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Aux Diois·es qui se questionneraient sur les raisons d’interrompre un conseil communautaire du Diois

Jeudi 23 février, une cinquantaine de personnes se sont rendues au Conseil Communautaire de la
Communauté de Communs du Diois, à Recoubeau, pour demander aux élu· es de prendre leurs
responsabilités en renonçant au projet d’artificialisation des terres de Chamarges.


Une nouvelle fois, et malgré une brève interruption de séance, cette demande a été ignorée.
Le collectif la tulipe sauvage, la confédération paysanne et les citoyennes et citoyens mobilisé·es
pour la défense des terres agricoles et des espaces naturels souhaitent apporter une explication.
Avec cette extension de la zone d’activité, la communauté de communes s’apprête à investir plus de
deux millions d’euros pour détruire cinq hectares des meilleures terres cultivables du Diois.
Elle projette ensuite de les revendre environ 30 euros/m².
Depuis bientôt trois ans nous essayons d’amener un débat sur les politiques d’urbanisme menées
dans le Diois et demandons, en vain, à être reçus en conseil communautaire pour présenter notre
pétition rassemblant pus de mille signatures.
Derrière la façade « Biovallée », malgré les effets d’annonce sur la souveraineté alimentaire et la
relocalisation des productions nourricières, en dépit des « consultations citoyennes » sur le futur plan
d’urbanisme, le modèle de développement porté par nos collectivités reste le même depuis les
années 60 : routes, lotissements et zones artisanales dévorent les espaces cultivables, entretiennent
la spéculation foncière et défigurent nos paysages. En cinquante ans, un tiers des meilleures terres agricoles, celles de la plaine, plates, profondes et irrigables ont disparu et la surface de la ville de Die a été multipliée par cinq, alors que sa population n’est passée que de 4000 à 5000 habitants.
Aujourd’hui le Diois importe 90 % de son alimentation, bien souvent de très loin.
Ce constat nous conduit à réclamer l’abandon de ce projet conçu il y a 20 ans et un moratoire
immédiat sur l’artificialisation des terres cultivables.
Pandémie, crise environnementale et énergétique, sécheresse historique, disparition des paysans et
destruction généralisée du vivant : la situation exige d’agir dès maintenant, et les politiques doivent
abandonner ce logiciel périmé. Et, d’une façon ou d’une autre, il faut leur faire comprendre.
Nous entendons les arguments en faveur de l’emploi mais nous sommes convaincus que le Diois a
les ressources pour porter un nouveau modèle, en accord avec les enjeux du futur.
En effet 40 % des anciennes zones artisanales sont vides ou sous-utilisées et peuvent accueillir les
activités en recherche de locaux. Les collectivités qui ont fait le choix de vendre plutôt que de louer
les terrains lors de l’aménagement de ces zones doivent en reprendre la maîtrise foncière et
restructurer en vue de valoriser les espaces existants.
Nous ne nions pas qu’il est plus compliqué d’agir sur un parcellaire privé tombé en déshérence que
de reproduire les mêmes erreurs en bétonnant de nouvelles terres pour les livrer encore une fois à la
spéculation.
De plus, l’aménagement récent (4ans) de la Z.A sud de Chamarges montre bien l’inefficacité, voire la
nocivité pour l’économie dioise de ces projets.
Seuls sept emplois nouveaux ont été créés sur cette zone, équivalente en coût et en surface au
nouveau projet.
La plupart des lots vendus n’ont servi qu’au déménagement d’entreprises. Par ailleurs, l’extension
des grande surfaces et zones commerciales a vidé le centre ville de nombreux commerces et
services, qui ont déménagé ou fermé.
Et qui en tire profit ? Une fois la parcelle construite, les acquéreurs doublent ou triplent
immédiatement la valeur de leurs investissements, le marché de l’immobilier étant en hausse
constante depuis trente ans dans le Diois.
Ajoutons que le secteur agricole est le premier employeur du Diois et qu’ il est très compliqué d’
installer de nouveaux·elles paysan·nes ou de trouver des repreneurs pour celles/ceux, très
nombreux·es qui vont partir en retraite. Et ce non pas par manque de candidats mais bien à cause
du coût d’accès à la terre et au logement.
Nous proposons donc de consacrer ces millions d’euros et ces terrains, désormais propriété
commune, à installer de nouveaux·elles paysan·nes.
Nous ferons ainsi un pas vers un modèle agricole écologiquement viable, à la fois pourvoyeur d’
emplois et d’ autonomie alimentaire.

Les terres cultivables de Chamarges doivent rester un bien commun !

Collectif La Tulipe Sauvage
latulipesauvage@riseup.net
latulipeasauvage.org

Confédération paysanne Drôme
drome@confederationpaysanne.fr
drome.confederationpaysanne.fr

Nota : nous avons reçu ce texte le 2 mars 2023  à 21:00. Nous étions absentes.

Nous avons relevé 10 affirmations fausses… Mais laisserons  aux intéressé.es, « le Droit de réponse ». MCD

 

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