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Il est temps de faire du Service national universel (SNU), un vrai moteur républicain !

Pour Xavier Iacovelli et Christophe Blanchet, le SNU est « un levier éducatif pour apprendre à aimer la France ».

Il est temps de faire du Service national universel (SNU), un vrai moteur républicain !

Xavier Iacovelli et Christophe Blanchet

Xavier Iacovelli, sénateur des Hauts-de-Seine, et Christophe Blanchet, député du Calvados, appellent à généraliser au plus vite le Service national universel (SNU). Une manière, selon eux, de « rendre plus concret un sentiment de fierté et d’appartenance » et de donner davantage « corps à nos valeurs républicaines ».

Il est temps de faire du Service national universel (SNU), un vrai moteur républicain ! Depuis plus d’une dizaine d’années, notre pays connaît une nouvelle donne sociale et géopolitique, nous devons également faire face à des menaces concrètes ou plus diffuses qui éprouvent notre modèle républicain. Le retour de la guerre en Europe, la montée des extrémismes ou encore le fléau du terrorisme font écho au sentiment de solitude de certains de nos concitoyens, dont la fierté peut être entachée d’une perte de confiance en la République. Il nous faut lutter contre ce défaitisme dont l’histoire montre qu’il mène aux plus grands renoncements. D’autre part, nous avons une jeunesse engagée et un formidable réseau associatif partout en France. C’est cela que nous devons mettre en avant. C’est cette France qui cherche à faire Nation.

Faire Nation

Or, faire Nation n’est ni une idée ni une abstraction : c’est l’objectif du Service national universel (SNU) de construire un nouveau pacte républicain. La question que nous devons nous poser collectivement, en tant que nation, n’est autre que celle des valeurs à transmettre aux générations futures et des moyens que nous nous donnons pour y arriver. Loin des caricatures, le SNU n’est pas une simple résurgence du service militaire. Il répond à une attente majeure de tous les Français pour rendre plus concret un sentiment de fierté et d’appartenance, pour donner plus de corps à nos valeurs républicaines.

Grâce à un parcours complet de citoyenneté, ce séjour de cohésion offre à tous les jeunes un temps pour éprouver leur engagement, développer des compétences et appréhender les valeurs universelles du mérite, de l’altruisme, de la fraternité, de l’exigence, du dépassement, de l’équité. En organisant une mixité sociale et géographique essentielle, il permet à chaque jeune de s’émanciper en s’appropriant les outils nécessaires à sa liberté : faire sienne les valeurs républicaines ou encore développer la connaissance de ses droits et devoirs. En donnant du sens au collectif, il répond à une demande de la jeunesse en ouvrant la voie à un engagement de plus longue durée dans les réserves civiles ou militaires ou au sein d’une association dans le cadre d’un service civique rémunéré. En proposant aux jeunes français d’incarner un nouveau rôle dans la vie de la nation, le SNU que nous défendons est un projet résolument tourné vers l’avenir, un moyen d’impulser un élan fort pour la construction d’un pacte républicain renouvelé.

Pour une généralisation du SNU

Au croisement des enjeux majeurs d’éducation, de formation, d’intégration, de souveraineté ou encore d’écologie qui traversent notre société, le SNU offre une réponse globale portant des transformations structurantes qui ne trouvent un sens que dans son déploiement à l’échelle du pays. Une première phase pilote du SNU, mise en place par le gouvernement d’Édouard Philippe en 2019, a déjà permis d’accueillir depuis sa création près de 50 000 jeunes de 15 à 17 ans. Ce programme, nous avons assisté à sa création, nous avons suivi son déploiement et nous avons participé, avec les jeunes, à son déroulement. Il présente des résultats très encourageants sur la base de retours d’expérience positifs de tous les participants. Dès l’origine, le SNU a accueilli des jeunes qui n’étaient pas tous volontaires. Certains d’entre eux se présentaient aussi sans aucun enthousiasme. Beaucoup venaient avec curiosité et envie. Et nous avons vu combien les deux semaines du séjour de cohésion transformaient chacun. À l’issue, tous en sortent grandis. Le SNU est une chance pour redonner du sens à l’exception française.

Certains opposent au déploiement du SNU une critique financière ou technique, d’autres y voient l’expression d’une idée datée ou démagogique. Or, le SNU ne doit pas être le Service national d’un parti politique. C’est un levier éducatif pour apprendre à aimer la France. Il doit être véritablement universel. Il est temps de réaliser cette promesse qui voit justement dans le SNU un projet hautement républicain, donnant à la France un cap : celui du renouveau de l’exception française, par la construction collective et la fierté d’incarner et de diffuser nos valeurs. Nous appelons tous les parlementaires, élus locaux, associations ou citoyens engagés, à nous rejoindre dans cette mission qui s’inscrit déjà depuis plusieurs semaines dans le cadre d’une concertation plus large.

Ambroise Méjean propose de « transformer le SNU en service national écologique »

 Jugeant la généralisation du service national universel (SNU) « compromise », Ambroise Méjean, propose, pour le sauver, de l’axer autour de l’écologie.

Le SNU, service national universel : trois lettres, pour un projet enlisé. S’il juge ce dispositif « essentiel », Ambroise Méjean, se rend toutefois à « un constat simple » : « La généralisation du SNU, à l’heure actuelle, est compromise. » D’autres diraient que cette idée prend l’eau.

Ce qui bloque, selon lui ? « Il faut qu’on embarque plus la jeunesse, changer un peu l’esprit. Pour pouvoir généraliser le SNU, je propose au président de la République de transformer le service national universel en service national écologique (SNE) », dévoile-t-il à notre journal.

« Une génération formée à la transition écologique »

Concrètement, selon sa copie, « la moitié des douze jours de SNE seraient consacrés à l’écologie par de la formation et des actions de terrain ». « Toute une génération serait formée à la transition écologique, en s’appuyant sur des experts reconnus. On serait le premier pays au monde à faire ça ! »  expose Ambroise Méjean.

Pour les « actions de terrain », il imagine « une participation à la dépollution des forêts, des plages ou des rivières, à la lutte contre les événements provoqués par le changement climatique, inondations, incendies »… Le tout, en conservant le format initial. « Pour garder l’esprit originel et son objectif de mixité sociale, de formation à la citoyenneté, c’est l’obligation ou rien », plante  Mr Méjean.

Sauf que l’obligation compte de solides opposants, y compris au sein de la majorité. Le projet a, de ce fait, été percuté par la contestation monstre contre la réforme des retraites. « Ce serait le carburant qui allume l’incendie chez les jeunes », entendait-on en interne avant qu’il ne soit retiré de la loi de programmation militaire (LPM).

« Coûteux, inutile », dézingue un député Renaissance. Emmanuel Macron, en revanche, y tient. Il l’a redit face aux lecteurs du Parisien–Aujourd’hui en France, fin avril.

Répondre à une aspiration de la jeunesse

« La thématique de l’écologie peut redonner un nouvel élan car elle répond à une aspiration de la jeunesse », plaide Méjean en retour. Reste à savoir si l’exécutif sera convaincu par son idée — transmise au président et à la Première ministre. « Dans la définition du SNU, il est déjà possible d’orienter les choses autour de thématiques comme l’écologie. Que cela puisse prendre différentes formes… Il faut que nous regardions », nous confie Elisabeth Borne depuis La Réunion. La secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, Sarah El Haïry, qui porte le SNU, a aussi été prévenue. Resterait ensuite, le cas échéant, à passer l’épreuve du Parlement…

Xavier Iacovelli et Christophe Blanchet

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