Sélectionner une page

Eau plus chaude, moins d’oxygène… après la canicule, les poissons et les amphibiens, ces espèces « condamnées à mourir »

.

Après les épisodes de canicule, les cours d'eau affichent des niveaux très bas et des températures élevées, mettant en péril la faune aquatique.
Après les épisodes de canicule, les cours d’eau affichent des niveaux très bas et des températures élevées, mettant en péril la faune aquatique.
.

Les orages sont de retour, mais les épisodes de canicule ont laissé des traces. Poissons, amphibiens… la faune aquatique paie un lourd tribut à la répétition des fortes chaleurs. Entre sécheresse et hausse de la température de l’eau, leur habitat se dégrade, parfois jusqu’à devenir mortel.

L’ambiance est… électrique sur ce cours d’eau de Picherande, dans le Puy-de-Dôme. Électrique pour les poissons, qui sont capturés grâce à la technique de l’électro-pêche. « Cela les immobilise quelques instants et les attire vers le champ électrique, explique Christophe Monier, chargé de développement à la Fédération de pêche du Puy-de-Dôme. Nous les récupérons ensuite à l’épuisette pour les compter, les mesurer et les peser, avant de les relâcher ».

.

Des rivières aux températures élevées

Mais ce jour-là, très peu de poissons finissent dans le seau. « La température de la rivière est déjà très élevée avec les fortes chaleurs, et son niveau est particulièrement bas, poursuit Christophe Monier. Année après année, nous constatons que les populations régressent ».

Les poissons capturés sont rapidement pesés et mesurés. Depuis quinze ans, l’Observatoire de l’eau du Parc naturel régional des Volcans d’Auvergne assure le suivi de trois cours d’eau naturels afin de mesurer l’évolution de leur biodiversité. Au préalable, les techniciens ont récupéré un enregistreur thermique pour analyser l’évolution de la température de l’eau. En quinze ans, celle-ci est passée de 14 à 21 °C. « À partir de 19 °C, les poissons commencent à souffrir, précise François Desmolles, directeur technique de la Fédération de pêche du Puy-de-Dôme. Le cours d’eau est aussi beaucoup moins large qu’auparavant. Cela signifie moins d’habitats, donc une capacité d’accueil réduite pour les poissons. Et plus l’eau se réchauffe, moins elle contient d’oxygène ».

.

Des zones humides qui s’assèchent

L’assèchement touche également les zones humides. Si le marais semble encore offrir un peu de fraîcheur, son fonctionnement naturel est profondément perturbé. « Des niches écologiques comme celle-ci fonctionnent de moins en moins bien. Elles n’offrent plus à la faune et à la flore les nutriments et les conditions nécessaires à leur développement », explique Laurent Longchambon, animateur de l’Observatoire des amphibiens dans le Puy-de-Dôme.

Même les milieux artificiels ne sont pas épargnés. Dans une mare à quelques kilomètres de Picherande, les larves de libellules et de tritons sont directement menacées. « C’est le stade le plus fragile de la vie des amphibiens, car ils dépendent entièrement de l’eau, souligne Laurent Longchambon. Lorsque les milieux aquatiques s’assèchent, ces espèces ne peuvent pas s’échapper. Elles sont alors souvent condamnées à mourir ».

.

Cours d’eau, mares ou zones humides : ces écosystèmes sont indispensables à la biodiversité. Ils rendent également de précieux services aux activités humaines, rappelant combien leur préservation est essentielle.

.

Manale Makhchoun sur FR3

 

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *