Santé : Vagues de chaleur : le bilan provisoire grimpe à plus de 7 000 morts depuis le début de l’été ( probablement le double )…
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14 500 morts en Allemagne, 4500 en Espagne, 7 300 en France… Des records de surmortalité en Europe liés aux canicules atteints cet été…
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Alors que plusieurs pays européens viennent de connaître leur printemps le plus chaud jamais enregistré, plus de 200.000 personnes sont décédées des suites de la chaleur en Europe au cours des quatre dernières années seulement, a indiqué jeudi l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, qui appelle les pays à mieux protéger la population contre les effets de la chaleur. (ONU)
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Les pays d’Europe ont enregistré de nombreux records de surmortalité en lien avec les canicules de l’été 2026. Que ce soit pour les autorités sanitaires de l’Espagne, la France ou l’Allemagne, tous ont recensé des milliers de morts en excès, directement liés à la chaleur.
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1 243 décès en excès toutes causes ont été constatés pendant la période de canicule du 3 au 22 juillet, a annoncé mercredi Santé Publique France. Ce bilan encore provisoire porte à plus de 7 000 décès l’excès de mortalité constaté lors des vagues de chaleur successives cet été.
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Où s’arrêtera le décompte des morts de l’été ? Après 5 764 décès excédentaires* enregistrés du 17 au 30 juin, lors de la première canicule de l’été à l’intensité « exceptionnelle », s’ajoutent désormais 1 243 décès en excès enregistrés lors de la deuxième, du 3 au 22 juillet, a annoncé mercredi Santé Publique France. Cette vague de chaleur a concerné 78 départements, soit 78,5 % de la population hexagonale. Son intensité était moins marquée que celle de juin, mais elle reste remarquable « par sa durée et son étendue géographique », a noté lors d’un point presse Sébastien Denys, directeur Santé-Environnement-Travail chez Santé Publique France.
En y ajoutant les 300 morts constatés en excès lors du premier épisode de chaleur du 24 au 28 mai par l’institut de santé publique, cela porte désormais à 7 267 le nombre de morts en excès cet été – et donc possiblement liés aux fortes chaleurs. Ce bilan est encore provisoire : une nouvelle vague de chaleur vient tout juste de s’achever et cette estimation se base sur « les certificats de décès qui sont remontés jusqu’à mardi et qui comprennent environ 80 % de l’ensemble des certificats de décès qui sont remontés au cours de cette période », a précisé Sébastien Denys. À ce jour, ces décès sont dits « toutes causes confondues », ce qui signifie qu’ils n’ont pas encore été officiellement imputés à la chaleur. Une estimation consolidée, ainsi que la part directement attribuable à la chaleur, est attendue à la fin de la saison estivale.
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« Signal assez notable de décès à domicile »
Entre le 3 et le 22 juillet, cet excès de mortalité toutes causes a été constaté chez toutes les classes d’âge à partir de 45 ans. Mais « les trois quarts des décès ont eu lieu chez les plus de 75 ans », note le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist. 917 décès en excès ont été constatés au sein de cette classe d’âge sur cette période. Lors de la vague de chaleur du 17 au 30 juin, l’excès de mortalité avait été constaté dès l’âge de 15 ans.
Les décès toutes causes ont augmenté pour « tous les types de lieux » : 51 % dans les établissements hospitaliers, 25,9 % à domicile et 18,5 % en Ehpad/maisons de retraite. Mais ces indicateurs sont à prendre avec précaution : des décès en Ehpad peuvent être traduits comme des décès à domicile, et un décès peut avoir lieu en établissement de santé après une exposition à domicile. Santé Publique France observe d’ailleurs « un signal assez notable de décès à domicile ».
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La région Pays-de-la-Loire la plus touchée
L’excès de mortalité a par ailleurs concerné toutes les régions de France, à l’exception de la Corse, moins touchée par l’épisode de chaleur. Mais toutes n’ont pas payé le même tribut. Avec 236 morts en excès du 3 au 22 juillet, la région Pays-de-la-Loire est la plus touchée (+21,4 %). Les régions Auvergne Rhône-Alpes (163 morts en excès), Bretagne (152 morts), Île-de-France (141 morts) ont aussi été très touchées.
À l’échelle des départements, c’est l’Orne qui enregistre le pourcentage de surmortalité relative le plus élevé (supérieur à 50 %). Le Maine-et-Loire, la Haute-Savoie et le Lot ont aussi une surmortalité supérieure à 25 %, selon les données publiées par Santé Publique France.
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Une étude sans précédent pour une canicule silencieuse
Cette étude marque une étape clé dans la compréhension de l’impact du réchauffement climatique sur la mortalité humaine. Pour la première fois, les chercheurs ont combiné des données météorologiques, démographiques et sanitaires afin de quantifier directement la part des décès imputable à l’activité humaine. Le principe repose sur une comparaison entre deux mondes possibles. D’une part, nous avons le monde dans lequel nous vivons, marqué par plus d’un siècle d’émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, nous avons un monde hypothétique où ces émissions n’auraient pas existé. À partir de modèles climatiques et épidémiologiques, les scientifiques ont simulé les températures qui auraient été atteintes sans réchauffement anthropique, puis estimé le nombre de décès qui en aurait résulté.
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Ce croisement inédit entre climatologie et santé publique a permis d’isoler l’effet de l’augmentation des températures liée aux activités humaines. L’analyse, menée dans le cadre du réseau World Weather Attribution, se distingue également par sa rapidité. Quelques jours après la fin de la canicule, les résultats étaient déjà accessibles. Ils permettent ainsi de fournir des évaluations quasi en temps réel. Ben Clarke, climatologue à l’Imperial College, insiste sur l’importance de cette approche. Elle révèle une menace largement invisible, affectant des milliers de personnes dans l’intimité de leur domicile ou des hôpitaux. Ce travail pionnier souligne l’urgence d’intégrer concrètement la santé au cœur des politiques climatiques.
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Des chiffres alarmants qui dépassent d’autres catastrophes
Le bilan de cette canicule place donc l’Europe face à une réalité glaçante, que beaucoup ne voulaient pas voir. La chaleur extrême tue désormais bien davantage que des catastrophes soudaines et spectaculaires. À titre de comparaison, les inondations de Valence en 2024 avaient coûté la vie à 224 personnes. Celles de 2021 en Allemagne, Belgique et Pays-Bas avaient fait 243 morts. Ici, une seule vague de chaleur, concentrée sur dix jours et douze villes, a provoqué 2 300 décès, dont 1 500 directement imputés à l’élévation des températures d’origine humaine.
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Les résultats de l’étude mettent en évidence une hiérarchie claire des vulnérabilités face aux vagues de chaleur. Sans pour autant exclure aucun groupe d’âge. Les personnes de plus de 65 ans sont les plus touchées, représentant 88 % des décès attribués au réchauffement climatique. Ce sur-risque s’explique par plusieurs facteurs : le vieillissement naturel des organes, une moins bonne régulation thermique, et la prévalence élevée de maladies chroniques comme les affections cardiovasculaires, respiratoires ou métaboliques. Ces pathologies réduisent la capacité de l’organisme à supporter des températures élevées, en particulier lors d’épisodes prolongés.
Mais les scientifiques insistent : les dangers de la chaleur extrême ne se limitent pas à cette tranche d’âge. « Une hausse de seulement 2 ou 3 °C peut être une question de vie ou de mort pour des milliers de personnes », souligne Ben Clarke.
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Les travailleurs en extérieur, les habitants des logements mal isolés et les personnes sans accès à la climatisation figurent également parmi les profils à risque. Le phénomène des « nuits tropicales » accentue le problème. Lorsque les températures nocturnes restent supérieures à 20 °C, le corps humain ne bénéficie pas du repos nécessaire pour se remettre du stress thermique accumulé le jour. En juin dernier, certaines régions d’Espagne ont connu jusqu’à 24 nuits tropicales. Un record qui illustre la difficulté croissante à protéger la santé publique dans un climat en mutation.
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* Le nombre de décès excédentaires est calculé à partir de la comparaison entre le nombre de décès observé sur la période et le nombre de décès attendus par modélisation.
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Réactions :
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