Protéger les terres agricoles
Terre de liens est une structure associative dont le but est de pérenniser les terrains agricoles et d’aider les agriculteurs à acquérir des terres sans avoir à s’endetter trop lourdement. Elle a publié un rapport pour mobiliser l’opinion sur les nouvelles questions que pose la propriété des terres agricoles. Celles-ci constituent en effet une ressource précieuse mais rare, non renouvelable et d’autant plus fragile que leur devenir évolue au fil des transmissions. Il est donc urgent de repenser leur propriété.
Les terres agricoles et la manière dont elles sont utilisées jouent aujourd’hui un rôle absolument critique dans les enjeux environnementaux comme les enjeux d’alimentation. Or les sols sont menacés par l’érosion comme par les multiples pollutions qui dégradent leur qualité. Et l’artificialisation gagne sans cesse du terrain. A chaque fois qu’une terre agricole est cédée, se pose la question de son éventuelle conversion à d’autres usages et donc du renforcement de l’artificialisation des sols.
Et si la terre reste agricole, l’autre risque est celui de concentration des exploitations. Lorsque les fermes grandissent, elles deviennent trop importantes pour être reprises par des agriculteurs, au détriment souvent des projets bio et plus durables.
Le fait sociétaire
Pour Terre de liens, les risques de transformation des terres lors de la vente sont accentués par un phénomène nouveau et particulièrement spectaculaire : le « fait sociétaire ». Les terres agricoles sont de plus en plus souvent constituées comme un actif de sociétés agricoles dont les parts sont divisées et cessibles. Cette structure de société anonyme facilite la délégation à des professionnels avec des logiques variées. Elle n’est donc guère surprenante.
Mais elle a un corollaire : les agriculteurs ne se contentent pas de vendre leurs terres ou de les louer. Ils peuvent désormais transférer leurs parts sans que la société ne change et sans que les pouvoirs publics ne soient au courant. Ce qui déjoue de facto l’ensemble des dispositifs publics qui avaient été mis en place depuis les années 1960 pour encadrer le transfert des terres.
La question de la propriété privée de la terre doit donc être repensée à partir de ces nouvelles problématiques. Car dès lors que la terre relève de la propriété privée, son usage peut évoluer au gré des cessions ; il dépend mécaniquement du profil, des intérêts, mais aussi des besoins des propriétaires.
Pour Terre de liens, il appartient aux pouvoirs publics de chercher à encadrer davantage les transmissions. Le rapport préconise que le prix et la conversion des terres agricoles vers d’autres usages soient fortement encadrés, mais aussi que le droit d’usage de terres agricoles soit régulé en prenant en compte non pas seulement la production à l’hectare, mais aussi l’emploi et des critères de durabilité.
Le rapport innove surtout en proposant de soutenir l’émergence de nouvelles figures de propriétaires. Terre de liens, à l’instar d’autres initiatives citoyennes, utilise le droit de propriété de manière positive comme un outil pour restaurer un projet collectif d’intérêt général. L’organisation collecte de l’épargne auprès de tous ceux qui sont plus intéressés par la gestion responsable des terres que par le rendement financier. Ensuite, grâce aux fonds réunis, elle acquiert des terres. Et elle les met à disposition des agriculteurs qui souhaitent s’installer moyennant un loyer accessible, à condition qu’ils respectent un cahier des charges social et environnemental exigeant.
Le propriétaire s’institue alors en défenseur à la fois de la qualité des sols et de leur bon usage. Ce type de structure de portage non lucrative pourrait donc être encouragé par les pouvoirs publics.
Des projets agricoles responsables

On peut se demander si – avant la question du propriétaire et de la propriété – ce n’est pas aussi la manière dont on pense la terre qui doit être renouvelée. Car la terre, avant d’être un bien et un objet de propriété, est un lieu d’interdépendances particulièrement denses avec son écosystème.
Ne convient-il pas de parler d’entreprise agricole plutôt que de terre agricole ? Il est en effet nécessaire de dépasser la notion d’exploitation pour lui substituer la conception et la mise en œuvre d’un projet qui embarque de facto de multiples parties prenantes, au premier rang desquelles les autres terres du même territoire et les collectivités territoriales. Il faut aussi dépasser la notion d’exploitant, même s’il est déjà protégé par le statut de fermage, pour mieux définir les responsabilités des dirigeants des entreprises agricoles en matière de durabilité et de soutenabilité.
Responsabilités dont on sait qu’elles s’imposent à tous les détenteurs de droits de propriété, quels qu’ils soient.
Nota réaffirmée du 1er mars 2023: Contrairement à ce qu’affirment certaines associations crestoises et départementales, la Ville de Die est la moins urbanisée de France en proportion de sa surface ( voir les docs nationales sur ce sujet ) . C’est elle qui depuis 50 ans a laissé le moins de terres agricoles passer à l’urbanisation et la construction, on parle de 45 hectares sans aucune réelles expertises. Au grand dam des gens, locaux ou pas, qui veulent poser un permis de construire, d’ailleurs. Et cherchent inlassablement un terrain même pour poser une Yourte. C’est aussi une commune et une intercommunalité qui ont voté contre « l’artificialisation des terres vivrières » en début de mandat, un choix politique fort alors que la loi ne s’impose pas à ce jour. C’est aussi les choix politiques courageux d’arrêter la construction d’ un hôpital sur 3.60 hectares en Zone d’ entrée de ville de Chamarge, de contrer le barreau routier du Conseil départemental pour monter au Col de Rousset et d’avoir bataillé pour l’installation de deux maraichers à coté de l’héliport pour produire localement des légumes pour la SCIC La Carline contre l’avis de Bâtiments de France. Et contre la spéculation d’offrir des « baux à construction ou emphytéotiques » afin d’interdire les reventes de parcelles en Zones artisanales. On attribue à Joseph Goebbels la phrase “un mensonge répété mille fois se transforme en vérité”. Il s’agit d’une bonne synthèse de ce que ce ministre chargé de la propagande a fait pendant la Seconde Guerre Mondiale. Certaines associations et un site crestois ( R… ) n’ont pas hésité à franchir la ligne rouge. Le travail de Goebbels a connu tellement de succès que ses mécanismes ont été copiés à foison par un grand nombre de structures dans le monde à l’ultra droite et l’ultra gauche. Des secteurs militants hystérisés continuent à se servir du mensonge, de manière parfaitement consciente, pour manipuler l’esprit des personnes ( fragiles ou mal informées ) qu’ils veulent influencer et ainsi réussir à leur faire accepter l’inacceptable, en leur faisant soutenir des plans et actions qui ne représentent l’intérêt que de quelques-uns. 30 manifestants ne représenterons jamais l’intérêt général. Ni la conscience des enjeux planétaires.
Paul Breynat