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Ces agriculteurs occupent leur ministère pour dénoncer le « tapis rouge » pour la FNSEA
Le syndicat agricole s’est invité mercredi 14 janvier au ministère pour dénoncer la « cogestion » de l’agriculture par l’État et la FNSEA.
Une action de la Confédération paysanne au ministère de l’Agriculture écourtée manu militari…
Le syndicat agricole s’est invité mercredi 14 janvier au ministère pour dénoncer la « cogestion » de l’agriculture par l’État et la FNSEA.
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« Nous, on ne se bat pas uniquement pour notre corporation. » Mercredi 14 janvier, une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne sont parvenus à entrer dans une annexe du ministère de l’Agriculture à Paris, qu’ils ont brièvement occupée avant d’être rapidement délogés par les forces de l’ordre, au lendemain de la démonstration de force de la FNSEA et de ses 350 tracteurs dans la capitale.
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On notera les représentants de la Drôme:
Une cinquantaine de manifestants ont été interpellés, « dont les trois porte-paroles nationaux du syndicat », a indiqué la Confédération paysanne au HuffPost dans la soirée. La préfecture de police a annoncé leur placement en garde à vue.
Comme vous pouvez le voir dans notre reportage vidéo en tête d’article, les manifestants ont pénétré vers 16h dans l’enceinte de la direction générale de la performance économique, à quelques mètres de l’entrée du ministère, dans le 7e arrondissement de Paris, avant de déployer une banderole plaidant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ».
Étaient aussi présents des agriculteurs venus d’Outremer, pour clamer « la solidarité entre les paysans » et dénoncer la politique agricole du gouvernement et l’accaparement selon eux des subventions publiques par un petit nombre d’exploitants et de grands groupes agro-industriels.
Fanny Métrat, une des porte-paroles de la Confédération paysanne, a demandé la « décolonisation de l’agriculture » et surtout « la fin de cette cogestion insupportable de la FNSEA (premier syndicat agricole) et du ministère de l’Agriculture ».
« Tout ce qu’on obtient, c’est de la répression »
Cette action intervient au lendemain d’une nouvelle salve d’annonces du gouvernement qui a notamment promis une « loi d’urgence agricole » portant sur la prédation (attaques de prédateurs sur le bétail), l’eau et les moyens de production, répondant très exactement aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs qui domine le paysage syndical agricole.
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La FNSEA, qui a longtemps été le seul interlocuteur de l’État avant l’émergence d’autres syndicats et notamment la Confédération paysanne en 1987, est régulièrement accusée par les autres forces d’imposer son ordre du jour à l’État.
« La FNSEA arrive avec sa liste de courses et est remerciée par le Premier ministre, encore hier », a lancé Stéphane Galais, lui aussi porte-parole de la Confédération paysanne, en référence à l’entrée dans Paris de plus de 350 tracteurs mardi, escortés par la police.
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« La FNSEA peut faire défiler 400 tracteurs et est reçue en grande pompe par Yaël Braun-Pivet et le Premier ministre. Nous, à chaque fois qu’on se mobilise, tout ce qu’on obtient c’est de la répression », a dénoncé Thomas Gibert, également porte-parole du syndicat.
Vendredi, Thomas Gibert et Stéphane Galais avaient été interpellés brutalement au pied de l’Arc de Triomphe, où ils étaient venus attendre six tracteurs de leur syndicat après une opération escargot sur le périphérique.
Communiqué de presse de Marie Pochon : appel à la libération immédiate des agriculteurs et agricultrices de la Confédération paysanne, dont deux Drômois
Paris, 15 janvier 2025
Marie Pochon réagit en ces termes : “La Confédération paysanne organisait hier, mercredi 14 janvier, au Ministère de l’agriculture une action pacifique et non violente visant à demander de réelles mesures pour répondre à la crise agricole. A la suite de cette mobilisation, 52 personnes ont été arrêtées et mises en garde à vue. C’est une grave dérive : en criminalisant un syndicat agricole représentatif, le gouvernement choisit la matraque plutôt que le dialogue. La ministre de l’Agriculture porte plainte contre des paysan-nes qui défendent le droit de vivre de leur travail, dénoncent l’accord UE-Mercosur, l’injustice des aides du POSEI et des politiques sanitaires incohérentes. C’est leur droit en tant qu’agriculteurs et agricultrices, c’est leur devoir en tant que représentants syndicaux.
Parmi les personnes retenues figurent des porte-parole nationaux de la Confédération Paysanne, des responsables syndicaux, des élu-es en chambre d’agriculture des territoires ultramarins et deux paysans drômois.
Le deux poids – deux mesures dans les mobilisations agricoles en fonction des syndicats qui appellent à la mobilisation, est insupportable. Alors que 350 tracteurs de la FNSEA bloquaient une artère parisienne pendant plus de 24h en stationnant devant le Palais Bourbon, ce qui est – normalement – strictement interdit pour des raisons évidentes de mobilité et de sécurité sans que personne ne s’en offusque, ces arrestations pour une action qui a duré quelques minutes et était totalement pacifique sont tout à fait disproportionnées. Je ne remets pas en cause la colère légitime de nombre d’agriculteurs face à ces politiques ultra-libérales et anti-sociales portées par le Gouvernement : je remets en cause l’arbitraire qui fait que certains sont lourdement punis, et d’autres applaudis, sur des actions similaires en termes d’atteinte à l’ordre public.
En tant que députée de la Drôme, je demande la justice dans les politiques de maintien de l’ordre mis en oeuvre sur le territoire national, peu importe l’opinion syndicale et politique des manifestant-es. Je demande également à que toutes ces sensibilités puissent être écoutées, respectées, considérées, non seulement dans leur droit à manifester, mais également dans les demandes qu’elles portent à la représentation nationale et à l’exécutif. Je demande, enfin, et par conséquent, la libération de ces agriculteurs-rices, dans les plus brefs délais.”