L’appel de 50 parlementaires: « L’adaptation au changement climatique doit devenir un pilier de nos politiques publiques »
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Les canicules rendent de nombreux logements invivables, elles modifient les rythmes de travail, font souffrir les travailleurs exposés, perturbent la scolarité des enfants et fragilisent la santé des personnes les plus vulnérables. Chacune et chacun d’entre nous mesure dans son corps ce que signifie vivre dans un climat qui change. Le dérèglement du climat impact nos activités et nos ressources.
Notre souveraineté alimentaire est affectée, avec des productions agricoles fragilisées par des sécheresses ou des excès d’eau, des bâtiments d’élevage en surchauffe. Notre accès à l’eau potable est menacé tout comme nos déplacements lorsque les infrastructures sont endommagées. Notre pouvoir d’achat s’en trouve impacté, à travers l’augmentation des coûts de l’énergie, des coûts de l’assurance, ou de la réparation des dommages causés par les catastrophes naturelles.
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Irréversible
Nos territoires littoraux, urbains, ruraux ou de montagne sont tous confrontés à ces bouleversements. Canicules à répétition, sécheresses historiques, inondations dévastatrices, recul du trait de côte, tempêtes plus violentes, ces événements constituent de réelles menaces pour les habitants, nos activités économiques et nos collectivités.
Face à cette réalité, la France doit poursuivre avec détermination la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, et plus globalement s’aligner sur une trajectoire climatique ambitieuse. Elle doit également regarder l’avenir avec lucidité : même si nous atteignons nos objectifs d’atténuation, une partie du changement climatique est désormais irréversible. C’est pourquoi l’adaptation doit devenir un pilier à part entière de notre politique publique.
Pendant longtemps, l’adaptation a été considérée comme le parent pauvre des politiques climatiques. Nous avons privilégié la lutte contre les causes du réchauffement, sans préparer suffisamment nos territoires à ses conséquences. Pourtant, adapter la France ne signifie ni renoncer à la transition écologique, ni céder au fatalisme. L’adaptation doit être pensée comme une opportunité économique.
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Une loi ne suffira pas
L’adaptation n’est pas un frein mais la seule alternative à un mieux vivre. Adapter, c’est protéger. C’est réaménager nos villes, préserver la ressource en eau, accompagner l’évolution de notre agriculture, renforcer la résilience de nos infrastructures, de nos logements, de nos entreprises et de nos services publics.
C’est aussi garantir que chacun puisse continuer à s’assurer face aux risques climatiques. Déjà, des particuliers, des entreprises et des collectivités rencontrent des difficultés croissantes pour s’assurer ou voient leurs primes augmenter fortement. Sans réponse collective, notre pacte de solidarité nationale sera fragilisé.
C’est pour répondre à ces enjeux que le 8 avril dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi visant à reconnaître une politique nationale d’adaptation au changement climatique et à adapter les mécanismes d’assurance. Mais une loi ne suffira pas.
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Changer d’échelle
L’adaptation exige une mobilisation de l’ensemble des acteurs. Elle suppose de lever de nombreux freins normatifs, financiers et organisationnels. Nombre d’acteurs privés sont prêts à s’engager dans ce travail, certains le font déjà. Ce qui manque encore trop souvent, c’est la volonté politique de généraliser les solutions existantes, de déployer l’innovation, avec les moyens nécessaires.
Les épisodes que nous vivons nous obligent désormais à changer d’échelle. L’adaptation doit devenir un véritable pilier de nos politiques publiques. Pourtant, alors que les conséquences du dérèglement du climat sont désormais visibles par tous, certains commencent seulement à en reconnaître la réalité. L’intérêt soudain de l’extrême droite pour l’adaptation au changement climatique contraste avec des années de remise en cause des alertes scientifiques et de déni climatique.
En 2023 encore, ses élus qualifiaient le Giec d’« alarmiste », voire de « propagandiste ». Aujourd’hui, ils dénoncent l’impréparation face aux canicules, tout en votant systématiquement contre les moyens permettant d’y faire face : la suppression des agences environnementales, la réduction des crédits du Fond vert, destiné à accélérer la transition écologique dans les territoires. L’extrême droite critique également les aménagements écologiques, pourtant reconnus pour leur efficacité dans de nombreuses collectivités. Ils s’indignent, mais ne proposent rien, alors qu’il est urgent d’agir, de porter une politique globale et financée.
Adapter la France est une nécessité pour protéger notre santé, garantir notre sécurité et maintenir la cohésion sociale face à l’un des plus grands défis du XXIe siècle. Adapter la France, c’est en finir avec l’attentisme et la fidélité à des modèles désuets.
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