Bruno Cuerva, garde Réserve naturelle chez Parc naturel régional du Vercors est mort…

Photo PNRV/Raphaële Bruyère
Nous avons la douleur de vous faire part de son décès survenu le mercredi 27 décembre 2023 alors âgé de 66 ans.
Dans le Vercors, le vautour est de retour
Oiseau de malheur, tueur de bétail… Son injuste réputation a valu au vautour de disparaître totalement de France. Mais, depuis quelques années, il plane à nouveau sur le Vercors, attire les visiteurs, et est même devenu l’allié des éleveurs.
Dans leurs jumelles, les enfants viennent de repérer une ombre sur la paroi inondée de lumière.
C’est un vautour qui plane lentement, longeant la falaise, sous les sommets coiffés des dernières neiges.
Le groupe s’immobilise en silence, captivé par l’élégance du rapace. Nous sommes à 800 mètres d’altitude, sur les flancs du cirque d’Archiane, une enceinte naturelle dressée comme un rempart au sud de la réserve des Drôme.
En cet après-midi d’avril, les jeunes visisteurs ont le regard rivé sur leur découverte. Ils attendent le verdict de Bruno Cuerva, le garde de la réserve. « Vous voyez sa queue en forme de losange ? C’est un gypaète barbu ! », s’exclame l’adulte. (…)
Pour la première fois depuis 100 ans, un couple de gypaètes barbus a pondu dans le Vercors
Le Parc naturel régional du Vercors a annoncé la ponte d’un couple de gypaètes barbus. Un évènement important qui récompense les efforts de la réserve naturelle pour réintroduire l’espèce dans le massif montagneux.
« C’est un évènement dans le Vercors, mais c’est aussi un évènement pour Auvergne-Rhône-Alpes et la France », s’est réjoui auprès de France Bleu Bruno Cuerva, garde de la réserve des Hauts Plateaux du Vercors. Un retour presque inespéré puisque le rapace s’était volatilisé depuis le début du XXe siècle, victime de l’homme et de ses campagnes d’extermination. « A l’époque, l’image du vautour était déplorable, nous rappelait Michel Vartanian, maire du village de Chamaloc et artisan de la réintroduction de ces oiseaux dans un reportage sur le retour du vautour dans le Vercors en 2020. Jugés nuisibles et maléfiques, ils évoquaient la mort, un phénomène que la société voulait de plus en plus cacher, même pour le bétail. »
Des oiseaux progressivement réintroduits dans la nature
Mais heureusement, depuis la fin des années 90, les mentalités évoluent. Après la réintroduction du vautour fauve, c’est au tour du gypaètes barbus de réinvestir le paysage. Voilà plus de 10 ans – depuis 2010 – que l’opération de réintroduction du gypaètes barbus, un grand vautour européen, a démarré dans le Parc naturel régional. Des oiseaux ont progressivement été récupérés dans des centres de soins ou des zoos puis accompagnés vers un retour à la liberté. Il faut ensuite attendre environ sept ou huit ans pour que l’espèce se reproduise.
« Ce sont ces oiseaux qui ont été lâchés dans cette période-là qui viennent de pondre. C’est très long, ce n’était pas gagné, mais pour la première fois ils ont pondu en extérieur », souligne le garde de la réserve naturelle.
Une ponte réussie début février
Des spécialistes ont observé le comportement d’un couple de vautours durant plusieurs jours. Selon eux, aucun doute possible, le comportement des gypaètes barbus est caractéristique d’une ponte réussie depuis début février.
Le nid a été construit sur une falaise, avec des branches et de la laine. Les deux vautours se relaient afin que les oeufs soient couvés en permanence. « Ça va sans doute remettre dans le ciel du Vercors une espèce qui a disparu de nos cieux depuis au moins plus d’un siècle ! », s’émerveille Bruno Cuerva. La période d’incubation d’un gypaète étant de 55 à 60 jours, il faudra encore attendre quelques semaines pour découvrir le ou les oisillons.
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