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CAC 40 : on n’arrête pas le profit !
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Malgré une croissance morne, le cours de la Bourse, lui, rayonne, enchaînant encore une hausse de bénéfices stratosphériques.
Ça ruisselle drôlement bien. Pas dans l’économie réelle – aux vues du taux de croissance riquiqui attendu cette année (+0,7 %) – mais en Bourse. Du côté des multinationales cotées à Paris en particulier. Selon les scrupuleux pointages réalisés par Les Échos, les entreprises du CAC au premier semestre (janvier-juin 2026) enregistrent une hausse de leurs bénéfices de … 40 % avec 74 milliards d’euros réalisés. Cette somme se convertira au moins partiellement en dividendes sonnants et trébuchants pour les actionnaires.
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Les anticapitalistes comparent souvent la Bourse à une économie de casino. Mais, c’est désormais pis, ou mieux. Les actionnaires ne semblent même plus jouer à la roulette. Pile, ils gagnent ; face, ils engrangent. À ce jeu, la technique consiste à tirer parti de tout.
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Même les constructeurs automobiles s’y retrouvent
Le pétrole flambe sur les marchés ? La compagnie TotalEnergies fait tourner sa machine à cash (9,6 milliards réalisés en six mois à peine, soit une croissance de 70 %). L’IA fait trembler les salariés ? Peut-être, mais des sociétés comme Legrand et Schneider voient dans le boom des centres de données une opportunité pour vendre leur équipements électriques dernier cri. Les banques se restructurent à grands coups de fermetures d’agences ? Oui mais au moins elles maîtrisent leurs coûts et continuent leurs juteux « deals » dans la banque d’affaires.
Même les constructeurs automobiles comme Renault et Stellantis (Peugeot-Citroën-Fiat-Chrysler) déficitaires l’année dernière à la même époque du fait de provisions pour prévenir d’éventuels coups durs retrouvent le chemin des profits. D’ailleurs, lors de la séance du lundi 3 août, le CAC 40 battait son record absolu à 8 613,82 points, soit un gain de 13% en un an.
Le Figaro saluait « la résilience ( ??? ) » de la Bourse parisienne. Mieux vaudrait parler d’« indifférence » aux événements situés à plus d’un kilomètre de la Corbeille. Sur le terrain, la banque de France dénombre en moyenne 200 défaillances d’entreprises quotidiennes. Et l’Insee déplore environ 600 chômeurs supplémentaires chaque jour depuis un an. Waterloo dans le réel, Austerlitz dans le virtuel.
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Franck Dedieu