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DIOIS : UNE NOUVELLE ALLIANCE AVEC LE FEU, PENSER LE PAYSAGE POUR COMPOSER AVEC LE RISQUE INCENDIE


Soazig Darnay et Jordan Szcrupak – mai 2026

– Télécharger le Signé PAP n°88

Nos sociétés ont construit l’illusion d’environnements maîtrisés, gouvernés par des modèles prédictifs et des dispositifs techniques visant la sécurité maximale. Pourtant, la multiplication d’événements catastrophiques, parfois meurtriers, rappelle l’inadéquation de nos cadres de prévention (…). L’événement climatique extrême demeure incertain et partiellement imprévisible, en raison de la complexité des phénomènes, qui associent des échelles multiples et activent des boucles de rétroaction. Comment intégrerl’incertitude dans la projection et la planification territoriale ? Comment faire du risque incendie une nouvelle donnée du projet et de la gestion de paysage ? Certains territoires ont développé, sur le temps long, des cultures du risque. Leurs modèles sont-ils dépassés ? Comment nous en inspirer ?

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Soazig Darnay et Jordan Szcrupak – mai 2026

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Feu dans le Diois : situation encore favorable, 180 sapeurs-pompiers engagés

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Charens

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Après deux jours de pluie dans le Diois, l’évolution du feu dans le massif du Claps est toujours jugée favorable. Ce dimanche 16 août, 180 sapeurs-pompiers ont encore été mobilisés.

Dans le massif du Claps, où un feu s’est déclaré lundi 3 août, « la dynamique d’évolution de l’incendie est toujours favorable ce dimanche 16 août, notamment grâce aux épisodes pluvieux survenus samedi à Bellegarde-en-Diois, et cette après-midi sur les secteurs de Charens et de Beaumont-en-Diois », indique la préfecture de la Drôme. Avant de préciser : « L’ensemble des secteurs impactés ne présente plus de difficultés majeures d’action, et aucune intervention aérienne n’a été nécessaire aujourd’hui. »

La pluie rend les accès au feu plus délicats

Cette situation a encore permis de désengager des moyens, notamment les 71 militaires qui étaient toujours mobilisés ce 15 août. Dimanche, les opérations terrestres ont été réalisées par 180 sapeurs-pompiers (contre 210 ce samedi) répartis entre trois groupes d’intervention de la Drôme, un groupe de l’Ardèche et une colonne d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Si la pluie est une précieuse partenaire pour les soldats du feu, elle rend les accès plus délicats, avec des risques importants de glissement des engins et d’éboulements sur les pistes. « Une vigilance accrue est donc maintenue pour la sécurité des intervenants », souligne la préfecture.

Ce dimanche, en début de soirée, la surface parcourue par le feu n’avait ainsi pas évolué. Elle était toujours estimée à 400 hectares, dont 300 hectares brûlés.

Drôme : La foudre provoque des départs de feu sans gravité

Dans l’après-midi ce dimanche, suite à des passages d’orages localisés dans le département, les sapeurs-pompiers drômois ont été alertés pour des départs de feu causés par la foudre à Séderon, Châtillon-en-Diois, Laval-d’Aix et Vassieux-en-Vercors. Les trois premiers avaient été noyés par la pluie avant l’arrivée des soldats du feu, le dernier a été très rapidement traité par les effectifs engagés.

Le D.L.

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Comment adapter nos forêts à un climat qui change ?

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Charens

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Alors que plus de 430 000 ha ont déjà brûlé en Europe alors que le mois d’août commence tout juste, cette question est plus essentielle que jamais. Car une forêt mal-adaptée, et mal gérée, a plus de chances de brûler – mais pas seulement : elle est aussi plus fragile face à la maladie, aux nuisibles, au dépérissement. Et c’est exactement ce qu’il se passe. Monoculture de production, coupes rases, manque d’entretien du fait des coupes budgétaires sur les agents de terrain (l’ONF a perdu pres de la moitié de ses agents en 20 ans, et le CNPF manque cruellement de moyens) : la mortalité et le dépérissement des forêts a doublé en 10 ans, tandis que le puits de carbone qu’elles représentaient a été divisé par deux sur la même période.

Face au dépérissement forestier et aux enjeux de replantation et de diversification forestière suite aux incendies, je vous donne rendez-vous :

📅 Jeudi 10 septembre à partir de 18h
📍 Salle polyvalente de Die

👉 Pour échanger et poser toutes vos questions aux gestionnaires forestiers pour mieux comprendre les enjeux et les choix de gestion qui sont opérés sur les forêts.
👉 Pour vous présenter la proposition de loi que nous venons de déposer après 3 ans de travail avec des député-es de 8 groupes politiques différents pour faire évoluer notre politique forestière et mieux préparer nos forêts aux conséquences du changement climatique. J’aurai le plaisir d’être accompagnée de mon collègue Hendrik Davi (député des Bouches-du-Rhône), avec qui nous portons (avec d’autres !) ce texte.

Venez nombreuses et nombreux pour échanger, poser vos questions et construire ensemble des solutions à la hauteur des défis qui nous attendent !

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Voir le profil de Marie Pochon

Marie Pochon, Députée de la 3e circonscription de la Drôme

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Cahier n°2 — Habiter un monde inflammable

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Montlahuc

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Les #mégafeux qui frappent aujourd’hui la France ne sont pas seulement une conséquence du #changement_climatique. Ils révèlent une transformation plus profonde de notre manière d’habiter, d’aménager et de gouverner les #territoires.

À partir des incendies de l’été 2026, ce deuxième Cahier propose une enquête qui conduit progressivement des flammes aux #paysages, des paysages aux cycles de l’#eau, des #capacités_régénératives des territoires aux #institutions capables de les accompagner.

Une invitation à regarder autrement les #incendies… et, peut-être, à repenser les conditions mêmes de l’#habitabilité.

Bonne lecture

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SymBioPolis

Les Cahiers de SymbioPolis

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Un incendie de 42 000 hectares. 220 000 personnes évacuées. Et si le véritable sujet n’était ni le feu, ni même la forêt ?

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Le dernier Cahier de SymbioPolis déplace le regard : derrière les mégafeux de l’été 2026, ce n’est pas seulement un climat qui se dérègle qui apparaît, mais des territoires qui ont progressivement perdu leur capacité à réguler l’eau, dissiper la chaleur, maintenir leurs équilibres.
Ce que j’y lis, au fond, ce sont quatre bascules :
🔹 La sortie du déni — accepter enfin de regarder ce qui était déjà là
🔹 Une mobilisation qui pourrait se déplacer en amont — de l’extinction vers la régénération
🔹 Une compréhension systémique — l’eau, la forêt, l’agriculture, la santé ne sont pas des dossiers séparés
🔹 Un changement de paradigme — passer de la ressource à administrer à la capacité régénérative à soutenir
La conclusion la plus stimulante du texte n’est pas écologique, elle est politique et organisationnelle : nous savons aujourd’hui mieux restaurer les territoires que faire évoluer les institutions capables de les accompagner. Un constat qui résonne bien au-delà des paysages — jusque dans nos collectifs de travail.

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Coaching organisationnel | Méthode TOP – Techniques d’Optimisation du Potentiel | Gestalt – thérapie | ANDRH Hauts de Seine Défense

 

Voir le profil de pierre jean pyronnet

FRANCIS HALLÉ Botaniste et Biologiste dans ces observations nous a révélé comment protéger nos  PLANTATIONS FORESTIÈRES.

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Comme vous avez pu constater également, les INCENDIES dans les plantations forestières ont une manière particulière de brûler par la dispersion de projectiles enflammant la végétation sèche du sol. De plus lors du largage par les CANADAIRS l’ONDE EXPANSIVE DU LARGAGE projette des PIGNES DE  PINS se situant dans la CANOPÉE de la forêt à une centaine de mètres (distance à vérifier, imaginez des quilles de BOWLING disposées sur un rayon de 5 m  vous lâchez à 50 mètres de hauteur un sac poubelle rempli d’eau au milieu des quilles, pensez vous que les quilles vont rester debout ? Passez le rayon à 10 mètres, debout ou couchées les quilles ? Â 20m de rayon ?FRANCIS HALLÉ a découvert que deux arbres de la même variété ne se touchent jamais laissant un espace d’environ 1 m entre chaque pour laisser la lumière traverser la CANOPÉE afin d’alimenter en photosynthèse la végétation se trouvant au sol. Par oppositions et concurrences les arbres de différentes variétés finissent par se toucher éliminant la photosynthèse au sol et par conséquent garder une certaine fraîcheur.CONNAISSEZ-VOUS CES 2 ARBRES ?- le GAROÉ, arbre des Canaries captant l’humidité de l’air jusqu’à faire pleuvoir..- le QUEÑUAL, arbre des Andes pouvant pousser jusqu’à 5000m d’altitude.Les incendies sont inévitables et causés 9 fois sur 10 par la foudre. OBJECTIF : – RALENTIR la propagation d’un incendie.- RÉDUIRE l’onde expansive du largage de l’eau par les Canadairs Qui voudrait avoir la gentillesse concernant les plantations forestières de débattre sur les sujets suivants :- Identifier les coûts à l’hectare entre débroussailler ou réduire sensiblement la végétation au sol par la diversification des plantations afin de diminuer la photosynthèse au niveau du sol.- Calculer l’onde expansive du largage de l’eau par les CANADAIRS dans l’exploitation forestière monovariétale et celle d’une FORÊT DE FEUILLUS DIVERSIFIÉE.À SAVOIR :Pour que 2 arbres de la même variété ne se retrouvent l’un à côté de l’autre dans une plantation forestière il faut un minimum de 7 variétés.Maintenant placez vos quilles à 1 m l’une de l’autre sur trois rayons un à 5m, 10m et l’autre à 20m.Lâchez votre sac à 50 m de haut et observez ..Répétez l’opération en plaçant vos quilles de manière qu’elles se touchent sur chaque rayon et observez…

pierre jean pyronnet, Philosophie comestible

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On partage ces images pour au moins 3 raisons.
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D’abord, on a pas encore eu l’occasion de le dire, mais on soutient les médias locaux, et particulièrement le maillage de télévisions publiques sous le feu du démantèlement voulu par la ministre MR Galant. La télé publique c’est important, la télé de proximité c’est ce qui soutient le mieux les territoires, rend le mieux compte de ce qui s’y vit. Clairement, dans les nombreuses manifestations locales des mois de mai et juin derniers, c’est à ces télés locales qu’on doit le meilleur suivi. C’est pas une médaille qu’on leur remet, c’est un constat qu’on pose. Rendre compte d’un mouvement social de cette importance est difficile pour un media public centralisé. Rendre compte des multiples initiatives, évolutions d’une société en mouvement aux prises aux transformations profondes dues tant au réchauffement climatique, à la perte de biodiversité, qu’à l’effondrement voulu par certains des services publics (pensons ici à la carte des hôpitaux présentée il y a quelques temps par Vandenbroucke par exemple), l’inadaptation constante des offres de transports publics, la violence sociale des exclusions du travail, le maillage économique fragile des milieux ruraux etc. Etc etc… Et bien, ce service public est honni de ceux qui ne veulent pas voir, pire encore, de ceux qui ne veulent pas qu’on se voit nous même.
En passant, rappelons cette étude (https://www.nature.com/articles/s41558-024-01925-3) qui statue deux choses importantes. Primo, une large majorité de la population mondiale soutient une action résolue et forte contre le réchauffement climatique et ses corolaires, secundo une majorité parmi celle-ci sous estime totalement l’adhésion de la population à ces mesures. On comprend vite pourquoi certains veulent limiter notre prise de conscience de nous même.
(Oui, là, on assume une position idéologique contre une autre, et on assume aussi ne pas croire une seconde que les choix « budgétaires » ne sont pas autre chose que des priorités fixées à un pseudo consensus du business as usual alors que, littéralement, le monde brûle.)
La seconde raison pour laquelle on diffuse ces images, et bien, on vient de la dévoiler: ça brûle, un peu partout, de plus en plus près, de plus en plus intensément, et collectivement, on est pas prêts. On ne l’est pas dans les moyens alloués, on ne l’est pas dans les réponses de gestion du territoire, dans les préparations de la population et, pire encore, dans le renforcement des capacités de réaction. On a vu aussi début juillet la grogne des agents de la DNF, dont la mission est de surveiller et adapter ce territoire, justement. On l’a vu aussi dans la grève des pompiers Bruxellois, dont les moyens devaient se voir rabotés alors que , là aussi, et en milieu urbain d’ailleurs, les incendies et alertes sanitaires liées aux canicules n’ont fait que se multiplier. 2200 morts! Une surmortalité de 2200 personnes cet été, et le décompte est loin d’être fini, et particulièrement en Wallonie et à Bruxelles! Et face à ça, le déni encore une fois.
Enfin, le déni a bon dos. Quand le déni s’installe, il devient une politique du laisser mourir. Quand celle-ci se cache derrière des contraintes budgétaires dans un pays riche où certains profitent de tous les allègements fiscaux possibles, il devient difficile de ne pas y voir l’aboutissement d’une mentalité du tous contre tous, du chacun pour soi, et du sacrifice consenti des « surnuméraires ».
Oui, oui, c’est bien de ça qu’on parle, puisqu’il faut mettre les mots, on parle ici de ce glissement tant résistible vers le fascisme. On assume aussi ce terme, parce qu’on est vraiment pas les premiers à le dénoncer et parce qu’on continue à penser que ce n’ est pas une fatalité, et que là aussi, prendre conscience de nous même a toute son importance.
Enfin, on l’a dit, collectivement on n’est pas prêts. Les outils de la collectivité pour répondre à ces menaces sont sous dotés, et les alertes lancées sont ignorées par ceux qui, par un vilain caprice de l’Histoire, ont encore les rennes de ce pays. Encore plus idiot, les lanceurs d’alerte sont vilipendés, et sous ce post d’ailleurs, on s’attend aux habituels trolls. Mais nous ça va, non, ce qui nous importe c’est que quand des agents de la DNF alertent, on les écoute. Quand des pompiers demandent des moyens, on les leur donne. Quand des soignants expliquent les conséquences de la précarisation de leur métier, on les soutienne et on leur permet de nous faire vivre dans ce monde au mieux possible. Et évidemment, quand des profs préviennent de ce que les réformes de l’enseignement renforcent les reproductions sociales, enferment des gosses dans des destins réduits, redessinent les frontières sociales en attribuant chacun à sa nouvelle place consentie par ceux là même qui laissent mourir.. et bien, on se saisit du sujet à la hauteur de l’enjeu.
Car oui, et c’est là la conclusion de ce long post: le véritable enjeu derrière l’adaptation à ce monde n’est pas tant la survie que le maintien de la démocratie, ce système si imparfait qu’on peut tous, toujours on l’espère, participer à le rendre meilleur. Face au repli sur soi, à la destruction des communs, à l’accaparement des ressources et au tri social des méritants, nous on répond fleur au fusil et sur la barricade: ils ne passeront pas!
Big up aux paysans qui n’ont pas oublié le sens des mots responsabilité et solidarité. (On préfère le mot paysan à agriculteur ici, parce que comme l’artisan fait l’Art, l’exerce, le paysan fait le pays.)
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#ParentsAttacks
En attendant #PaysansAttacks et #PompiersAttacks (on vous garde la place chaude)

Illustrations tirées du reportage JT TVLux, lien en commentaire.

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Le deuil climatique : Quand l’avenir ne protège plus les vivants
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Joëlle Lanteri — Psychanalyste
Il y a des deuils qui ne portent pas encore le nom de deuil.
Ils ne concernent pas seulement un être disparu, un visage aimé, une maison quittée, une enfance perdue. Ils concernent un monde qui se retire sous nos yeux. Une terre qui brûle. Des forêts calcinées. Des animaux morts de soif, de feu, de chaleur, de disparition de leur milieu. Des oiseaux moins nombreux. Des insectes absents. Des saisons qui ne tiennent plus parole.
Le deuil climatique est peut-être cela : la douleur d’assister à la fragilisation du vivant sans pouvoir encore en faire un récit collectif suffisamment protecteur.
Ce n’est pas seulement avoir peur de l’avenir. C’est sentir que l’avenir lui-même devient incertain comme lieu d’accueil. Là où les générations précédentes pouvaient imaginer transmettre une maison, un métier, un jardin, une culture, une confiance minimale dans demain, beaucoup de jeunes reçoivent aujourd’hui une planète menacée, des institutions hésitantes, des discours contradictoires, des promesses molles, des étés invivables, des incendies, des pénuries d’eau, des animaux qui meurent.
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Il ne s’agit donc pas simplement d’anxiété. Il s’agit d’une atteinte du lien à l’avenir.
Quand le monde ne fait plus abri
Grandir suppose de pouvoir croire, au moins un peu, que le monde tient.
Même si l’enfance est traversée par les conflits, les manques, les blessures, elle a besoin d’un fond : une terre sous les pieds, des saisons reconnaissables, des adultes qui veillent, une promesse que quelque chose continuera après soi.
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Or l’éco-anxiété vient attaquer ce fond-là.
Elle ne dit pas seulement : “J’ai peur.”
Elle dit : “Le monde qui devait me porter est en train de se défaire.”
Elle dit : “Ceux qui devaient protéger ne protègent pas assez.”
Elle dit : “Ce que j’aime est menacé.”
Elle dit : “Comment désirer un avenir si cet avenir ne semble plus désirable ?”
Il faut entendre cette angoisse dans sa profondeur. Elle n’est pas une fragilité narcissique de jeunesse. Elle est une réponse psychique à une menace réelle. Les jeunes ne sont pas seulement plus “sensibles” ; ils sont placés en première ligne temporelle. Ils auront à vivre plus longtemps dans les conséquences de ce que les générations précédentes ont produit, toléré, nié ou repoussé.
Leur anxiété est aussi une forme de lucidité.
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Le feu comme scène traumatique
Les incendies ont une force symbolique particulière. Ils ne détruisent pas seulement des arbres. Ils dévorent des paysages. Ils transforment un lieu vivant en scène de guerre. Ils font disparaître les repères, les odeurs, les ombres, les chemins, les nids, les terriers, les bêtes lentes qui n’ont pas pu fuir.
Le feu climatique est une image presque insoutenable : celle d’un monde qui ne parvient plus à contenir sa propre chaleur.
Pour le psychisme, l’incendie produit une sidération. Il y a le visible : flammes, fumées, cendres, évacuations, maisons perdues. Mais il y a aussi l’invisible : la perte d’un sentiment de continuité. Après le feu, le paysage n’est plus le même. Il reste debout parfois, mais il n’habite plus de la même façon.
Les jeunes qui voient ces images, qui respirent ces fumées, qui entendent parler de forêts détruites, d’animaux brûlés, de terres ravagées, ne reçoivent pas seulement une information. Ils reçoivent une scène. Une scène qui peut s’inscrire comme effraction : le vivant n’est plus garanti.
La mort des animaux : douleur muette du vivant
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La mort des animaux touche une zone très archaïque de notre sensibilité.
Un animal qui meurt dans un incendie, une sécheresse, une marée de chaleur, n’est pas seulement une donnée écologique. Il est un visage sans parole. Il est l’innocence exposée. Il est le vivant qui subit sans avoir participé à la destruction.
C’est peut-être pour cela que ces morts nous atteignent si fortement. Elles réveillent un sentiment d’injustice radicale. Les animaux n’ont pas voté, pas produit, pas spéculé, pas organisé l’épuisement des sols, pas inventé les logiques de surextraction. Et pourtant ils meurent avec nous, souvent avant nous, parfois à cause de nous.
Dans la psyché, l’animal peut représenter une part vulnérable du monde : une présence qui ne parle pas mais qui témoigne. Quand il disparaît, quelque chose de notre propre humanité se trouve atteint.
La souffrance écologique passe souvent par là : par l’image d’une biche fuyant le feu, d’un hérisson écrasé par la sécheresse, d’un oiseau tombé du nid sous la chaleur, d’un poisson mort dans une eau sans oxygène. Ce sont des scènes minuscules et immenses. Elles disent : la protection du vivant a failli.
L’éco-anxiété n’est pas seulement une peur
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Il faut se méfier du mot “anxiété” lorsqu’il enferme le sujet du côté du trouble individuel.
Bien sûr, il y a de l’angoisse. Des nuits inquiètes. Des pensées envahissantes. Une difficulté à se projeter. Un sentiment d’impuissance. Mais l’éco-anxiété n’est pas seulement une pathologie à calmer. Elle est aussi un signal. Elle témoigne d’un conflit entre ce que le sujet perçoit et ce que la société continue parfois à nier.
Le jeune entend : “Il faut réussir ses études.”
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Mais il voit : “Le monde se réchauffe.”
On lui dit : “Projette-toi.”
Mais il se demande : “Dans quel monde ?”
On lui dit : “Travaille, consomme, avance.”
Mais il sent que ce modèle participe peut-être de ce qui détruit.
Cette contradiction produit une tension psychique considérable. Comment investir un avenir quand les adultes ne semblent pas suffisamment engagés à le rendre habitable ? Comment croire à la valeur du projet individuel lorsque le projet collectif paraît si fragile ?
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L’éco-anxiété devient alors une angoisse du lien social. Ce n’est pas seulement la planète qui inquiète ; c’est l’absence de réponse commune à la hauteur du danger.
Le deuil d’un avenir désirable
Le deuil climatique est aussi le deuil d’une représentation.
Longtemps, l’avenir a été pensé comme progrès. On pouvait critiquer ce progrès, en voir la violence, mais il portait malgré tout une promesse : les enfants vivraient mieux, plus longtemps, plus librement, plus protégés.
Aujourd’hui, cette promesse est profondément entamée.
Beaucoup de jeunes ne se demandent plus seulement quel métier ils exerceront, où ils vivront, qui ils aimeront. Ils se demandent si l’eau manquera, si les étés deviendront dangereux, si les forêts brûleront, si les villes seront respirables, si avoir des enfants est encore possible moralement, si la vie sera soutenable.
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Cette interrogation est vertigineuse.
Elle touche au désir même de transmission. Car désirer un enfant, désirer une maison, désirer un métier, désirer un jardin, désirer une vieillesse suppose de pouvoir imaginer un monde suffisamment stable pour accueillir ce désir. Lorsque l’avenir devient menaçant, le désir lui-même peut se contracter.
Le sujet ne cesse pas forcément de vouloir vivre. Mais il peut avoir du mal à croire que le monde veuille encore de la vie.
L’absence de protection : blessure politique et psychique
Ce qui exaspère tant, ce n’est pas seulement la catastrophe. C’est le sentiment que la catastrophe était annoncée, pensée, documentée, et que pourtant l’action demeure insuffisante.
Cette absence de protection produit une blessure particulière. Elle rappelle au psychisme infantile une scène ancienne : celle où le danger est là, visible, mais où les adultes ne se lèvent pas assez vite.
Pour beaucoup de jeunes, les générations adultes peuvent apparaître comme ambivalentes : aimantes dans l’intime, mais défaillantes dans le collectif. Elles offrent parfois des soins, de l’éducation, de l’argent, des conseils, mais elles semblent incapables d’organiser la protection du monde commun.
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D’où cette colère : vous nous aimez, mais vous nous laissez un monde abîmé.
Cette colère mérite d’être entendue. Elle n’est pas caprice. Elle est demande de tiers. Elle demande que la loi, l’État, les institutions, les adultes, les entreprises, les collectivités, se tiennent enfin du côté du vivant. Elle demande une limite posée à la destruction. Elle demande que le monde ne soit pas laissé à la seule logique de l’exploitation.
Fragilité et exaspération
L’éco-anxiété rend fragile, mais elle rend aussi exaspéré.
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Fragile, parce qu’elle touche des zones profondes : peur de mourir, peur de manquer, peur de perdre les lieux aimés, peur de ne pas pouvoir protéger les animaux, les enfants, les paysages.
Exaspéré, parce que l’inaction devient insupportable. La lenteur politique est vécue comme une violence. Les discours rassurants paraissent obscènes lorsqu’ils ne modifient rien. Les gestes individuels, bien que nécessaires, semblent dérisoires si le collectif ne suit pas.
Cette exaspération peut devenir un moteur. Elle peut conduire à militer, à créer, à cultiver autrement, à refuser certains modèles, à inventer d’autres formes d’habitat, de sobriété, de soin, de solidarité. Mais elle peut aussi se retourner contre le sujet lui-même : fatigue, retrait, cynisme, désespoir, sentiment d’être seul à sentir.
La clinique doit alors accueillir sans pathologiser trop vite. Il ne s’agit pas de dire au jeune : “Votre peur est excessive.” Il s’agit peut-être d’abord de reconnaître : “Votre peur a un objet. Votre colère a une adresse. Votre tristesse dit quelque chose de l’état du monde.”
La solastalgie : être exilé sans partir
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Il existe une douleur particulière : celle d’être encore chez soi, mais de ne plus reconnaître son lieu.
Un paysage qui change, une rivière asséchée, des arbres morts, des étés trop longs, un jardin qui ne tient plus, une mer trop chaude, une campagne silencieuse sans insectes ni oiseaux : tout cela crée un exil immobile.
On n’a pas quitté le lieu, mais le lieu s’est éloigné.
Ce deuil est discret. Il ne donne pas toujours lieu à des cérémonies. Personne n’organise de rituel pour les saisons perdues, les espèces disparues, les odeurs d’enfance qui ne reviendront plus, les étés devenus menaçants. Pourtant le psychisme a besoin de rites pour traverser les pertes.
Peut-être sommes-nous en manque de rites écologiques. Nous ne savons pas pleurer collectivement les arbres, les bêtes, les sols, les rivières. Nous passons trop vite de l’information à l’adaptation, de la catastrophe au plan technique. Mais entre les deux, il y a le chagrin.
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Et si le chagrin n’est pas reconnu, il devient angoisse ou rage.
Psychanalyse du déni climatique
Le déni climatique n’est pas seulement une erreur intellectuelle. Il peut être compris comme une défense psychique.
Reconnaître pleinement la destruction en cours oblige à renoncer à des illusions : illusion de maîtrise, de croissance infinie, de toute-puissance technique, de séparation entre l’humain et le reste du vivant. Cela oblige à accepter que notre mode de vie ait un coût, que notre confort soit parfois construit sur une dette envers les générations futures et les autres vivants.
Ce savoir est difficile à supporter. Alors certains minimisent, ironisent, repoussent, attaquent les écologistes, ridiculisent les jeunes, parlent d’hystérie, de catastrophisme, de naïveté.
Mais ce mépris protège souvent de l’effondrement intérieur.
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Il est plus facile de traiter les jeunes d’excessifs que d’entendre ce qu’ils disent : nous héritons d’un monde que vous avez aimé sans assez le protéger.
Réinventer un avenir désirable
L’enjeu n’est pas de fabriquer une espérance artificielle. Les jeunes ne demandent pas des slogans. Ils demandent des actes, des limites, des preuves, des formes concrètes de protection.
Un avenir désirable ne peut plus être seulement un avenir de consommation. Il devra être un avenir de liens, de fraîcheur, d’ombre, d’eau préservée, de lenteur retrouvée, de villes respirables, de jardins partagés, de soin aux animaux, de réparation des sols, de sobriété choisie plutôt que de pénurie subie.
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Il faudra réapprendre à désirer autrement.
Désirer non plus l’accumulation, mais l’habitabilité.
Non plus la domination, mais l’alliance.
Non plus l’expansion infinie, mais la juste mesure.
Non plus le monde comme ressource, mais le monde comme milieu vivant.
Ce changement est aussi psychique. Il suppose de sortir d’un imaginaire de toute-puissance. Il suppose de reconnaître que l’humain n’est pas au-dessus du vivant, mais dedans. Dépendant. Relié. Vulnérable.
Le soin comme réponse politique
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Face au deuil climatique, le soin ne peut pas rester seulement individuel.
Bien sûr, il faut soutenir les sujets : écouter leur angoisse, leur permettre de parler, de pleurer, de transformer la peur en action possible. Mais il faut aussi que le soin devienne une catégorie politique.
Prendre soin des enfants, c’est prendre soin de l’air.
Prendre soin des adolescents, c’est prendre soin des forêts.
Prendre soin des familles, c’est prendre soin de l’eau.
Prendre soin des animaux, c’est prendre soin de notre propre humanité.
On ne peut plus séparer la santé psychique du monde qui l’abrite.
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Une jeunesse à qui l’on demande de s’adapter à l’effondrement devient une jeunesse trahie. Une jeunesse à qui l’on donne des moyens d’agir, des adultes fiables, des institutions courageuses, des récits désirables, peut transformer son angoisse en puissance de vie.
Conclusion : pleurer, puis protéger
Le deuil climatique ne doit pas nous paralyser. Mais il doit être reconnu.
Il faut pouvoir pleurer ce qui disparaît.
Pleurer les animaux morts.
Pleurer les forêts brûlées.
Pleurer les paysages abîmés.
Pleurer les promesses trahies.
Pleurer l’avenir devenu inquiétant.
Mais pleurer ne suffit pas. Il faut protéger.
Protéger, c’est sortir du déni.
Protéger, c’est limiter ce qui détruit.
Protéger, c’est rendre l’avenir à nouveau habitable.
Protéger, c’est dire aux jeunes : votre angoisse n’est pas folle, elle nous oblige.
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Peut-être que l’éco-anxiété est le nom contemporain d’une exigence éthique : refuser de s’habituer à la disparition du vivant.
Elle nous rappelle que la sensibilité n’est pas une faiblesse. Elle est ce qui reste vivant en nous lorsque le monde brûle.
Et si les jeunes sont plus sensibles, peut-être est-ce parce qu’ils entendent encore ce que les adultes se sont trop longtemps autorisés à ne pas entendre : le vivant appelle. Il ne demande pas seulement à être admiré. Il demande à être défendu.
Art, Jethro Buck.
« La dame qui plantait des arbres »
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MCD
Le média citoyen des Dioises et des Diois
04 75 21 00 56

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