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Mort de la journaliste Marine Vlahovic : le cœur en plus de la rigueur

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La journaliste indépendante Marine Vlahovic est décédée à l’âge de 39 ans, à Marseille. Ses documentaires sonores, notamment sur la Cisjordanie, brillaient par leur humanité.

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De 2016 à 2019, Marine Vlahovic a été correspondante à Ramallah (Cisjordanie) pour les radios publiques francophones. Elle a aussi réalisé des podcasts pour Arte Radio.De 2016 à 2019, Marine Vlahovic a été correspondante à Ramallah (Cisjordanie) pour les radios publiques francophones. Elle a aussi réalisé des podcasts pour Arte Radio.

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Elise Racque

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Nous connaissions Marine Vlahovic pour ses documentaires sonores, bijoux de journalisme qui brillaient un peu plus que les autres grâce à l’authenticité pure, évidente, de leur autrice. Le corps sans vie de la reporter indépendante âgée de 39 ans a été retrouvé sur le toit-terrasse de son domicile marseillais, le matin du lundi 25 novembre. Une autopsie ordonnée par le parquet de Marseille déterminera les circonstances de sa mort.

Après avoir longuement enquêté sur le décès du militant écologiste Rémi Fraisse (tué par une grenade offensive lancée par un gendarme lors d’une manifestation contre le barrage de Sivens), Marine Vlahovic était devenue correspondante à Ramallah, en Cisjordanie. Entre 2016 et 2019, elle y avait couvert l’actualité proche-orientale pour les radios publiques francophones. Une expérience qu’elle raconte franchement, avec recul et regard critique, dans sa très bonne série de podcasts Carnets de correspondante produite par Arte Radio, et couronnée par le prix Scam 2021 du meilleur documentaire.

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Micro tendu aux confrères gazaouis

Dans le dernier épisode intitulé Gaza Calling, mis en ligne cette année, elle narre ses tentatives désespérées pour rejoindre la bande de Gaza, où ses amis journalistes et leurs familles risquent la mort sous le feu israélien. Bloquée au Caire de longues semaines, elle a toujours gardé le contact avec eux, leur envoyant des mots de réconfort et des colis de matériel professionnel ou de médicaments. Ces milliers de messages, ces centaines d’heures d’appels mis en ondes avaient donné une visibilité rare au travail de ses confrères gazaouis. « Faire un podcast sur des gens qui peuvent mourir à tout moment, c’est très dur », nous avait-elle confié. Récemment, elle s’était démenée pour aider l’un d’eux et sa femme à entrevoir un avenir plus sûr.

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On perd, le journalisme perd, le monde perd une personne extrêmement brillante et sincère. : Benoît Bouscarel, ancien journaliste de France Culture

Dans un texte publié mercredi 27 novembre, l’équipe d’Arte Radio se remémore « son enthousiasme et sa générosité » et « son grand rire rocailleux ». Certains la surnommaient parfois « Marine la machine », en hommage à sa force de travail, mais Marine Vlahovic était tout sauf une machine. Dans Gaza Calling, elle a su, magistralement, entrêmeler professionnalisme et amitié, offrant au micro les tremblements de sa voix, le cœur en plus de la rigueur, ce supplément d’âme que ne lui permettaient pas toujours les impératifs des journaux radiophoniques qu’elle alimentait lorsqu’elle était correspondante. Benoît Bouscarel, qui lui commandait alors des reportages pour France Culture en tant que rédacteur en chef des week-ends de la station, reste marqué par la sincérité et la sensibilité de sa consœur. « Elle était le journalisme pur, l’humain pur aussi. On perd, le journalisme perd, le monde perd une personne extrêmement brillante et sincère. » Cette semaine, il a fait écouter aux étudiants de Clermont-Ferrand qu’il initie aux bases de l’information Gaza Calling – « une démonstration de tout ce que je leur explique sur l’importance du journalisme de terrain ».

Pour la première fois en quinze ans de métier, écœurée notamment par le traitement médiatique français de Gaza, Marine Vlahovic n’avait pas demandé le renouvellement de sa carte de presse. Mais elle n’avait pas cessé d’« écouter le monde », comme elle le disait. « Entre deux clopes, deux rires, deux emportements, elle avait une vision très claire du journalisme, sur lequel elle portait un regard critique mais bienveillant, souligne Benoît Bouscarel, qui a continué à travailler avec elle ces dernières années. Pour elle, c’était un métier humain, pas un métier technique. » Chaque seconde de ses documentaires le prouve.

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Elise Racque à suivre sur Télérama

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