Ph. D. : Baptiste Morizot a raison de souligner la puissance des attracteurs localisés comme moteurs de l’action politique et ferments de coalitions transpécifiques. Une mutation de nos sensibilités à l’égard du vivant n’est pas suffisante pour engendrer un bouleversement cosmopolitique. Il y faut aussi des structures institutionnelles – territoires alternatifs, mobilisations contre l’accaparement des terres et de l’eau, luttes contre des projets écocidaires – sur lesquelles appuyer un projet local de faire monde. Celui-ci n’est pas la revendication d’une « petite patrie » dans une tradition chauvine et réactionnaire, mais au contraire la traduction dans un foyer clairement situé et bien connu d’un programme de relocalisation de nos attachements au vivant et d’aiguisement de notre attention à ce qu’il porte de joie et de plénitude.

Nicolas Truong à suivre sur Le Monde