A Saint-Brevin-les-Pins, l’ultradroite brule la maison du maire, à Die l’ultragauche brule la porte de la sous préfecture : même actions, même méthode, même effets, même violence, même haine, même bêtise ! MCD
Drôme Incendie à la sous-préfecture de Die : « l’acte le plus débile qui soit ! »…
Jeudi 16 mars, vers 22h50, un départ de feu volontaire a été provoqué sur la porte d’entrée de la sous-préfecture, place de la République à Die. Rapidement éteint par les sapeurs-pompiers, cet incendie n’a pas fait de victime. Le ou les incendiaires ont mis le feu sur la porte en bois, entrée principale de la sous-préfecture de Die.
La sous-préfecture ciblée par un feu criminel : les agents souhaitent continuer leurs missions de service public
Des témoins, découvrant le sinistre jeudi soir, ont tenté d’éteindre le feu avant d’alerter les sapeurs-pompiers qui sont rapidement intervenus afin d’éviter la propagation des flammes. Des fumées épaisses ont toutefois envahi les bureaux de la sous-préfecture. Dans un communiqué, la préfète de la Drôme « condamne fermement cette dégradation volontaire d’un bâtiment symbole de l’État. Les conséquences de cet acte intolérable auraient pu être très graves pour la sous-préfète de Die qui réside sur place ainsi que pour les habitants, riverains de la sous-préfecture ». Des mesures de surveillance ont été renforcées pour assurer la sécurité de la sous-préfecture, de ses agents et de ses usagers.
L’enquête est confiée aux gendarmes de la brigade de recherches de Crest. Des techniciens en identification criminelle doivent également se rendre sur place afin de procéder à différentes constatations. Une plainte a été déposée ce vendredi matin par Corinne Quèbre, sous-préfète de Die. Le montant des dégâts n’a pas encore été estimé. L’enquête est ouverte pour dégradation d’un bien appartenant à autrui par l’effet d’un incendie, indique le parquet de Valence. La sous-préfecture de Die, qui compte 11 personnels, est, ce 17 mars, comme tous les vendredis, fermée au public. Une réunion pilotée par la préfecture est en cours afin de décider si l’accueil s’effectuera lundi 20 et mardi 21 mars.
Isabelle Bizouard, maire de Die : « Aujourd’hui plus qu’hier, on a besoin de médiation et de modération »
Isabelle Bizouard, maire de Die, déclare, pour sa part : « Bien que l’enquête est en cours, on ne peut que penser que c’est lié avec la décision du gouvernement d’avoir recours au 49.3. »
L’édile condamne par ailleurs ces « moyens utilisés. Ce n’est pas la violence qui permet d’avancer et j’espère que ça ne se reproduira pas. Aujourd’hui plus qu’hier, on a besoin de médiation et de modération ».
La maire salue en outre « le réflexe qu’ont eu les passants d’appeler les secours et d’arroser, malgré les maigres moyens dont ils disposaient, le feu dont ils ont été témoins ».
Marie Pochon, députée Nupes de la 3e circonscription de la Drôme, condamne l’incendie qui « pouvait être prévisible »
Marie Pochon, députée Nupes de la 3e circonscription de la Drôme, « condamne fermement cet incendie criminel et la mise en danger de madame la sous-préfète ». « Même si une enquête est en cours, poursuit la parlementaire, cet acte pourrait être mis en parallèle avec ce que le gouvernement a imposé. En ayant recours au 49.3, c’est lui qui emploie la méthode du rapport de force qui débouche sur ce type d’action désespérée des citoyens alors qu’ils sont des millions à avoir manifesté dignement dans les rues pour montrer leur mécontentement, sans que le gouvernement ne les écoute […]. Mais cet incendie est condamnable, comme la méthode employée par le gouvernement. »
Et de poursuivre : « Ce rapport de force qu’impose le gouvernement est potentiellement dangereux et peut mener à une situation explosive dans le pays. Je regrette cet acte mais ce pouvait être envisageable. »
Une violence inexplicable et surtout inaudible ?
« Qui sème la misère récolte la terreur » résume l’un des manifestants contre la réforme des retraites à Die. « Qui sème la misère récolte la terreur » résume Nicolas Faivre d’Arcier, lors des manifestations à Die contre la réforme des retraites, réunissant citoyens et syndicats FO et CGT depuis janvier. « Nous sommes dans une impasse qui va se traduire par la colère. Le gouvernement a choisi la méthode de la confrontation. Et une première a eu lieu hier soir. Mais la violence n’est pas dans cet acte, elle se trouve dans les institutions. Elle ne situe pas au niveau des gens qui ont des modes d’expression qui ne sont néanmoins pas les miens mais dans tous les mensonges du gouvernement et de la misère qu’il sème. » Et de conclure : « Je ne cautionne pas mais je comprends ».
L’incendie à la sous-préfecture de Die , c’est « l’acte le plus débile qui soit ! » résume un des manifestant. « Cela ne fera pas avancer le débat sur les retraites d’un millimètre ». « Et ce sont les citoyennes et citoyens qui vont payer cet acte de terreur ! » conclut il.
Recueilli par Caroline BERNpour le Dauphiné Libéré et MCD
A Saint-Brevin-les-Pins, une enquête ouverte après un incendie visant le domicile du maire
Yannick Morez, qui dit avoir été victime de menaces en raison de sa prise de position en faveur d’un projet de centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), a déposé plainte.
Une enquête criminelle a été ouverte mercredi 22 mars après un incendie ayant visé le domicile du maire de la commune. Le feu s’est déclaré mercredi aux alentours de 5 heures du matin, au domicile de Yannick Morez, détruisant totalement deux de ses véhicules et endommageant une partie de sa maison. L’alerte avait été donnée par des salariés se rendant à leur travail et les pompiers ont pu rapidement intervenir pour éteindre les flammes, précise la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas-Lagarde, dans un communiqué. Le maire de Saint-Brevin-les-Pins et son épouse, qui dormaient à l’intérieur de leur domicile, n’ont pas été blessés. Mercredi matin, un expert incendie qui s’est rendu sur place a communiqué ses premières conclusions. Il dit « écarter la piste accidentelle », et donc « privilégier l’intervention de tiers et la piste criminelle », souligne Mme Canovas-Lagarde.
MCD