Les candidats à la présidentielle qui minimiseront l’urgence climatique seront les complices criminels d’une désastreuse défaite
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25 juin 2026
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Nous vivons une catastrophe annoncée par d’innombrables experts, et les gouvernements successifs en sont lourdement responsables. En 2027, le sujet sera au coeur de la campagne, et les candidats devront être à la hauteur de la résistance climatique.
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Canicule : une catastrophe très politique
Douce France, vraiment ? Combien de temps encore les petits Français vont-ils avoir le bonheur d’ânonner que leur pays bénéficie d’un climat tempéré avec quatre saisons ni très chaudes ni très froides… L’été vient à peine de commencer qu’une deuxième vague caniculaire s’est déjà abattue, comme une étouffante chape de plomb sortie des forges de l’enfer, sur l’immense majorité du territoire métropolitain. Quels sinistres records, ces températures qui grimpent à plus de 40 °C sans descendre au-dessous de 25 °C la nuit… La moitié des départements en « vigilance rouge », presque tous les autres en « orange ». Plus de 90 % de la population soumise à des chaleurs extrêmes. Avec de vrais risques sanitaires pour des corps surchauffés, mais aussi toutes sortes de perturbations du corps social : écoles fermées, trains à l’arrêt… Sans parler des bêtes, des arbres, des cultures, qui souffrent le martyre. Et nous ne sommes qu’en juin.
Cette canicule n’est ni la première ni surtout la dernière à frapper une Europe qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde. La catastrophe ne fait que commencer. Et le pire, c’est qu’il s’agit d’une catastrophe annoncée, depuis des décennies, par d’innombrables experts. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », avait même professé le président Chirac. C’était en 2002, il y a bientôt un quart de siècle. Que s’est-il passé depuis ? Sans doute n’en sommes-nous plus, comme en août 2003, à déplorer l’annonce de 15 000 morts, mais ne nous trompons pas : les canicules restent des « tueuses silencieuses et invisibles », explique le sociologue américain Eric Klinenberg dans un entretien accordé au « Nouvel Obs »
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Et notre dossier montre bien le manque d’anticipation, donc la lourde responsabilité des gouvernements qui se sont succédé face à ce genre de crise. Il s’agit moins d’une catastrophe naturelle que d’une catastrophe politique. Comment le fonds vert destiné à rénover le bâti a-t-il pu passer de 2,4 milliards d’euros en 2024 à 837 millions en 2026 ? Question de priorité, probablement. La chanson d’un populisme hostile à « l’écologie punitive », revenue en force ces dernières années, a fait son œuvre. Le résultat est là, il sanctionne beaucoup plus violemment les plus démunis, et il nous empêche de dormir la nuit. Au sens propre.
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Entretien « Une canicule n’est pas une catastrophe naturelle, mais un événement politique
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Une certitude, en plein choc thermique : il est grand temps de sortir du déni climatique entretenu à coups de fake news par des démagogues trumpistes pour qui le réchauffement planétaire est une lubie de wokistes enragés. Non, les prévisions du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (Giec) ne sont pas « alarmistes », mais scientifiques. Oui, faire l’autruche sur un sujet pareil revient à nous mettre la tête dans un four. Adapter nos hôpitaux, nos écoles, nos logements, nos moyens de transport ne peut être un luxe reposant seulement sur des initiatives individuelles.
Ce chantier a commencé, notamment grâce aux efforts de nombreuses municipalités. Il faut l’accélérer, sans renoncer pour autant à atténuer le réchauffement en réduisant nos émissions de carbone – puisqu’en ajouter dans l’atmosphère, simple loi physique, c’est aggraver encore les phénomènes extrêmes. Et ce n’est pas en se bornant à répéter frénétiquement le mot « climatisation », dans l’urgence, comme le fait désormais l’extrême droite, qui a toujours torpillé toute politique environnementale, qu’on résoudra un problème aussi global – on ne climatisera pas nos rues ni nos champs, disait récemment la géographe Magali Reghezza-Zitt.
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Décryptage Climatisation : comment le RN instrumentalise le débat
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Bien sûr, rien n’est simple face au dérèglement climatique. Lutter contre lui tout en s’y adaptant suppose des arbitrages cornéliens, des changements dans nos modes de vie, une juste répartition des efforts. Mais « regarder ailleurs » n’est plus une option. Baisser les bras non plus. Le combat n’est pas perdu d’avance. Il reste devant nous. Il faudra s’en souvenir dans l’année qui vient, même et surtout quand la météo semblera plus clémente. Et tous les candidats à la présidentielle de 2027 qui joueront la carte du fatalisme, minimiseront l’urgence de la situation contre l’avis des scientifiques, ou refuseront de faire de la résistance climatique une colonne vertébrale de leurs programmes devront apparaître pour ce qu’ils sont : les complices criminels d’une évidente défaite.
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Grégoire Leménager sur l’obs