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Data Center Rovaltain : Sesterce veut tordre le droit pour imposer son datacenter dédié à l’IA, un « Projet à Impact Négatif Majeur » !
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La société Sesterce persiste dans son projet de data center dédié à l’IA, à Valence TGV, malgré la suspension de son permis de construire par le Tribunal administratif de Grenoble et cherche à contourner le droit de l’urbanisme en demandant un statut de “Projet d’Intérêt National Majeur” (PINM).
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Dans la Drôme comme dans trop d’endroits de France, le mois de juillet a été marqué par quatre épisodes de canicule et par un incendie, favorisé par la chaleur, qui a ravagé les alentours de Die pendant 15 jours. Ce même mois, la société Sesterce a annoncé s’entêter à réaliser son projet de data center dédié à l’intelligence artificielle (IA) à Valence TGV, en cherchant à contourner le droit de l’urbanisme et la justice administrative. Le collectif Assez DataCenter (Assez DC) reste pleinement mobilisé et appelle à s’opposer aux manœuvres de Sesterce.
Le 10 juillet, le thermomètre a passé la barre des 39 °C à Romans-sur-Isère, station météo la plus proche du site (1), alors même que les effets de « dôme de chaleur » de ce data center énergivore sont au cœur des préoccupations des riverain·es. C’est justement ce jour-là que le juge des référés du Tribunal administratif de Grenoble a ordonné la suspension du permis de construire du supercalculateur, émettant des doutes sur la légalité du projet et donnant provisoirement raison au collectif Assez DC Rovaltain.
« Nous allons nous attacher à regarder le fond du dossier », a commenté le maire d’Alixan (2) qui avait délivré le permis de construire : une bonne nouvelle, s’il réalise que le projet est, en réalité, contraire au plan local d’urbanisme (PLU) et doit être abandonné. Mais pas de quoi arrêter Sesterce, qui a annoncé se pourvoir en cassation auprès du Conseil d’État. Ce pourvoi ne change cependant rien en pratique pour le moment : le permis de construire reste suspendu tant que le Conseil d’État n’a pas cassé l’ordonnance du 10 juillet. Surtout, cette première victoire du collectif Assez DC laisse espérer que le tribunal administratif confirmera que le permis de construire est irrégulier, lorsqu’il se prononcera sur le fond du recours déposé en février dernier.
Il y a une semaine, Sesterce a fait savoir qu’elle réclame un régime d’exception pour son projet climaticide, puisqu’elle demande au gouvernement de qualifier ce chantier de « projet d’intérêt national majeur » (3). Ce statut de PINM, créé par la loi « industrie verte » de 2023, peut depuis la loi « sur la simplification de la vie économique » adoptée fin mai être attribué à des datacenters suite à un intense lobbying de la filière (4). Il offre rien de moins qu’un régime dérogatoire au droit commun pour contourner le droit à l’urbanisme et une partie du droit à l’environnement. En faisant cette demande, Sesterce confirme que ce statut est avant tout taillé pour des Projets à Impact Négatif Majeur.
Le collectif Assez DC dénonce les sirènes de Sesterce et cette tentative de tordre le droit pour les intérêts financiers d’une poignée d’investisseurs et seulement une quinzaine d’emplois à la clef. C’est un projet énergivore et territorialement néfaste : une évidence au moment où notre département étouffe sous la chaleur. Le collectif s’opposera à tout classement PINM et reste plus déterminé que jamais à arrêter ce projet.
Nota:
1 – Station du lycée horticole de Romans. Enregistrement disponible sur https://www.meteociel.fr/ . En juillet 2026, un jour sur trois a passé la barre des 37°C.
2 – Le Dauphiné Libéré, 10 juillet 2026 https://www.ledauphine.com/
3 – Le Dauphiné Libéré, 27 juillet 2026 https://www.ledauphine.com/
4 – « Derrière la loi « simplification », l’offensive des Big Tech et du lobby des datacenters », Observatoire des multinationales, 16 juin 2026. https://multinationales.org/
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Rappel historique : Les années 70 : l’écologie politique s’ancre en France
L’aventure commence en 1969 aux Etats-Unis sous l’impulsion de David Brower, un écologiste reconnu. A l’époque, les associations de protection de la nature ou de l’environnement existent, mais il manque une organisation qui chercherait à combattre la nature profonde des atteintes environnementales, et à lier enjeux environnementaux et justice sociale. Les trois premiers groupes des Amis de la Terre voient le jour aux Etats-Unis, en Angleterre et en France.
C’est le navigateur, écrivain et journaliste Alain Hervé qui propage la greffe en France, soutenu par des figures aussi connues que les ethnologues Claude Levi-Strauss et Théodore Monod. En 1971 paraît le premier numéro du “Courrier de la Baleine”, le journal qui pendant des années servira de référence pour diffuser les idées écologistes en France.
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Les premiers mots des Amis de la Terre dans la Baleine
“Contester une évolution qui semble plutôt considérer l’Homme comme un obstacle à un développement économique et scientifique sans loi, ni finalité. Et militer pour une civilisation qui reconnaisse que la source de notre énergie et le modèle de notre équilibre se trouvent dans la nature dont nous sommes issus et à laquelle nous appartiendrons toujours. C’est ce que font les Amis de la Terre. »
Très vite, l’organisation s’attaque à de grands sujets de société et contribue à donner corps à l’écologie en France : campagne contre le commerce des fourrures animales, lutte contre le nucléaire, défense des espaces verts urbains ou campagne internationale pour un moratoire sur la chasse à la baleine (dont le projet “Jonah” va donner naissance à la création de Greenpeace France en 1977). Les Amis de la Terre France participent également à la formation de la fédération internationale Friends of the Earth International, réseau présent aujourd’hui dans 72 pays et qui réunit plus d’un million et demi de membres sur cinq continents.
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L’opposition au nucléaire
La lutte contre l’énergie nucléaire fut l’une des campagnes phares des débuts des Amis de la Terre. En 1971, de grandes manifestations s’opposent à l’implantation de nouveaux réacteurs : 1 500 personnes le 12 avril devant le chantier de Fessenheim, 15 000 personnes le 10 juillet devant le réacteur de Bugey. En 1973, les Amis de la Terre et leurs alliés appellent à un moratoire sur le nucléaire. Deux ans plus tard, 25 000 personnes défilent dans Paris. En parallèle, une expédition est lancée en 1973 pour se rendre en bateau jusqu’à l’atoll de Mururoa pour empêcher les essais nucléaires militaires atmosphériques.
Malgré la mobilisation citoyenne, la France s’entête dans son obsession nucléaire et se lance dans le prototype de réacteur Superphenix, qui s’avérera être une débâcle industrielle. L’Etat, quant à lui, réprimera sévèrement la contestation populaire. Le 31 juillet 1977, 60 000 personnes venues de toute l’Europe manifestent à Malville, mais sont violemment repoussées par les forces de l’ordre. La mort du manifestant écologiste Vital Michalon sous les coups des CRS marquera durablement le mouvement écologiste.
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L’implication politique
Le jeune mouvement écologiste n’avait jusqu’alors aucune existence sur les bulletins de vote. Les Amis de la Terre décident aux présidentielles de 1974 de soutenir la première candidature écologiste incarnée par l’agronome René Dumont. Il obtiendra 1,32 % des voix, mais le mouvement sera lancé : l’écologie est désormais un enjeu politique. Le choix de rester dans une position de contre-pouvoir citoyen ou d’incarner une force politique partisane animera les débats des Amis de la Terre pendant près d’une décennie, certains militants se détachant de l’association pour fonder le parti politique des Verts en 1983 (dont Yves Cochet), tandis que l’un des portes-parole, Brice Lalonde, entrera au gouvernement en 1988 avant de créer lui-même un parti, Génération Ecologie. Les Amis de la Terre se recentrent alors sur leurs activités associatives et leur rôle de contre-pouvoir.