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Incendie dans le Diois : il faudra un demi-siècle pour la renaissance du massif

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Pierre Demangeat, directeur de l'Office national des forêts Drôme-Ardèche explique la procédure à suivre sur les trois prochaines années pour accompagner la forêt à se régénérer.
Pierre Demangeat, directeur de l’Office national des forêts Drôme-Ardèche explique la procédure à suivre sur les trois prochaines années pour accompagner la forêt à se régénérer.
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Un demi-siècle d’attente pour que les Drômois et les Drômoises retrouvent le massif de Justin. Ce mercredi 23 juillet, les gardiens de la forêt, l’Office national des forêts indique la marche à suivre et les précautions à prendre pour accompagner la forêt à se régénérer.

 » Il va falloir être très patient. Ça va prendre plusieurs décennies, avant que la forêt redevienne telle qu’elle était auparavant », précise Pierre Demangeat, directeur de l’Office national des forêts (ONF) Drôme-Ardèche au sujet du massif de Justin, près de Die.

Le feu a parcouru 4 400 hectares, un record départemental entraînant d’importantes conséquences environnementales, économiques et forestières pour le territoire du Diois. Après avoir débuté le 24 juin à cause de la foudre, le feu a été réactivité le 2 juillet, et déclaré fixé le 16 juillet 2026 par la préfète de la Drôme. Selon les premières estimations, 2 600 hectares sur 4 400 sont brûlés.

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La forêt domaniale de Solaure de Montmaure-en-Diois après la maîtrise de l’incendie.
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Un temps d’observation nécessaire

Au loin sur les collines du Diois, les arbres carbonisés détonnent dans le paysage. Ce mercredi 23 juillet, les équipes de l’ONF sont déployées sur l’ensemble du massif pour constater les dégâts et envisager les premières solutions pour la forêt.

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Après le passage de l’incendie, des arbres calcinés de la forêt domaniale de Solaure à Montmaure-en-Diois. 
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Les techniciens observeront pendant deux à trois années pour constater les lieux où la forêt a pu se régénérer et où elle n’a pas pu le faire. « Là où la forêt n’a pas repris, on entreprendra des actions de reboisement », explique Pierre Demangeat.

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Pierre Demangeat, directeur de l’Office national des forêts Drôme-Ardèche. 
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Mais dans l’immédiat, replanter des arbres, n’est pas la première solution car l’équipe de l’ONF se repose d’abord sur la résilience de l’écosystème. « Là où le feu n’a pas été trop virulent, les graines ont gardé leur capacité de germination et vont produire la forêt de demain. On aura une diversité d’espèces et une meilleure résistance de ces espèces » précise-t-il.

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Là où le feu n’a pas été trop virulent, les graines ont gardé leur capacité de germination et vont produire la forêt de demain : Pierre Demangeat, directeur de l’Office national des forêts (ONF) Drôme-Ardèche

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La surveillance, un travail de fourmi

Un travail de longue haleine attend les équipes de l’ONF, qui vont sillonner le massif pour observer l’évolution de la forêt au cours des prochains mois. « Sur un tel massif, on ne pourra pas tout parcourir, donc il y a aura un échantillonnage par zone. Les visions satellitaires et par drone pourront nous aider à aller plus vite », ajoute Julien Romatif, chef du service forêt à l’ONF Drôme-Ardèche.

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Julien Romatif, chef du service forêt à l’ONF Drôme-Ardèche. 
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Ils vont aussi surveiller la santé des arbres notamment l’évolution des branches et des aiguilles pour vérifier qu’elles ne brunissent pas. « On va faire des opérations de grattage d’écorces pour voir si l’intérieur de l’arbre est encore sain, ou si l’arbre peut pourrir ou devenir noir », détaille Julien Romatif.

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Des risques à prévoir

Après l’incendie, certains risques sont à anticiper pour les équipes de l’ONF qui craignent la prolifération d’un champignon ravageur dû à la vulnérabilité du massif de pins noir d’Autriche. “Lorsqu’on a une faiblesse sur les arbres, le champignon peut se propager à l’intérieur du bois, l’affaiblir et le faire mourir », explique Julien Romatif.

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Olivier Putot, chef du service restauration des terrains en montagne.
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Il y a à peine un siècle, cette forêt de soutènement a été plantée afin de freiner l’érosion du massif. Mais depuis l’incendie, sa fonction risque d’être beaucoup moins efficace à contenir les pluies torrentielles. « L’incendie va jouer un rôle aggravant, puisqu’avant, il y avait de la végétation au sol, les arbres et leurs racines permettaient de ralentir et de stocker l’eau. Maintenant l’eau va ruisseler plus rapidement « , indique Olivier Putot, chef du service restauration des terrains en montagne.

Les équipes de l’ONF comptent sur un demi-siècle pour retrouver la forêt connue jusqu’à présent par les Drômois et les Drômoises.

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Marine Farrugia

Un article rédigé à partir du reportage de Maxime Pitavy et Sébastien Allec pour France 3 Rhône-Alpes.

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Incendie du Diois : la biodiversité partie en fumée ?

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4400 hectares de végétation ont été parcourus.
4400 hectares de végétation ont été parcourus.
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C’est le pire incendie survenu dans le Diois depuis 30 ans. Dans la Drôme, 4400 hectares de végétation ont été ravagés par les flammes. Si le feu a profondément marqué les paysages, ses conséquences sur la faune et la flore s’annoncent particulièrement lourdes. Espèces végétales rares brûlées, nids détruits, mammifères déplacés, territoires de reproduction compromis : le bilan écologique prendra plusieurs années.

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À Die, la forêt domaniale de Justin porte les stigmates de l’incendie. Une partie de la zone reste encore inaccessible, mais dès la lisière du bois, les traces du sinistre sautent aux yeux. Gilbert David connaît bien cette forêt : il y a travaillé pendant 40 ans comme garde forestier. Face aux troncs noircis et aux sols calcinés, l’émotion est forte : “C’est une forêt que j’ai vu grandir. C’est vrai que ça fait mal au cœur.”

Pour autant, l’ancien forestier et militant de la LPO refuse de céder au fatalisme. Selon lui, tous les arbres touchés par les flammes ne sont pas nécessairement condamnés : “Cette écorce noircie ne veut pas dire que l’arbre soit mort, il peut repartir. Il y aura sans doute une régénération naturelle. Il faut attendre quelques années. Se précipiter et vouloir tout couper et tout replanter, ce n’est peut-être pas la meilleure solution. »

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Au sol, une hécatombe pour les espèces les plus vulnérables

L’incendie a aussi frappé de plein fouet la faune sauvage. Tous les animaux ne peuvent pas fuir à l’approche des flammes. Seuls les grands mammifères et certains oiseaux parviennent à s’éloigner du front de feu. Les plus petits, comme les reptiles, les rongeurs, les insectes ou les batraciens, tentent de se réfugier dans des terriers, sous les roches ou dans le sol. Beaucoup n’y survivent pas.

Dans le Diois, le constat est déjà alarmant. Au sol, pour les batraciens, les serpents et les insectes, c’est “l’hécatombe”. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas à la destruction immédiate provoquée par l’incendie. Avec les habitats détruits, c’est aussi la capacité de nombreuses espèces à se reproduire qui est compromise. Pour certaines, manquer une seule saison de reproduction peut nécessiter des dizaines d’années de rétablissement.

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Des nids détruits et une reproduction compromise

Dans les airs aussi, les dégâts sont importants. Une grande partie des oiseaux a perdu son habitat. Certains nichaient encore au moment de l’incendie. Olivier Teilhard, bénévole au Parc naturel régional du Vercors et spécialiste des vautours, suit de près les conséquences du sinistre. Les oisillons, encore trop jeunes pour s’envoler, ont été piégés par les flammes et la fumée. Pour plusieurs espèces, la reproduction est d’ores et déjà compromise cette année.

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Les vautours fauves nichaient à quelques centaines de mètres du point de départ du feu.
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Les grands mammifères terrestres ont pu fuir, mais leur situation reste critique. Une fois l’incendie passé, le retour sur leur territoire n’est pas garanti. La nourriture a disparu, les abris aussi. “Ils ne vont pas pouvoir revenir ou très peu sur leur territoire puisqu’ils n’auront plus de nourriture à portée et donc ils vont être obligés d’empiéter sur les territoires d’autres animaux », explique Olivier Teilhard. « Et ça va créer des stress supplémentaires et pour eux et pour les autres. »

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Des habitants se mobilisent pour la faune sauvage

Alors qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan complet, des citoyens ont déjà décidé d’agir. Carlotta et Eddy font partie d’un collectif de plus de 250 personnes mobilisées pour venir en aide à la faune sauvage, notamment en alimentant des bassines en eau. “On est des amateurs, on s’est lancés comme ça sans trop savoir où on allait et on a fait appel aux paysans, aux gens qui connaissent bien le territoire pour prendre des informations précieuses et pour pouvoir aussi en prévision des sécheresses futures être un peu plus organisés.

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Les riverains se mobilisent pour la faune sauvage.
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Autre risque moins visible : lorsque des plastiques ou d’autres matériaux non naturels brûlent en lisière ou au cœur de la forêt, des toxines peuvent se retrouver dans les eaux de ruissellement. Elles contaminent alors rivières et nappes phréatiques, avec des conséquences possibles aussi pour la faune aquatique.

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Sandra Méallier

Cet article a été rédigé à partir du reportage réalisé par Maxime Pitavy et Sébastien Allec, France 3 Ardèche.

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