Anne Dufourmantelle, la puissance de la douceur
Un regard sur la douceur
Auteure d’une vingtaine d’ouvrages, Anne Dufourmantelle croisait philosophie et psychanalyse pour éclairer d’une lumière forte et originale des thématiques comme la douceur, le risque, le secret.
La ligne de force de ses recherches, menées en parallèle à sa pratique psychanalytique, était l’étude de ce qui permet la liberté dans l’existence malgré tous les conditionnements. Docteure en philosophie de l’Université Paris-Sorbonne en 1994, diplômée de l’Université de Brown, elle a enseigné à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, à l’Institut des hautes études en psychanalyse, à l’Ecole normale supérieure à Paris et à la New York University.
Une mise en garde face à la dictature de la transparence
La Puissance de la douceur (Payot, 2013), écrit d’une plume claire et extrêmement sensible, démontrait l’importance, la richesse et la force de la douceur dans le monde d’aujourd’hui. A l’heure où la performance voire l’agressivité dans l’action sont de plus en plus célébrées, Anne Dufourmantelle explique que la douceur, loin d’être mièvre ou molle, est avant tout une puissance, une force de transformation de la vie.
Dans L’Intelligence du rêve, elle expliquait que le champ du rêve est plus vaste que le présage ou l’expression du refoulé: le rêve permet la conscience et l’expérience d’un temps différent. Etre à l’écoute de l’intelligence du songe nous permet d’être les créateurs de nos vies. Défense du secret (2015), son dernier livre, analysait les dangers d’une intimité poreuse imposée par la dictature de la transparence.
Un titre prend un écho particulier aujourd’hui, c’est L’Eloge du risque où, comme le rappelle Elisabeth Roudinesco dans Le Monde, la philosophe commentait une phrase de Hölderlin: «Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.» La prise de risque, le risque d’aimer, n’était pas pour elle le signe d’une névrose, mais plutôt le signe d’une liberté face à toute dépendance.
Lisbeth Koutchoumoff
La douceur comme puissant parfum de subversion selon Anne Dufourmantelle

Anne Dufourmantelle
Avec “Puissance de la douceur”, la regrettée autrice a redonné ses lettres de noblesse à ce concept dénigré en philosophie.
Anne Dufourmantelle n’a jamais craint de prendre des risques. On sait que l’autrice d’Éloge du risque (Payot, 2011) est morte d’un arrêt cardiaque en tentant de sauver un enfant de la noyade en 2017.
Philosophe et psychanalyste, elle n’avait bien sûr jamais craint de relever certains défis intellectuels, comme de passer au crible de la philosophie des sujets perçus comme non nobles par les philosophes. La douceur en est un.
Force révolutionnaire
Dans son magnifique Puissance de la douceur, Dufourmantelle prend même le contre-pied des clichés associés à ce concept trop dénigré. Elle la présente comme une force révolutionnaire, une puissance subversive : “La douceur provoque de la violence car elle n’offre aucune prise possible au pouvoir […]. Du prince Mychkine aux vagabonds de Hamsun, ceux qu’on a appelés les innocents ne se savent pas porteurs d’une douceur qui les voue à l’errance et à la solitude. Sa contiguïté avec la bonté et la beauté la rend dangereuse pour une société qui n’est jamais autant menacée que par le rapport d’un être à l’absolu.”
Le soin, l’amour, la justice, le pardon, la bonté, la sublimation, la réparation, la création, la pénombre : la philosophe interroge brillamment toutes les facettes de cet “instinct au plus près de l’être, qui ne serait pas seulement affecté à la conservation de l’être, mais à la relation”. Y compris à la relation avec soi-même. À noter que son Éloge du risque est aussi disponible en poche.
Nelly Kaprièlian
Puissance de la douceur d’Anne Dufourmantelle (Rivages Poche/“Petite Bibliothèque”), 132 p., 8,50 €. En librairie.
L’élégance spirituelle d’Anne Dufourmantelle (1964-2017)
« Analyste, écrivaine, mère, amie, philosophe… Inspirée, inspirante, aimée et aimante », c’est peu dire d’Anne Dufourmantelle : « elle avait le don rare de joindre l’acte à l’élégance de sa parole ». L’auteure laisse une œuvre importante. Son Éloge du risque est un véritable moment de grâce, aux antipodes des catéchismes, des orthodoxies et des clergés. « Un jour, quelqu’un est venu nous chercher en affrontant la nuit et la désolation, nous rendant la possibilité d’avoir un corps vivant, aimé – et de remonter vers la vie. »
Je voudrais parler de cette grande figure de la philosophie et de la psychanalyse en France, disparue il y a deux ans, même si à première vue, tout oppose la psychanalyse à la méditation et à la spiritualité. Car, en réalité, Anne Dufourmantelle défendit à travers elle une liberté de penser, de changer et surtout d’aimer, dont le monde manque cruellement aujourd’hui. Née le 20 mars 1964 à Paris et morte le 21 juillet 2017 près de Ramatuelle, la psychanalyste et philosophe Anne Dufourmantelle « questionnait le rapport entre la fatalité et la liberté, ce qui fait qu’une vie s’ouvre à la liberté malgré les conditionnements, les fidélités, les obéissances ».
Docteure en philosophie de l’université Paris-Sorbonne en 1994 et diplômée de l’université Brown, elle a enseigné à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris la Villette, à l’Institut des hautes études en psychanalyse, à l’École normale supérieure, à la New York University, et signé plusieurs essais dont Intelligence du rêve en 2012 (Payot), Puissance de la douceur en 2013 (Payot), Défense du secret (Payot, 2015), mais aussi, De l’hospitalité (Calmann-Lévy, 1997, American Philo, Stock, 2006), en dialogue avec Jacques Derrida et Avital Ronell, ou encore, En cas d’amour. Psychopathologie de la vie amoureuse (Payot, 2009).
« Son œuvre mêle avec beaucoup de finesse et de délicatesse excursions philosophiques et occurrences psychanalytiques ».
La sérénité lumineuse et la douceur qui se dégageait d’elle n’étaient jamais mièvres, mais semblaient toujours une grâce conquise au contact de la fragilité et d’une extrême sensibilité à la souffrance, se souvient Charlotte Casiraghi, présidente des Rencontres de Monaco. Ses mots, son intelligence, sa douceur nous manqueront, parce qu’ils nous aidaient à prendre le risque de s’ouvrir aux autres et au monde. Elle nous a appris à dire oui, à célébrer la vie, et à plonger dans l’invisible.
« Elle était l’auteure d’une œuvre sensible, tressant l’exploration de l’inconscient avec le travail de la raison, attentive aux déterminations des êtres, mais soucieuse de libérer les sources du désir et de la liberté. » (La Croix). On peut rendre fou quelqu’un, disait-elle, en l’empêchant de rêver. On peut aussi sauver sa vie en écoutant ses rêves à temps.

Je comptais sur elle pour ces moments de perspicacité phénoménale, écrit l’une de ses amies et collègues philosophes anglo-saxonnes, et pour l’art qu’elle avait de me tirer de mes impasses existentielles, de préparer le terrain à la réflexion, de rendre continuellement à la psychanalyse l’aura de prestige qu’elle est sans cesse en passe de perdre. Les étudiants l’adoraient. Je ne peux qu’imaginer les naufragés du transfert qu’elle laisse derrière elle… Anne était courageuse dans sa vie ainsi que dans les trajectoires qu’elle élaborait pour différentes sortes d’écriture. Elle a fait de l’Entretien une forme discursive exemplaire, lieu de la rencontre entre compréhension psychanalytique et réflexion philosophique. Elle repoussait les limites avec une puissance discrète, face aux abîmes de la douceur et aux séductions de l’amour, du sexe et de ces autres valeurs françaises qui apportaient des délices inattendus jusqu’aux rives de mon domaine […].
Sa thèse doctorale, « La vocation prophétique de la philosophie » (Cerf, 1997), a reçu le Prix de philosophie de l’Académie française. L’auteure fait signe vers un radical dessaisissement du sujet de la connaissance en direction de l’éthique, à la manière d’Emmanuel Levinas et de Søren Kierkegaard. Les penseurs prophétiques frayent un chemin de veille pour risquer la question de l’humanité spirituelle de l’homme. Ils témoignent de l’altérité antécédente de Dieu et du prochain qui nous requièrent, responsables, en ouvrant à « l’à-venir ».
La vie est un risque inconsidéré pris par nous, les vivants. Une grâce, malgré tout, a Mercy, écrit-elle, même lorsque tout nous a été confisqué, jusqu’à la possibilité même de parler ou de lire, au risque de traverser l’enfer. On doit alors suspendre sa course et tourner sur soi-même : se convertir ou peut-être danser***
David Gonzalez
** L’Intelligence du rêve, Payot, 2012
*** « Au risque de traverser l’enfer (Eurydice) » in : Anne Dufoumantelle, Éloge du risque, Éditions Payot & Rivage, 2011.

Puissance de la douceur
La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d’accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent. Parce qu’elle a ses degrés d’intensité, parce qu’elle a une force symbolique et un pouvoir de transformation sur les êtres et les choses, elle est une puissance.
En écoutant ceux qui viennent me confier leur détresse, je l’ai entendue traverser chaque expérience vécue. En méditant son rapport au monde, il apparaît que son intelligence porte la vie, la sauve et l’accroît.
Anne Dufourmantelle et Michel Erman, L’Amour en quatre leçons de philosophie. Amour et Désir & Amour et cruauté (DVD 2)

Les conférences présentées dans ce DVD font partie du coffret « L’Amour en quatre leçons de philosophie ». Il a été réalisé dans le cadre des quatre masterclass données par des philosophes autour de la thématique de l’Amour au sein du journal Libération. Il s’agit ici des leçons n° 2 et n° 3. La première est donnée par la psychanalyste et philosophe Anne Dufourmantelle. Elle est intitulée Amour et Désir. La seconde est celle du philosophe Michel Erman, elle porte le titre Amour et Cruauté. Les deux conférences apparaissant dans ce DVD sont introduites par le philosophe, essayiste et journaliste Robert Maggiori.
L’idée de départ est que le désir se différencie du besoin car le besoin naît d’un manque alors que le désir s’excite, au contraire, d’avoir atteint son objet. Se pose alors la question de savoir si le désir peut rester intact, s’il peut exister au-delà de sa satisfaction. Robert Maggiori convoque la philosophie platonicienne pour répondre à cette interrogation : « Ce qu’on n’a pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l’amour ». Cette assertion de Platon dans Le Banquet permet difficilement de penser un « amour heureux » car l’amour serait toujours fondé sur la frustration. Elle ne permet pas non plus de penser l’amour durable dans le couple car le « manque » en est (théoriquement) absent. Alors, amour et désir sont-ils compatibles
Anne Dufourmantelle amorce la réponse à cette question en convoquant Spinoza, qui considérait que l’amour ne nait pas du manque. Elle poursuit en expliquant que c’est l’étonnement qui est au fondement de l’amour et du désir. Elle développe alors l’idée selon laquelle les êtres humains entrent en stupeur lorsqu’ils viennent au monde et que, par la suite, il leur est difficile de penser que l’on procède d’un Autre. Ainsi, toute la question de l’amour renverrait à ce mystère absolu que constitue le fait de naître d’un Autre. De la fusion dans l’altérité, que signifie la naissance, s’élabore, dans cette optique, la subjectivité. Le choc de l’entrée dans le réel, l’extraction progressive de la familiarité du monde (la peau de la mère) se confond avec la première expérience dite d’amour. Cela pose la double question de l’attachement et de la séparation, qui renvoie à la peur fondamentale de l’être humain : celle de l’abandon.
De cette construction originaire d’une altérité élaborée dans et hors d’autrui, naissent, d’après Anne Dufourmantelle, les conditions de l’attachement et du détachement qui vont imprimer des sortes de routes dans la vie du sujet ; chaque attachement va être mis en résonance avec une première grammaire, élaborée aux premiers temps de l’existence. Plus l’intensité émotionnelle est forte durant l’enfance, plus on cherchera une forte intensité émotionnelle dans ses relations amoureuses. Il existe donc une inégalité entre les individus en ce qui concerne leur réceptivité à l’amour et au désir.
La conférence se poursuit par une réflexion sur la relation entre « l’être aimé » et « l’aimant ». L’idée développée ici est que le miracle de l’amour, c’est le moment où l’être aimé change de position et devient aimant. Le retournement qui s’opère alors dans la relation amoureuse est pensé comme étant le véritable enjeu de la liberté de l’amour. En effet, Anne Dufourmantelle explique qu’aimer, c’est devenir sujet, s’ouvrir à l’invention, à l’altérité et à l’étonnement. En revanche, dans la névrose, la peur de l’abandon peut être sidérante, au sens négatif. La névrose est conçue ici comme une « haine de l’inattendu » qui veut que tout soit défini à l’avance. L’individu souffrant de cette névrose fait en sorte de prendre des routes existentielles qu’il connaît : « ce qui est tragique dans la névrose, c’est qu’il y aurait une préférence pour la mort plutôt que [pour] l’inattendu. » Accéder à la liberté, c’est ainsi accepter sa propre dépendance (dans la relation amoureuse).
La thématique de la névrose comme obstacle à l’amour est encore illustrée avec le cas de la dépression. Alors que l’amour consiste en une projection dans le temps et que le désir est un mouvement vers l’inattendu, la dépression est précisément une absence de désir et une absence d’avenir. Investir le désir et l’amour signifie que le passé est ouvert pour soi, qu’un avenir, un mouvement sont possibles pour le sujet. Or, celui-ci est parfois colonisé par des êtres qu’il porte en lui, des présences spectrales si fortes qu’elles ne laissent pas le champ libre à la rencontre amoureuse. Mais ce n’est pas l’amour qui est à l’opposé de la dépression mais le désir : « l’amour sans désir rend malade ». Or, l’amour manifeste une envie de construction, alors que le désir ne s’inscrit pas dans la continuité car il ne peut tout simplement pas se penser comme pouvant ne plus exister. Le désir et l’amour apparaissent ainsi très antagonistes dans leur rapport à la temporalité. Or, si l’amour est la flamme, le désir est le combustible sans lequel cette flamme s’éteint. Opposé à la dépression, le désir n’est pas l’amour mais sa condition nécessaire. Anne Dufourmantelle nous invite, au final, à nous interroger sur les disjonctions entre amour et désir et sur ce qu’elles révèlent de la relation d’amour. Elle pense que l’amour, c’est « l’amour désirant ». Mais si l’on peut aimer différemment des êtres pour ce qu’ils sont, éprouver une hospitalité à l’altérité qui n’est pas exclusive, l’obsession que comporte le désir constitue un obstacle à la diversification de ce désir. Ainsi, fondamentalement, le désir est fidèle alors que l’amour est infidèle.
La deuxième conférence intitulée « Amour et cruauté » pose quant à elle la question des relations entre ces deux termes. Robert Maggiori introduit la thématique en disant que la cruauté est un jeu qui peut faire partie du processus de séduction : « Le bien que je veux à l’autre s’accompagne toujours d’une sorte d’ombre qui fait que je veux lui faire du mal ». C’est pourquoi il convient de se défaire d’une vision enchantée de l’amour afin de pouvoir penser ses dimensions les plus sombres.
Michel Erman amorce son raisonnement en disant que la cruauté conduit immanquablement vers l’interrogation : « pourquoi ? ». Or, il n’y a pas de « raison » dans la cruauté. Il s’agit, selon le philosophe, d’un excès de violence qui parfois se tourne vers ses auteurs mais qui n’a pas de « raison » d’être. Dès lors, pour comprendre la cruauté, Michel Erman prend appui sur des faits historiques et des représentations culturelles (littérature, sites internet…). Il veut montrer les ambivalences de la cruauté qui renvoient à la fois au « mal » et au « plaisir de voir le mal ». La pulsion de vie et la pulsion de mort entretiennent en effet ici une relation dialectique qui peut s’exprimer de manière ordinaire ou bien de manière excessive, selon les situations et les contextes.
Le raisonnement présenté dans cette conférence s’articule autour de deux idées majeures. La première est qu’il existe dans nos sociétés deux modèles amoureux : la courtoisie et le don juanisme. Tous deux questionnent la réciprocité et la souffrance dans l’amour. Michel Erman s’intéresse particulièrement à l’amour courtois, qui implique la possession masochiste et par conséquent la cruauté envers l’autre. En effet, l’amour courtois, comme l’amour platonicien, ne pense pas la réciprocité. La seconde idée est que l’amour peut déboucher sur la jalousie qui relève quant à elle d’une souffrance liée à l’impossibilité de posséder l’être aimé.
En conclusion, le philosophe estime que « jalousie » et « indifférence » forment le creuset de la cruauté. Si l’angoisse l’emporte sur le plaisir, c’est que l’imaginaire de l’amour relève de la joute, du duel, de la cruauté ; on peut alors se poser la question de « ce lien qui lie » (au sens sadique) que l’on appelle « amour ». La cruauté masochiste est une demande reconnaissance, mais la satisfaction de cette demande sonne le glas de l’amour désirant. Tout amour serait alors impossible car il serait construit sur une attente de réciprocité, qui fait souffrir lorsqu’elle n’est pas satisfaite mais qui, lorsqu’elle est satisfaite, met fin à l’amour désirant. Cela étant, on peut considérer avec Merleau-Ponty que le corps qui aime l’autre est nécessairement aimé par l’autre car, quand « je caresse le corps de l’être aimé, ce corps caresse ma main en retour ». Le philosophe dit ainsi que l’être aimé, qu’il soit aimant ou non, offre par le fait même d’être aimé une certaine réciprocité à celle ou celui qui l’aime, ce qui est « moins cruel » que l’idée de l’amour impossible.
Au final, les deux conférences tentent de définir l’amour d’une part en se référant à des traditions philosophique ou psychanalytique et d’autre part en s’efforçant de singulariser ce que nous pourrions appeler « l’amour érotique » (ou « amour désirant ») par rapport à d’autres sentiments comme l’amitié ou encore des formes d’amour n’engageant pas le désir de possession ou d’exclusivité. De ce point de vue, les raisonnements présentés relèvent ce défi. En effet, dans la dernière partie de son propos, en prenant l’exemple de la difficulté de « choisir » entre deux personnes qu’on pense aimer, Anne Dufourmantelle donne des clefs pour sortir de cette impasse. Selon elle, soit « le choix est déjà fait » mais qu’on ne le sait pas consciemment, soit c’est le désir qui indique « avec qui on est ». Michel Erman, quant à lui, nuance en conclusion son analyse de la tradition philosophique qui pense la réciprocité comme antithétique avec l’amour, laissant ouverte l’idée que le sentiment amoureux serait intrinsèquement fondé sur une certaine réciprocité.
Marie-Carmen Garcia, « Anne Dufourmantelle et Michel Erman, L’Amour en quatre leçons de philosophie. Amour et Désir & Amour et cruauté (DVD 2) », Lectures [En línea], Peliculas, Publicado el 31 octubre 2013, consultado el 20 diciembre 2022. URL : http://journals.openedition.org/lectures/12577 ; DOI : https://doi.org/10.4000/lectures.12577
Ouvrages
- De l’hospitalité, avec Jacques Derrida, Paris, Calmann-Lévy, 1997
- La Vocation prophétique de la philosophie, Éditions du Cerf, 1998
- Prix Raymond-de-Boyer-de-Sainte-Suzanne 1998 de l’Académie française
- La Sauvagerie maternelle, Paris, Calmann-Lévy, 2001, édition poche 2016
- « La colombe » (avec Marc-Alain Ouaknin), « Le consolé » et « Livre d’Habaquoq » (avec Aldina da Silva), « Livre de Baruch » (avec Léo Laberge) dans La Bible, Paris, Bayard, 2001
- Parcours : entretiens avec Anne Dufourmantelle, avec Miguel Benasayag, Paris, Amazon Media, 2001
- Une question d’enfant, Paris, Bayard, 2002
- Blind Date : sexe et philosophie, Paris, Calmann-Lévy, 2003
- Du retour : abécédaire biopolitique, A.Pandolfi, 2003
- Negri on Negri : in conversation, avec Anne Dufourmantelle, Taylor & Francis, 2004
- Procès Dutroux : penser l’émotion, Paris, ministère de la Communauté française, 2004
- American Philo, avec Avital Ronell, Paris, éditions Stock, 2006
- La Femme et le Sacrifice : d’Antigone à la femme d’à côté, Paris, Denoël, 2007
- Fighting theory, avec Avital Ronell, Université de l’Illinois Press, 2010
- Éloge du risque, Paris, Payot, 2011
- Dieu, l’amour et la psychanalyse, avec Jean-Pierre Winter, Paris, Bayard Jeunesse, 2011
- Intelligence du rêve, Paris, Payot, 2012
- En cas d’amour : psychopathologie de la vie amoureuse, Paris, Rivages, 2012
- Puissance de la douceur, Paris, Payot, 2013
- Se trouver, avec Laure Leter, Paris, Jean-Claude Lattès, 2014
- L’Envers du feu, Paris, éditions Albin Michel, 2015
- Défense du secret, Éditions Payot, 2015
- Souviens-toi de ton avenir, Albin Michel, 2018
- Chroniques, Payot et rivages, 2020