« Le problème ce n’est pas un motard, mais 600 dans la journée », une étude sur l’impact du bruit dans le massif du Vercors en cours
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20/10/2025
Dans le massif du Vercors, certaines routes sont très fréquentées aux beaux jours et pendant les week-ends. Conséquences : des nuisances sonores que les riverains ont de plus en plus de mal à supporter. C’est le cas à Chamaloc, petite commune au pied du col de Rousset.
Des routes patrimoniales et pittoresques qui serpentent dans le massif du Vercors. Des paysages du parc naturel régional à couper le souffle. Un panorama qui draine des touristes avides de belles balades à motos ou en voiture. Si ces parcours sont plébiscités par les touristes, les habitants du secteur sont agacés par cette circulation de passage. Polluante et bruyante. À Vassieux-en-Vercors ou à Chamaloc, les habitants en ont par-dessus la tête d’entendre les moteurs vrombir, les pneus crisser et les pots d’échappement pétarader. Une étude sur les nuisances sonores a été lancée pour estimer l’impact sur la population locale, mais aussi la faune, sur ces territoires touristiques drômois.
« C’est agaçant »
« On avait quelques motos qui passaient, mais là, on en est à plusieurs milliers, depuis que le parc a déclaré que ses routes étaient les plus belles d’Europe… » déplore Dominique Thibault, un habitant de Vassieux-en-Vercors.
Depuis plusieurs années, les habitants se plaignent notamment de la présence accrue de motos sur le massif. « Les gens de clubs se font plaisir, ils s’amusent. Le bruit du moteur, c’est fatigant. Une fois ça va, mais pas à longueur d’année (…) Et le double vitrage ne suffit pas », assure le Vassivain. Le bruit des engins motorisés est surtout présent pendant les week-ends d’après cet habitant. « Ça va bien cinq minutes. C’est agaçant, ça fait 20 ans qu’on habite là, c’est une nuisance sonore », ajoute ce dernier.
La route du col de Rousset serait même devenue un terrain de jeu pour les motards. Il peut passer plusieurs centaines de deux roues par jour dans le village en période estivale.
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Ce n’est pas un motard qui nous pose problème, c’est 600 motards dans la journée, le problème, c’est la surfréquentation sur ces routes-là. Michel Vartanian, Maire de Chamaloc
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L’élu de cette petite commune de près de 120 habitants est également vice-président du parc national régional du Vercors. Un espace naturel entre la Drôme et de l’Isère. « Ce bruit pour les habitants de Chamaloc, c’est beaucoup. Ça impacte la santé des habitants et l’environnement », confirme l’élu.
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Nuisances sonores : une étude en cours
Du bruit qui est source de tensions et qui dérange la population ainsi que la faune. Face à ce phénomène, dans le parc naturel du Vercors, une étude a été engagée pour mesurer les conséquences de la pollution sonore sur la santé des habitants et sur la faune locale. L’étude est menée par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). « Il s’agit de quantifier et de qualifier la pollution sonore sur l’ensemble du massif du Vercors et en particulier sur Chamaloc, au pied du col de Rousset », explique Michel Vartanian. « L’idée est de dire objectivement qu’elles sont ou pas les nuisances », poursuit l’élu.
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Troubles du sommeil, fatigue, pathologies cardiovasculaires… Les effets du bruit sur la santé sont déjà bien connus. Sur la biodiversité, il existe aussi un impact, notamment sur les oiseaux.
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Une douzaine de lieux sont équipés de balises acoustiques. Toujours à proximité d’axes routiers, connus pour leur forte fréquentation. « Ces appareils vont permettre de mesurer le niveau de bruit de façon continue », explique Xavier Olny, responsable du groupe environnement au Cerema. « On va les laisser en place pendant une quinzaine de jours et les faire tourner sur les quatre saisons de l’année. Ce qui aura permis d’avoir un échantillonnage représentatif sur l’ensemble des points sélectionnés », ajoute ce dernier.
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Discussions
L’idée de mesurer ces nuisances sonores est née voilà déjà plusieurs années. L’étude du Cerema doit se dérouler jusqu’en 2027. Et elle pourrait faire avancer les discussions avec les usagers de la route.
« On a déjà depuis plusieurs années mis en place des concertations avec les associations de motards. On discute, tout le monde a conscience que ça a un impact, mais on n’arrive pas à faire des réalisations concrètes », déplore le maire de Chamaloc. Cependant, l’édile a bon espoir, grâce à la « sensibilisation et à la médiation », d’arriver à terme à réduire cette pollution sonore.
Les élus locaux entendent protéger le cadre de vie, mais aussi la biodiversité dans le Vercors. Selon l’OMS, en 2018, le bruit était le deuxième facteur environnemental provoquant le plus de dommages sanitaires en Europe.
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Article rédigé à partir du reportage de C.Lepape et H.Chapelon à suivre sur FR3
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