La station des saisies dans le Beaufortain : une transition en trompe-l’oeil ! La montagne terrain de jeux imbéciles !
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Jean CORNELOUP, Sociologie des cultures sportives et des territoires de pratique / Universitaire – UFR STAPS Clermont-Ferand / Conférencier sport, transition récréative et territoires / Expertise et développeur de projets récréatifs
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La station des saisies dans le Beaufortain : une transition en trompe-l’oeil !
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Aujourd’hui, la transition après la vague au développement durable est dans l’air du temps. Toutes les stations se doivent d’afficher la couleur et d’engager une démarche transitionnelle. Mais le font-elles vraiment ? La station des Saisies a obtenu le label Flocon vert en lien avec Mountain Riders. Un cahier des charges est défini pour obtenir ce label. Une logique normative s’applique à partir de critères qualifiés (https://lnkd.in/ecmrneyZ).
La question qui reste posée concerne la place accordée aux cultures récréatives dans la qualification de ce label. Elle n’existe pas !!!! Pour Mountain riders, cette notion n’est pas reconnue dans la continuité des principes historiques du développement durable !!! Alors que celle-ci est fondamentale pour engager une transition récréative significative. Sinon, on corrige les imperfections à la périphérie du système mais pas le noyau dur qui concerne le projet culturel et le marquage culturel des pratiques récréatives présentes dans la station.
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Dans la station des Saisies, la dominante estivale aujourd’hui est du côté d’un parc ludique et vertigineux qui fait de l’indoor (les pratiques au sein de la station) la dominante de la scène récréative : Bike park, structures gonflables, pumptrak, city stade, Mountain Twister, piste de karting (luge’n’troll), piscine ludique couverte,… Comme on « affiche » avec fierté que les cultures sportives modernes (compétition, terre de champions, championnats, parcours spécifiques,…) sont au coeur du projet station. Ici, la montagne est un « terrain de jeu illimité », transformant le tableau critique de samivel en référence symbolique de leur territoire !
La place aux pratiques éco-récréatives est secondaire, celles ancrées dans le territoire en lien avec la qualification d’un marquage culturel spécifique. Toutes les pratiques sportives (indoor) se retrouvent à l’identique dans toutes les stations, amplifiant la normalisation de la montagne. Tant que Mountain Riders ne changera pas le contenu de son cahier des charges pour introduire une étude des formes culturelles, aucune transition récréative et territoriale ne sera possible !!! La rubrique actuelle de leur cahier des charges (dynamique culturelle et sociale) est à revoir radicalement !! L’enjeu du monde à venir concerne les relations ontologiques à la montagne ! Tout un programme…
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Aujourd’hui, la dominante est du côté de la montagne « parc de loisir » (https://lnkd.in/e2uyNFZN) pour répondre à une demande d’activités disponibles (Sociologue Rosa) et rapidement consommable. Alors que l’enjeu transitionnel nécessite de revoir radicalement le contenu des cultures récréatives pour donner de la présence à l’habitabilité des montagnes. Tant que la surface dominera la conception des pratiques, pas de transition possible !
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jean CORNELOUP, Sociologie des cultures sportives et des territoires de pratique / Universitaire – UFR STAPS Clermont-Ferand / Conférencier sport, transition récréative et territoires / Expertise et développeur de projets récréatifs
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Association ADRETS
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Merci pour cette analyse qui pose une question essentielle : que cherche-t-on réellement à faire évoluer lorsqu’o parle de transition en montagne?
On peut réduire les impacts, améliorer les mobilités, l’énergie, la gestion des déchets, multiplier les critères et obtenir des labels… tout en laissant intact le cœur du système : notre représentation de la montagne, ce que nous attendons d’elle et la relation que nous entretenons avec elle.
La question des cultures récréatives rejoint ainsi directement celle des imaginaires. Une montagne pensée comme un espace où il faudrait sans cesse ajouter des activités, garantir leur disponibilité et intensifier l’expérience proposée ne raconte évidemment pas la même relation au territoire qu’une montagne considérée comme un milieu de vie, fait d’attachements, de limites, d’interdépendances et de ressources dont il faut collectivement prendre soin.
C’est là que la notion d’habitabilité apporte une boussole intéressante : » quelles activités, quelles pratiques et quels récits contribuent réellement à maintenir la montagne habitable (pour les habitant.es, les touristes mais aussi le vivant) ?
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