces «étaient arrivées aux portes de Lyssytchansk» et infligeaient de «lourdes pertes» à l’armée ukrainienne.

Lyssytchansk est la dernière grande ville à ne pas être encore aux mains des Russes dans la région de Lougansk, l’une des deux provinces du Donbass, région largement russophone que Moscou entend entièrement contrôler.

«Roquettes jour et nuit»

A une soixantaine de kilomètres plus à l’ouest, à Sloviansk, ville du Donbass non loin de celles d’Izioum et de Lyman déjà aux mains des forces russes, un tir de roquettes a touché des maisons habitées vendredi soir, provoquant la mort d’une femme qui était dans son jardin et blessant son mari, a raconté samedi matin un voisin à un journaliste de l’AFP en montrant les dégâts provoqués sur des bâtiments du quartier.

Selon le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, quatre civils ont été tués et 12 blessés à Sloviansk depuis vendredi matin. Sloviansk subit depuis au moins une semaine des tirs de roquettes jour et nuit touchant des quartiers résidentiels.

Une femme âgée marche à côté d'un bâtiment endommagé par un tir de missile pendant la nuit à Sloviansk, en Ukraine, le 1er juin 2022. (Photo d'illustration)
Une femme âgée marche à côté d’un bâtiment endommagé par un tir de missile pendant la nuit à Sloviansk, en Ukraine, le 1er juin 2022.

Répondant aux demandes ukrainiennes d’armes supplémentaires, le Pentagone a annoncé vendredi une nouvelle aide militaire d’un montant de 820 millions de dollars (786 millions de francs) pour Kiev, comprenant jusqu’à 150’000 obus de 155 mm, des nouveaux missiles pour les lance-roquettes multiples américains Himars, récemment arrivés sur le champ de bataille, ainsi que des systèmes de défense anti-aérienne NASAMS (de fabrication américano-norvégienne), capables de tirer des missiles sol-air de courte et moyenne portée

La Norvège a annoncé de son côté une aide sous forme d’un don de quelque 960 millions d’euros, pouvant notamment permettre à Kiev d’acheter des armes.

L’enjeu des céréales

Face au blocus maritime que lui impose la Russie et qui l’empêche d’exporter son blé, l’Ukraine a demandé vendredi à la Turquie d’intercepter un cargo russe parti du port de Berdiansk, en zone occupée, et qu’elle soupçonne de transporter des milliers de tonnes de céréales volées par Moscou.

Comme pour illustrer l’enjeu de la guerre des céréales qu’impose Moscou à Kiev et qui inquiète nombre de pays africains dépendant du blé ukrainien pour leur sécurité alimentaire, l’armée ukrainienne a affirmé vendredi soir, vidéo à l’appui, que l’armée russe avait bombardé à deux reprises avec des bombes au phosphore l’île aux Serpents, îlot de la mer Noire proche des côtes ukrainiennes et roumaines et essentiel pour contrôler la circulation maritime dont Moscou avait assuré la veille s’être retiré en «signe de bonne volonté».

Kiev affirme pour sa part que les Russes en ont été chassés par des frappes ukrainiennes répétées.

Sur le front diplomatique, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, s’adressant vendredi par vidéo au Parlement de Kiev, l’a appelé à accélérer ses réformes contre la corruption, dans le cadre de la candidature de l’Ukraine à l’UE acceptée fin juin par les dirigeants de Vingt-Sept.

Elle a aussi salué le vote d’une loi visant à combattre «l’influence excessive des oligarques sur l’économie» et demandé l’adoption d’une «loi sur les médias, qui rende la législation ukrainienne conforme aux normes de l’Union européenne». Le drapeau européen entre au Parlement ukrainien sous les applaudissements

Pour célébrer le statut de l’Ukraine désormais pays candidat pour entrer dans l’UE, le drapeau européen a été installé à la Rada. « Un moment historique », félicite le président du parlement ukrainien.

Le Parlement ukrainien, ou Rada, en février

Le Parlement ukrainien, ou Rada, en février 2022.

Sous les applaudissements nourris des élus ukrainiens, le drapeau européen a fait son entrée au Parlement de Kiev ce vendredi 1er juillet. Il symbolise le nouveau statut de l’Ukraine, désormais officiellement “pays candidat” pour entrer dans l’UE.

“Un moment historique! Le drapeau de l’Union européenne maintenant au Parlement ukrainien. C’était mon rêve. Il s’est réalisé”, se réjouit sur Twitter Ruslan Stefanchuk, le président du Parlement. L’ambassadeur de l’UE en Ukraine Matti Maasikas dit même avoir été ”ému aux larmes” en voyant le drapeau européen traverser la salle.

“Maintenant, nous ne sommes plus proches. Maintenant nous sommes ensemble”, a de son côté déclaré Volodymyr Zelensky saluant le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports de son pays avec l’UE. C’est “un grand honneur et une grande responsabilité” de travailler à “réaliser les aspirations” du pays, a-t-il lancé.

“Nous avons couvert un parcours de 115 jours pour obtenir le statut de candidat et notre parcours vers l’adhésion ne devrait pas prendre des décennies. Nous devrions en prendre le chemin rapidement”, a encore dit le président ukrainien. “L’Ukraine se bat pour choisir ses valeurs, pour être dans la famille européenne”.

L’adhésion va prendre plusieurs années

Après son intervention, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit par vidéo aux dirigeants et aux parlementaires ukrainiens que l’adhésion de leur pays était à leur portée, tout en les appelant à accélérer les réformes contre la corruption et formulant plusieurs conseils précis sur la justice et la nécessaire réduction de l’influence des oligarques.

M. Zelensky, le Premier ministre Denys Chmygal et le président du parlement Rouslan Stefantchouk ont signé un engagement commun symbolisant l’unité des trois branches du pouvoir dans leurs efforts pour rejoindre l’UE.

L’Ukraine a demandé officiellement son adhésion à l’UE cinq jours après le début de l’invasion russe le 24 février. Les 27 membres de l’Union ont accepté sa candidature le 23 juin. Le processus risque de prendre plusieurs années, comme le montre l’exemple de la Turquie et de pays des Balkans, en raison notamment de stricts critères concernant l’état de droit et l’économie des pays candidats.

08h08
La Suisse peut être un modèle pour l’Ukraine, dit un prix Nobel

La Suisse, avec son système fédéral et sa neutralité armée, peut servir de modèle pour l’Ukraine après la guerre contre la Russie, estime le prix Nobel d’économie Roger Myerson. Berne peut aussi jouer un rôle de médiation entre les deux belligérants, assure-t-il.

«L’Ukraine ne pourra préserver son indépendance à l’avenir que si elle conserve une armée forte après la guerre», déclare Roger Myerson dans un entretien diffusé samedi par le Blick. «Mais elle ne doit pas être menaçante vis-à-vis de la Russie, sinon un nouveau conflit risque d’éclater».

Roger Myerson
Roger Myerson

Au plan politique, le pays d’Europe de l’Est a déjà transformé ses institutions ces dernières années dans le sens du fédéralisme, remarque le prix Nobel. «Elle a transféré plus de pouvoir aux maires locaux. Il faut y attacher de l’importance lors de la reconstruction» du pays après la guerre.

Quant à la Suisse, elle peut jouer un rôle important dans la médiation entre l’Ukraine et la Russie, affirme Roger Myerson. La Suisse n’a jamais fait partie de l’OTAN et n’a jamais pris position pour ou contre la Russie par le passé, note-t-il. «Cela lui assure une grande crédibilité».

«Lorsque la Suisse propose des solutions, cela n’a pas l’air d’un complot de l’OTAN», relève le chercheur spécialiste des conflits à l’université de Chicago, appelant le gouvernement suisse à prendre cette responsabilité très au sérieux.

Hier, 22h22
Washington envoie munitions et défense anti-aérienne à l’Ukraine

Le Pentagone a annoncé vendredi un nouvelle aide militaire à l’Ukraine, d’un montant de 820 millions de dollars, comprenant des missiles, des obus et des outils de défense anti-aérienne, pour faire face à l’armée russe au sud et à l’est du pays en guerre. Ce 14e ensemble de matériels inclut deux systèmes anti-aériens, quatre radars de contre-batterie, des nouveaux missiles pour les lance-roquettes multiples américains Himars, récemment arrivés sur le champ de bataille, et jusqu’à 150’000 obus de 155 mm.

Les systèmes de défense anti-aérienne, les NASAMS, peuvent tirer des missiles sol-air de courte et moyenne portée. Ils sont fabriqués par l’américain Raytheon et le groupe norvégien Kongsberg.

Hier, 20h26
Kiev accuse Moscou d’avoir tiré des bombes au phosphore sur l’île aux Serpents

L’armée ukrainienne a accusé vendredi soir les Russes d’avoir tiré des bombes au phosphore sur l’île aux Serpents dans la mer Noire, d’où les forces de Moscou se sont retirées jeudi après avoir été chassées par les Ukrainiens.

«Vers 18H00, les forces armées russes ont effectué à deux reprises une attaque aérienne avec des bombes au phosphore sur l’île aux Serpents», a écrit sur Telegram le commandant en chef ukrainien, Valeriï Zaloujniï, accusant Moscou «de ne pas respecter ses propres déclarations».

La veille, l’armée russe avait indiqué s’être retirée de ce territoire symbolique «en signe de bonne volonté», après avoir «accompli» les «objectifs fixés». «La seule chose dans laquelle l’ennemi est cohérent est sa +précision+ constante de frapper», a fustigé M. Zaloujniï.

Il a accompagné son message d’une vidéo sur laquelle on aperçoit un avion voler au-dessus de l’île aux Serpents et larguer aux moins deux bombes qui touchent leur cible, laissant apparaître de légères traînées blanches dans le ciel, un signe distinctif des bombes aux phosphore.

L’île aux Serpents a été occupée par les Russes depuis le début du conflit. Moscou a annoncé cette semaine le retrait de ses forces de cette île stratégique.
L’île aux Serpents a été occupée par les Russes depuis le début du conflit. Moscou a annoncé cette semaine le retrait de ses forces de cette île stratégique.

Les armes au phosphore sont des armes incendiaires dont l’usage est interdit contre des civils, mais pas contre des cibles militaires, en vertu d’une Convention signée en 1980 à Genève. Kiev a accusé Moscou de son usage à plusieurs reprises depuis fin février, dont sur la population civile, ce que l’armée russe rejette catégoriquement.

Jeudi, l’armée ukrainienne s’était félicitée d’avoir contraint les Russes, «incapables de résister» à l’artillerie, à abandonner l’île aux Serpents, située dans le nord-ouest de la mer Noire.

Cette petite île est devenue emblématique dès le premier jour de l’invasion russe lorsqu’un membre de la petite garnison ukrainienne la défendant a intimé au navire russe réclamant sa reddition d’aller «se faire foutre».

Les militaires russes en avaient finalement pris le contrôle, repoussant ensuite plusieurs assauts ukrainiens, jusqu’à celui de jeudi.

Hier, 19h22
21 morts dans des frappes de bombardiers stratégiques près d’Odessa

Au moins 21 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes de bombardiers stratégiques en pleine nuit sur des immeubles de la région d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine, un nouvel acte de «terreur» russe selon le président Volodymyr Zelensky.

Selon le commandement ukrainien du front sud, ce sont des appareils de type Tupolev Tu-22, des bombardiers stratégiques datant de la guerre froide et conçus pour emporter des charges nucléaires, qui ont lâché depuis la mer Noire des missiles Kh-22 contre un immeuble d’habitation et des bâtiments touristiques.

Selon un dernier bilan publié sur Telegram par les services de secours avec des photos d’un immeuble en grande partie détruit, la frappe sur l’immeuble d’habitation a fait 16 morts et 38 blessés dont 6 enfants, celle contre le centre touristique a fait 5 morts dont un enfant, et un blessé.

Un précédent bilan faisait état de 19 morts. L’immeuble de neuf étages où la frappe a fait le plus de victimes se trouve dans la région de Bilgorod-Dniester, à environ 80 km au sud d’Odessa, selon le porte-parole de l’administration régionale, Serguiï Bratchouk.

Hier, 19h06
La reconstruction de l’Ukraine devra inclure un volet environnemental

Le plan de reconstruction de l’Ukraine, discuté lundi et mardi en Suisse, devra inclure un volet environnemental en vue du rétablissement des écosystèmes ravagés par la guerre, a estimé le commissaire européen Virginijus Sinkevicius, qui avait évoqué un «écocide» au cours d’une récente visite dans ce pays en guerre.

Destructions massives de forêts, terres agricoles minées et polluées par les substances chimiques répandues par les armements et les munitions, cours d’eau et sols contaminés autour de sites industriels bombardés… En plus du bilan humain et des infrastructures dévastées, l’environnement paie un lourd tribut en Ukraine, a jugé le commissaire à l’Environnement dans un entretien avec l’AFP.

«Il faut voir l’ampleur du désastre engendré par la stratégie russe: il y a les vies et les destins humains brisés, les familles séparées et, aussi, les dégâts environnementaux. Quand vous arrivez en forêt et que vous voyez 700 hectares détruits, soufflés et réduits à des tranchées, c’est bouleversant, c’est un crime de grande envergure», a-t-il fait valoir.

Le 23 juin, Virginijus Sinkevicius avait constaté ces dégâts dans les espaces forestiers autour de Kiev. «Cela prendra des générations pour réparer cet écocide. Mais nous le ferons, l’Ukraine retrouvera son environnement unique», avait-il déclaré sur Twitter, même si la qualification d’écocide est encore absente de l’appareil législatif de l’UE.

«Ce coût environnemental augmente chaque jour davantage, car les mesures barbares du côté russe ne s’arrêtent pas : ils bombardent des usines chimiques, ils menacent et s’emparent de centrales nucléaires, ils s’en prennent à des installations de traitement de l’eau et laissent s’échapper des eaux usées», observe le commissaire européen.

«Donc, les niveaux de pollution ne font qu’augmenter» et, outre les bombes et autres munitions lâchées sur le territoire ukrainien, «il y a des milliers de tonnes de matériel militaire russe détruit, des déchets métalliques avec du pétrole brûlé» et des substances potentiellement toxiques, explique-t-il.

Une conférence réunit la semaine prochaine à Lugano (Suisse) pays alliés de l’Ukraine, institutions internationales et secteur privé pour ébaucher un «plan Marshall» de reconstruction et ce programme devra «absolument» comporter un volet environnemental, estime Virginijus Sinkevicius.

Hier, 18h43
L’Ukraine demande à Ankara d’arrêter un navire russe dans ses eaux

L’ambassade d’Ukraine à Ankara a demandé vendredi à la Turquie d’arrêter un navire russe arrivé à proximité de sa côte sur la Mer Noire en provenance du port ukrainien de Berdiansk, sous occupation russe.

Le bateau Zhibek Zholy, un cargo de 140 m de long battant pavillon russe, a jeté l’ancre à un kilomètre environ du port de Karasu sur la côte turque à l’est d’Istanbul, selon le site Marine Traffic qui permet de suivre les mouvements des bateaux.

«Le Zhibek Zholy en provenance de Berdansk occupé est entré dans le port de Karasu. A la demande du procureur d’Ukraine, nous avons demandé à la partie turque de prendre les mesures nécessaires» a indiqué l’ambassadeur Vasyl Bodnar sur Twitter. Même s’il ne précise pas quelle est la cargaison à bord, le message laisse penser que le diplomate soupçonne la présence de céréales ukrainiennes.

Selon Marine Traffic, le bâtiment avait coupé son transponder dans les douze heures précédant son approche de la Turquie. Le transponder, obligatoire en cours de navigation, émet un signal satellite qui permet de localiser en permanence les bâtiments. Le diplomate ukrainien salue la «bonne communication et une coopération intensive avec les autorités turques».

Hier, 18h42
Russie: le procès de la basketteuse américaine Griner ajourné

Le procès de la star américaine du basket féminin Brittney Griner pour contrebande de drogue s’est ouvert vendredi à huis clos partiel en Russie, une affaire à forte connotation politique en pleine crise russo-américaine.

Le huis clos partiel, avec une présence limitée des médias dans la salle d’audience, a été décidé à la «demande de la défense, à la demande de Griner elle-même», a indiqué Polina Vdovtsova, la porte-parole du tribunal de Khimki, une ville en banlieue de Moscou.

Dans l’après-midi, le procès a été ajourné au 7 juillet. L’accusée est arrivée au tribunal menottée, vêtue d’un t-shirt à l’effigie du musicien américain Jimi Hendrix.

La star américaine du basket féminin Brittney Griner
La star américaine du basket féminin Brittney Griner

La joueuse des Phoenix Mercury venait en Russie en février pour y jouer durant l’intersaison américaine, pratique courante pour les basketteuses qui gagnent parfois mieux leur vie à l’étranger que chez elles.

C’est à son arrivée à l’aéroport moscovite de Cheremetievo que la double médaillée d’or olympique avec les Etats-Unis (2016, 2020) a été arrêtée en possession, selon l’accusation, de vapoteuses et d’un liquide à base de cannabis. Le procureur a indiqué vendredi que la quantité sous forme solide aurait représenté moins d’un gramme de cannabis.

Vendredi, au procès, une représentante des douanes a témoigné. La joueuse de basket risque néanmoins jusqu’à 10 ans de prison. Les autorités américaines avaient dans un premier temps fait profil bas sur son cas, qui n’a été révélé au grand public que le 5 mars.

Hier, 18h00
La Norvège annonce un don de près d’un milliard d’euros à l’Ukraine

La Norvège a annoncé vendredi un don de près d’un milliard d’euros à l’Ukraine sur deux ans, à l’occasion d’une visite dans ce pays de son Premier ministre Jonas Gahr Store.

Ce don important de 10 milliards de couronnes norvégiennes (environ 970 millions d’euros), qui vient s’ajouter à de précédentes aides annoncées par Oslo, doit servir à de «l’aide humanitaire, la reconstruction du pays, des [achats d’]armes et [au] soutien au fonctionnement des autorités» ukrainiennes, indique le gouvernement norvégien dans un communiqué.

La premier ministre norvégien Jonas Gahr Store (à gauche) avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy.
La premier ministre norvégien Jonas Gahr Store (à gauche) avec le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy.

«Nous sommes au côté du peuple ukrainien», a déclaré M. Store dans le communiqué. «Nous contribuons pour soutenir le combat des Ukrainiens pour la liberté. Ils se battent pour leur pays, mais aussi pour nos valeurs démocratiques».

L’annonce a été faite à l’occasion de la visite vendredi du Premier ministre norvégien à Kiev ainsi qu’à Yahidne, un village durement touché par la guerre en Ukraine.

Ebranlé par sa visite, le chef du gouvernement a décrit le village comme étant «un aperçu de l’enfer sur terre», selon l’agence de presse norvégienne NTB. Mercredi, Oslo avait annoncé le don à l’Ukraine de trois systèmes de lance-roquettes multiples, armes particulièrement recherchées par l’Ukraine.

Ce don important de 10 milliards de couronnes norvégiennes (environ 970 millions d’euros), qui vient d’ajouter à de précédentes aides annoncées par Oslo, doit servir à de «l’aide humanitaire, la reconstruction du pays, des armes et le soutien au fonctionnement des autorités» ukrainiennes, indique le gouvernement norvégien dans un communiqué.

Hier, 17h22
La CEDH demande à la Russie de respecter les prisonniers de guerre

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), saisie en procédure d’urgence, a réclamé vendredi au gouvernement russe de respecter les droits des prisonniers de guerre ukrainiens.

L’institution, vigie des droits de l’Homme sur le continent européen, a été saisie par une jeune femme ukrainienne, habitante de Mykolaïv (sud de l’Ukraine), dont le mari, Yaroslav Anatoliyovych Oliynichenko, est prétendument retenu comme prisonnier de guerre par les forces russes.

Numéro deux de son unité combattante, il aurait été capturé à Marioupol, dans le sud de l’Ukraine. Son épouse a rassemblé des récits de témoins oculaires de tortures qui auraient été infligées à des Ukrainiens alors qu’ils étaient retenus par les forces russes dans l’un des camps de prisonniers de guerre où M. Oliynichenko serait également détenu.

La requérante a donc demandé à la Cour, qui siège à Strasbourg, d’indiquer aux gouvernements de la Fédération de Russie et de l’Ukraine de localiser son mari, d’assurer sa protection et de le libérer.

Une jeune femme ukrainienne dont le mari est prétendument retenu comme prisonnier de guerre par les forces russes a saisi la Cour européenne des droits de l’Homme.
Une jeune femme ukrainienne dont le mari est prétendument retenu comme prisonnier de guerre par les forces russes a saisi la Cour européenne des droits de l’Homme.

L’article 39 du règlement de la CEDH lui permet d’ordonner des «mesures provisoires» lorsque les requérants sont exposés à «un risque réel de dommages irréparables». La Cour a donc décidé d’indiquer, au titre de «mesures provisoires», au gouvernement russe de respecter les droits conventionnels de M. Oliynichenko, et de lui apporter une assistance médicale en cas de nécessité, tout comme elle a demandé à l’Ukraine de veiller au respect de ces droits.

Elle a réclamé à la Russie de confirmer sous un délai d’une semaine la capture de M. Oliynichenko, et de préciser les conditions de son éventuelle détention.

«Ces mesures provisoires valent pour toute demande formulée pour le compte de prisonniers de guerre ukrainiens se trouvant entre les mains de forces russes au sujet desquels la preuve a été suffisamment apportée qu’ils sont exposés à un risque grave et imminent de dommage irréparable à leur intégrité physique et/ou à leur vie», a écrit la Cour dans un communiqué.

Les demandes de la CEDH pourraient toutefois trouver peu d’écho auprès de Moscou puisque la chambre basse du Parlement russe, la Douma, a adopté début juin plusieurs amendements qui conduisent la Russie à ne plus appliquer les décisions de la CEDH rendues après le 15 mars.

Hier, 14h25
Les écoles de Kiev rouvriront en septembre

Les écoles à Kiev rouvriront le 1er septembre et l’éducation y sera dispensée en présence des élèves, ont annoncé vendredi les autorités de la capitale ukrainienne. Les établissements, qui ont travaillé en ligne depuis l’invasion russe lancée le 24 février, sont actuellement fermés du fait des vacances scolaires d’été.

«La mission la plus importante à la rentrée est d’assurer la sécurité des élèves et des enseignants», a indiqué Olena Fidanian, cheffe du département de l’éducation et de la science à la mairie, dans un communiqué.

Des enfants de l'école primaire écoutent pendant une leçon de mathématiques dans leur classe d'une école de Slovyansk, dans l'est de l'Ukraine, jeudi 15 mai 2014. (Photo d'illustration)
Des enfants de l’école primaire écoutent pendant une leçon de mathématiques dans leur classe d’une école de Slovyansk, dans l’est de l’Ukraine, jeudi 15 mai 2014.

Les environs des bâtiments seront inspectés pour exclure la présence d’engins explosifs et des abris anti-aériens dans les écoles seront approvisionnés en eau, en médicament et en d’autres produits de première nécessité.

«À la rentrée, toutes les écoles organiseront des formations nécessaires pour les enseignants et les enfants portant sur le comportement en cas d’alerte aérienne», a ajouté Olena Fidanian. Les élèves qui ne peuvent pas retourner à Kiev pourront continuer leurs études à distance, a-t-elle précisé.

Hier, 14h18
Frappes russes près d’Odessa : Berlin dénonce une attaque «inhumaine»

L’Allemagne a qualifié «d’inhumaines et cyniques» vendredi les frappes de l’armée russe sur un immeuble d’habitations civiles près d’Odessa, en Ukraine, qui ont fait au moins 18 morts, selon les services d’urgence ukrainiens.

Steffen Hebestreit
Steffen Hebestreit

«Le gouvernement fédéral condamne l’attaque à la roquette par l’armée russe (…) La partie russe, qui parle une nouvelle fois de dommages collatéraux, est inhumaine et cynique», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Steffen Hebestreit.

Hier, 14h14
L’artiste qui murmurait à l’oreille des morts

Une morgue située en périphérie de Kiev est devenue, pendant près d’un mois, le champ de bataille d’un volontaire pacifiste.

«Pendant cette guerre, une partie de moi est morte. Désormais, je suis quelqu’un de tout à fait différent.»
«Pendant cette guerre, une partie de moi est morte. Désormais, je suis quelqu’un de tout à fait différent.»
Hier, 14h11
La culture du borchtch ukrainien considérée comme en péril par l’Unesco

La culture du borchtch ukrainien est entrée sur la liste du patrimoine mondial immatériel en péril de l’Unesco, a tranché vendredi l’organisation onusienne, dans le cadre de la guerre en Ukraine qui menace la «viabilité» de la tradition entourant ce potage.

«L’existence de cette soupe en elle-même certes n’est pas en péril en soi, mais c’est le patrimoine humain et vivant qui est associé au borchtch qui est lui en péril immédiat parce que la capacité des populations de pratiquer, de transmettre leur patrimoine culturel intangible est gravement perturbée à cause du conflit armé, à cause notamment des déplacements forcés des communautés», a expliqué le rapporteur du comité d’évaluation du dossier ukrainien.

Hier, 14h06
UE-Ukraine: «Nous sommes ensemble maintenant», dit Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré vendredi que l’Ukraine et l’UE entamaient un nouveau chapitre de leur histoire, après l’acceptation de la candidature de son pays.

«Maintenant, nous ne sommes plus proches. Maintenant nous sommes ensemble», a dit Volodymyr Zelensky devant le parlement ukrainien, saluant le début d’un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports de son pays avec l’Union européenne.

Volodymyr Zelensky
Volodymyr Zelensky

C’est «un grand honneur et une grande responsabilité» de travailler à «réaliser les aspirations» du pays, a-t-il lancé.

«Nous avons couvert un parcours de 115 jours pour obtenir le statut de candidat et notre parcours vers l’adhésion ne devrait pas prendre des décennies. Nous devrions en prendre le chemin rapidement», a encore dit le président ukrainien. «L’Ukraine se bat pour choisir ses valeurs, pour être dans la famille européenne».

Hier, 13h54
Amnesty réclame une aide durable face «au cataclysme»

Au moins 10 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire en Ukraine, alerte Amnesty International. Selon Oksana Pokalchuk, directrice d’Amnesty Ukraine, plus de la moitié des entreprises du pays ont dû fermer.

«Les droits socio-économiques de la population ukrainienne ont été violés à une échelle cataclysmique», estime Oksana Pokalchuk dans un communiqué publié vendredi. Elle sera présente, de même que la directrice d’Amnesty Suise Alexandra Karle, à la Conférence de Lugano sur la reconstruction de l’Ukraine lundi et mardi pour attirer l’attention sur les gigantesques défis qui se posent là-bas.

Accès déficient au logement, à l’eau et aux installations sanitaires, chômage généralisé, graves dommages environnementaux: «la guerre d’agression de la Russie» a des conséquences terribles, en plus des milliers de morts et de blessés, relève Amnesty.

«Tout plan de reconstruction de l’Ukraine doit être durable, financé de manière appropriée et centré sur les droits humains. L’assistance internationale devra inévitablement être maintenue pendant une période de temps considérable», plaide dans le communiqué Alexandra Karle.

Hier, 11h37
Le Japon pris de court par un décret russe sur un projet gazier commun

Le Japon a déclaré vendredi que ses intérêts énergétiques ne devaient pas être «entravés», alors qu’un nouveau décret du Kremlin prévoit le transfert à une société russe des droits d’un projet pétro-gazier dans lequel des sociétés japonaises sont impliquées.

Mitsui & Co et Mitsubishi Corp détiennent à eux deux 22,5% des parts du projet Sakhaline-2, situé dans l’Extrême Orient russe, et dont le gaz naturel liquéfié (GNL) est principalement livré au Japon.

Peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine fin février, le géant britannique des hydrocarbures Shell a décidé de se séparer de ses actifs en Russie, y compris de sa part de 27,5% dans Sakhaline-2.

Station-service de Gaz-System à Rembelszczyzna, près de Varsovie, en Pologne, le 27 avril 2022. (Photo d'illustration)
Station-service de Gaz-System à Rembelszczyzna, près de Varsovie, en Pologne, le 27 avril 2022.

«Nous sommes au courant du décret et évaluons ses implications», a réagi la major pétrolière vendredi dans une déclaration transmise à l’AFP. «En tant qu’actionnaire, Shell a toujours agi dans le meilleur intérêt de Sakhaline-2 et conformément à toutes les exigences légales applicables», a-t-elle ajouté.

Shell avait annoncé en mai, lors de la présentation de ses résultats du premier trimestre, avoir passé une charge de dépréciation de 1,6 milliard de dollars liée à Sakhaline-2.

Tout en se joignant aux sanctions occidentales contre Moscou, le Japon avait dit vouloir rester à bord de ce projet stratégique, en tant que pays très dépendant de ses importations d’énergies fossiles. Quelque 8% du GNL importé par le Japon provient de Russie. Le décret signé jeudi par le président russe Vladimir Poutine prévoit le transfert de l’intégralité des parts de Sakhaline-2 dans une nouvelle société russe créée par l’État.

Etonam Ahianyo, Sonia Imseng, Arnaud Mittempergher, Auriane Page, Nora Foti, ATS/APPIS
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