« J’ai jamais vu ça » : ces journalistes dénoncent une « hécatombe » pour la presse à Gaza lors d’une manifestation à Paris
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Une centaine de personnes se sont allongées sur les marches de l’Opéra Bastille pour protester contre la mort de près de 200 journalistes palestiniens en 18 mois et le black-out imposé par Israël.
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MANIFESTATION – « En 30 ans de carrière, j’ai absolument jamais vu ça, y compris dans les archives. » De nombreuses organisations de journalistes en France dénoncent « une hécatombe d’une magnitude jamais vue » pour leurs confrères à Gaza, avec près de 200 morts en 18 mois. En plus d’une tribune publiée dans Le Monde et Libération, ils étaient plus d’une centaine à avoir répondu à l’appel dans la capitale mercredi 16 avril pour un happening sur les marches de l’Opéra Bastille, comme vous pouvez le voir dans notre reportage en tête d’article.
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« L’armée israélienne cherche à imposer un black-out médiatique sur Gaza, à réduire au silence, autant que possible, les témoins des crimes de guerre commis par ses troupes », critiquent ces organisations, parmi lesquelles les syndicats de journalistes SNJ, CGT et CFDT, Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes, et une quarantaine de sociétés de journalistes ou rédactions de divers médias.
Des journalistes palestiniens ont également témoigné sur place et des manifestants pro-palestiniens se sont rassemblés sur la place de la Bastille. Le collectif déplore également « la mort des quatre journalistes israéliens qui ont péri dans l’attaque terroriste menée par le Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que celle de neuf confrères libanais et d’une consœur syrienne lors de frappes israéliennes » mais insiste sur le fait que « l’urgence est aujourd’hui à Gaza ».
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Plus de journalistes tués que dans plusieurs conflits réunis
Une étude de l’université américaine Brown pointe que « la guerre de Gaza a, depuis le 7 octobre 2023, tué plus de journalistes que la guerre de Sécession, les deux guerres mondiales, la guerre de Corée, la guerre du Vietnam (y compris les conflits au Cambodge et au Laos), les guerres en Yougoslavie dans les années 1990 et 2000, et la guerre d’Afghanistan après le 11 septembre réunies ».
La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque sans précédent perpétrée le 7 octobre 2023 par le Hamas contre le sud d’Israël. Cette attaque a entraîné la mort de 1 218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels. Sur 251 personnes en Israël alors enlevées, 58 sont toujours retenues à Gaza dont 34 mortes, selon l’armée.
Le ministère de la Santé du Hamas a annoncé ce dimanche 13 avril qu’au moins 1 574 Palestiniens avaient été tués depuis la reprise des opérations militaires israéliennes le 18 mars, portant à 50 944 le nombre de morts à Gaza depuis le début, il y a 18 mois, de la riposte israélienne.
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Émilie Garcia à suivre sur Le HuffPost
Gaza : La photojournaliste Fatima Hassouna, au cœur d’un film sélectionné à Cannes, tuée dans une frappe à son domicile
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PALESTINE – La photojournaliste palestinienne Fatima Hassouna, au cœur d’un documentaire sélectionné au prochain festival de Cannes, a été tuée mercredi dans le bombardement de sa maison à Gaza
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Elle avait 25 ans. Fatima Hassouna, photojournaliste palestinienne, a été tuée mercredi, ainsi que dix membres de sa famille, dans le bombardement par l’armée israélienne de leur maison, située dans le nord de Gaza.
Depuis le 7 octobre 2023, cette Palestinienne, diplômée en multimédia du collège universitaire des sciences appliquées de Gaza, documentait le quotidien des Gazaouis, rappelle Le Monde. Sa dernière publication éphémère sur Instagram montrait des clichés du coucher de soleil, pris de chez elle. « C’est le premier coucher de soleil depuis longtemps », avait-elle écrit, relate le quotidien national.
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Une sélection au festival de Cannes
Fatima Hassouna était aussi l’héroïne du documentaire Put your soul on your hand and walk de Sepideh Farsi, cinéaste iranienne exilée, avec qui elle a échangé pendant un an des vidéos pour montrer « le massacre en cours des Palestiniens ». La veille de la mort de la photojournaliste, l’ACID (association pour le cinéma indépendant et sa diffusion) avait annoncé la sélection de ce film pour le prochain festival de Cannes.
« “Fatem” [diminutif de Fatima] était un soleil, a expliqué la réalisatrice au Monde. […] Elle couvrait déjà la guerre à Gaza, collaborait de temps en temps avec des médias en leur envoyant des photos et vidéos. Tous les jours, elle m’envoyait des photos, des messages écrits, des notes vocales. […] Tous les matins, je me réveillais en me demandant si elle était toujours en vie. »
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