Pour commencer, je laisse la parole à Sarah qui a passé 6 mois dans mon équipe à Paris aux côtés de Clothilde !
“Pousser les portes de l’Assemblée semblait pour moi hors d’atteinte. Ne venant pas d’un cursus “classique” pour cette institution en tant qu’ ingénieure agronome, j’ai reçu d’innombrables refus à ma demande de stage. Marie Pochon a été la seule a accepté ma demande, pour cela je la remercie profondément.
Pour moi ceci témoigne de ce que j’ai pu observer lors de ces 6 mois de stage, d’une députée engagée dans le concret, dans le réel, soucieuse des habitants et habitantes de sa circonscription et qui répond à chaque interpellation.
Ce stage m’a permis de comprendre concrètement comment se déroulent les processus législatifs. Il m’a montré la difficulté ou plutôt la quasi impossibilité, pour une députée d’opposition, de faire étudier et voter un de ses textes et de s’opposer à des lois parfois révoltantes et contre lesquelles d’importantes mobilisations citoyennes se créent pourtant…
J’ai trouvé admirable la manière dont Marie Pochon et son équipe sont parvenus à déconstruire les clichés tenaces qui opposent l’agriculture et l’écologie, alors que les deux sont pourtant si liés. Dans cet échiquier politique où la place de la démocratie s’amenuise à vue d’oeil et où le libéralisme s’impose malgré les voies dissidentes, il est nécessaire de montrer qu’un modèle d’agriculture familiale, qui respecte l’environnement dont il dépend et rémunère dignement celles et ceux qui nous font vivre est possible et souhaitable. Mais pour cela les politiques publiques doivent suivre et avec l’échiquier actuel cela s’avère très compliqué.
J’encourage chaque personne effarée par les incendies qui ravagent notre pays, les crises agricoles qui se multiplient, le prix de l’essence qui augmente à se mobiliser en vue des prochaines élections présidentielles qui seront décisives pour notre avenir.
Je remercie infiniment Marie Pochon et Clothilde Baudoin, sa collaboratrice à Paris, mais aussi Perrine et Jérémy en circonscription pour leur accompagnement et leur aide et également les autres stagiaires que l’équipe a accueilli durant cette période.
Bon courage pour la suite et continuez à porter la voix d’une ruralité écologique et vivante !”
Un grand merci Sarah pour ces 6 mois passés avec nous. Un immense merci parce que tu as immensément aidé à tous nos travaux ces derniers mois. Tu t’es parfaitement intégrée à notre équipe et je te remercie pour ton soutien. Il y aura un vrai manque dans notre équipe à notre retour de vacances fin août…Tu vas nous manquer énormément ! Mais je te souhaite le meilleur pour la suite !
Je ne peux entamer pour ma part ce journal de bord sans parler du vote décisif qui a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi.
Malgré une mobilisation citoyenne impressionnante, qui n’a pas faibli jusque lundi après-midi, malgré les alertes des associations, des médecins, des élus locaux, des fédérations de pêche, des gestionnaires d’eau et des scientifiques, l’Assemblée nationale a adopté, la loi d’urgence agricole.
Vous le saviez, j’étais mobilisée sur ce texte depuis des semaines : vous m’aviez vu prendre la parole en commission et en hémicycle, pour défendre trois priorités :
D’abord, le revenu agricole, et notamment la capacité à garantir des prix justes pour les productions agricoles dans les négociations commerciales
Ensuite, la souveraineté agricole, comprise comme l’arrêt des dépendances de notre système agricole importées de l’étranger, comme les phytos, les carburants, l’alimentation animale, les engrais; et la dépendance à l’export
Enfin, la préparation de nos modèles agricoles aux changements climatiques et ses impacts que nous vivons bien toutes et tous actuellement
Au lieu de répondre aux véritables urgences agricoles, le gouvernement et ses alliés de droite et d’extrême-droite défendent un modèle qui sacrifie notre agriculture et qui détruit notre capacité à produire demain au travers de cette loi.
J’ai eu l’honneur de porter la voix du groupe Écologiste avant ce vote décisif. Les agriculteurs ont besoin qu’on leur garantisse des revenus dignes, qu’on les accompagne à faire face au changement climatique et pas qu’on accapare l’eau pour une minorité, ni qu’on réautorise des insecticides interdits aux impacts délétères pour notre santé et l’environnement.
Ce texte comporte tant de dispositions se situant contre les recommandations des scientifiques, à chaque fois. Contre les médecins.
Mais aussi contre les élus locaux, les opérateurs publics des services d’eau, les organisations de défense de l’environnement et des consommateurs, nombre d’agriculteurs, et même Madame Barbut, qui ont tous appelé à la suppression des dispositions sur l’eau contenues dans le projet de loi.
“L’agriculture contre tous : en voilà un joli projet de réconciliation, voilà ce que je rappelais en hémicycle.
Ce que je vois, dans la Drôme et ailleurs, ce sont des élus qui déplacent des montagnes pour l’approvisionnement local et bio de leur cantine scolaire, ce sont des agriculteurs qui se diversifient, qui veulent vivre en paix avec les habitants de leur commune, des familles qui veulent vivre dignes. Car oui, le tous contre tous il se vit aussi dans nos campagnes. Dans cette défiance que vous bâtissez loi après loi entre nos concitoyens et nos agriculteurs. Nous on habite ensemble dans nos villages et tout ce que vous voulez c’est nous fracturer. Vous n’y parviendrez pas.
Les agriculteurs nous demandent d’assurer leur autonomie, de leur garantir des prix rémunérateurs, d’anticiper avec eux les effets du changement climatique. De ne pas être performants toujours dans la réduction de leurs prix : d’être robustes pour affronter avec fierté et confiance l’avenir.”
Mille mercis à celles et ceux qui portent déjà ces modèles notamment dans nos pays drômois.
Le combat de la semaine : Les incendies et autres effets de la canicule
Le 9 juillet dernier, au milieu des vagues de chaleur, de la sécheresse et des incendies, le Haut Conseil Pour le Climat publiait son 8e rapport, le dernier des deux mandats d’Emmanuel « mon mandat sera écologique ou ne sera pas » Macron. Face aux impacts des changements climatiques que nous subissons tou-tes de plein fouet, je crois qu’il est important de ne pas en ignorer les alertes, enseignements et recommandations, et de les mettre en œuvre, d’urgence.
Mais ce ne semble pas être la priorité, bien malheureusement, au sein des cercles décisionnaires : nous avons pu observer cette semaine la petite pièce de théâtre lunaire de la Ministre de la Transition Écologique démissionnaire mardi pour ne plus l’être le lendemain, alors même que dans le même temps, je vois, en plein milieu de ce “feu du siècle”, fleurir partout la rumeur selon laquelle les écologistes auraient empêché depuis des années :
1️⃣ la création et l’entretien des pistes forestières pour l’intervention des SDIS
2️⃣ la possibilité pour les sapeurs pompiers d’avoir accès à de l’eau lors de leurs interventions
3️⃣ le débroussaillage
4️⃣ le soutien aux sapeurs-pompiers
5️⃣ le pastoralisme
6️⃣ les plans de gestion des forêts.
J’y lis, face à l’impuissance et au sentiment d’incurie face aux impacts très concrets des changements climatiques au travers de ces 116 000 ha déjà brûlés au 27 juillet, de la sécheresse et des vagues de chaleur intenses, le besoin, humain, d’y trouver un responsable qui ne remette pas en cause la manière dont on produit, on consomme, on habite, on se déplace, on se nourrit, bref, notre modèle économique. C’est compréhensible et humain.
Cependant, c’est faux.
Au delà de nous battre pour toutes ces choses depuis des années (exemples de la loi de 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque d’incendie), souvent en étant minoritaires, nous nous battons pour baisser nos émissions de gaz à effet de serre et donc atténuer les effets des changements climatiques (car les sapeurs-pompiers, à un moment – si ce n’est maintenant – n’y suffiront plus), et préserver le cycle de l’eau, la biodiversité et les écosystèmes qui font le travail incroyable et gratuit que nous demandons à la technique, avec beaucoup beaucoup d’argent, de faire : ralentir l’eau, la stocker, être plus diversifié et donc plus robustes aux catastrophes à venir…
Tout n’est pas là, mais nous travaillons avec mes collègues à une nouvelle loi pastorale qui viendra renforcer ces pratiques utiles partout; nous avons déposé une loi sur la gestion durable des forêts, et une autre faisant suite au Beauvau de la Sécurité Civile (le gouvernement ayant oublié). Bref, on travaille dur, et ce depuis des années, pour anticiper ce qui peut l’être, en étant très très rarement écoutés. Nous continuerons à rester mobilisé-es, plus encore après ces événements dramatiques qui maillent notre été.
Etre à vos côtés : permanences exceptionnelles dans le Diois suite à l’incendie
Pour échanger sur les conséquences de cet événement, entendre vos préoccupations et porter vos besoins auprès des services de l’État, je tiens 4 permanences exceptionnelles cette semaine qui vient :
La ligne de train de nuit qui traverse notre département connaîtra prochainement d’importants travaux (et nous les réclamons depuis longtemps !).
Alors qu’une solution ferroviaire existe et sera mise en œuvre du 21 septembre au 1er octobre 2026, avec un détournement par la ligne des Alpes via Grenoble permettant d’assurer la continuité de cette desserte essentielle, cette même solution n’est pas envisagée pour la période du 8 novembre au 12 décembre 2026, ou il est proposé… des bus.
Nous demandons donc à la SNCF de réexaminer les modalités d’exploitation prévues entre le 8 novembre et le 12 décembre 2026 afin que le train de nuit Paris-Briançon puisse, lui aussi, être détourné par la ligne des Alpes via Grenoble. Lorsque des solutions ferroviaires existent, elles doivent être privilégiées. Nous continuerons à défendre cette ligne essentielle pour les habitants et habitantes de nos vallées et de nos territoires de montagne !
L’article de la semaine : foyer d’accueil rural pour femmes victimes de violences
Malgré l’aggravation des violences faites aux femmes dans les campagnes, du fait du manque de moyens de transports, d’anonymat dans les petites villes et villages, du fait de la distance, malgré le fait qu’un féminicide sur deux ait lieu en ruralités alors que seulement un tiers de la population y vit, les foyers d’hébergement d’urgence sont plus souvent en milieu urbain que par chez nous.
Mais dans l’Oise, 16 partenaires, avec le SAMU Social, du Rectorat à la gendarmerie, en passant par l’hôpital, l’association France Victimes, la CAF, ont mis en place un lieu d’accueil, de protection, d’accompagnement et de reconstruction de ces femmes victimes. Un exemple à suivre dans toutes les campagnes du pays, pour accueillir et protéger celles qui sont bien trop souvent victimes d’un conjoint violent. Merci, à celles et ceux qui, dans tout le pays, s’engagent face aux violences, qui ont tendance par ailleurs à s’aggraver avec les fortes chaleurs; et j’envoie toute ma force à celles qui sont victimes et parfois n’osent en parler – on est ensemble, à la ville, comme à la campagne !
L’initiative de la semaine : Les mardis de la sous-préfecture de Nyons
⚠️ A destination des maires et élu-es des communes de l’arrondissement de la Sous-préfecture de Nyons.
Dès septembre 2026, la sous-préfecture de Nyons donne rendez-vous aux « Mardis de la sous-préfecture », cycle de formation et de sensibilisation pensé et conçu pour les maires du territoire. Organisé sous la forme de rendez-vous mensuels, ce cycle poursuit l’objectif d’apporter des informations pratiques et des réponses opérationnelles sur des thématiques essentielles à l’exercice des mandats locaux. Ces modules auront lieu un mardi par mois, sur le créneau 17h-19h, au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA), situé au 2, avenue de Venterol à Nyons. Pour assister à ces rendez-vous, il vous suffit d’adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : sp-nyons@drome.gouv.fr
Une journée à Paris
Lundi, j’ai commencé ma journée par la réunion hebdomadaire avec mon équipe, avant de voter sur les textes soumis à l’assemblée, le Gouvernement ayant décidé de faire voter tous les textes qui attendaient depuis un moment leur vote solennel sur deux jours. J’étais notamment mobilisée sur la loi montagne, comme je vous le racontais la semaine passée où j’avais siégé en Commission Mixte Paritaire.
Dans l’hémicycle, j’ai tenu, jusqu’au bout, à défendre ma vision de la montagne.
Car, alors que nos forêts brûlent, que notre eau se raréfie, que les sécheresses sont de plus en plus fortes, les canicules de plus en plus fréquentes et intenses, que le dérèglement climatique, déjà, nous montre sa brutalité et sa puissance, ce texte rajoute une couche à la pile de régressions environnementales orchestrées par le gouvernement et ses alliés.
L’article 4 propose ainsi de favoriser les retenues d’eau sans aucune hiérarchie des usages, mettant de fait sur le même plan la production de neige artificielle et l’eau potable ou agricole; et sans aucun objectif de sobriété associé, comme dans la loi agricole.
L’article 6 assouplit l’interprétation de la règle de la continuité de l’urbanisation, ouvrant la porte à de nouvelles constructions, et menaçant les protections de la loi montagne auxquelles nous tenons tant.
L’article 6 bis permet la construction à tout va, même sur des ruines d’alpage.
L’article 6 bis AA affaiblit les protections de la loi Littoral.
L’article 6 bis A détricote la loi Climat et Résilience en reportant les objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols pour les communes corses soumises au RNU.
L’article 11, qui pourtant comportait une des seules dispositions intéressantes de ce texte, a été vidé de sa substance.
L’importance, c’est le tourisme, pensent mes collègues. Voyez l’économie touristique quand un massif a brûlé, quand il n’y a plus d’eau dans les rivières et aux sources, quand l’herbe sèche ne permet plus le pâturage. C’est notre modèle économique tout entier qui dépend du soin que nous apportons aux écosystèmes qui le conditionnent. Trois vagues de canicules en un mois plus tard, ce n’est pas moi qui le dis, mais la climatologue Valérie Masson Delmotte elle-même. Elle voit dans cette loi “une volonté de fragiliser le droit de l’environnement et (celle) de ne pas engager des changements structurels pour s’adapter aux changements climatiques.”. J’ai donc voté contre ce texte.
Puis nous avons passé la soirée et une partie de la nuit sur la Loi d’Urgence Agricole, une “grande loi de réconciliation” selon Annie Genevard. Sur ce texte, j’ai voulu de nouveau remercier celles et ceux qui se battent pour un autre destin que la revente par pièces de notre agriculture à des financiers. Remercier les agriculteurs et agricultrices qui s’installent malgré tout, qui ne veulent pas de vos modèles importés d’ailleurs, qui veulent juste vivre de leur travail.
En leur nom, nous avions pu inscrire l’interdiction de l’importation de produits agricoles cultivés avec des substances interdites en France pour des raisons sanitaires ou environnementales, l’objectif de 100% de viandes françaises servies dans la restauration collective. Nous avions adopté une mesure garantissant que les prix ne puissent être inférieurs aux coûts de production. Voilà trois mesures qui répondaient concrètement aux urgences agricoles. Voilà trois mesures que LR-Macronistes et RN ont supprimé au sénat et en CMP.
Le Gouvernement, qui avait promis que le Parlement “trancherait” sur la réintroduction de pesticides tueurs d’abeilles, a refusé de déposer un amendement sur cette question en séance. Encore un mensonge supplémentaire, ce qui a mené à un vote vers 00h30 favorable à la loi (et l’opposition de toutes les gauches).
Alors que les derniers témoins de cette barbarie disparaissent à leur tour, il est de notre devoir de se souvenir, de transmettre, d’honorer leur mémoire pour ne plus recommencer. D’en être, plus que jamais, à la hauteur.
Je me rendais ensuite à la distillerie de lavande de Chamaloc📍 des Quatre Vallées Distillerie des 4 Vallées pour discuter avec Alain Aubanel, producteur, distillateur de lavande, et président de PPAM France. Nous avons pu discuter des enjeux de préservation de la filière de la lavande, de la récolte de cette année, et des premiers impacts visibles de l’incendie de la montagne de Justin, notamment sur le tourisme.
Aujourd’hui, notamment à cause des événements climatiques extrêmes auxquels nous faisons face, la filière connaît de grandes difficultés. Nous avons pu échanger sur des solutions : développement d’un plan territorial de production avec une contractualisation avec les entreprises de transformation locales, obligation d’indiquer la provenance pour éliminer la concurrence déloyale d’ailleurs… Je tiens à assurer tout mon soutien aux agriculteurs qui font face sans nul doute, toutes filières confondues, à l’un des pires étés de leur vie. Je resterai bien évidemment à leurs côtés dans les mois à venir pour faire face aux conséquences très concrètes des changements climatiques, et éviter qu’ils et elles soient seul-es dans ces crises successives – bien évidemment que les pouvoirs publics doivent intervenir, et au delà de gérer les crises, les anticiper ensemble.
Je me rendais ensuite aux commémorations de Aouste-sur-Sye📍, Saillans 📍puis Espenel📍. Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes chargées d’investir le Vercors par le Sud remontaient la vallée de la Drôme. Elles avaient déjà rencontré la résistance des maquisards à Aouste-sur-Sye et à Saillans. Elles avançaient malgré les embuscades, brûlant fermes et cabanons sur leur passage, faisant vrombir le moteur de la haine, pour parachever un projet politique, méthodique, de détestation de l’autre et de destruction d’un peuple.
Ce jour-là, elles arrivèrent jusqu’à Espenel. Et ici, ce fut un déluge. Un déluge de pluie. Un déluge de balles. C’était il y a 82 ans. Et chaque année, nous nous retrouvons dans ces trois lieux de combat pour rendre hommage à celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la liberté.
Mercredi, je participais, dans le cadre de la proposition de loi transpartisane sur le pastoralisme, à l’audition de l’école des bergers transhumants puis à une réunion avec les organisations pastorales pour finaliser le texte que je pourrai bientôt vous partager !
Vendredi matin, je tenais ma permanence à Chabeuil 📍L’occasion comme chaque semaine d’échanger avec vous sur vos projets, vos soucis, vos questions aussi que vous pouvez avoir sur un sujet personnel ou plus collectif. Que ce soit pour me partager vos interrogations, me partager vos projets, me remonter une problématique, n’hésitez pas à prendre rendez-vous au 06 65 82 25 99 ou à marie.pochon@assemblee-nationale.fr. Le programme des prochaines permanences est disponible à la fin de ce journal de bord !
Je me rendais ensuite au Centre de soins pour animaux sauvages l’Hirondelle à Chalancon📍. Le centre de soins s’occupe en ce moment particulièrement des martinets: Des oiseaux qui nichent principalement sous les toits dans nos villes et villages qui souffrent énormément de la chaleur, “se laissant tomber” par terre lors des canicules, ce qui fait qu’on les retrouve souvent et qu’on peut leur apporter des soins, contrairement à d’autres espèces sauvages et protégées.
Lors de la première canicule de juin, le centre a reçu jusqu’à 1400 appels par jour pour des signalements de martinets en détresse et il a dû fermer car il ne pouvait plus accueillir de nouveaux animaux. Ces vagues de chaleur soudaines et de plus en plus intenses et longues font souffrir l’ensemble du vivant et les oiseaux n’y échappent pas. Pourtant, les martinets comme les hirondelles ont un rôle primordial dans la régulation du nombre d’insectes et notamment de moustiques (surtout le moustique tigre qui vit le jour). Sans eux, on peut craindre une prolifération encore plus importante.
Puis j’ai eu le plaisir de visiter la Maison de la Résistance Mathias Mathieu à Beaufort-sur-Gervanne📍, une visite menée par Joël Mathieu, aux côtés de Daniel Gilles, conseiller départemental, ainsi que les maires de Beaufort-sur-Gervanne et de Montclar-sur-Gervanne que je remercie. Ce musée est né de la passion de Mathias Mathieu qui, dès son plus jeune âge, a consacré une grande partie de sa vie à recueillir objets, archives et témoignages sur les maquisards de la Compagnie Morin et sur l’histoire de la Résistance dans la vallée de la Gervanne.
Après son décès en 2014, ses proches ont poursuivi son œuvre et donné vie à ce musée. Un immense merci à Joël Mathieu pour cette visite passionnée. Le musée de Beaufort-sur-Gervanne va devoir fermer ses portes mais toute la collection sera transférée au musée de Vassieux-en-Vercors !
Enfin, je me suis rendue chez Noémie Balz, paysanne herboriste à Eygluy-Escoulin 📍. À l’occasion d’un concert organisé au cœur des plantes qu’elle cultive, dans un cadre magnifique, nous avons pu échanger sur son activité, son engagement et les produits qu’elle commercialise sous la marque Rosa Camina. Issue d’une famille pionnière de l’agriculture biologique et des plantes à parfum dans la Drôme, Noémie cultive, récolte et transforme à la main des plantes aromatiques, médicinales et à parfums en agriculture biologique.
Formée à l’herboristerie depuis près de vingt ans, elle développe une gamme de soins et de tisanes en privilégiant les circuits courts, avec un profond respect du vivant et de son territoire.
17 ans pour les plus jeunes, 27 civils en tout : massacrés par l’horreur et la barbarie, abattus par la haine quand en eux rayonnait et rayonne encore l’humanité toute entière. Cette nuit sanglante n’était pas un simple épisode de l’histoire locale. Elle raconte ce qu’est la barbarie lorsqu’elle devient un projet politique. Elle commence toujours de la même manière : en refusant à certains leur humanité. En les traitant d’ennemis de l’intérieur, en laissant s’installer la rumeur plutôt que les faits. En fracturant, en considérant qu’il existe des vies qui comptent moins que d’autres. En remplaçant le droit par la force, la solidarité par le chacun pour soi et le tous contre tous, la confiance par la défiance, la République par l’arbitraire.
Mais alors, l’aube nouvelle était pourtant là, sous les décombres de ce massacre qui ne semblait en finir : Ici, sur le plateau du Vercors, malgré les cheptels décimés, les commerces pillés, les esprits abattus, malgré la mémoire, intacte, de la glorieuse résistance comme de l’immonde collaboration; nos aînés ont rebâti : Mairie, bureau de poste, école, services publics, ont été les premiers à faire leur réapparition, et, bien loin du désespoir et de l’abandon qui aurait pu dominer, ils ont rétabli ici, la République.”
Soyons en à la hauteur.
Que vive la glorieuse résistance !
Que vive la République !
Les permanences à venir
Voici le nouveau calendrier des permanences pour l’automne !
Pour commencer, je laisse la parole à Sarah qui a passé 6 mois dans mon équipe à Paris aux côtés de Clothilde !
“Pousser les portes de l’Assemblée semblait pour moi hors d’atteinte. Ne venant pas d’un cursus “classique” pour cette institution en tant qu’ ingénieure agronome, j’ai reçu d’innombrables refus à ma demande de stage. Marie Pochon a été la seule a accepté ma demande, pour cela je la remercie profondément.
Pour moi ceci témoigne de ce que j’ai pu observer lors de ces 6 mois de stage, d’une députée engagée dans le concret, dans le réel, soucieuse des habitants et habitantes de sa circonscription et qui répond à chaque interpellation.
Ce stage m’a permis de comprendre concrètement comment se déroulent les processus législatifs. Il m’a montré la difficulté ou plutôt la quasi impossibilité, pour une députée d’opposition, de faire étudier et voter un de ses textes et de s’opposer à des lois parfois révoltantes et contre lesquelles d’importantes mobilisations citoyennes se créent pourtant…
J’ai trouvé admirable la manière dont Marie Pochon et son équipe sont parvenus à déconstruire les clichés tenaces qui opposent l’agriculture et l’écologie, alors que les deux sont pourtant si liés. Dans cet échiquier politique où la place de la démocratie s’amenuise à vue d’oeil et où le libéralisme s’impose malgré les voies dissidentes, il est nécessaire de montrer qu’un modèle d’agriculture familiale, qui respecte l’environnement dont il dépend et rémunère dignement celles et ceux qui nous font vivre est possible et souhaitable. Mais pour cela les politiques publiques doivent suivre et avec l’échiquier actuel cela s’avère très compliqué.
J’encourage chaque personne effarée par les incendies qui ravagent notre pays, les crises agricoles qui se multiplient, le prix de l’essence qui augmente à se mobiliser en vue des prochaines élections présidentielles qui seront décisives pour notre avenir.
Je remercie infiniment Marie Pochon et Clothilde Baudoin, sa collaboratrice à Paris, mais aussi Perrine et Jérémy en circonscription pour leur accompagnement et leur aide et également les autres stagiaires que l’équipe a accueilli durant cette période.
Bon courage pour la suite et continuez à porter la voix d’une ruralité écologique et vivante !”
Un grand merci Sarah pour ces 6 mois passés avec nous. Un immense merci parce que tu as immensément aidé à tous nos travaux ces derniers mois. Tu t’es parfaitement intégrée à notre équipe et je te remercie pour ton soutien. Il y aura un vrai manque dans notre équipe à notre retour de vacances fin août…Tu vas nous manquer énormément ! Mais je te souhaite le meilleur pour la suite !
Je ne peux entamer pour ma part ce journal de bord sans parler du vote décisif qui a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi.
Malgré une mobilisation citoyenne impressionnante, qui n’a pas faibli jusque lundi après-midi, malgré les alertes des associations, des médecins, des élus locaux, des fédérations de pêche, des gestionnaires d’eau et des scientifiques, l’Assemblée nationale a adopté, la loi d’urgence agricole.
Vous le saviez, j’étais mobilisée sur ce texte depuis des semaines : vous m’aviez vu prendre la parole en commission et en hémicycle, pour défendre trois priorités :
D’abord, le revenu agricole, et notamment la capacité à garantir des prix justes pour les productions agricoles dans les négociations commerciales
Ensuite, la souveraineté agricole, comprise comme l’arrêt des dépendances de notre système agricole importées de l’étranger, comme les phytos, les carburants, l’alimentation animale, les engrais; et la dépendance à l’export
Enfin, la préparation de nos modèles agricoles aux changements climatiques et ses impacts que nous vivons bien toutes et tous actuellement
Au lieu de répondre aux véritables urgences agricoles, le gouvernement et ses alliés de droite et d’extrême-droite défendent un modèle qui sacrifie notre agriculture et qui détruit notre capacité à produire demain au travers de cette loi.
J’ai eu l’honneur de porter la voix du groupe Écologiste avant ce vote décisif. Les agriculteurs ont besoin qu’on leur garantisse des revenus dignes, qu’on les accompagne à faire face au changement climatique et pas qu’on accapare l’eau pour une minorité, ni qu’on réautorise des insecticides interdits aux impacts délétères pour notre santé et l’environnement.
Ce texte comporte tant de dispositions se situant contre les recommandations des scientifiques, à chaque fois. Contre les médecins.
Mais aussi contre les élus locaux, les opérateurs publics des services d’eau, les organisations de défense de l’environnement et des consommateurs, nombre d’agriculteurs, et même Madame Barbut, qui ont tous appelé à la suppression des dispositions sur l’eau contenues dans le projet de loi.
“L’agriculture contre tous : en voilà un joli projet de réconciliation, voilà ce que je rappelais en hémicycle.
Ce que je vois, dans la Drôme et ailleurs, ce sont des élus qui déplacent des montagnes pour l’approvisionnement local et bio de leur cantine scolaire, ce sont des agriculteurs qui se diversifient, qui veulent vivre en paix avec les habitants de leur commune, des familles qui veulent vivre dignes. Car oui, le tous contre tous il se vit aussi dans nos campagnes. Dans cette défiance que vous bâtissez loi après loi entre nos concitoyens et nos agriculteurs. Nous on habite ensemble dans nos villages et tout ce que vous voulez c’est nous fracturer. Vous n’y parviendrez pas.
Les agriculteurs nous demandent d’assurer leur autonomie, de leur garantir des prix rémunérateurs, d’anticiper avec eux les effets du changement climatique. De ne pas être performants toujours dans la réduction de leurs prix : d’être robustes pour affronter avec fierté et confiance l’avenir.”
Mille mercis à celles et ceux qui portent déjà ces modèles notamment dans nos pays drômois.
Le combat de la semaine : Les incendies et autres effets de la canicule
Le 9 juillet dernier, au milieu des vagues de chaleur, de la sécheresse et des incendies, le Haut Conseil Pour le Climat publiait son 8e rapport, le dernier des deux mandats d’Emmanuel « mon mandat sera écologique ou ne sera pas » Macron. Face aux impacts des changements climatiques que nous subissons tou-tes de plein fouet, je crois qu’il est important de ne pas en ignorer les alertes, enseignements et recommandations, et de les mettre en œuvre, d’urgence.
Mais ce ne semble pas être la priorité, bien malheureusement, au sein des cercles décisionnaires : nous avons pu observer cette semaine la petite pièce de théâtre lunaire de la Ministre de la Transition Écologique démissionnaire mardi pour ne plus l’être le lendemain, alors même que dans le même temps, je vois, en plein milieu de ce “feu du siècle”, fleurir partout la rumeur selon laquelle les écologistes auraient empêché depuis des années :
1️⃣ la création et l’entretien des pistes forestières pour l’intervention des SDIS
2️⃣ la possibilité pour les sapeurs pompiers d’avoir accès à de l’eau lors de leurs interventions
3️⃣ le débroussaillage
4️⃣ le soutien aux sapeurs-pompiers
5️⃣ le pastoralisme
6️⃣ les plans de gestion des forêts.
J’y lis, face à l’impuissance et au sentiment d’incurie face aux impacts très concrets des changements climatiques au travers de ces 116 000 ha déjà brûlés au 27 juillet, de la sécheresse et des vagues de chaleur intenses, le besoin, humain, d’y trouver un responsable qui ne remette pas en cause la manière dont on produit, on consomme, on habite, on se déplace, on se nourrit, bref, notre modèle économique. C’est compréhensible et humain.
Cependant, c’est faux.
Au delà de nous battre pour toutes ces choses depuis des années (exemples de la loi de 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque d’incendie), souvent en étant minoritaires, nous nous battons pour baisser nos émissions de gaz à effet de serre et donc atténuer les effets des changements climatiques (car les sapeurs-pompiers, à un moment – si ce n’est maintenant – n’y suffiront plus), et préserver le cycle de l’eau, la biodiversité et les écosystèmes qui font le travail incroyable et gratuit que nous demandons à la technique, avec beaucoup beaucoup d’argent, de faire : ralentir l’eau, la stocker, être plus diversifié et donc plus robustes aux catastrophes à venir…
Tout n’est pas là, mais nous travaillons avec mes collègues à une nouvelle loi pastorale qui viendra renforcer ces pratiques utiles partout; nous avons déposé une loi sur la gestion durable des forêts, et une autre faisant suite au Beauvau de la Sécurité Civile (le gouvernement ayant oublié). Bref, on travaille dur, et ce depuis des années, pour anticiper ce qui peut l’être, en étant très très rarement écoutés. Nous continuerons à rester mobilisé-es, plus encore après ces événements dramatiques qui maillent notre été.
Etre à vos côtés : permanences exceptionnelles dans le Diois suite à l’incendie
Pour échanger sur les conséquences de cet événement, entendre vos préoccupations et porter vos besoins auprès des services de l’État, je tiens 4 permanences exceptionnelles cette semaine qui vient :
La ligne de train de nuit qui traverse notre département connaîtra prochainement d’importants travaux (et nous les réclamons depuis longtemps !).
Alors qu’une solution ferroviaire existe et sera mise en œuvre du 21 septembre au 1er octobre 2026, avec un détournement par la ligne des Alpes via Grenoble permettant d’assurer la continuité de cette desserte essentielle, cette même solution n’est pas envisagée pour la période du 8 novembre au 12 décembre 2026, ou il est proposé… des bus.
Nous demandons donc à la SNCF de réexaminer les modalités d’exploitation prévues entre le 8 novembre et le 12 décembre 2026 afin que le train de nuit Paris-Briançon puisse, lui aussi, être détourné par la ligne des Alpes via Grenoble. Lorsque des solutions ferroviaires existent, elles doivent être privilégiées. Nous continuerons à défendre cette ligne essentielle pour les habitants et habitantes de nos vallées et de nos territoires de montagne !
L’article de la semaine : foyer d’accueil rural pour femmes victimes de violences
Malgré l’aggravation des violences faites aux femmes dans les campagnes, du fait du manque de moyens de transports, d’anonymat dans les petites villes et villages, du fait de la distance, malgré le fait qu’un féminicide sur deux ait lieu en ruralités alors que seulement un tiers de la population y vit, les foyers d’hébergement d’urgence sont plus souvent en milieu urbain que par chez nous.
Mais dans l’Oise, 16 partenaires, avec le SAMU Social, du Rectorat à la gendarmerie, en passant par l’hôpital, l’association France Victimes, la CAF, ont mis en place un lieu d’accueil, de protection, d’accompagnement et de reconstruction de ces femmes victimes. Un exemple à suivre dans toutes les campagnes du pays, pour accueillir et protéger celles qui sont bien trop souvent victimes d’un conjoint violent. Merci, à celles et ceux qui, dans tout le pays, s’engagent face aux violences, qui ont tendance par ailleurs à s’aggraver avec les fortes chaleurs; et j’envoie toute ma force à celles qui sont victimes et parfois n’osent en parler – on est ensemble, à la ville, comme à la campagne !
L’initiative de la semaine : Les mardis de la sous-préfecture de Nyons
⚠️ A destination des maires et élu-es des communes de l’arrondissement de la Sous-préfecture de Nyons.
Dès septembre 2026, la sous-préfecture de Nyons donne rendez-vous aux « Mardis de la sous-préfecture », cycle de formation et de sensibilisation pensé et conçu pour les maires du territoire. Organisé sous la forme de rendez-vous mensuels, ce cycle poursuit l’objectif d’apporter des informations pratiques et des réponses opérationnelles sur des thématiques essentielles à l’exercice des mandats locaux. Ces modules auront lieu un mardi par mois, sur le créneau 17h-19h, au Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA), situé au 2, avenue de Venterol à Nyons. Pour assister à ces rendez-vous, il vous suffit d’adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : sp-nyons@drome.gouv.fr
Une journée à Paris
Lundi, j’ai commencé ma journée par la réunion hebdomadaire avec mon équipe, avant de voter sur les textes soumis à l’assemblée, le Gouvernement ayant décidé de faire voter tous les textes qui attendaient depuis un moment leur vote solennel sur deux jours. J’étais notamment mobilisée sur la loi montagne, comme je vous le racontais la semaine passée où j’avais siégé en Commission Mixte Paritaire.
Dans l’hémicycle, j’ai tenu, jusqu’au bout, à défendre ma vision de la montagne.
Car, alors que nos forêts brûlent, que notre eau se raréfie, que les sécheresses sont de plus en plus fortes, les canicules de plus en plus fréquentes et intenses, que le dérèglement climatique, déjà, nous montre sa brutalité et sa puissance, ce texte rajoute une couche à la pile de régressions environnementales orchestrées par le gouvernement et ses alliés.
L’article 4 propose ainsi de favoriser les retenues d’eau sans aucune hiérarchie des usages, mettant de fait sur le même plan la production de neige artificielle et l’eau potable ou agricole; et sans aucun objectif de sobriété associé, comme dans la loi agricole.
L’article 6 assouplit l’interprétation de la règle de la continuité de l’urbanisation, ouvrant la porte à de nouvelles constructions, et menaçant les protections de la loi montagne auxquelles nous tenons tant.
L’article 6 bis permet la construction à tout va, même sur des ruines d’alpage.
L’article 6 bis AA affaiblit les protections de la loi Littoral.
L’article 6 bis A détricote la loi Climat et Résilience en reportant les objectifs de lutte contre l’artificialisation des sols pour les communes corses soumises au RNU.
L’article 11, qui pourtant comportait une des seules dispositions intéressantes de ce texte, a été vidé de sa substance.
L’importance, c’est le tourisme, pensent mes collègues. Voyez l’économie touristique quand un massif a brûlé, quand il n’y a plus d’eau dans les rivières et aux sources, quand l’herbe sèche ne permet plus le pâturage. C’est notre modèle économique tout entier qui dépend du soin que nous apportons aux écosystèmes qui le conditionnent. Trois vagues de canicules en un mois plus tard, ce n’est pas moi qui le dis, mais la climatologue Valérie Masson Delmotte elle-même. Elle voit dans cette loi “une volonté de fragiliser le droit de l’environnement et (celle) de ne pas engager des changements structurels pour s’adapter aux changements climatiques.”. J’ai donc voté contre ce texte.
Puis nous avons passé la soirée et une partie de la nuit sur la Loi d’Urgence Agricole, une “grande loi de réconciliation” selon Annie Genevard. Sur ce texte, j’ai voulu de nouveau remercier celles et ceux qui se battent pour un autre destin que la revente par pièces de notre agriculture à des financiers. Remercier les agriculteurs et agricultrices qui s’installent malgré tout, qui ne veulent pas de vos modèles importés d’ailleurs, qui veulent juste vivre de leur travail.
En leur nom, nous avions pu inscrire l’interdiction de l’importation de produits agricoles cultivés avec des substances interdites en France pour des raisons sanitaires ou environnementales, l’objectif de 100% de viandes françaises servies dans la restauration collective. Nous avions adopté une mesure garantissant que les prix ne puissent être inférieurs aux coûts de production. Voilà trois mesures qui répondaient concrètement aux urgences agricoles. Voilà trois mesures que LR-Macronistes et RN ont supprimé au sénat et en CMP.
Le Gouvernement, qui avait promis que le Parlement “trancherait” sur la réintroduction de pesticides tueurs d’abeilles, a refusé de déposer un amendement sur cette question en séance. Encore un mensonge supplémentaire, ce qui a mené à un vote vers 00h30 favorable à la loi (et l’opposition de toutes les gauches).
Alors que les derniers témoins de cette barbarie disparaissent à leur tour, il est de notre devoir de se souvenir, de transmettre, d’honorer leur mémoire pour ne plus recommencer. D’en être, plus que jamais, à la hauteur.
Je me rendais ensuite à la distillerie de lavande de Chamaloc📍 des Quatre Vallées Distillerie des 4 Vallées pour discuter avec Alain Aubanel, producteur, distillateur de lavande, et président de PPAM France. Nous avons pu discuter des enjeux de préservation de la filière de la lavande, de la récolte de cette année, et des premiers impacts visibles de l’incendie de la montagne de Justin, notamment sur le tourisme.
Aujourd’hui, notamment à cause des événements climatiques extrêmes auxquels nous faisons face, la filière connaît de grandes difficultés. Nous avons pu échanger sur des solutions : développement d’un plan territorial de production avec une contractualisation avec les entreprises de transformation locales, obligation d’indiquer la provenance pour éliminer la concurrence déloyale d’ailleurs… Je tiens à assurer tout mon soutien aux agriculteurs qui font face sans nul doute, toutes filières confondues, à l’un des pires étés de leur vie. Je resterai bien évidemment à leurs côtés dans les mois à venir pour faire face aux conséquences très concrètes des changements climatiques, et éviter qu’ils et elles soient seul-es dans ces crises successives – bien évidemment que les pouvoirs publics doivent intervenir, et au delà de gérer les crises, les anticiper ensemble.
Je me rendais ensuite aux commémorations de Aouste-sur-Sye📍, Saillans 📍puis Espenel📍. Le 21 juillet 1944, les troupes allemandes chargées d’investir le Vercors par le Sud remontaient la vallée de la Drôme. Elles avaient déjà rencontré la résistance des maquisards à Aouste-sur-Sye et à Saillans. Elles avançaient malgré les embuscades, brûlant fermes et cabanons sur leur passage, faisant vrombir le moteur de la haine, pour parachever un projet politique, méthodique, de détestation de l’autre et de destruction d’un peuple.
Ce jour-là, elles arrivèrent jusqu’à Espenel. Et ici, ce fut un déluge. Un déluge de pluie. Un déluge de balles. C’était il y a 82 ans. Et chaque année, nous nous retrouvons dans ces trois lieux de combat pour rendre hommage à celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement pour la liberté.
Mercredi, je participais, dans le cadre de la proposition de loi transpartisane sur le pastoralisme, à l’audition de l’école des bergers transhumants puis à une réunion avec les organisations pastorales pour finaliser le texte que je pourrai bientôt vous partager !
Vendredi matin, je tenais ma permanence à Chabeuil 📍L’occasion comme chaque semaine d’échanger avec vous sur vos projets, vos soucis, vos questions aussi que vous pouvez avoir sur un sujet personnel ou plus collectif. Que ce soit pour me partager vos interrogations, me partager vos projets, me remonter une problématique, n’hésitez pas à prendre rendez-vous au 06 65 82 25 99 ou à marie.pochon@assemblee-nationale.fr. Le programme des prochaines permanences est disponible à la fin de ce journal de bord !
Je me rendais ensuite au Centre de soins pour animaux sauvages l’Hirondelle à Chalancon📍. Le centre de soins s’occupe en ce moment particulièrement des martinets: Des oiseaux qui nichent principalement sous les toits dans nos villes et villages qui souffrent énormément de la chaleur, “se laissant tomber” par terre lors des canicules, ce qui fait qu’on les retrouve souvent et qu’on peut leur apporter des soins, contrairement à d’autres espèces sauvages et protégées.
Lors de la première canicule de juin, le centre a reçu jusqu’à 1400 appels par jour pour des signalements de martinets en détresse et il a dû fermer car il ne pouvait plus accueillir de nouveaux animaux. Ces vagues de chaleur soudaines et de plus en plus intenses et longues font souffrir l’ensemble du vivant et les oiseaux n’y échappent pas. Pourtant, les martinets comme les hirondelles ont un rôle primordial dans la régulation du nombre d’insectes et notamment de moustiques (surtout le moustique tigre qui vit le jour). Sans eux, on peut craindre une prolifération encore plus importante.
Puis j’ai eu le plaisir de visiter la Maison de la Résistance Mathias Mathieu à Beaufort-sur-Gervanne📍, une visite menée par Joël Mathieu, aux côtés de Daniel Gilles, conseiller départemental, ainsi que les maires de Beaufort-sur-Gervanne et de Montclar-sur-Gervanne que je remercie. Ce musée est né de la passion de Mathias Mathieu qui, dès son plus jeune âge, a consacré une grande partie de sa vie à recueillir objets, archives et témoignages sur les maquisards de la Compagnie Morin et sur l’histoire de la Résistance dans la vallée de la Gervanne.
Après son décès en 2014, ses proches ont poursuivi son œuvre et donné vie à ce musée. Un immense merci à Joël Mathieu pour cette visite passionnée. Le musée de Beaufort-sur-Gervanne va devoir fermer ses portes mais toute la collection sera transférée au musée de Vassieux-en-Vercors !
Enfin, je me suis rendue chez Noémie Balz, paysanne herboriste à Eygluy-Escoulin 📍. À l’occasion d’un concert organisé au cœur des plantes qu’elle cultive, dans un cadre magnifique, nous avons pu échanger sur son activité, son engagement et les produits qu’elle commercialise sous la marque Rosa Camina. Issue d’une famille pionnière de l’agriculture biologique et des plantes à parfum dans la Drôme, Noémie cultive, récolte et transforme à la main des plantes aromatiques, médicinales et à parfums en agriculture biologique.
Formée à l’herboristerie depuis près de vingt ans, elle développe une gamme de soins et de tisanes en privilégiant les circuits courts, avec un profond respect du vivant et de son territoire.
17 ans pour les plus jeunes, 27 civils en tout : massacrés par l’horreur et la barbarie, abattus par la haine quand en eux rayonnait et rayonne encore l’humanité toute entière. Cette nuit sanglante n’était pas un simple épisode de l’histoire locale. Elle raconte ce qu’est la barbarie lorsqu’elle devient un projet politique. Elle commence toujours de la même manière : en refusant à certains leur humanité. En les traitant d’ennemis de l’intérieur, en laissant s’installer la rumeur plutôt que les faits. En fracturant, en considérant qu’il existe des vies qui comptent moins que d’autres. En remplaçant le droit par la force, la solidarité par le chacun pour soi et le tous contre tous, la confiance par la défiance, la République par l’arbitraire.
Mais alors, l’aube nouvelle était pourtant là, sous les décombres de ce massacre qui ne semblait en finir : Ici, sur le plateau du Vercors, malgré les cheptels décimés, les commerces pillés, les esprits abattus, malgré la mémoire, intacte, de la glorieuse résistance comme de l’immonde collaboration; nos aînés ont rebâti : Mairie, bureau de poste, école, services publics, ont été les premiers à faire leur réapparition, et, bien loin du désespoir et de l’abandon qui aurait pu dominer, ils ont rétabli ici, la République.”
Soyons en à la hauteur.
Que vive la glorieuse résistance !
Que vive la République !
Les permanences à venir
Voici le nouveau calendrier des permanences pour l’automne !