Cette photographie montre la plage d’Andernos-Les-Bains lors de ce feu de forêt à Biscarosse, dans le sud-ouest de la France, le 23 juillet 2026, alors qu’une partie de la zone voisine a été évacuée.

Cette photographie montre la plage d’Andernos-Les-Bains lors de ce feu de forêt à Biscarosse, dans le sud-ouest de la France, le 23 juillet 2026, alors qu’une partie de la zone voisine a été évacuée.
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Une situation « très préoccupante », affirme le préfet des Landes Gilles Clavreul. En parallèle du feu en Gironde, un autre incendie s’est déclenché près de Biscarrosse, jeudi 23 juillet, et s’est rapidement propagé, parcourant, ce vendredi au matin, près de 2 500 hectares jusqu’aux portes de la ville.

« Au total, on en est maintenant à plus de 23 000 personnes évacuées », a annoncé le préfet des Landes sur la radio ICI Gascogne, ce vendredi. Quelque 18 000 d’entre elles ont été évacuées sur la seule commune de Biscarrosse, a-t-il indiqué. 5 000 autres sont évacuées Parentis-en-Born, essentiellement depuis des campings.

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« Les évacuations concernent notamment des habitations, des campings, un EHPAD et une colonie de vacances. Après l’est de la commune hier soir, le centre-bourg de Biscarrosse fait l’objet d’évacuations », est-il précisé dans le point de situation de la préfecture des Landes.

L’incendie a été déclenché par un fourgon qui a pris feu sur la route départementale 652 qui traverse la forêt. Les occupants ont pu s’extraire à temps et aucun blessé n’est à déplorer selon la préfecture. Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre un fourgon blanc prendre feu et une épaisse fumée noire se dégager du toit sur une route bordée d’arbres.

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Des conditions particulièrement « défavorables »

Près de 600 pompiers luttent contre les flammes, selon le préfet. « La physionomie du front est toujours extrêmement mauvaise », a décrit Gilles Clavreul. « Le feu a continué à progresser, après le sud et l’est, il se déploie également vers le nord de Biscarrosse avec de très nombreuses sautées de feu », a-t-il développé, qualifiant la situation de « très préoccupante ». « Les flammes cernent la quasi-totalité du bourg », a-t-il ajouté.

Également interrogé au micro d’ICI Gascogne, le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du SDIS des Landes, a fait savoir que « les conditions sont particulièrement défavorables dans une végétation terriblement sèche » ce vendredi matin. Il avait qualifié le feu d’ « apocalyptique » à l’AFP jeudi soir.

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Autre signe de l’intensité du feu, un appel à la solidarité a été lancé par la préfecture auprès des agriculteurs « pour apporter des tonnes à eau afin de lutter contre les flammes ».

Il est par ailleurs demandé, dans le secteur, de ne surtout pas s’approcher de la zone de feu et de se tenir informés via les messages des autorités. « Il est demandé à la population de différer tout déplacement vers ce secteur », complète le communiqué.

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À propos des évacuations, « le départ doit se faire en bon ordre vers la partie ouest (Biscarrosse-Plage) et vers Mimizan-Plage », est-il détaillé, alors que des lieux d’hébergement ont été ouverts par les communes. La ville de Biscarrosse partage notamment, sur sa page Facebook, l’évolution des capacités d’accueil des sites d’hébergement.

Cet incendie majeur survient alors qu’un autre feu sévit depuis mercredi près du bassin d’Arcachon, en Gironde, et a parcouru au moins 4 800 hectares, entraînant l’évacuation de plus de 20 000 personnes. Selon le gouvernement, plus de 12 500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient parcouru près de 30 000 hectares à travers la forêt des Landes de Gascogne.

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Avec les incendies en Gironde et dans les Landes, le gouvernement se retrouve inutile…

L’ampleur des feux dans le Sud-Ouest renvoie Laurent Nuñez à la promesse d’un projet de loi dédié à la sécurité civile et jamais concrétisé. Sans oublier le « nerf de la guerre » : le financement.

L’été n’en finit plus de faire transpirer le gouvernement. Il y a d’abord eu les phases de canicule, qui ont mis en lumière l’insuffisance des moyens alloués à l’adaptation au changement climatique. En cette fin juillet, ce sont les incendies « apocalyptiques » pour certains qui reposent la question de la préparation de l’État.

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« Actuellement on a 32 feux en cours, qui n’ont évidemment pas tous la même importance », a déclaré le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez à l’AFP. « On a dépassé le seuil des 50 000 hectares qui ont été brûlés depuis le 1er janvier de cette année », soit trois fois plus que l’an passé, a-t-il indiqué. L’incendie qui menace la presqu’île du Cap Ferret a déjà « parcouru plus de 10 000 hectares », provoqué l’évacuation de 40 000 personnes et atteint 80 habitations dont une cinquantaine a été détruite, a-t-il précisé, évoquant « le plus gros feu de la saison. »

Le président de la République a obtenu l’activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Tous les pays de l’UE ont la possibilité de faire appel à cette aide extérieure, aussi déployée en Espagne. Mais la demande intervient alors que l’exécutif tente justement de faire taire les « polémiques » sur le manque de moyens.

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Le gouvernement refuse le « France bashing » sur la gestion de crise

L’aide européenne se traduit par des moyens matériels, dont « deux Canadair croates, deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque », a précisé le chef de l’État. Invité de franceinfo ce vendredi, le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur Jean-Didier Berger s’est empressé de souligner que « le plus souvent, ce n’est pas l’Europe qui aide la France, c’est la France qui aide l’Europe ». La déclaration sonne comme une tentative de déminage, alors que les premiers feux de l’été ont relancé les critiques sur les moyens aériens français.

À peine une semaine plus tôt, Gabriel Attal se voyait reprocher l’annulation de commande deux Canadair lors de son passage à Matignon. Emmanuel Macron lui-même est intervenu pour défendre son bilan, lui qui en 2022 avait promis « d’investir massivement » pour arriver à 16 Canadair à la fin de son second quinquennat. « À partir de 2022, plus d’un milliard d’euros supplémentaire a été engagé pour renouveler la flotte d’hélicoptères, acquérir de nouveaux Canadair, renforcer les moyens aériens et financer plus de 1 000 camions-citernes supplémentaires. Jamais la Nation n’avait autant investi dans la sécurité civile », a vanté le chef de l’État sur X mi-juillet.

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Le 22 juillet, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se montrait beaucoup plus sec. « Les moyens aériens, ils sont suffisants. Depuis 2022, notre flotte a été multipliée par deux », déclarait-il devant la presse, citant « 12 Canadair, 10 hélicoptères bombardiers d’eau, 6 avions AirTractor bombardiers d’eau, 8 Dash qui projettent surtout du produit retardant » et l’« expérimentation » prochaine de l’avion militaire A400 M. « Nous faisons face. Donc il y en a un peu assez de ces polémiques (…) Le “France bashing”, ça suffit. On est un pays qui sait aussi gérer des crises. On l’a démontré », a balayé le ministre, en marge d’un déplacement à Bordeaux.

Des propos qui vont à l’encontre du ressenti des professionnels du feu qui crient leur mal-être et l’attribuent à un manque de moyens. Les syndicats conviés de longue date cette semaine place Beauvau ont d’ailleurs eu l’occasion de le rappeler dans le bureau du ministre de l’Intérieur.

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Nuñez rattrapé par le « Beauvau » de la sécurité civile, jamais concrétisé

Le dossier est sur la table depuis son arrivée fin 2025. Il a récupéré la centaine de propositions issues du « Beauvau de la Sécurité civile » lancé en 2024 par son prédécesseur Gérald Darmanin et dont l’objectif premier était de « réfléchir aux évolutions de financement ». En décembre, Laurent Nuñez a promis devant les concernés de faire de leur traduction dans la loi « une des priorités de sa feuille de route » avec un projet de loi de modernisation de la sécurité civile, 20 ans après la dernière loi. Et depuis ?

En avril devant les sénateurs, Laurent Nuñez a de nouveau promis un texte pour « l’automne ». En mai, les syndicats de pompiers ont été reçus à Matignon et ont redit leur « volonté commune de pouvoir obtenir des réponses rapides sur toutes les attentes de la sécurité civile », « en particulier » sur les services d’incendies et de secours, selon le compte rendu fait par Alain Laratta, secrétaire général d’Avenir Secours. Au-delà de la loi promise, ils ont aussi insisté sur le financement, « le nerf de la guerre » et réclamé que toute augmentation éventuelle soit « directement fléchées vers les services d’incendies et de secours ».

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Mais le désenchantement guette. Tout d’abord sur le plan financier, alors que le gouvernement entend poursuivre les économies dans le projet de loi finances 2027. Interrogé par l’Assemblée nationale le 7 juillet, Laurent Nuñez n’a pas rassuré en disant « ne pas désespérer de pouvoir l’inscrire au projet de loi de finances pour 2027 ». Quant au projet de loi dédié, il est « presque aux oubliettes », déplore quelques jours plus tard Sébastien Bouvier de la CFDT, auprès de l’AFP. Aucune annonce n’a été faite à ce jour et rien n’indique que le gouvernement sera en mesure de concrétiser sa promesse. Car le calendrier parlementaire est chargé, entre les divers textes déjà mis à l’ordre du jour de la rentrée, la séquence budgétaire qui va s’éterniser et la présidentielle. Dans un communiqué ce vendredi, l’ex-ministre LR de l’Intérieur Bruno Retailleau a réclamé la présentation du texte « dans les prochaines semaines ». Sur X le 16 juillet, Emmanuel Macron avait promis que « l’effort » en faveur de la sécurité civile « se poursuivra ». Quitte à rajouter une couche de pression sur son Premier ministre et le gouvernement.

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https://www.huffingtonpost.fr/