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«C’est un recul que je n’aurais jamais cru vivre en démocratie» : la gauche horrifiée par le vote de la présomption de légitime défense pour les policiers

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Ecolos, insoumis, socialistes et communistes ont oublié, le temps d’une journée, leurs divisions pour tenter de s’opposer à la proposition de loi du gouvernement reprenant une proposition qui figure dans le programme du RN depuis 2007. En vain.

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Laurent Nunez et Sébastien Lecornu lors de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 7 juillet 2026.
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Sébastien Tronche
08/07/2026
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«Ce qui s’est passé hier rappelle qu’on a besoin de contre-pouvoirs», souffle l’écolo Sandra Regol. Ce qui s’est passé mardi ? L’adoption, en première lecture, d’une proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Un «permis de tuer», a dénoncé la gauche, qui s’est opposée de toutes ses forces à cette proposition qui figure dans le programme du Rassemblement national (RN) depuis 2007 et soutenu par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui se défend d’instaurer toute «irresponsabilité pénale des policiers et des gendarmes».

Pour parvenir à ses fins, le gouvernement a dégainé l’article 44 alinéa 2 de la Constitution, qui permet, après l’ouverture du débat, de «s’opposer à l’examen de tout amendement qui n’a pas été antérieurement soumis à la commission». De quoi passer outre l’opposition de la gauche. «On a tout donné. On a utilisé tous les outils possibles. On a retourné le règlement intérieur. On a ressuscité le NFP qui était plus uni et solidaire que jamais. Ce qu’on a fait était dingue. Mais on a perdu. Parce que le gouvernement», déplore la députée verte, terrifiée par cette réforme voulue par une coalition entre LR, la macronie et le RN et résumant bien le sentiment qui parcourt la gauche de l’hémicycle.

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Pétition qui s’emballe

«C’est un recul que je n’aurais jamais cru vivre en démocratie. C’est une jurisprudence sans égale. Il n’y a que des pays totalitaires qui font ça», ajoute Regol, pour qui «tout est à vomir». Et de s’en prendre au «bloc central», autoproclamé camp des «modérés» «Ce sont des irresponsables engoncés dans leurs privilèges. Mais comme l’actu, c’est Marine Le Pen, personne ne voit et ne comprend ce qui se joue.»

Mais avant que le texte ne poursuive son sinueux parcours parlementaire au Sénat, la pression va continuer de monter sur Nuñez et les partisans de cette réforme. Une pétition contre ce texte, hébergée sur le site dédié de l’Assemblée, voit son compteur s’emballer. A l’heure où nous écrivons ces lignes, 374 750 personnes l’ont déjà signée. Passé le cap des 100 000 signatures, la pétition bénéficie d’une mise en avant sur le site de l’Assemblée. Et si elle atteint les 500 000 – ce qui pourrait arriver rapidement –, «la Conférence des présidents de l’Assemblée peut décider d’organiser un débat en séance publique». Elle est actuellement la deuxième pétition la plus soutenue, derrière celle contre la nouvelle tentative de réintroduction de l’acétamipride portée par le sénateur Laurent Duplomb, qui culmine à plus de 415 000 signataires.

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Sébastien Tronche
08/07/2026

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