Sélectionner une page

Incendie dans le Diois : le feu a progressé ce samedi, plus de 400 pompiers et militaires engagés

.

À Bellegarde-en-Diois, samedi 8 août, le feu a encore progressé dans le massif du Claps. Au total, 320 hectares ont brûlé. Au sol, les 350 sapeurs-pompiers ont été renforcés par des militaires. Trois hélicoptères  ( et zéro canadairs) ont aussi multiplié les largages.

.

Thomas Zimmermann
.

Après avoir dévoré 60 hectares supplémentaires en 24 heures entre jeudi 6 et vendredi 7 août, portant à 300 hectares la surface totale brûlée depuis lundi 3 août, le feu dans le massif du Claps, à Bellegarde-en-Diois, n’avait pas évolué dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 août. En cette matinée du sixième jour de lutte, 350 sapeurs-pompiers, dont 207 renforts extérieurs, étaient encore engagés sur ce sinistre.

.

Des militaires spécialisés en renfort

Après cette brève accalmie, le feu a, sous l’effet de la chaleur samedi après-midi, connu plusieurs reprises actives sur différents secteurs du chantier. Elles ont été traitées par les moyens aériens et terrestres qui ont bénéficié encore de renforts. Trois hélicoptères bombardiers d’eau ont appuyé les sapeurs-pompiers mobilisés sur le sinistre.

Le dispositif a également été renforcé par des militaires de la Section militaire de renfort intégrée (SMRI) spécialisés dans le traitement des lisières ainsi que par le DIH-N (Détachement d’intervention héliporté national), une unité spécialisée de la Sécurité civile qui lutte contre les feux de forêt dans des zones escarpées. Au total, 408 personnels ont été engagés pour combattre les flammes. Et autant de bénévoles…

À l’heure du bilan, vers 18 heures, le feu avait encore dévoré un peu plus de forêt samedi, avec une surface brûlée estimée à 320 hectares.

.

Des planeurs et un parapentiste ont survolé la zone de feu

Par ailleurs, jeudi 6 et vendredi 7 août, des planeurs en provenance des Hautes-Alpes puis un parapentiste ont été signalés en train de survoler la zone de feu, alors que des hélicoptères et un avion multipliaient les rotations pour effectuer des largages. La préfecture de la Drôme tient à rappeler que ces survols, particulièrement dangereux pour tous, sont interdits.

En France, la publication d’information aéronautique (AIP) rappelle qu’il est interdit de survoler les zones de feux de forêt en cours de traitement à une distance horizontale inférieure à 5 milles marins (5 NM, soit environ 9,3 km) et à une hauteur inférieure à 1 500 mètres (5 000 pieds).

.

Le site du Plantier, entre Luc-en-Diois et Poyols, accueille les sapeurs-pompiers. Photo V.J.

« Depuis deux jours, nous faisons un appel aux dons » : la solidarité active pour soutenir les sapeurs-pompiers

.

Comme lors du feu de Die au mois de juillet dernier qui a parcouru 4 200 hectares et qui est toujours placé sous surveillance, la solidarité est encore très active dans le Diois pour soutenir les sapeurs-pompiers engagés sur le feu de Bellegarde-en-Diois.

Le site du Plantier, domaine intercommunal situé entre Luc-en-Diois et Poyols, issu de l’acquisition d’un ancien centre de vacances par la communauté des communes du Diois, accueille tous les soirs jusqu’à 300 sapeurs-pompiers.

« Le site du Plantier abrite le PC cuisine et le PC médical. C’est un espace de trois hectares, qui est sécurisé. Les pompiers viennent se restaurer avec des repas confectionnés sur place, dormir, prendre une douche… », explique Valérie Joubert, vice-présidente de la communauté des communes du Diois et maire de Poyols, qui coordonne le site. « C’est terrible ce qui se passe dans le Diois, le réseau de bénévoles engagés pour Die, a été réactivé », souligne-t-elle.

Valérie Joubert poursuit : « Depuis deux jours, nous faisons un appel aux dons pour alimenter ce que nous appelons les points de collations mis en place dans les différents villages. Ils sont installés au plus près des secteurs où sont mobilisés les pompiers pour gagner du temps. Tous les jours, de 9 heures à midi, devant les magasins Intermarché et U express à Die, nous collectons des gâteaux et fruits secs, des barres de céréales, des compotes à boire, des chips, du jus de fruit, des petites bouteilles d’eau… »

.

Thomas Zimmermann pour le Dauphiné Libéré.
.

L’écologie, bouc émissaire facile de ceux qui n’ont rien vu venir…

.

Le Monde

La colère et l’exaspération face aux dégâts causés par les incendies et autres catastrophes climatiques est légitime. Mais elles devraient porter sur l’insuffisance de l’action collective, et non servir à réécrire l’histoire.

Il faut une certaine audace pour reprocher aux écologistes les canicules et les incendies. C’est pourtant le curieux procès qui s’installe dans une partie du débat public, après un été où les effets du changement climatique se sont imposés avec une brutalité inédite dans la vie quotidienne des Français. Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures météorologiques, en 1900. Après deux épisodes de canicule en juin, la France est désormais confrontée à de gigantesques incendies de forêt et à une sécheresse inquiétante.

.

Critiquer les écologistes n’a rien d’illégitime. Certains de leurs responsables ont parfois péché par dogmatisme, sous-estimé les contraintes économiques ou sociales de certaines transitions et défendu des solutions dont le pragmatisme était discutable. Mais il y a quelque chose d’édifiant à vouloir leur faire porter la responsabilité des conséquences d’un dérèglement climatique dont ils avaient, depuis des décennies, annoncé les dangers.

C’est pourtant le tour de passe-passe auquel se livre une partie de la droite et de l’extrême droite. Après avoir longtemps relativisé le réchauffement, contesté certaines de ses conséquences ou dénoncé l’écologie comme une idéologie « punitive », voilà que les mêmes découvrent les vertus de la lucidité climatique. Le dérèglement est désormais reconnu, puisqu’il est impossible de le nier. Mais, plutôt que de s’interroger sur les raisons pour lesquelles le pays n’a pas suffisamment réduit ses émissions de gaz à effet de serre, ni préparé les infrastructures, ils préfèrent désigner ceux qui ont sonné le tocsin.

.

Indécence politique

La manœuvre vise à surfer sur la colère réelle des Français. Comment accepter que des écoles, des logements, des villes entières, des forêts, des infrastructures énergétiques ou de transport restent aussi vulnérables, alors que leur inadaptation était prévisible ? L’exaspération est légitime. Mais elle devrait porter sur l’insuffisance de l’action collective, non servir à réécrire l’histoire de ceux qui ont contribué à retarder la mobilisation.

Après un incendie, à Lanton (Gironde), le 29 juillet 2026.

Après un incendie, à Lanton (Gironde), le 29 juillet 2026. 
.

Il faut surtout se méfier de cette « lucidité » retrouvée, qui ne porte que sur les conséquences. Déplorer incendies et canicules tout en évitant soigneusement de parler d’atténuation du changement climatique revient à traiter la fièvre sans s’intéresser à la maladie. L’adaptation est indispensable, mais elle ne doit pas dispenser de poursuivre les efforts de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Plus nous tardons à agir sur ce levier, plus l’adaptation sera coûteuse, douloureuse, voire impossible.

Le plus troublant est que les attaques les plus virulentes viennent précisément de ceux qui ont longtemps expliqué qu’il ne fallait ni bouleverser nos modes de vie ni « culpabiliser » les Français. Les mêmes découvrent aujourd’hui les dégâts qu’ils contribuaient hier à minimiser. Plus qu’une contradiction, c’est une forme d’indécence politique.

.

Le véritable débat devrait porter sur les décennies perdues, les investissements ajournés et les arbitrages laissés en suspens. Il devrait surtout s’articuler autour de la double urgence à laquelle nous sommes confrontés : adapter la France au changement climatique qui s’impose comme une réalité physique, économique et sanitaire, sans pour autant relâcher nos efforts sur l’atténuation. Faire des écologistes des boucs émissaires permet de nourrir la colère et les frustrations. Mais cela ne prépare en rien la France aux défis qui sont devant elle.

Edito du journal  :  Le Monde.

 

.

 

Poster le commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *