Humanistes, démocrates, républicain·es, soyons au rendez-vous !
Chers concitoyennes
Chers concitoyens
Cher·es ami·es,
Ce soir, même si nous sommes toutes et tous sous le choc, il y a une bonne nouvelle : la participation extrêmement élevée, après 40 ans de baisse à chaque scrutin.
Merci à celles et ceux qui ont repris le chemin des urnes, quoi qu’ils ou elles aient voté, c’est une bonne nouvelle pour la démocratie !
Ce soir, il y a aussi une nouvelle extrêmement préoccupante : le Rassemblement national est très très haut, bien trop haut, mais la constitution du Nouveau Front Populaire est parvenu à le faire reculer par rapport aux résultats des européennes.
Ce soir, il y a un fait politique majeur : la page du macronisme est tournée et Il n’y a plus aucune possibilité d’une majorité autour d’un·e candidat·e macroniste à Matignon.
Les partis politiques qui ont jusqu’à présent soutenu Emmanuel Macron ont deux choses à faire :
éviter la majorité absolue du RN et de ses alliés à l’Assemblée nationale;
éviter le chaos d’une France ingouvernable.
Ce soir, il y a un espoir : la victoire du Nouveau Front Populaire est possible.
Parce qu’elle est possible mais va demander beaucoup de travail et d’exigences, il nous faut être à la hauteur, toutes et tous, à chaque seconde. Car oui, jusqu’à dimanche prochain, chaque seconde de campagne va compter et doit être utilisée à bon escient, concentrée sur les bons sujets et à la hauteur de la situation inédite que nous vivons.
Les Écologistes, qui ont été au cœur de la construction de cette unité depuis 3 semaines, continueront d’y prendre toute leur part et à être responsables pour plusieurs si nécessaire.
Une nouvelle élection commence ce soir.
La surprise des jours suivant la dissolution a été l’avènement d’un Nouveau Front Populaire.
La surprise des 24 prochaines heures doit être la construction d’un Nouveau Front Républicain.
Nous allons nous y consacrer dès maintenant et nous sommes à l’entière disposition de toutes celles et ceux qui souhaitent y contribuer.
Il serait incompréhensible que certain·es continuent à ne pas faire la différence entre la gauche et l’extrême droite.
Alors nous allons avoir besoin que les responsables politiques centristes soient responsables, comme leur nom l’indique. Nous vous regardons, nous vous attendons. Et toutes les Françaises et les Français avec nous.
Messieurs Macron, Attal, Séjourné, Bayrou, Philippe, Marseille, je vous ai écris. J’attends de votre part des engagements clairs, sans tergiversation aucune.
Comme nous nous y sommes engagé·es, nous, Écologistes, depuis plusieurs jours, vous devez êtres très clairs, car de votre clarté dépendra, soyons en toutes et tous bien conscient·es, le fait que nous nous réveillions, dans 8 jours avec un Premier ministre d’extrême droite, ou pas.
Alors on compte sur vous :
Désistement si vous êtes troisièmes dans les triangulaires.
Et si vous n’êtes pas qualifié·es au second tour : appel à voter pour un·e candidat·e qui défende les valeurs républicaines.
Nous serons au rendez-vous, comme nous l’avons toujours été, à gauche et chez les écologistes.
Et vous ?
Cette élection est entre les mains des soutiens du gouvernement. Et je ne parle pas que des chefs de partis.
Je voulais aussi m’adresser aux électeurs et électrices centristes.
Vous êtes, je le sais, des humanistes, des démocrates, des républicain·es.
Votre place, cette semaine en campagne et dimanche prochain dans les urnes, est à nos côtés : du côté du Nouveau Front Républicain.
Vive le Nouveau Front Républicain, donc.
Un front contre le climatoscepticisme, contre la haine, contre l’intolérance, contre la violence, contre la stigmatisation et contre la ségrégation.
Le front de celles et ceux qui veulent que l’on vive, en France comme ailleurs, côte à côte et non face à face.
Le front de celles et ceux qui veulent que l’on s’envisage plutôt que l’on se dévisage.
Cette nuit, cette semaine vont être longues, très longues.
J’ai ce soir une pensée particulière pour les 3,3 millions de françaises et de français binationaux et binationales, pour les 50% de femmes de ce pays, pour les personnes racisées dont je partage l’inquiétude.
Pour les personnes LGBT aussi.
Pour les associations inquiètes pour l’avenir de leurs activités et pour les fonctionnaires inquiet·es des missions qui les attendent.
On va se battre !
Non, nous ne baisserons pas les yeux, ni la tête, ni les bras.
On va se battre pour améliorer votre quotidien et pour rendre possibles vos lendemains.
On va se battre ensemble.
On va se battre et on va gagner.
On va gagner parce qu’on n’a pas le choix.
On va gagner puis on va apaiser, protéger, réparer.
Nota : Dans le studio de France Inter, ce lundi 1er juillet, l’atmosphère est lourde. La veille, le Rassemblement national, avec 33 % des voix, vient d’arriver largement en tête du premier tour des élections législatives, devant le Nouveau Front populaire, malgré une mobilisation éclair des troupes. Vêtue de sa traditionnelle veste verte, Marine Tondelier, entre, s’installe. Et réagit directement aux propos de Bruno Le Maire, assis quelques secondes plus tôt à sa place. «Je suis atterrée et extrêmement en colère», se livre-t-elle, la voix cassée par l’émotion. «Je suis très émue parce que ça fait dix ans que je vis dans une ville tenue par le Rassemblement national, souligne celle qui a grandi à Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen a gagné dès le premier tour. Et ce que vient de faire Bruno Le Maire, c’est un comportement de lâche, et de privilégié».
Juste avant que l’écologiste ne prenne la parole, au bord des larmes, l’actuel ministre de l’Economie a choisi de dézinguer la France insoumise (et donc de fragiliser le Nouveau Front populaire) plutôt que de s’attaquer clairement au Rassemblement national, aux portes du pouvoir. Il a défendu la ligne de vote d’Edouard Philippe. «C’est hors sol, c’est lunaire, ce n’est pas à la hauteur de l’histoire», a estimé Marine Tondelier. «Est-ce que le Rassemblement national a la possibilité d’être en majorité absolue à l’Assemblée nationale ? La réponse est oui. Est-ce que la France insoumise a la capacité d’être en majorité absolue à l’Assemblée nationale ? La réponse est non», a-t-elle rappelé. «Donc ils se trompent de problème», s’agace-t-elle.
«C’est trop tard»
«Ils ont choisi le déshonneur aujourd’hui, ils auront le déshonneur et la défaite, parce que la macronie, c’est fini», considère-t-elle, alors que Bruno Le Maire avait osé proposer à Marine Tondelier, avant de partir du studio, de «travailler ensemble». La cheffe de file des Ecologistes sonne le glas : «C’est trop tard». «Heureusement que les électeurs de gauche et écologistes sont moins sectaires et moins lâches que ça», a-t-elle ajouté, multipliant les tacles. «Vous pensez que les 9 millions de pauvres dans ce pays, que les gens qui ont vécu et pris de plein fouet leur politique, ça ne leur a pas redemandé du courage d’aller voter pour eux en 2022 ?»
Marine Tondelier a en revanche «remercié Gabriel Attal, qui a été plus clair que la moyenne de son camp et je pense que c’est une forme de courage, quoi que je pense de sa politique». C’est elle qui, la semaine dernière, avait écrit une lettre aux différents dirigeants macronistes pour leur demander de clarifier leur position sur le désistement de leurs candidats en cas de triangulaire.
Cette figure écologiste s’est peu à peu imposée lors de cette campagne électorale éclair. Conformément à ce que le Nouveau Front populaire avait annoncé, c’est elle qui pourrait se mesurer face à Jordan Bardella lors d’un débat de l’entre-deux tours des élections législatives, après Manuel Bompard et Olivier Faure. «C’est à mon tour de représenter notre coalition au 3e débat. Dois-je comprendre que vous n’osez pas débattre avec moi ?», apostrophe-t-elle sur X le leader d’extrême droite, qui souhaite, lui, un duel avec Jean-Luc Mélenchon.