L’appel des 22 présidents de Régions et collectivités territoriales : « Ensemble, élevons la France ! »
Les 22 présidents des régions françaises et collectivités territoriales appellent le gouvernement à « trouver une nouvelle manière de travailler reposant sur le dialogue et la coconstruction ».

« Le désarroi des Françaises et des Français, qui s’est traduit de façon inédite dans la composition de l’Assemblée nationale, doit nous amener à faire preuve d’esprit de responsabilité et de volontarisme politique. Le gouvernement doit trouver une nouvelle manière de travailler reposant sur le dialogue et la coconstruction. Cette nouvelle pratique du pouvoir évitera à notre pays d’étouffer sous la verticalité, au point que nos concitoyens boudent les urnes car ils ont le sentiment de ne plus être écoutés.
Plus que jamais, nous sommes prêts à travailler dans l’intérêt de la France. Nous avons la légitimité pour cela, et nous sommes efficaces : nos structures sont agiles, et nous pouvons décider rapidement, au plus près du terrain. Mais il y a plusieurs conditions.
Les finances locales ne doivent pas être la variable d’ajustement du budget de l’État
La première, c’est que nous ne soyons pas empêchés d’agir. Nous devons avoir la garantie d’un cadre financier stable et de la compensation des missions transférées comme des dépenses exceptionnelles liées à l’inflation. Les finances locales ne doivent pas être la variable d’ajustement du budget de l’État alors que les collectivités assurent plus de 70 % de l’investissement public et que, tous les jours, le gouvernement les pousse à s’engager sur ses propres programmes !
La deuxième, c’est que l’État se mette réellement à écouter et à coconstruire. En matière d’industrie, d’énergie, d’environnement, de transport, d’emploi et de formation, d’éducation, de santé, tout ne peut pas être décidé à Paris, loin des territoires, loin des Français, loin des problèmes. Or nous, comme tous les élus locaux, identifions parfaitement ces enjeux car nous dialoguons tous les jours avec les acteurs sur le terrain. Pour surmonter les crises climatique, économique, sociale, sanitaire, démocratique, les Régions et les collectivités territoriales peuvent prendre une part décisive.
Cette réforme doit consacrer le principe de différenciation et donc instaurer un véritable pouvoir réglementaire local
La troisième, c’est que soit engagée sans tarder une vraie grande réforme de la décentralisation. Pas une énième loi qui ajuste les textes à la marge. Nous devons faire en sorte que les citoyens retrouvent voix au chapitre, et que pour cela les élus locaux disposent d’une responsabilité claire et exclusive, et des moyens de la mettre en œuvre. L’État doit se concentrer sur les sujets régaliens. C’est une question d’efficacité. C’est surtout un enjeu démocratique, pour que les Français n’aillent pas se réfugier dans l’illusion du populisme. Cette réforme doit consacrer le principe de différenciation et donc instaurer un véritable pouvoir réglementaire local. Elle doit reconnaître la spécificité et l’histoire de nos territoires insulaires ou ultra-marins. Dans le cadre intangible de la République une et indivisible, elle doit permettre l’autonomie, favoriser l’émancipation, promouvoir les libertés locales.
Nous devons incarner la France des projets et de la souveraineté retrouvée et non la France des incantations.
Nous voulons agir pour que la France réussisse sa réindustrialisation et son indépendance stratégique. Nous voulons développer les transports collectifs pour offrir des alternatives efficaces à l’usage contraint de la voiture individuelle. Nous voulons accompagner les élèves tout au long de leur parcours scolaire, pour leur permettre de découvrir les métiers de demain et de faire les bons choix pour leur avenir.
Nous voulons travailler à la recherche du plein-emploi, et permettre que la croissance économique ne soit pas entravée par des problèmes de compétences. Nous voulons soutenir la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2 et favoriser un développement harmonieux des énergies renouvelables et du nucléaire. Nous voulons accompagner nos agriculteurs dans la transformation de leurs activités et aider les jeunes qui veulent s’installer. Nous voulons lutter contre la désertification médicale et promouvoir un égal accès aux soins. Ensemble, élevons la France ! »
Les signataires :
Huguette Bello, présidente du conseil régional de la Réunion
Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France
François Bonneau, président du conseil régional de Centre-Val de Loire
Bernard Briand, président du conseil territorial de Saint-Pierre et Miquelon
Ary Chalus, président du conseil régional de Guadeloupe
Loïg Chesnais-Girard, président du conseil régional de Bretagne
Carole Delga, présidente du conseil régional d’Occitanie
Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté
Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Martinique
Marie-Antoinette Maupertuis, présidente de l’Assemblée de Corse
Christelle Morançais, présidente du conseil régional de Pays de la Loire
Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie
Renaud Muselier, président du conseil régional de Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur
Louis Mussington, président de la collectivité de Saint-Martin
Ben Issa Ousseni, Président du conseil départemental de Mayotte
Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France
Jean Rottner, président du conseil régional de Grand Est
Alain Rousset, président du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine
Lucien Saliber, président de l’Assemblée de Martinique
Gabriel Serville, président de la collectivité territoriale de Guyane
Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse
Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes