- Un matin, je me suis réveillé,
- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- Un matin, je me suis réveillé,
- Et j’ai travaillé

- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- Hé ! partisan emmène-moi,
- Car je me sens prêt à mourir.
- Et si je meurs en partisan,
- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- Et si je meurs en partisan,
- Il faudra que tu m’enterres.
- Que tu m’enterres sur la montagne,
- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- Que tu m’enterres sur la montagne,
- À l’ombre d’une belle fleur.
- Tous les gens qui passeront,
- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- Et les gens qui passeront,
- Me diront « Quelle belle fleur ».
- C’est la fleur du partisan,
- O bella ciao, bella ciao, bella ciao ciao ciao,
- C’est la fleur du partisan,
- Mort pour la liberté.
Avant la Seconde Guerre mondiale, une certaine version de la chanson des mondines est chantée lors des banquets, entre autres par Giovanna Daffini, fille d’un violoniste ambulant qui l’a apprise de sa grand-mère et la chantait quand elle travaillait, dès l’âge de 13 ans, en 1926, dans les rizières de Vercelli et de Pavie. Installée en 1932 à Gualtieri, en Émilie, elle chante alors tel un aède dans les mariages, accompagnée par sa guitare et le violon de son mari, un répertoire anarchiste. Durant la guerre, elle s’engage dans la Résistance.
La mélodie, qui n’a jamais été enregistrée en Italie, est connue de quelques résistants des unités gappistes de la région de Modène et de Bologne dans l’Apennin émilien, tels les combattants de la section russe du bataillon allié qu’encadrent les commissaires politiques Vladimir Piériéladoff (ru) et Anatol Makarovitch Tarasoff (ru) ou ceux des autres unités de la République des partisans (it) de Montefiorino, partis le 1er août 1944 se réfugier dans la montagne au sein de la brigade Justice et Liberté du Parti d’action. Des paroles sont posées dessus au plus tard vers la fin de l’année 1944 ou au début de l’année 1945 en s’inspirant du thème et du scénario d’une autre chanson populaire, Fior di tomba. La « fleur de tombe » devient la « fleur du partisan ». Le partisan chante non pas le salut que la mondina libérée adresse à l’esclave qu’elle était mais celui qu’il adresse à sa bien-aimée. Toutefois, les révolutionnaires italiens chantent plus volontiers Fischia il vento, sur l’air de Katioucha.
À l’été 1948, dans les suites du premier Festival mondial de la jeunesse et des étudiants qui s’est tenu à Prague un an plus tôt, du 25 juillet au 25 août 1947, un groupe d’étudiants italiens invité par le Kominform à Berlin chante leur hymne des partisans Le chant est traduit en plusieurs langues et très applaudi. Durant la guerre froide, Fischia il vento est relégué progressivement parce qu’il affiche un engagement pro-soviétique trop marqué et c’est Bella ciao!, aux paroles plus consensuelles, qui finira par s’imposer comme l’hymne de la résistance italienne.
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