Des incendies «hors norme», vraiment ?
Ces deux mots disent bien ce qu’ils veulent dire, les feux auxquels nous assistons sont exceptionnels. Mais ces phénomènes qui débordent des mois d’été, les surfaces cramées plus grandes et les territoires à risques plus nombreux : voilà la nouvelle norme.

L’expression est tellement juste. Et en même temps tellement fausse. Les incendies qui sévissent depuis plusieurs jours, en France comme en Espagne, sont qualifiés de «hors norme». Ces deux mots disent bien ce qu’ils veulent dire : par leur puissance, le nombre d’hectares parcourus, le nombre de personnes évacuées, la mobilisation exceptionnelle des pompiers qu’ils provoquent, l’ampleur des moyens nécessaires pour les contenir, ces incendies, dans le bassin d’Arcachon comme autour de Madrid, dans les Landes comme dans le Sud-Est, sont bien «hors norme». Exceptionnels. Ils impressionnent, sidèrent, font peur. Ils nécessitent que l’Europe mette des moyens supplémentaires à disposition de ses Etats membres durement frappés. Le Premier ministre espagnol est contraint de déclarer l’état d’urgence. «Hors norme», comme on est hors des clous et des habitudes, a l’avantage en plus de susciter de l’indulgence et de la bienveillance.
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C’est vrai que face à la détresse des évacués, au courage des pompiers, l’heure doit davantage être à la solidarité qu’aux polémiques. Va pour «hors norme», donc ! Sauf que l’expression est aussi tellement fausse qu’elle ne peut pas servir d’alibi à l’inaction climatique persistante. La «norme» des incendies auxquels nous assistons n’est en rien «hors» des prévisions émises dans tous les rapports et travaux menés aux confins du réchauffement climatique et des risques d’incendies. Les feux espagnols ou du Sud-Ouest français ne sont pas «hors norme», mais parfaitement en ligne avec ce que tous les experts avaient prévu et raconté dans leurs thèses, plans d’actions et autres tribunes lanceuses d’alerte. Saison des feux qui débordent largement des mois d’été, surfaces cramées plus grandes, territoires à risques plus nombreux : voilà la nouvelle norme. Les incendies que nous subissons là ne sont donc pas «hors» mais «dans» la norme. Et c’est terrifiant.
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35 ans de déni, d’inactions, de désinvestissements et voila le résultat. Tout était annoncé depuis un demi siècle. Les lanceurs d’alerte, GIEC ou écologistes vous le disent depuis 1974 ( René Dumont en 1974 et Jacques Chirac en 1991 : la maison brule… ) , et personne n’écoute ! Il s’agit de préméditation… D’ un Etat Français criminel ? MCD
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Paul Quinio
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