Israël bombarde intensément la bande de Gaza, les secours palestiniens font état de cent morts
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Pour l’extrême droite, Benyamin Nétanyahou, seule une pression militaire accrue sur le territoire palestinien ravagé par la guerre poussera le Hamas à libérer les otages israéliens et à détruire le mouvement islamiste.
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Cent Palestiniens ont été tués, vendredi 16 mai, dans d’intenses bombardements israéliens dans la bande de Gaza, a rapporté la défense civile palestinienne. Dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 mai, l’armée israélienne a annoncé le début de l’intensification de son offensive sur le territoire palestinien ravagé par la guerre.
« Au cours de la journée, l’armée israélienne a lancé des frappes d’envergure et transféré des forces pour prendre le contrôle de zones de la bande de Gaza. Cela s’inscrit dans le cadre des étapes initiales de l’opération “Chariots de Gideon” et de l’expansion de l’offensive dans la bande de Gaza, dans le but d’atteindre tous les objectifs de la guerre, y compris la libération des otages et la défaite du Hamas », a déclaré l’armée sur les réseaux sociaux.
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Au terme de sa tournée dans le Golfe, le président américain, Donald Trump, allié d’Israël, avait déclaré, vendredi : « Nous nous intéressons à Gaza. Et nous allons faire en sorte que cela soit réglé. Beaucoup de gens sont affamés. » Le mouvement islamiste palestinien Hamas, dont l’attaque sans précédent contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché l’offensive actuelle, a ensuite appelé les Etats-Unis à faire pression sur le gouvernement de Benyamin Nétanyahou pour laisser entrer l’aide humanitaire à Gaza, bloquée depuis le 2 mars.
Taher Al-Nounou, haut responsable du mouvement islamiste, a déclaré que le groupe « attendait et espérait que l’administration américaine exerce une pression supplémentaire » sur Israël « pour qu’il ouvre les points de passage et permette l’entrée immédiate de l’aide humanitaire ».
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« La fin du monde »
Vendredi, Oum Mohammed Al-Tatari, 57 ans, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’elle avait été réveillée par une attaque avant l’aube à Gaza. « Nous dormions quand soudain tout a explosé autour de nous, a-t-elle raconté. Tout le monde s’est mis à courir. Nous avons vu la destruction de nos propres yeux. Il y avait du sang partout, des morceaux de corps et des cadavres. »
Dans un hôpital de Beit Lahya, des images de l’AFP montrent des habitants, dont des enfants ayant perdu leur mère, se lamenter sur le corps de leurs proches, et des blessés soignés à même le sol au milieu des cris et des pleurs.
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A Beit Lahya, Saïd Hamouda affirme que les bombardements « ont ciblé des habitations où des civils dormaient. Les enfants hurlaient, les portes ont été soufflées. Une scène indescriptible, comme si c’était la fin du monde ». « Ceux qui ne meurent pas dans les bombardements mourront de faim », se lamente Khalil Al-Tatar, un autre habitant.
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Un « nettoyage ethnique » selon Volker Türk
Pour le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, qui s’est exprimé vendredi, avant l’annonce de l’armée israélienne dans la nuit, « cette dernière vague de bombes obligeant les gens à se déplacer sous la menace d’attaques encore plus intenses, la destruction méthodique de quartiers entiers et le refus de l’aide humanitaire soulignent qu’il semble y avoir une poussée pour un changement démographique permanent à Gaza qui (…) équivaut à un nettoyage ethnique ».
M. Nétanyahou, pour qui seule une pression militaire accrue poussera le Hamas à libérer les otages, avait annoncé, lundi, une intensification de l’offensive dans la bande de Gaza pour « vaincre » le Hamas, qui a pris le pouvoir dans le territoire palestinien en 2007. Israël affirme qu’il n’y a pas de crise humanitaire dans l’enclave et accuse le Hamas de voler les aides internationales.
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Sept pays européens – l’Irlande, l’Islande, la Slovénie, l’Espagne, Malte, le Luxembourg et la Norvège – ont publié, vendredi, une déclaration commune condamnant ce qu’ils appellent « la catastrophe humanitaire provoquée par l’homme » et appelant Israël à mettre fin aux opérations militaires et à lever le blocus. Le Hamas a déclaré « apprécier hautement la position humanitaire et courageuse » adoptée par ces sept pays, dont cinq ont reconnu un Etat palestinien.
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Action attendue d’une ONG
La Fondation humanitaire de Gaza, une ONG soutenue par les Etats-Unis, a déclaré, cette semaine, qu’elle commencerait à distribuer de l’aide humanitaire dans l’enclave palestinienne au cours du mois de mai, après s’être entretenue avec des responsables israéliens. Toutefois, les Nations unies ont exclu, jeudi, toute participation à cette initiative, invoquant des problèmes d’« impartialité, de neutralité [et] d’indépendance ».
Après une trêve de deux mois, l’armée israélienne a repris, le 18 mars, son offensive dans la bande de Gaza et s’est emparée de larges pans du territoire. Le gouvernement israélien a annoncé début mai un plan pour la « conquête » de l’enclave, qu’Israël avait occupée de 1967 à 2005.
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Benyamin Nétanyahou intensifie les bombardements sur la bande de Gaza, indifférent aux pressions internationales…
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Le premier ministre israélien a vertement réagi aux propos d’Emmanuel Macron, qui a qualifié d’« inacceptable » l’action de l’Etat hébreu, en l’accusant de se ranger du côté du Hamas. Les bombardements sur l’enclave palestinienne se sont intensifiés et un nouvel ordre d’évacuation de la ville de Gaza a été émis.
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Les pressions internationales sur Israël, qui ont atteint ces derniers jours une intensité inédite depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, ne semblent pas près de faire reculer Benyamin Nétanyahou. Alors que le président français, Emmanuel Macron, a qualifié le comportement de son gouvernement d’« inacceptable », que le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a déclaré que son pays « ne fai[sai]t pas de commerce avec un Etat génocidaire », et que même Donald Trump prend ses distances avec lui, le premier ministre de l’Etat hébreu n’entend pas dévier du plan qu’il s’est fixé.
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Lundi 12 mai, quand il avait accepté d’envoyer une délégation israélienne au Qatar pour reprendre les pourparlers avec le Hamas, M. Nétanyahou avait prévenu que « les négociations ne se dérouler[aie]nt que sous le feu ». Il a tenu parole. Selon la défense civile de Gaza, près de 80 Palestiniens ont été tués, mercredi 14 mai, sous les bombardements israéliens, et jeudi, en début de matinée, le bilan des frappes s’élevait déjà à 50 morts. Selon le site israélien indépendant HaMakom, 80 % des près de 3 000 Palestiniens tués depuis la rupture du cessez-le-feu par Israël, le 18 mars, sont des civils.
« [Emmanuel] Macron a, une fois de plus, choisi de se ranger aux côtés d’une organisation terroriste islamiste meurtrière et de faire écho à sa propagande méprisable, accusant Israël de crimes rituels », a déclaré M. Nétanyahou, en réponse aux propos du président français. « Nous nous souvenons très bien de ce qui est arrivé aux juifs en France lorsqu’ils ne pouvaient pas se défendre. Le président [Emmanuel] Macron n’a pas de leçons de morale à nous donner », a réagi de son côté Israel Katz, ministre de la défense israélien.
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Benyamin Nétanyahou a passé sa journée de mercredi à mener des consultations pour relancer l’offensive de grande ampleur promise par le gouvernement, qui pourrait commencer ce vendredi. L’organisation Gaza Humanitarian Foundation a annoncé, de son côté, ce même mercredi, qu’elle commencerait à opérer dans l’enclave avant la fin de ce mois. Elle a accepté de prendre en charge un nouveau mécanisme de distribution d’aide humanitaire, à condition de créer plus de zones d’accueil pour la population, selon un article du média américain Axios. Israël exerce un blocus de l’aide humanitaire depuis le 2 mars sur un territoire restreint, qui dépend totalement de cette aide.
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Nouveaux déplacements massifs
L’ensemble des organisations internationales ont dénoncé ce nouveau plan, prévoyant de nouveaux déplacements massifs pour une population épuisée. L’OCHA, l’agence onusienne qui gère la réponse humanitaire, a considéré dans son dernier rapport, publié le 13 mai, que les trois quarts des 2 millions d’habitants de l’enclave seront confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, si l’offensive reprend et que le blocus continue – soit le prélude à une famine généralisée.
« Le projet du gouvernement israélien de démolir ce qui reste des infrastructures civiles de Gaza et de concentrer la population palestinienne dans une zone minuscule équivaudrait à une escalade odieuse de ses crimes contre l’humanité, de son nettoyage ethnique et de ses actes de génocide », s’est alarmée l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué publié jeudi 15 mai.
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L’organisation humanitaire non gouvernementale Médecins sans frontières juge, dans un communiqué, qu’Israël crée les conditions d’« une catastrophe humanitaire délibérée » dans la bande de Gaza et l’accuse de tenter de lier l’aide dans ce territoire palestinien à un déplacement forcé de ses habitants. « Nous assistons en direct à la création des conditions pour une éradication des Palestiniens à Gaza », dénonce l’ONG. L’armée a diffusé de nouveaux ordres d’évacuation pour le centre-ville de Gaza, et notamment le quartier de Rimal. Des dizaines de milliers de Palestiniens étaient revenus dans la principale agglomération de l’enclave après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.
Dans le Golfe, où il mène une tournée diplomatique, Donald Trump a multiplié les annonces chocs, attestant de divergences croissantes avec les positions d’Israël. Il ne s’est pas contenté de rencontrer Ahmed Al-Charaa, le président syrien. Il a dit voir en lui un « combattant » et annoncé la levée des sanctions américaines sur la Syrie, alors que Benyamin Nétanyahou avait plaidé l’inverse, le mois dernier, à Washington, souhaitant le maintien d’un voisin faible et divisé. M. Trump a également signé un contrat d’armement d’une ampleur sans précédent avec Riyad, d’une valeur de quelque 142 milliards de dollars (126 milliards d’euros), qui pourrait inclure la vente de chasseurs F-35 et contester ainsi à Israël sa supériorité aérienne régionale, l’un des piliers de la stratégie de l’Etat hébreu.
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Macron, « un véritable ami d’Israël »
Selon la presse égyptienne, Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, aurait même rencontré directement des leaders du Hamas à Doha, la capitale qatarie. Ce serait la première fois qu’un responsable américain de ce niveau rencontrerait des membres d’une organisation considérée comme terroriste par l’administration américaine.
Mais Benyamin Nétanyahou, au lieu de s’alarmer, persiste, au risque d’accentuer les fractures israéliennes et l’isolement international de l’Etat hébreu. Peu importe si le nouveau ministre des affaires étrangères allemand, Johann Wadephul, de passage en Israël lundi, y a estimé que le conflit à Gaza ne pouvait être résolu par des « moyens militaires ». Peu importe que le nouveau pape, Léon XIV, pour sa première prière publique, appelle à un cessez-le-feu dans l’enclave et à la libération des otages. Peu importe que les Pays-Bas, généralement favorables à l’Etat hébreu, aient réclamé, le 7 mai, une révision de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.
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« [Benyamin Nétanyahou] est devenu complètement fou. (…) Macron est pro-israélien, mais aussi propalestinien, et il défend le droit du peuple palestinien à l’indépendance. Il soutient le droit d’Israël à se défendre. C’est un véritable ami d’Israël », s’inquiète l’ancien négociateur Gershon Baskin sur son compte X. Mais le premier ministre est déjà passé à autre chose, condamnant « l’attaque terroriste horrible » sur une femme enceinte, habitante d’une colonie israélienne de Cisjordanie tuée mercredi soir par des assaillants palestiniens alors qu’elle se rendait à l’hôpital pour accoucher. La spirale de mort et de destruction semble impossible à arrêter.
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