Donald Trump, idiot utile de Tel-Aviv
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La décision de D. Trump de suivre le plan israélien d’une guerre contre l’Iran est une preuve supplémentaire – s’il en fallait encore – de son manque d’intelligence, de recul et de maîtrise qu’il eût fallu garder, quand de multiples avertissements, venus de tous cotés, l’ont pourtant mis en garde d’une telle malencontreuse initiative.
Son intervention officielle lamentable, affublé d’une casquette tel un ado dans un moment d’une telle gravité, et évoquant l’Iran comme régime le plus terroriste qui soit dans ce discours usé jusqu’à la corde, non seulement ne convainc plus personne, mais ajoute à la bêtise de l’individu. Celui-là même que les plus abrutis sacraient « faiseur de paix. »
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Depuis des décennies, s’il est un régime terroriste par excellence, c’est sans l’ombre d’un doute celui des États-unis eux-mêmes, à l’origine de quantité d’interventions guerrières dans le monde, sans la moindre justification plausible et toutes, basées sur des mensonges et une propagande fallacieuse. Se disputant la première place avec le régime israélien dont les crimes à l’encontre des Palestiniens sont incessants et s’étalent, pour les plus sceptiques, depuis le 07 octobre 2023 de long en large sur les écrans du monde entier, à travers leur génocide avéré à Gaza.
Lors des dernières négociations à Genève, l’Iran avait pourtant déclaré que les pourparlers avec les États-unis avaient avancé dans la bonne direction, ayant concédé ce qu’il n’avait jamais accepté auparavant, à savoir, la possibilité de remettre son programme nucléaire sous total contrôle de l’AIEA (Agence Internationale de l’Énergie Atomique). Dès lors, pourquoi et quels sont les réels mobiles de cette attaque ?
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Les médias occidentaux, comme à leur habitude, ne donneront qu’une vision partielle et biaisée de l’information, et vanteront les prouesses des armées américano-israéliennes et leurs ‘frappes chirurgicales’ sur l’Iran. Mais déjà, d’autres médias informent de manière plus objective de la réponse iranienne. Ainsi, selon le média libanais Al Mayadeen, « Les missiles de représailles ont visé différentes zones des territoires occupés, frappant Haïfa, Tel-Aviv et le nord de la Palestine occupée. Les sirènes continuent de retentir dans tous les territoires occupés après le lancement de plusieurs salves de missiles.(…) environ 25 tirs de missiles depuis l’Iran vers ‘Israël’ ont été détectés depuis 10 heures ce matin, soit un total d’environ 220 missiles. Des explosions ont également été entendues dans de nombreux États arabes du Golfe qui abritent des bases militaires américaines, notamment en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis (EAU), à Bahreïn, au Koweït et au Qatar. »
Contrairement à la réponse iranienne précédente, lors de la guerre américano-israélienne des 12 jours en juin 2025, le conflit s’est donc immédiatement étendu à toute la région, ciblant les bases américaines que les régimes arabes fantoches y ont laissées s’installer. La fracture de la région risque de s’amplifier de manière dangereuse, au plus grand bénéfice du régime sioniste dont les ambitions régionales sont étalées voire revendiquées au grand jour… pour autant qu’il survive à cet épisode.
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Par ailleurs, toujours selon Al Mayadeen, « Le Corps des gardiens de la révolution iranienne (CGRI) a mené des frappes de représailles qui ont visé et détruit le radar américain AN/FPS-132 stationné sur une base américaine au Qatar (…) ce système radar américain, utilisé pour détecter les missiles balistiques, a une portée opérationnelle signalée d’environ 5.000 kilomètres. Le radar d’alerte précoce AN/FPS-132 est considéré comme un élément clé de l’infrastructure de défense antimissile américaine (…) son coût a été estimé à plus d’un milliard de dollars. Selon la télévision d’État iranienne, le radar a été détruit à l’aide de l’UAV Shahed-136. »
Les autorités de l’Iran avaient averti que, selon leur protocole de la guerre, la réponse à toute éventuelle attaque contre le territoire iranien serait immédiate et proportionnelle. Il semble à ce stade, que les responsables attendent de voir si le duo criminel poursuivra ses bombardements ou s’il reviendra à la raison en optant pour la voie diplomatique. Peu de chance, pour cette dernière option, dès lors que les autorités militaires américaines ont annoncé la poursuite de leurs bombardements dans les prochains jours.
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En attendant, il se dit que la réponse militaire iranienne est à l’étude et s’adaptera au choix des assaillants.
Dans tous les cas, Donald Trump vient sans doute de perdre magistralement les prochaines élections de mi-mandat, de manière anticipée. Son caractère impulsif, son ego maladif et sa cervelle de punaise lui ont joué le mauvais tour de se laisser piéger par plus rusé que lui en la personne du criminel de guerre Benjamin Netanyahu, sous mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale.
Au moment de terminer ce billet, le Croissant Rouge iranien annonce déjà plus de 200 victimes et 750 blessés. Le reste du monde n’a plus qu’à retenir son souffle…
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Daniel Vanhove –
28.02.26
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Guerres israélo-américaines : le doute et le risque
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Mis en échec, l’inconséquent Trump et le cynique Netanyahou risquent d’entraîner le monde dans des abimes toujours plus profonds.
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Les guerres coloniales ou impérialistes ont leur loi. Elles se gagnent rarement sur le champ de bataille et elles se perdent souvent dans le pays des assaillants. La France en Algérie, les États-Unis au Vietnam ont fini par être vaincus par des mouvements anti-guerre surgis de leurs propres sociétés qui n’ont plus supporté de voir les images ou d’entendre les échos des massacres commis en leur nom. Et, peut-être moins encore, de perdre leurs enfants dans des guerres injustes et dépourvues de sens. Sommes-nous à cet instant de bascule dans les guerres israélo-américaines en Iran et au Liban ? On assiste en tout cas aux premiers craquements.
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Le risque pour Trump est celui d’une fusion improbable dans l’opinion entre cette Amérique des droits humains et celle qui l’a porté à la Maison Blanche.
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Un océan de manifestants s’est répandu le 28 mars dans de nombreuses villes des États-Unis. On parle de huit millions de personnes. Et la colère ne portait pas sur la hausse des prix du carburant ; elle était pacifiste et humaniste, mêlant la guerre à toutes les attaques contre la démocratie auxquelles se livre Trump. Elle était tout en révolte contre l’imposture de dirigeants qui avaient prétendu voler au secours du peuple iranien et qui le mettaient plus que jamais en danger. Le risque pour Trump est celui d’une fusion improbable dans l’opinion entre cette Amérique des droits humains et celle qui l’a porté à la Maison Blanche, isolationniste et nationaliste, qui ne supporte pas que leur président agisse sous la dictée d’Israël.
En Israël, parlons-en, la colère est loin d’être comparable. La propagande n’a pas fini de répandre son poison. Sur tous les tons et dans presque tous les médias, il est dit depuis 1979 que l’Iran veut « rayer Israël de la carte ». Et, comme dans un funeste jeu de miroirs, les mollahs se sont employés à accréditer ce discours pour alimenter leur propagande. Il n’empêche ! Un commencement de doute est là. Il n’est pas porté par un sentiment humanitaire mais par une prise de conscience que le dôme de fer n’est pas infaillible, et que cette guerre n’est pas sans danger pour la population qui, de surcroît, commence à s’interroger sur la stratégie de la guerre perpétuelle de Netanyahou, sur les motivations d’un grand corrompu tentant d’échapper à son sort. Jusqu’au chef d’État-major qui dit redouter que l’armée ne puisse plus soutenir ces conflits tous azimuts, faute d’effectifs et de munitions.
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En vérité, il s’agit pour Israël de chasser toute une population qui ne pourra plus revenir dans des villages rasés, comme en avril 1948, comme à Gaza.
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Mais ce moment de faiblesse des deux superpuissances ne nous rapproche pas forcément de la paix. Que va faire Trump pris à la gorge par sa mise en échec et la montée de la protestation aux États-Unis ? Peut-il « rentrer à la maison », fût-ce en proclamant qu’il a remporté une « grande victoire » et que le Prince saoudien peut lui « lécher le cul », comme il l’a dit avec l’élégance qu’on lui connaît ? Ou, au contraire, va-t-il entraîner son pays et le monde dans une aventure d’une autre dimension ? Cette hypothèse est hélas la plus probable alors qu’il amasse ses troupes d’élite, que des centaines de forces spéciales sont venues en renfort des rangers et des marines déjà sur place. C’est prendre le risque de compter bientôt les cercueils de GI par dizaines et centaines. C’est inciter les Houthis yéménites à entrer dans le conflit et à bloquer le détroit Bab el-Mandeb, c’est-à-dire le canal de Suez, par lequel passent les porte-conteneurs venus des grands ports européens.
L’ennui, c’est que si pour Trump cette guerre n’a plus pour objectif que de s’en sortir, ce n’est pas le cas de Netanyahou. Celui-ci gère ses petites affaires personnelles au prix de milliers de morts, mais il poursuit surtout sa guerre de conquête coloniale. Il encourage les colons à attaquer les Palestiniens de Cisjordanie, et fait pénétrer ses troupes dans le Sud-Liban. Comme à Gaza, il s’agit officiellement d’éradiquer les « terroristes », ici le Hezbollah, là le Hamas. En vérité, il s’agit de chasser toute une population qui ne pourra plus revenir dans des villages rasés, comme en avril 1948, comme à Gaza, et d’étendre le territoire israélien au moins jusqu’au fleuve Litani, à 50 kilomètres au nord de la frontière.
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Une fois de plus, on est consterné par la lâcheté des Européens, Espagne et Irlande exceptées, qui promettent l’impunité à l’extrême droite israélienne, quoi qu’elle fasse. Pas tout à fait cependant : Emmanuel Macron et la très pro-israélienne Giorgia Meloni ont manifesté leur indignation quand le premier ministre israélien a interdit au Patriarche de Jérusalem de célébrer la messe des Rameaux dans l’église du Saint-Sépulcre. Voilà, soudain, que les limites de l’admissible étaient atteintes…
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