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Incendie à Die : après 23 jours de lutte, le feu est fixé mais pas maîtrisé

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Le feu dans le massif de Justin a parcouru 4 400 hectares, dont 2 700 brûlés. 15 juillet 2026
Le feu dans le massif de Justin a parcouru 4 400 hectares, dont 2 700 brûlés.
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Premier motif d’espoir depuis le déclenchement du plus grand incendie jamais connu dans la Drôme : le feu ne progresse plus, bien que les flammes soient toujours actives. L’État lance déjà la reconstruction du territoire avec une première enveloppe d’un million d’euros.

Une bonne nouvelle dans l’incendie du massif du Justin, la première depuis quinze jours. “Le feu est désormais fixé”, a déclaré ce matin la préfète de la Drôme, Marie-Aimée Gaspari, au micro d’ICI Drôme-Ardèche.

L’incendie, déclenché par la foudre le 24 juin, a déjà parcouru 4 400 hectares, dont 2 700 brûlés. Pas de victime à déplorer, exceptés quelques sapeurs-pompiers légèrement blessés.

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Fixé, maîtrisé, éteint… Comprendre le lexique de l’incendie

Mais pas de réjouissance trop rapide : le feu est loin d’être éteint. Pour l’heure, la propagation du feu est “fixée”, c’est-à-dire stoppée à l’avant : l’incendie ne se propage plus, mais il est peut-être encore actif sur les côtés.

Un feu est déclaré “maîtrisé” quand les flammes les plus importantes sont éteintes, ce qui n’est pas encore le cas à Die. Les pompiers devront ensuite parvenir à “circonscrire” le feu, c’est-à-dire à l’entourer, le cerner de toute part, puis à “noyer” les derniers points chauds en arrosant abondamment le sol afin d’éviter la reprise du feu.

L’incendie pourra être déclaré “éteint” et les pompiers démobilisés seulement après toutes ces étapes.

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Le feu à Die est "fixé" mais pas encore "maîtrisé" : il ne progresse plus mais les flammes ne sont pas éteintes. 12 juillet 2026
Le feu à Die est « fixé » mais pas encore « maîtrisé » : il ne progresse plus mais les flammes ne sont pas éteintes.
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Car un risque subsiste : celui d’un feu souterrain, aussi appelé “feu zombie”. L’expression est utilisée depuis 2022 suite à l’incendie de Landiras, en Gironde.

Le feu, éteint en surface, peut continuer à se propager sous terre pendant des mois voire des années, puis renaître à plusieurs dizaines de mètres de son point de départ. Le risque est accru dans les zones riches en matière organique, comme la tourbe.

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Barsac

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Un million d’euros débloqué

L’État n’abandonnera pas le territoire Diois”, a insisté la préfète de la Drôme. Valérie Vigier, actuelle sous-préfète de Die, est désormais chargée de la relance du territoire, avec un plan post-incendie lancé dès ce matin.

Un guichet unique, accessible par mail, est ouvert à destination de “l’ensemble des personnes qui ont subi des dommages à cause de l’incendie”. Objectif : recenser les différents et accompagner administrativement les demandeurs en facilitant les échanges.

Des aides pourront être accordées, notamment financières, ainsi qu’un dégrèvement et/ou une exonération fiscale. Les entreprises des secteurs de l’agriculture et du tourisme, les plus en difficulté des suites de l’incendie, pourront également obtenir une prise en charge partielle de leurs salaires.

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L'incendie a de graves conséquences environnementales sur le massif de Justin, notamment sa biodiversité. 15 juillet 2026
L’incendie a de graves conséquences environnementales sur le massif de Justin, notamment sa biodiversité
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En parallèle, l’Etat débloque un million d’euros destinés à la réparation des préjudices dans le Diois. Une enveloppe qui servira à renforcer les dispositifs de prévention du risque incendie, ainsi qu’à la relance économique du territoire et à son adaptation au changement climatique.

Un diagnostic de l’Office National des Forêts (ONF) est en cours pour déterminer les opérations de réparation et de reboisement nécessaires. L’incendie est le pire que le département de la Drôme n’ait jamais connu, plus important encore que celui de Romeyer en 2022 qui avait atteint 383 hectares parcourus.

Fanny Havot sur FR3

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Le fil.
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Ça fume encore, ça va fumer pendant des jours et des jours.
Matthieu a éteint la mèche de cet arbre avec sa gourde, et des allées-venues au ruisseau. Puis avec de la terre, bien tassée, pour étouffer les braises. Ils sont nombreux, les habitants du Diois, à patrouiller comme cela et à guetter les multiples reprises, sous cette chaleur écrasante.
Peu à peu, la tension retombe, avec des soubresauts au passage des hélicoptères. L’oreille se tend, la main cherche le smartphone et le fil d’informations.
Il nous faut reprendre le fil.
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Altaïr et Selva ont retrouvé leurs amis. Luz est toute à son job d’été. Matthieu de retour à la Croix-Rouge.
Or, chez moi, les fils sont multiples. Il faut redevenir Collembole.
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Il faut reprendre mes recherches là où elles ont gelé par le feu. Mes recherches sur la langue des puissants, et ce qu’elle fait de notre rapport intime au monde. Alors comment ne pas repenser à ces jours d’informations, désinformations, rumeurs, paniques ou déni ?
Comment ne pas repenser à cette préfète de la République et à son « J’ai décidé qu’il n’y aurait plus d’évacuations » ?
Plus d’évacuations ? C’était la panique, la colère et l’incompréhension, tant du côté de la mairie que de celui des habitants. Notre quartier est relié à la ville par un unique pont carrossable. Celui d’Ausson est enclavé depuis des mois par un éboulement. Dans les deux cas, nous n’avions qu’un axe de sortie. Il fallait donc anticiper. Les flammes dévalaient la montagne. Nous pensions que des pompiers seraient postés sur la piste, mais non. Ils ne pouvaient pas être ici, ils étaient ailleurs. Le feu descendait, encore. Deux pompiers sont venus nous dire que le feu arrivait sur le quartier. Puis les gendarmes sont venus nous dire de partir, et chercher une mamie qui refusait de quitter son nid à l’autre bout de la rue. Ils ont posé des barrières après le Pont de la Griotte, et empêché d’autres voisins de venir reprendre leurs affaires.
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Mais non, nous n’avons pas été évacués.
Pas d’évacuations ? Nos voisins de la route d’Ausson se sont bel et bien retrouvés coincés, les flammes d’un côté, l’éboulement de l’autre. Et ce sont les paysans qui ont repoussé les pierres avec leurs engins, pour permettre à tous de sortir.
Mais non, ils n’ont pas été évacués.
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Et dans les compte-rendus officiels, la mobilisation corps et âme des paysans a souvent été oubliée. Ils ne sont pas les troupes officielles, ils sont les gens de la terre. Et aux Miellons comme à Ausson, ils ont sauvé des bêtes, ils ont sauvé des champs, il sont sauvé des maisons. Ils ont probablement sauvé des vies, que le discours des autorités mettait en danger.
A un moment donné, sauver la face de la République en lançant des mots, rien que des mots, mais des mots de puissants, « décider qu’il n’y aurait plus… » de réel mais une fiction lissée pour compte-rendus millimétrés, c’est criminel. Cela a mis des voisins en danger : les plus âgés, peu mobiles, les ados, un peu « tête bûlées » – j’ose à peine l’expression… -, les indécis, les timorés, ceux qui ont choisi le déni pour repousser la peur…
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Et parce que cet exemple, « J’ai décidé qu’il n’y aurait plus d’évacuations » n’est qu’un exemple parmi le flot des petits arrangements des puissants avec le réel, cela met le vivant en danger. Cela démobilise, cela conforte dans la passivité. Car pour certains malheureusement, si le pouvoir n’a pas dit d’évacuer, il ne faut pas évacuer. Tant que l’écran, face au canapé, reste rassurant, il n’est pas la peine de se mobiliser. Tant que Cnews ne nous dit pas que la situation est grave, la situation n’est pas grave. Ces mots travestissant le réel, ces mots pervers…ont un impact. Ils capturent la puissance d’agir (qu’elle est juste, cette expression de Miguel Benasayag !)
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Et nous ne prendrons alors la mesure de l’apocalypse à la Netflix que lorsqu’elle aura crevé les écrans.
Il va maintenant nous falloir lutter contre ceux qui disent déjà « c’est fini », « c’est bon, passons à autre chose ». Maintenir le fil, celui des mots, celui du réel, celui du partage, de la transmission et de la mobilisation, pour le vivant, contre ce monde de mort et de perversion.
 
Les mots.
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Il y a les mots qui sortent avec la colère ou le désespoir, qui fusent hors de nous-même sans qu’on puisse les domestiquer.
Et puis quand l’adrénaline retombe, il y a l’épuisement. La pensée y est éparpillée. On peine à dormir, on peine à rester éveillés. On blague. Ça, on y arrive toujours. L’humour fait vivre, ce doit être le jumeau de l’espoir !
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Mais il y a tant de choses à dire. En reprenant le contrôle, je voudrais maîtriser mes mots. Mais ils se cachent, ils me fuient.
Dire combien de fois j’ai pleuré. Pas à cause du feu : face à lui, c’est l’adrénaline qui prime. Non, si j’ai pleuré, c’est de trop de gentillesse, de trop d’amour. Je ne savais pas que nous avions autant d’amis, je ne savais pas que les réseaux sociaux pouvaient aussi être soutenants, on ne s’était jamais dit autant de je t’aime avec ma sœur et mes parents. Loin du feu, proches du coeur !
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Il y a Johanna, Gilles et leurs filles, qui ont accueilli ma plus jeune enfant, lui ont offert des jours de jeu et d’amitié pour ne pas penser que peut-être, elle ne reverrait plus sa maison. Il y a Gilles et Alain (qui, comme moi, avait déjà connu la catastrophe inverse : Vaison La Romaine, 1992) qui ont rempli deux fourgonnettes de nos affaires et ont tenu à sauver les tableaux. Parce qu’Alain, lui, avait déjà tout perdu une fois. « Crois-moi, tu ne veux pas les perdre », disait-il au moment où, moi, je me disais que plus rien n’avait d’importance. Je flippais tellement pour la forêt, pour cette ombre et cette humidité, pour les passereaux, les ongulés, et même les rongeurs qui nous grignotent notre isolant, et même les fourmis qui viennent boire dans notre cuisine, et même cette foutue fouine qui a saigné nos poules, et surtout le renard, qui en a bouffé aussi, c’est sûr, mais qui a dû s’enfouir dans son terrier. Si le feu passe, il mourra étouffé.
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Alors il y a eu des instants où je me disais que plus rien n’avait d’importance. Et puis mon corps s’est remis en branle, et j’ai voulu sauver la mémoire. C’est mon dada, ça. La mémoire. Photos de famille, dessins des enfants, leurs jouets fétiches de petits pour qu’ils puissent ensuite les transmettre. Je me suis surprise à sauver des choses pour la génération qui n’est pas encore là !
Il y a eu Fabien et son équipe de la Croix-Rouge, et les copains de Barnave, Ronan, Mathias et Zacharie, évacués mais pas abattus, qui n’ont pas hésité une seconde à venir débroussailler. Il y a eu Adrien et Nicolas, qui ont tout naturellement basculé de charpentiers à bûcherons… avec un efficacité redoutable.
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Et il y a eu Muriel, Frédéric et leur plus jeune fille qui nous ont accueillis, bichonnés, portés à bout de bras. Avec qui on a observé, attendu, et ri. Ri. Et puis il y a eu des dizaines de propositions d’hébergement, jusqu’en Belgique et en Italie. Il y a eu des messages d’amis de Colombie, d’Argentine, de Côte d’Ivoire, d’Allemagne, du Canada. Alors oui, nous pouvons semer des alternatives. Si moi qui ne suis personne je peux recevoir autant de messages, ce n’ est pas que nous serons des millions, c’est que nous SOMMES des millions. Invisibles, mais indispensables à l’équilibre du vivant. N’en croyez pas la bruyante minorité brune, elle n’est que le chant du cygne du capitalisme.
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Et puis le feu nous a épargnés. Les pompiers eux-mêmes ont été surpris. Sur notre versant, il n’évoluait pas comme de l’autre côté. Il était plus lent. Notre ombre, notre (relative) humidité résiduelle, les ruisseaux même presque à sec, tout cela a joué et nous a protégés. Nous avons dû faire un « cordon sanitaire » autour de la maison, et cela m’a bouleversée sur le coup. Mais le coup a passé et nous remettrons la maison à l’ombre. Ce n’ est pas grand chose à faire, notre petit bois est sauf, et rien n’est plus fertile qu’une lisière.
Notre maison est à la lisière de la forêt.
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Notre monde est à la lisière, aussi. Nous pouvons choisir le béton, et mourir de chaud en attendant les fusées pour Mars, monde de mort. Ou observer la forêt des possibles, apprécier l’ombre qu’elle nous offre, et la laisser essaimer sur ses lisières, vers nos petits prés-carrés.
Merci, merci, merci pour tout cet amour et tout cet espoir. D’autres personnes, sur d’autres incendies, d’autres inondations, d’autres tempêtes ont besoin de vous. Je vous assure que ce n’ est pas rien.
Coeur avec des canadairs.
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Alice Verstraeten

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« J’attends vraiment un respect de la parole des scientifiques (…) Le climatoscepticisme nous a fait beaucoup de mal au cours des deux dernières décennies.
Je crains vraiment qu’en octobre, on passe à autre chose. J’aimerais que l’ensemble des candidats à la présidentielle s’empare de ce sujet : c’est la vie de chaque jour de nos concitoyens qui est interrogée. Cela remet en cause le mode de fonctionnement de notre société. »
👤 Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Giec, dans l’émission #cdanslair du lundi 29 juin 2026 présentée par Myriam Encaoua
Jean Jouzel, C dans l’air 
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