Au cœur du Morvan, il crée un « jardin-forêt » pour préserver la biodiversité : « je peux faire du concret à ma petite échelle »

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Installé dans le Morvan, Chris Paggi a créé en 2024 un « jardin-forêt ». Cette initiative, respectueuse de la nature, vise notamment à préserver la biodiversité.
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Lorsque l’on pousse la grille, on remarque à l’entrée une petite pancarte fixée sur un arbre. Dessus, une inscription : « Planter un jardin, c’est croire en demain« . Comme une devise, dans ce lieu de près de 8 000 mètres carrés où la nature reprend chaque jour davantage ses droits avec l’aide de Chris Paggi, un « passionné de la nature« . « Ce projet, j’y pense depuis que je suis né« , aime-t-il à plaisanter.
Venu s’installer dans le Morvan après la crise sanitaire, celui qui est aussi professeur de salsa a lancé son « jardin-forêt » début 2024. « De nom, ça n’existe que depuis une quinzaine d’années en France« , détaille-t-il. « C’est un concept qui est relativement nouveau ici. Mais ça existe depuis des milliers d’années, parce que les peuples qu’on appelle « premiers », surtout dans les forêts tropicales, ont ce système dans les forêts dites primaires. »
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Concrètement, le « jardin-forêt » permet à toutes sortes d’espèces de se développer en harmonie. Un fonctionnement qui se base sur un système de strates, où chaque essence apporte un bénéfice à l’autre – ce qu’on appelle des « guildes« . « Là par exemple, on a un prunier qui constitue la strate arborée« , explique Chris Paggi. « En-dessous, on retrouve un cassissier et un framboisier, et on va aussi avoir une strate herbacée avec des plantes compagnes ou comestibles. Ici, on a de l’ortie et de la consoude. »
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« Celle-ci va apporter du potassium aux arbres fruitiers« , poursuit-il. « L’arbre fruitier, lui, va apporter de l’ombre ou de la mi-ombre aux petits fruits. Tout ça fait que cette guilde va être extrêmement résiliente, dans le sens où chacun va se nourrir d’une certaine façon. »
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« Un côté sanctuaire »
Outre l’aspect nourricier, le « jardin-forêt » a pour objectif de préserver la biodiversité. Dans le sien, Chris Paggi implante des espèces rares ou menacées, en plus des essences plus classiques. « L’idée est d’avoir un côté sanctuaire« , assure-t-il. Pour ce faire, il achète régulièrement des plantes chez des pépiniéristes agréés et les fait peu à peu se reproduire.
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Ces achats, il les finance notamment grâce aux bénéfices d’un livre qu’il a consacré au sujet, La Résilience du Granit, publié en février 2026. « Avec tous les bénéfices, je peux faire du concret à ma petite échelle« . Un combat pas à pas, comme celui du colibri dont il s’est inspiré pour éditer son ouvrage – selon une légende, ce petit oiseau a voulu éteindre un incendie en versant dessus une goutte par une goutte. Et, au tatou qui lui demandait pourquoi il s’acharnait, le colibri a simplement répondu : « je fais ma part« .
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