Lucie Castets propose une autre option que celle proposée Mélenchon à la Destitution d’Emmanuel Macron !
« Mon sujet n’est pas la destitution, c’est la cohabitation », a affirmé Lucie Castets sur fonds de tensions à gauche.
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À contre-courant des Insoumis. Lucie Castets, candidate du Nouveau Front populaire pour accéder à Matignon, a balayé d’un revers de main, ce lundi 19 août, sur BFMTV, le lancement d’une procédure de destitution contre Emmanuel Macron, comme suggérée par LFI et sa figure tutélaire Jean-Luc Mélenchon dimanche. La socialiste propose plutôt une « cohabitation » avec le président de la République.
Lucie Castets a déclaré : « Mon sujet n’est pas la destitution, c’est la cohabitation. Il y a aujourd’hui dans le pays une urgence sociale et démocratique ».
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« J’ai hâte que la cohabitation commence »
Avant de poursuivre : « Ce qui est absolument urgent, c’est de mettre en œuvre une politique que les Français attendent », citant notamment les « services publics ». Se projetant dans ce qui serait la 4e cohabitation depuis 1958, Lucie Castets affirme que l’exécutif « comportera toutes les composantes du NFP, y compris La France insoumise ».
L’annonce de Jean-Luc Mélenchon et quelques-uns de ses fidèles, dont Manuel Bompard et Mathilde Panot, dans La Tribune dimanche, qu’ils déposeront sur le bureau de l’Assemblée nationale une demande de destitution du président de la République si celui-ci ne nomme pas Lucie Castets à Matignon, a fait bondir une partie des écologistes et du Parti socialiste.
Réagissant à l’invitation d’Emmanuel Macron à l’Élysée le 23 août prochain pour une réunion des chefs de parti et les présidents des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat, Lucie Castets a également assuré : « On va avoir une discussion avec Emmanuel Macron. J’ai hâte que la cohabitation commence ». Sa venue a d’ailleurs été vertement critiquée par Marine Le Pen.
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Emmanuel Macron reçoit les chefs de parti, Lucie Castets accompagnera les dirigeants de gauche
Socialistes, communistes, écologistes et Insoumis ont annoncé se rendre de manière unie à l’Élysée le 23 août. Ils seront accompagnés de Lucie Castets.
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POLITIQUE – Le début du déblocage ? Un mois et demi après le premier tour des élections législatives qu’il a lui-même convoquées à la hâte, Emmanuel Macron se résout à recevoir à l’Élysée les chefs de partis politiques et les présidents de groupes parlementaires. Le 23 juin, les discussions devraient porter sur la constitution d’un nouveau gouvernement, alors que celui de Gabriel Attal est démissionnaire depuis le 16 juillet. « La nomination d’un Premier ministre interviendra dans le prolongement de ces consultations et de leurs conclusions », révèle la présidence dans un communiqué publié ce 16 août.
Pour la gauche, cela ressemble fort à un baptême du feu. Après un été passé à pousser le nom de Lucie Castets, lancée dans une offensive médiatique pour se faire connaître des Français, les représentants du Nouveau Front populaire ont d’ores et déjà annoncé vouloir se rendre à l’invitation de manière unie. « Nous irons ensemble pour exiger d’Emmanuel Macron qu’il respecte le résultat des urnes et nomme Lucie Castets Première Ministre », ont tweeté des responsables insoumis dont Mathilde Panot et Manuel Bompard.
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« Très lucide»
Ni cheffe de parti ni présidente de groupe parlementaire, Lucie Castets n’a pas reçu d’invitation personnelle. Pourtant, la porte-parole du collectif Nos services publics, désignée candidate pour Matignon par le NFP, sera de la partie. Une demande formulée par l’ensemble des partis de gauche, et acceptée par Emmanuel Macron selon le Parisien. « Le Président ne s’y oppose pas si c’est une demande collective », fait savoir l’Élysée.
Le Nouveau Front populaire, arrivé en tête des élections législatives et désormais premier bloc à l’Assemblée nationale, espère que ce rendez-vous aboutira sur la nomination de Lucie Castets à Matignon.
Reste que ces consultations ont lieu en plein pendant les universités d’été de La France insoumise, des Écologistes et du Parti communiste français (PCF). Une manière pour Macron de voler la vedette de ces raouts généralement au centre de l’attention médiatique ? « Tout ça est un peu lunaire », commente auprès du HuffPost le député (LFI) Éric Coquerel qui voit dans l’initiative du chef de l’État, une manière « de s’imposer dans le débat politique et de dire que c’est lui qui gère le calendrier et pas les autres ».
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Castets et le NFP prônent l’ouverture pour s’installer à Matignon, mais est-ce un vrai changement ?
La France insoumise participe à l’offensive de la gauche pour tenter d’élargir sa majorité relative à l’Assemblée. Sur le fond, l’intransigeance du parti mélenchoniste perdure.
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Un miracle de l’olympisme ? À peine les JO terminés, les spéculations et autres jeux politiques ont repris autour de l’identité du futur locataire de Matignon. Pressé de toutes parts, le président de la République Emmanuel Macron pourrait viser la semaine du 19 août pour arrêter son choix et désigner son nouveau Premier ministre. Alors en attendant, les partis s’activent.
À gauche, on profite de cette rentrée aoûtienne pour miser sur l’ouverture et le dialogue, comme pour donner des gages au chef de l’État quant à son souhait de voir se dégager une majorité stable. Dans une lettre envoyée lundi aux députés non-RN, Lucie Castets promet une « nouvelle méthode », davantage de parlementarisme et un travail commun sur plusieurs priorités. Un changement de ligne ? Pas de son côté.
De fait, la candidate à la primature amorce ce discours depuis qu’elle a été désignée par le Nouveau Front populaire. Fin juillet, elle parlait déjà de faire des « compromis » avec les autres camps, dans le sillage des écologistes, du PCF et du PS, enclins à montrer patte blanche. La nouveauté, en cette mi-août, réside bien davantage dans le soutien formel de la France insoumise. En principe.
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Une vraie main tendue ?
Mathilde Panot a effectivement apposé sa signature de présidente de groupe LFI (au côté des autres représentants de l’alliance) au bas de la fameuse lettre. Dans cette missive, la gauche prend acte « du fait » que « la majorité sur laquelle s’appuie le NFP n’est que relative et qu’il lui sera dès lors nécessaire de convaincre au-delà des rangs du Nouveau Front Populaire » ; elle promet aux autres groupes des postes stratégiques de « rapporteurs » et liste des « priorités » comme base de travail, mais sans reprendre le programme complet.
Illustrations avec deux exemples : dans son offensive pour accéder à Matignon, Lucie Castets semble réduire un peu la voilure sur l’augmentation du Smic (elle ne parle pas des 1 600 euros dans sa lettre) ou le retour de l’impôt sur la fortune (absent du courrier).
Ces deux propositions phares de la coalition des partis de gauche restent un « horizon », explique-t-elle ce mercredi, dans les colonnes du Parisien. Mais « le programme du NFP (…) a été construit pour l’exercice du pouvoir en cas de majorité absolue », insiste-t-elle, promettant à nouveau de chercher des « accords » ou des « compromis » sur une feuille de route qui ne saurait être appliquée dans son intégralité.
Sur la forme, le ton tranche avec la ligne soutenue par les insoumis jusqu’ici, consistant à ne vouloir que « le programme du NFP, rien que le programme, tout le programme ». Mais sur le fond, ce bougé, pourtant significatif sur le papier, pourrait ne pas en être un. Il risque même d’alimenter de nouvelles divisions au sein de l’alliance des gauches.
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« Un peu de courage bon sang »
Pour cause : si cette stratégie vise à élargir les bases du NFP et répondre en quelque sorte à l’appel d’Emmanuel Macron aux partis pour qu’ils essaient de s’entendre, elle risque de se heurter à l’intransigeance de la France insoumise. Une inflexibilité tenace, malgré la main tendue et les signes d’ouverture envoyés aux députés de tous bords.
« Il a toujours été très clair dans le programme que nous mettrons en œuvre le smic à 1 600 euros net », a par exemple insisté la députée LFI Aurélie Trouvé ce mercredi sur RMC, mettant en garde ses partenaires contre toute « trahison. » Ceci, alors qu’ils ont proposé « le nom de Lucie Castets pour mettre en œuvre le programme sur lequel nous nous sommes mis d’accord », a pris soin de préciser l’élue de Seine-Saint-Denis.
Plus franchement, la députée Ersilia Soudais s’agace de ce que les médias décrivent comme une « temporisation » sur ces mesures emblématiques. « Un peu de courage bon sang », exhorte-t-elle sur les réseaux sociaux, tandis que ses collègues LFI ne se pressent pas (du tout) pour relayer les prises de parole de leur candidate à Matignon. Une réplique qui illustre la vraie fausse évolution des Insoumis, mais qui n’est pas franchement propice à éclaircir le brouillard politique du moment.
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APPIS