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Une dynamique collective pour une problématique partagée

Pendant ces deux ans, la dynamique collective a rassemblé : Association départementale d’économie montagnarde, Auprès de mon âne, Chambre d’agriculture de l’Isère, les communes de Beaufort-sur-Gervanne, Gigors, Gigors-et-Lozeron, Lans-en-Vercors, Lus-la-Croix-Haute, Suze, les communautés de communes du Diois, du massif du Vercors, du Royans-Vercors, les Conseils départementaux de la Drôme et de l’Isère, délégation territoriale Drôme-Ardèche de la LPO AURA, Direction départementale des territoires de la Drôme, Direction régionale de l’alimentation, l’agriculture et la forêt, Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, Office de tourisme du Diois, Fédération des alpages de l’Isère, Fédération départementale des chasseurs de la Drôme, France nature environnement (FNE), GAEC Bos, GAEC du Savel, Guides et accompagnateurs de montagne du Vercors, Guillaume Gontard Sénateur de l’Isère, IDELE, INRAE, KEEPIO, Mountain Bikers Foundation, Mountain Wilderness, Natura 2000, Office de tourisme de l’Isère, Office de tourisme Vercors Drôme, Office français de la biodiversité, Office municipal de tourisme de Villard-de-Lans, Parc naturel régional du Vercors, Société de Chauméane, Vercors Nature, WWF… ensemble, ils ont échangé et sont parvenus à formuler un récit commun. Cette collaboration a donné lieu à une restitution le 3 octobre 2022.

 

Loup gris

PNRV/Jean Andrieux

Le loup, l’histoire d’un retour et de ses conséquences

Parce que le loup s’attaque au bétail et au gibier, l’Homme le pourchasse dès le Moyen-Âge… et la loi française du 3 août 1882 en officialise l’extermination. Les meutes sont alors traquées, chassées, piégées et empoisonnées à travers la France. Les courbes de sa population diminuent inéluctablement jusqu’à sa totale disparition. Après son éradication du territoire national dans les années 1930, le loup revient naturellement depuis l’Italie au début des années 1990. Le loup fait l’objet d’une protection stricte notamment par la Convention de Berne de 1979 et la recommandation n°17 de l’Union européenne de 1989. L’Office français de la biodiversité (OFB) estime sa population en croissance, sur les plans démographique et géographique. Dans le Parc du Vercors, le loup est aujourd’hui présent partout et fréquemment aperçu.

À l’origine, les loups faisaient donc partie intégrante du milieu naturel, et bien que leur disparition ait été orchestrée par l’Homme, ils retrouvent aujourd’hui toute leur place dans les écosystèmes.

Mais ce retour du loup a également des effets problématiques et concrets… comme les attaques perpétrées sur les troupeaux au grand préjudice des éleveurs. La présence de meutes cause des dommages notables à cette activité économique… Apprendre à coexister représente de ce fait un véritable challenge pour toute la société.

Le récit commun ( P5 et 9 )


Connaissant une certaine pression touristique, et dans une époque où les questions
économiques sont devenues prédominantes, le Vercors reste un véritable joyau de la
nature. Ce haut lieu de la biodiversité en Europe nous rappelle que les beautés poétiques
de ce réservoir pour la flore, la fonge et la faune, devraient tenir une place élémentaire
dans nos motivations à protéger la diversité écologique.
Incontestablement, le Vercors dispose d’une fabuleuse richesse d’espaces, constituée
d’une mosaïque de milieux naturels, d’espèces emblématiques et de zones aménagées
par l’Homme. Ce massif, d’une surface de 950 km2, compte plus de 2 200 espèces de
plantes à fleurs et abrite un nombre conséquent d’espèces animales (mammifères,
oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes…). Ce foisonnement représente l’un des facteurs
majeurs de l’attractivité du territoire.
Incontestablement, le Vercors regorge d’une multitude d’activités : agriculture,
sylviculture, pastoralisme, randonnée pédestre, habitat, VTT, parapente, pêche, chasse…
Afin que toutes ces activités restent synonymes de plaisir et de liberté, quelques règles
de vivre-ensemble doivent s’appliquer. Permettre une meilleure cohabitation entre toutes
ces pratiques, c’est prendre connaissance et respecter les usages des uns et des autres. La
responsabilité qu’implique ce multi-usage se doit donc d’être partagée entre l’ensemble
des pratiquants et habitants du territoire.
Mais au sein de cet écosystème, un animal bien particulier fait sa réapparition depuis
quelques années et bouscule les usages du territoire…
LE LOUP, L’HISTOIRE D’UN RETOUR
ET DE SES CONSÉQUENCES
Parce que le loup s’attaque au bétail et au gibier, l’Homme le pourchasse dès le Moyen-
Âge… et la loi française du 3 août 1882, point culminant de cette traque, en officialise
l’extermination. Les meutes sont alors impitoyablement traquées, chassées, piégées et
empoisonnées à travers l’ensemble du territoire. Les courbes de sa population diminuent
inéluctablement jusqu’à sa totale disparition. Après son éradication du territoire national
dans les années 1930, le loup revient naturellement depuis l’Italie au début des années
1990. L’Office français de la biodiversité (OFB) estime sa population en croissance, sur les
plans démographique et géographique. Dans le Parc du Vercors, le loup est aujourd’hui
présent partout et fréquemment aperçu.
À l’origine, les loups faisaient donc partie intégrante du milieu naturel, et bien que leur
disparition ait été orchestrée par l’Homme, ils retrouvent aujourd’hui toute leur place et
leur valeur dans les écosystèmes. Comme l’attestent de nombreuses études internationales,
la présence du loup agit naturellement sur les populations des autres espèces et leurs
comportements, participant ainsi à la régénération des écosystèmes. Initialement, l’action
des chasseurs visait la régulation de ces populations.
Mais ce retour du loup a également des effets problématiques et concrets… comme
les attaques perpétrées sur les troupeaux au grand préjudice des éléveurs. La présence
de meutes cause des dommages notables à cette activité économique… Apprendre à co-
exister représente de ce fait un véritable challenge pour toute la société.
 
 
« Dans un contexte où jamais ces espaces naturels n’ont connu une telle fréquentation, randonner
et habiter responsable c’est respecter les espaces et les forêts en limitant au maximum
son impact sur l’environnement. »

On attend donc beaucoup du chien de protection : une vraie efficacité envers les loups, de
l’autonomie, de la vigilance, du calme, de la quiétude au sein du troupeau, un attachement
aux bêtes, de la réactivité, de l’équilibre, de la vivacité, de la puissance, de la souplesse
et de la sociabilité envers les humains… Un éventail de compétences remarquable et
compliqué à tenir pour un animal.
N’oublions pas que toutes ces préoccupations s’ajoutent à l’activité principale du berger
: s’occuper de l’alimentation et des soins du troupeau avant tout. Sur tous les fronts,
l’équation du berger devient donc difficile à résoudre : faire face aux loups, accepter une
présence croissante des activités de pleine nature dotées de touristes non préparés à
rencontrer des chiens, et cohabiter avec une population locale souvent éloignée de la
difficulté du travail des chiens et du métier des éleveurs.
APPRENONS À PARTAGER LES ESPACES NATURELS !
Dans le Vercors, nous n’y pensons pas forcément quand nous randonnons en famille ou
entre amis, mais nous sommes en réalité pratiquement tout le temps « chez les autres »,
propriétaires publics ou privés. Dans le massif du Vercors, en montagne et dans les
espaces naturels plus généralement, nous ne sommes que des « invités ». Énormément
de sentiers de randonnée traversent des propriétés privées, et c’est grâce à l’obtention
d’autorisations de passage que nous profitons de l’air pur et de la beauté des paysages
dans un environnement privilégié et protégé.
Le pastoralisme est une activité économique patrimoniale qu’il est important de
préserver. Chacun doit bien comprendre et respecter les usages de ces espaces, où des
activités de loisirs se conjuguent avec des activités économiques.
Le Vercors n’est pas un supermarché où des clients viendraient « consommer » un
territoire. C’est un lieu de vie et d’activités où beaucoup d’entre nous ne sont que de passage.
Dans un contexte où jamais ces espaces naturels n’ont connu une telle fréquentation,
randonner et habiter responsable c’est respecter les espaces et les fôrets en limitant au
maximum son impact sur l’environnement. Appliquer et respecter les consignes face
au chien de protection, contourner les troupeaux pour ne pas les déranger, respecter la
cabane du berger, veiller à refermer les clôtures, ne pas faire de feu ou laisser de détritus…
sont des savoirs-être fondamentaux à transmettre à nos enfants, pour qu’ils puissent eux-
mêmes demain continuer à bénéficier de l’existence de cette nature exceptionnelle.
Profiter du massif du Vercors, c’est donc porter en soi des valeurs : respect, politesse,
bienveillance, intérêt et attentions aux paysans et aux éleveurs locaux
 
Co-rédaction / Association Départementale d’Économie Montagnarde, Auprès de mon âne, Chambre d’Agriculture
de l’Isère, Commune de Beaufort-sur-Gervanne, Commune de Gigors, Commune de Gigors-et-Lozeron, Commune
de Lans en Vercors, Commune de Lus-La-Croix-Haute, Commune de Suze, Communauté de Communes du Diois,
Communauté de communes du Massif du Vercors, Communauté de communes du Royans, Conseil départemental
de la Drôme, Conseil départemental de l’Isère, Délégation territoriale Drôme-Ardèche de la LPO AURA, Direction
Départementale des Territoires de la Drôme, Direction Régionale de l’Alimentation, l’Agriculture et la Forêt, Direction
Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement, EPIC Office de Tourisme du Diois, Fédération des
alpages de l’Isère, Fédération de la Chasse de la Drôme, France Nature Environnement (FNE), GAEC Bos, GAEC du
Savel, Guides et accompagnateurs de montagne du Vercors, Guillaume Gontard Sénateur de l’Isère, IDELE, INRAE,
KEEPIO, Moutain Bikers Foundation, Mountain Wilderness, Natura 2000, Office de Tourisme de l’Isère, Office de
Tourisme Vercors Drôme, Office Français de la Biodiversité, Office Municipal de Tourisme de Villard de Lans, Parc
naturel régional du Vercors, Société De Chaumane, Vercors Nature, WWF.
Parc naturel régional du Vercors,

Une histoire de passion

Après trente ans d’activités, le travail intercommunal opéré par le Parc du Vercors a porté ses fruits. Mais au cours de cette nouvelle période, le Parc du Vercors doit faire face à une situation délicate : une crise financière grave liée aux complications du projet national de construction du mémorial de la Résistance de Vassieux-en-Vercors et la constitution progressive des communautés de communes qui absorbent une partie des missions du Parc. Le Parc se sépare alors de certaines de ses missions. Concrètement, il passe d’une centaine de salariés à environ 50 aujourd’hui. Moins portée sur le développement économique local, désormais l’apanage des communautés de communes, l’équipe se spécialise dans les fondamentaux des Parcs naturels régionaux (biodiversité, paysages, éducation à l’environnement…) ou pour lesquels une approche à l’échelle du massif Vercors a du sens (randonnée, promotion touristique, mobilités, agriculture, énergie…).

Quelques réalisations marquantes

1970 : création des refuges octogonaux, seuls subsistent aujourd’hui du col de Vassieux et de Chaumailloux, tous deux réhabilités récemment
1974 : service de remplacement des agriculteurs
1978-1982 : enquêtes sur le patrimoine iconographique et la mémoire orale du Vercors
1980 : création du 1ermusée de la Préhistoire, labellisé musée de France en 2002
1980 : création du centre de vacances Le Piroulet à Vassieux, toujours propriété du Parc
1983 : lancement de la marque Parc (devenue Valeurs Parc) et lancement de radio Vercors
1985 : création de la Réserve nationale des Hauts-Plateaux du Vercors, la plus grande réserve naturelle de France métropolitain
1986 : premiers carto-guides de randonnée
1989 : mesures agro-environnementales, le Vercors, un des territoires pionniers de ce dispositif à l’époque expérimental
1989 : réintroduction du bouquetin des Alpes
1990 : programme de soutien à l’émergence d’une filière bois-énergie
1992 : accompagnement pour l’expérimentation d’un équipement photovoltaïque à Omblèze
1992 : équipement des cabanes de bergers en panneaux photovoltaiques (programme européen)
1994 : ouverture du mémorial de la Résistance en Vercors à Vassieux-en-Vercors
1995 : embauche des gardes verts pour l’entretien des sentiers de randonnée
1999 : réintroduction du vautour fauve
2001 : première Fête du Bleu 
2005 : création de l’observatoire éco-climatique du Vercors (installation de six stations météorologiques)
2008 : programme Alimentation Santé Territoire dans la logique de circuits courts
2009 : premier contrat de diversification touristique
2009 : lancement d’une campagne d’audits énergétiques dans toutes les communes du Parc
2010 : première réintroduction du gypaète barbu
2011 : plan de gestion de la tulipe sauvage
2013 : naissance de la marque Inspiration Vercors
2016 : Vercors en partage, réunir organisateurs de manifestations sportives et acteurs du territoire pour anticiper d’éventuels conflits
2018 : plan Loup Vercors visant l’amélioration de la cohabitation entre l’espèce et les activités pastorales
2018 : lancement de Rézo Pouce pour l’autostop organisé
2021 : création d’un atlas de la biodiversité communale à l’échelle de 38 communes du Vercors
2022 : première reproduction du gypaète barbu sur le Vercors

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