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Die : « Pas d’action de reboisement avant deux à trois ans ? » : le pire incendie de la Drôme fixé, et après le désastre  ?

 

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Dans le Diois, 2 600 hectares de végétation ont été ravagés ( sur les 4500 parcourus  ) par le pire incendie dans la Drôme depuis le début des relevés cartographiques des feux de forêt en 2006. L’incendie étant désormais fixé, c’est toute la gestion des espaces brûlés qui est à repenser pour les agents de l’Office national des forêts.
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Tristan Bonhoure
24 juil. 2026
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Le pire feu de ces dernières décennies dans la Drôme est fixé mais pas éteint. À l’Office national des forêts, on se creuse déjà la tête pour reconstruire les espaces boisés durablement abîmés. Photo Fabrice Hébrard
Le pire feu de ces dernières décennies dans la Drôme est fixé mais pas éteint. À l’Office national des forêts, on se creuse déjà la tête pour reconstruire les espaces boisés durablement abîmés. 
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« L’urgence, c’est d’éteindre le feu. Il y a encore des fumerolles tous les jours qu’il faut traiter », souligne Stéphane Richard, responsable d’unité territoriale du Haut-Diois à l’Office national des forêts (ONF). C’est dans la forêt domaniale de Solaure, au sein d’un massif scarifié par le récent incendie de Die fixé mais pas éteint, que les agents de l’ONF du département nous accueillent, jeudi 23 juillet.

Alentour, des rangs de pins noircis, pour certains de la cime aux racines, sont visibles. Au sol, tapissé d’écorces brûlées, des sauterelles s’élancent, prouvant que la vie trouve toujours un chemin. C’est un travail de fourmi que réalisent désormais les sapeurs-pompiers et les patrouilles de l’ONF pour combattre ce qui s’apparente à un feu zombie, attaquant encore les systèmes racinaires et rongeant l’intérieur d’arbres risquant de s’effondrer à tout moment. « En fin de semaine dernière, sur un secteur, 400 degrés ont été mesurés sous le sol », affirme Stéphane Richard.

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Diois

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Le fil.
Ça fume encore, ça va fumer pendant des jours et des jours.
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Matthieu a éteint la mèche de cet arbre avec sa gourde, et des allées-venues au ruisseau. Puis avec de la terre, bien tassée, pour étouffer les braises. Ils sont nombreux, les habitants du Diois, à patrouiller comme cela et à guetter les multiples reprises, sous cette chaleur écrasante.
Peu à peu, la tension retombe, avec des soubresauts au passage des hélicoptères. L’oreille se tend, la main cherche le smartphone et le fil d’informations.
Il nous faut reprendre le fil.
Altaïr et Selva ont retrouvé leurs amis. Luz est toute à son job d’été. Matthieu de retour à la Croix-Rouge.
Or, chez moi, les fils sont multiples. Il faut redevenir Collembole.
Il faut reprendre mes recherches là où elles ont gelé par le feu. Mes recherches sur la langue des puissants, et ce qu’elle fait de notre rapport intime au monde. Alors comment ne pas repenser à ces jours d’informations, désinformations, rumeurs, paniques ou déni ?
Comment ne pas repenser à cette préfète de la République et à son « J’ai décidé qu’il n’y aurait plus d’évacuations » ?
Plus d’évacuations ? C’était la panique, la colère et l’incompréhension, tant du côté de la mairie que de celui des habitants. Notre quartier est relié à la ville par un unique pont carrossable. Celui d’Ausson est enclavé depuis des mois par un éboulement. Dans les deux cas, nous n’avions qu’un axe de sortie. Il fallait donc anticiper. Les flammes dévalaient la montagne. Nous pensions que des pompiers seraient postés sur la piste, mais non. Ils ne pouvaient pas être ici, ils étaient ailleurs. Le feu descendait, encore. Deux pompiers sont venus nous dire que le feu arrivait sur le quartier. Puis les gendarmes sont venus nous dire de partir, et chercher une mamie qui refusait de quitter son nid à l’autre bout de la rue. Ils ont posé des barrières après le Pont de la Griotte, et empêché d’autres voisins de venir reprendre leurs affaires.
Mais non, nous n’avons pas été évacués.
Pas d’évacuations ? Nos voisins de la route d’Ausson se sont bel et bien retrouvés coincés, les flammes d’un côté, l’éboulement de l’autre. Et ce sont les paysans qui ont repoussé les pierres avec leurs engins, pour permettre à tous de sortir.
Mais non, ils n’ont pas été évacués.
Et dans les compte-rendus officiels, la mobilisation corps et âme des paysans a souvent été oubliée. Ils ne sont pas les troupes officielles, ils sont les gens de la terre. Et aux Miellons comme à Ausson, ils ont sauvé des bêtes, ils ont sauvé des champs, il sont sauvé des maisons. Ils ont probablement sauvé des vies, que le discours des autorités mettait en danger.
A un moment donné, sauver la face de la République en lançant des mots, rien que des mots, mais des mots de puissants, « décider qu’il n’y aurait plus… » de réel mais une fiction lissée pour compte-rendus millimétrés, c’est criminel. Cela a mis des voisins en danger : les plus âgés, peu mobiles, les ados, un peu « tête bûlées » – j’ose à peine l’expression… -, les indécis, les timorés, ceux qui ont choisi le déni pour repousser la peur…
Et parce que cet exemple, « J’ai décidé qu’il n’y aurait plus d’évacuations » n’est qu’un exemple parmi le flot des petits arrangements des puissants avec le réel, cela met le vivant en danger. Cela démobilise, cela conforte dans la passivité. Car pour certains malheureusement, si le pouvoir n’a pas dit d’évacuer, il ne faut pas évacuer. Tant que l’écran, face au canapé, reste rassurant, il n’est pas la peine de se mobiliser. Tant que Cnews ne nous dit pas que la situation est grave, la situation n’est pas grave. Ces mots travestissant le réel, ces mots pervers…ont un impact. Ils capturent la puissance d’agir (qu’elle est juste, cette expression de Miguel Benasayag !)
Et nous ne prendrons alors la mesure de l’apocalypse à la Netflix que lorsqu’elle aura crevé les écrans.
Il va maintenant nous falloir lutter contre ceux qui disent déjà « c’est fini », « c’est bon, passons à autre chose ». Maintenir le fil, celui des mots, celui du réel, celui du partage, de la transmission et de la mobilisation, pour le vivant, contre ce monde de mort et de perversion.
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Alice Verstraeten

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L’incendie de Die fixé mais les accès aux massifs exposés toujours interdits.

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Alors que le sinistre a parcouru environ 4 400 hectares, les moyens extérieurs se sont progressivement désengagés. Dans un récent arrêté et pour anticiper la suite, la préfecture de la Drôme a décidé d’interdire « l’accès et la circulation de toute personne ainsi que de tout véhicule sur l’ensemble du massif de Justin (commune de Die), de la forêt domaniale de Solaure et de la forêt domaniale de Laup » jusqu’à nouvel ordre.

Le document administratif rappelle que « le feu de forêt qui sévit depuis le 24 juin, s’étant réactivé le 2 juillet […] et qui nécessite encore pour une période indéterminée l’engagement des sapeurs-pompiers, est toujours actif ». Il prend également en compte « le danger encouru par les promeneurs et randonneurs qui se rendraient sur place ainsi que le risque de nouveau départ de feu engendré par la présence de véhicules à moteur sur les pistes du secteur mais également de l’activité humaine liée à la randonnée. »

Cette interdiction « ne s’applique pas aux personnels engagés dans l’opération l’extinction du feu de forêt et aux personnels de l’Office national des forêts. »

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Cette lumière orangée. Cette odeur. Cette fumée. Cet air de fin du monde. Et ce sentiment d’impuissance. La sidération. Ce jeudi, à peine rentrée de Paris ou j’avais interpellé le ministre de l’Intérieur, je retournais sans le Diois.
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Depuis l’accélération de la course des flammes, je n’avais pu revenir, et je n’avais vu les images que de vos vidéos (merci de tant m’en envoyer!!).
Après un passage à Solaure-en-Diois, je suis allée voir le maire de Montmaur-en-diois, Roger Moore, dont le village a été évacué. À mon arrivée, la RD 93 était en train d’être fermée, le feu s’en approchant quelques km en amont du village. J’ai pu passer juste à temps – le temps pour les sapeurs pompiers de passer du retardant pour que la route puisse être sécurisée et réouverte ! A Montmaur, le maire m’a accueillie avec un petit groupe de villageois. Ils étaient plusieurs à revenir ici, au bas du village, à l’entrée de la route, à y passer les journées, observant les entrées et les sorties, les passages de l’aviation de la sécurité civile, des pompiers, aux côtés d’une équipe de gendarmerie, alors même qu’ils et elles avaient été relogé-es ailleurs : des habitant-es qui tiennent leur village.Dernier habitant, le Maire, relogé à l’hôtel du bas, comme un capitaine qui ne quitte pas le navire. Avec les gendarmes, nous sommes allé-es constater un départ de feu dans le haut du village. Traverser ce village fantôme, constater heureusement les maisons intactes, voir le sol calciné si près du chemin et des maisons, observer le travail admirable des sapeurs et leur mission – préserver les vies et le bâti – atteinte avec les maisons et les bâtiments agricoles remplis de paille et de foin, intactes.Mille mercis aux gendarmes de nous avoir laissés assister à quelques minutes de leur mission quotidienne ces jours-ci : surveiller les départs de feux, protéger les populations, passer les informations, surveiller les maisons parfois évacuées – et puis rassurer, informer, aider. Hier et aujourd’hui, il a plu un peu dans le Diois. Peut être que ces pluies annoncent la fin de l’incendie, de cette lumière orangée, des fumées. Peut être alors sera-t’il temps de sortir de l’impuissance.

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Des dizaines de millions de vies anéanties… en quelques heures seulement..
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Des fourmis, des abeilles, des papillons, des araignées… Des coléoptères, des sauterelles, des cigales par milliers…
Les feux les ont déjà emportées…
Ces pauvres bêtes, que personne ne comptera plus jamais.
Les hérissons, les lapins, les lézards, les serpents.
Les tortues terrestres et les oisillons encore blottis dans leur nid.
Tous ces petits êtres, que les flammes ont surpris…
Les chevreuils, les sangliers et les renards tentent de s’échapper.
Mais beaucoup meurent brûlés, asphyxiés, piégés,
Dans ces forêts devenues brasiers…
D’autres résistent quelques heures,
Dans la douleur.
Survivent parfois quelques jours,
Et succombent à leur tour…
Les brûlures, la soif, la faim…
Puis… Il n’y a plus rien.
Car lorsque le feu s’éteint,
Le drame, lui, continue.
Terrible destin.
Leur territoire n’existe plus.
Les abris ont disparu.
Les nids se sont envolés,
Entre cendres et fumée.
Il faudra des années,
Même plusieurs décennies,
Pour que la vie revienne sur ces terres noircies,
Pour que les oiseaux osent à nouveau nicher,
Pour que les mammifères recolonisent ces lieux dévastés…
Car un incendie n’emporte pas seulement des arbres et des prés.
Il efface un monde.
Un monde qui respirait.
Qui chantait.
Qui bourdonnait.
Qui rampait.
Qui courait.
Qui vivait.
Une multitude de vies emportées,
Que l’on peine même à imaginer…
Et dont il ne reste, après le passage des flammes,
Que les pleurs de nos âmes.
Et la noirceur, là où la vie se colorait…
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Texte et photo : Cathy Auboyneau
« Brûler la vie… »
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Ces derniers jours ont été marqués par un incendie qui a profondément touché le territoire voisin mais aussi le nôtre. Nous avons une pensée pour toutes les personnes concernées ainsi que pour les sapeurs-pompiers et les équipes mobilisées qui œuvrent sans relâche. ❤️
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La communauté de communes reste pleinement ouvert aux visiteurs et vous réservent de nombreuses découvertes tout au long de l’été.
🚴 Parcourez la Vélodrôme et ses paysages.
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Notre territoire continue de vivre et tous les professionnels du tourisme sont mobilisés pour vous offrir le meilleur accueil.
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Bel été en Cœur de Drôme ! 💚

communauté de Communes du Crestois et du Pays de Saillans – Officielle 

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La préfecture de la Drôme nous livre un parfait contre-manuel de communication de crise :
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– reprise en main de la communication après que la Mairie de Die ait dit les choses clairement (à l’encontre du récit officiel de la préfecture, donc)
– erreurs factuelles claires, jamais corrigées, jamais assumées (sur le nombre de canadairs, par exemple)
– annonces en contradiction totale avec ce qui se passe (ici : la préfète dit qu’aucune évacuation n’a été ordonnée aujourd’hui, alors que des évacuations sont en cours à Die ; hier elle a annoncé que l’évacuation de Die n’était pas envisagée quand au même moment des gendarmes prévenaient des personnes attablées à des terrasses de café que si la sirène sonnait, c’est qu’il fallait partir).
– démenti du recours aux contre-feux quand des pompiers expliquent le contraire, avant d’expliquer qu’ils ont bien été utilisés mais sur certains coins spécifiques quand des pompiers disent qu’ils ont été utilisés ailleurs.
Les informations fiables ne proviennent pas de la préfecture, mais des personnes qui sont ici et là et diffusent des informations recoupées.
De deux choses l’une : soit les services de l’État n’ont toujours pas compris qu’avec les réseaux sociaux on ne peut plus verrouiller la communication et raconter ce que l’on veut ; soit la préfète communique pour les médias nationaux et espère que BFMTV et cie prendront sa parole pour argent comptant, de sorte qu’à Paris on ait l’impression qu’elle maîtrise la situation – en assumant de ne pas dire la vérité à la population locale, qui est pourtant celle qui aurait besoin de savoir ce qui se passe vraiment.
De cela aussi, il faudra faire le bilan.
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Nicolas Haeringer
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Le repos des braves

À l’heure où nous parlons, une soixantaine de sapeurs-pompiers ont pu abandonner, le temps d’un souffle, la brûlure du front pour recevoir des soins bienfaisants (chiffres exhaustifs n’ayant pas comptabilité au départ, mais hier plus de 30!!!)
Massages, séances d’ostéopathie, shiatsu (ou autres pratiques) se succèdent au dojo du gymnase de Die, prodigués par les mains expertes et bienveillantes de nos kinésithérapeutes, ostéopathes, massothérapeutes et praticiens corporels divers.
C’est notre humble manière, à nous thérapeutes, de panser ces corps éprouvés qui défient nos reliefs escarpés et luttent sans relâche contre un incendie d’une féroce envergure. Une offrande de bien-être pour leur dire merci.
Cette chaîne de gratitude ne saurait être complète sans nos précieux soutiens : un grand merci à la Pharmacie de Die pour ses huiles souveraines, au pressing Diois Nettoyage pour la douceur de ses draps d’examen, et à l’entreprise Cimalp pour son précieux don de serviettes éponges.
Et un immense « big up » à ceux qui nous ont prêté des ventilateurs ! Un souffle de fraîcheur indispensable car, à force de tout donner pour soulager nos héros, c’est sur nos propres fronts de thérapeutes que la sueur dégoulinait joyeusement. Merci d’avoir évité la fonte des praticiens !
Pour que la bienveillance accompagne leur courage, ces soins se poursuivront activement jusqu’à leur départ.
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UN, CENT, DIE ? NOS RACINES BRULENT 🔥 🌄
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S’en va le pays 😢
Diois mon pays, toi qui nous a vu grandir, dis-moi pourquoi tout ça ? Chaque été désormais, ce bout de forêt qui disparaît sous les flammes c’est une partie de nous qui s’en va.
Le long de la perte remontent les sensations.
Le matin nous grimpions chercher le soleil jusqu’à la croix de Justin. La vue sur Die et le Vercors s’ouvrait alors à nous comme une couronne à nos efforts. Revenus en bas, cerise de fraîcheur, il nous suffisait d’étancher la peau marquée des rayons dans la Drôme et ses bassins. Encore préservés des profanations déjà à l’œuvre, il n’y avait qu’à se baisser pour savourer l’offrande du vivant à ses habitants curieux et redevables.
Diois, avant je chantais et tu me répondais, en quelques années tout a changé.
Il y a le feu et ses brûlures qui cisaillent ta terre jusqu’à atteindre le cœur.
Il y a l’eau devenue nœud coulant qui s’étrangle dans les veines de calcaire.
L’adversité a toujours été un pendant à la générosité du pays, mais les agressions répétées, l’aridité des émotions des hommes devenues toxines ont fini par tarir ta source. L’attachement aux vallées ne suffira plus, de Remuzat à Gresse la balafre est désormais trop profonde pour se refermer d’elle-même. L’acidité de nos renoncements laissera sur les pentes rousses pour seul héritage des sols secs où plus rien ne pousse. Giono lui-même n’y pourra rien.
Sidération. Impuissance.
Puis cet état de rage avant le deuil. Seul mouvement têtu face à la stupeur qui forme une chape de plomb, un cris.
Diois, sur tes parois ma peine ricoche et me renvois le vide pour seul echo, comme un enfant qui perd son socle s’en va le pays, ce parent au-dessous du berceau.
Ce qui nous arrache de l’intérieur, c’est cette beauté endoloris qui finira par ne plus essayer d’être à force d’avoir été effractée.
On connait l’éternelle ritournelle du déni, se retrancher plutôt que traverser.
Quand la douleur est forte, beaucoup préfèrent l’anesthésie au ressenti. Car quand tu ne sens plus, intégrer la séparation de ce que tu perds n’est plus un soucis.
Tu saignes Diois, à grosses coulées, et la seule chose que je puisse faire, c’est me tenir à tes côtés,
comme au chevet d’un mourant 🩸
🚒 💦
Alors que l’incendie continue sa course aux abords de la ville, les habitants condamnent des évacuations chaotiques et une communication verrouillée.
Les dérèglements transforment déjà notre quotidien et nos pays. Cet incendie fait partie des multiples feux qui se declareront désormais en France, avec des moyens sous-dotés et pas assez de Canadairs.
Au-delà des causes systemiques auxquelles certains refusent toujours d’associer les symptômes, il est irresponsable de ne pas agir pour la sécurité des vivants.
Soutient aux pompiers et au SDIS, soutient aux paysans et aux habitants.
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Achille Eacide
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Diois
 
Petite acculturation nécessaire du grand public à la lutte contre les incendies de forêts (FEN).
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Je sais ça va être difficile pour 99% des internautes de lire jusqu’au bout mais si ça peut vous éviter d’écrire des choses fausses et non étayées ça ferait avancer le débat. Que les « spécialistes » se dispensent de me reprendre, j’essaie de vulgariser.
Je lis énormément de commentaires « il nous faut des canadairs », « ce n’est pas normal, il n’y a pas de canadairs » etc etc.
La France dispose d’une flotte aérienne de lutte contre les incendies composée de différents aéronefs, 12 canadairs, 8 Dash, Hélicoptères (loués), et d’autres modèles plus petits loués par les services incendie. La flotte de canadair est vieillissante, l’industriel est en cours de développement/fabrication de nouveaux modèles plus performant (sortie 2028), les carnets de commandes ne sont pas transcendants et la France ne renouvellera que l’existant semble-t-il.
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La doctrine de l’emploi des moyens aériens est l’attaque de feux naissants (gué aériens armés, alerte rouge etc). Lorsqu’un feu est établi, la priorité reste à l’attaque des feux naissants mais une partie de la flotte peut travailler sur un chantier où il y a des enjeux humains, industriels, … à tout moment les avions peuvent être retirés d’un chantier pour partir sur un feu naissant afin qu’il ne devienne pas catastrophique.
L’efficacité d’un canadair est toute relative quand le couvert végétal est important, la pénétration dans le sol est très faible sur une distance/superficie très relative. C’est pour ça que pour un feu comme dans le Diois, l’envoi de canadairs n’a été décidé que lorsque les autres feux ont été fixés et presque éteints (et surement pour calmer la communication des médias, le mécontentement des élus et des citoyens).
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L’action des avions est très utile pour traiter les sautes, réduire les contours du feu et donner du temps à l’organisation de la lutte au sol (la défense de points sensibles, de groupes en difficulté.) Le larguage d’une noria va calmer momentanément la virulence du feu et permettre aux pompiers au sol de se déployer pour éteindre. La lutte se gagne principalement au sol par le noyage après l’extinction.
Si on se contente de faire passer des canadairs ou Dash (pas la même utilisation des deux cependant), il y a une très forte probabilité que le feu reprenne à moins de faire 2,3 ou 4 larguages sur le même point (30×30 m environ d’efficacité selon la hauteur de larguage). Imaginez sur un feu de 2000 ou 4000 ha (si vous savez mieux compter que notre ancien ministre de l’Économie, 1 ha c’est 100mx100m).
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Il y a aussi les temps de rotations pour écoper sur des plans d’eau homologués, parfois ça n’est pas la porte à côté.
Donc, il faut du monde au sol pour noyer. Comme vous le voyez depuis vos fenêtres dans le Diois, le relief ne facilite pas l’action des pompiers. Les risques sont à mesurer, est-ce que 10-100 ou 200 ha valent la vie d’un pompier ? parfois il faut savoir attendre afin d’éviter de devoir ensuite suivre un corbillard et de polémiquer sur « la faute à qui » ? c’est malheureusement typiquement Français.
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Bon je salue nos amis pilotes d’ABE, HBE qui effectuent un travail formidable, qui permettent par leur engagement parfois extrême de gagner du temps sur le développement du feu et c’est toujours réconfortant et nécessaire de les avoir sur les feux de forêts mais pitié arrêtez de réclamer des canadairs en pensant que c’est l’arme absolue car c’est faux. En plus il n’y a pas pléthore de pilotes, il faut aussi qu’ils se reposent pour ne pas finir contre les falaises, il faut vérifier les machines.
Je suis d’accord avec la majorité pour dire que les moyens financiers ne sont pas ciblés sur les bonnes priorités dans ce pays quand on voit la gabegie financière pour des raisons souvent très contestables mais dans ce cas il est du pouvoir des citoyens de faire les bons choix quand ils se présentent (attention aux leurres quand même, on retrouve toujours les mêmes qui coulent le pays depuis 50 ans qui se proposent de le redresser).
Bon courage dans le Diois et dites-vous que vous n’êtes pas obligés de rester spectateurs de ces drames, que vous pouvez agir pour aider et faire en sorte que cet incendie se termine.
MCD
Le média citoyen des Dioises et des Diois
04 75 21 00 56
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Merci pour vos contributions
Tous nos papiers sont signés, sourcés, recoupés, vérifiés et validés.
Si vous voyez une erreur signalez le nous
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