« Tout brûle, mais on continue de bétonner » : pourquoi ils ont traversé la France pour manifester à Oisy-le-Verger dans le Pas-de-Calais
Ce samedi, plus de 2000 manifestants ont convergé à Oisy-le-Verger, petit village du Pas-de-Calais où une écluse du canal Seine-Nord sera bientôt construite. Objectif : lutter contre ce projet que les manifestants estiment « d’un autre temps ». Mais pourquoi maintenant ?

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.« Il n’y a pas un seul mètre du canal qui a été construit. Il y a des destructions, il y a eu des travaux préparatoires, mais on est loin de l’avoir creusé ! La mobilisation, ça fait des années qu’on est dessus, mais là, on veut frapper un grand coup. » Claire, du collectif Naturalistes des Terres, ne veut pas entendre que ce canal, finalement, ça fait des années qu’on en parle et que le soulèvement qui s’est joué ce samedi à Oisy-le-Verger, petite commune du Pas-de-Calais, arrive tardivement. « Il est tout à fait possible de revenir en arrière », martèle-t-elle, à l’image des 2000 (préfecture) à 3000 (organisateurs) manifestants présents sur place.
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« Le projet est en train de tanguer »
Plusieurs milliers de personnes, aux profils, aux origines géographiques et aux âges très différents. De quoi renforcer un esprit « convergence des luttes », que l’on voit rarement dans nos contrées, avec village provisoire et tables rondes, longs cortèges de manifestants coupant à travers champs, fanfares et Manu Chao en bande-son.
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« Tout brûle mais on continue de bétonner : il faut absolument que les gens comprennent que ce projet n’est pas irréversible, on peut revenir en arrière », clame Camille, la vingtaine, venue avec son tambour et sa « fanfare de lutte », de Lille.
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S’il manifeste maintenant, s’il a traversé la France ou presque, c’est « parce qu’on sent, en ce moment, que le projet du canal Seine-Nord est en train de tanguer », espère Marin, jeune Lyonnais de 23 ans. « C’est le moment de montrer qu’une autre vision du territoire est possible. Et on a vu, sur tout le parcours, que les locaux nous soutenaient, cela montre que la lutte a du sens. » De fait, les habitants d’Oisy-le-Verger n’ont eu de cesse de proposer de l’eau aux manifestants, qui ont marché des kilomètres sous un soleil de plomb.
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Benoît et Caroline, eux, viennent de Dreux. Ils ont 60 et 64 ans, ont participé aux tables rondes et conférence du « Méga Village » de Villers-au-Tertre à quelques kilomètres d’Oisy-le-Verger et de sa future écluse du canal Seine-Nord, et trimballent leur pancarte sur le parcours de la manifestation, ce samedi. « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement », peut-on y lire. S’ils ont fait la route pour venir jusque dans le Pas-de-Calais, c’est parce qu’ils ont décidé de « lutter ». « On a lutté contre l’A69 (projet annulé par le tribunal administratif de Toulouse en février 2025 avant que le Conseil d’Etat n’autorise la reprise du chantier, ndlr), on lutte contre ce méga-canal, parce qu’on se sent concernés. Tous ces projets, c’est la destruction de milliers d’arbres, des climatiseurs naturels. Regardez tous ces gens, qui se pressent sous les arbres pour échapper à la brûlure du soleil. »
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