Les décideurs européens pensaient pouvoir déréguler les pesticides à l’abri des regards.
Ils se sont trompés.
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8 Français sur 10 rejettent les autorisations illimitées de pesticides (8) et des centaines de milliers de citoyens européens se sont mobilisés pour empêcher que des produits toxiques ne soient autorisés à vie dans les champs, au mépris de l’environnement et de notre santé.
Et nous avons obtenu des avancées.
Les semaines à venir seront déterminantes pour faire tomber le texte omnibus pesticides. Avec votre aide, nous allons accentuer la pression avec une deuxième vague de mobilisation massive, coordonnée avec plus d’une centaine d’associations françaises et européennes.
Faites un don maintenant pour nous aider à continuer le combat et empêcher l’agrochimie de démanteler les garde-fous qui protègent les pollinisateurs et l’ensemble du Vivant.
Nous l’avions lu entre les lignes, nous en avons désormais la preuve :les lobbys de l’agrochimie ont téléguidé les négociations sur le texte européen Omnibus qui menace de déréguler massivement les pesticides en Europe (1).
Une réforme qui pourrait donner des autorisations à vie à des pesticides dangereux et de nouvelles dérogations à des substances interdites en raison de leur danger avéré pour l’environnement et la santé (2)(3).
Pour justifier ce projet alarmant, la Commission européenne invoque deux prétextes : l’évaluation des pesticides prend trop de temps et il faudrait accélérer la mise sur le marché des produits moins toxiques (4)(5).
Mais au lieu de renforcer les moyens pour assurer que tous les dossiers soient traités sans retard et avec le même niveau de sécurité…
… La Commission a choisi une autre voie : celle des lobbys de l’agrochimie.
Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’ONG Corporate Europe Observatory montre comment la Commission et ses alliés répondent et dépassent même les pires demandes des industriels de l’agrochimie (6) :
>> La firme Bayer-Monsanto et le lobby de l’agro-industrie Copa-Cogeca demandent des autorisations de vente pour 20 ans minimum ? La Commission leur accorde des pesticides autorisés à vie. Un fonctionnement qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, même dans des pays totalement laxistes en matière de pesticides comme les Etats-Unis ;
>> Les mêmes lobbys défendent le principe « pas d’interdiction sans solution » pour retarder tout retrait de pesticides, y compris les plus toxiques ? La Commission le grave dans le texte ;
>> L’agrochimie demande d’élargir à toute l’Europe les dérogations pour des pesticides interdits, censées être accordées localement et uniquement en cas d’impasse technique grave ? Les rapporteurs du texte au Parlement européen reprennent cette proposition que même la Commission n’avait pas retenue !
Ces copier-coller scandaleux des demandes des lobbies n’ont rien d’étonnant : les eurodéputés rapporteurs ont eu une dizaine de rendez-vous avec des représentants de l’agro-industrie (7), zéro avec des associations environnementales et de santé qui défendent pourtant l’intérêt général.
Et la Commission européenne a gardé secret son projet d’autorisations illimitées de pesticides pendant des mois, sauf pour l’agrochimie.
Face aux moyens considérables des fabricants de pesticides, la mobilisation citoyenne est notre meilleure arme.
Trop de décideurs pensent encore que la complexité du dossier suffira à décourager les citoyens. Ils se trompent :
>> 83 % des Français exigent le maintien des réévaluations périodiques des pesticides (8).
Et nous sommes déterminés à faire résonner ce message jusqu’aux plus hautes instances européennes.
En quelques semaines, vous avez envoyéplusieurs centaines de milliers de mails aux eurodéputéspour leur demander de voter contre ce texte (9). Le week-end dernier, plus de 60 rassemblements ont été organisés partout en France.
C’est un puissant mouvement citoyen de fond qui a fait reculer à deux reprises les partisans de la dérégulation :
>> Le Conseil de l’Union européenne, qui regroupe les Etats membres, a refusé d’accorder des autorisations illimitées à la majorité des pesticides dans sa version du texte (11).
>> Et le Parlement européen, sous la pression citoyenne, a reporté des votes décisifs prévus en octobre face à l’ampleur des désaccords entre eurodéputés.
Nous avons réussi à ouvrir une brèche, mais rien n’est joué.
Le texte reste catastrophique et les prochaines négociations peuvent encore faire basculer son contenu.
Grâce à votre soutien, nous allons lancer une deuxième phase de mobilisation encore plus massive que la première.
Nous allons organiser des réunions publiques partout en France pour alerter un maximum de citoyens du danger que fait peser ce texte sur leur santé, celle des agriculteurs et sur les pollinisateurs ; et nous rassembler en masse à Strasbourg le 24 novembre pour interpeller directement les eurodéputés là où ils travaillent (12).
Mais nous ne pourrons pas continuer à mener ces actions sans votre soutien.
S’il vous plaît, aidez-nous à alerter un maximum de citoyens sur les dangers de cette dérégulation pour les abeilles, les pollinisateurs et notre santé, et à poursuivre notre mobilisation pour obtenir le retrait définitif de ce texte !
Grâce à votre soutien, nous avons réussi à fissurer le projet de l’agrochimie et de la Commission européenne.
Nous avons obtenu ces avancées par notre pression sans relâcheauprès de toutes les institutions françaises et européennes, avec le soutien des citoyens, des scientifiques et d’élus, en lien avec de nombreuses autres associations (13).
Pour que la France s’oppose aux autorisations illimitées et à l’affaiblissement de l’évaluation de nouveaux pesticides au sein du Conseil, nous avons contacté tous les ministères (14) pour les alerter sur les dangers de ce texte et leur proposer des solutions alternatives pour résorber les retards d’évaluation des pesticides.
Notre action a payé (15).
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Le 30 septembre, le Conseil a décidé :
De réserver les autorisations illimitées aux seules substances à faible risque ;
De ne pas octroyer de facilités d’autorisations aux pesticides de biocontrôle s’ils ne sont pas considérés « à faible risque » ;
De rejeter l’autorisation tacite d’un produit dans un État si celui-ci ne répond pas dans un délai de quatre mois.
Ces avancées n’ont pas manqué de faire réagir les défenseurs de la dérégulation.
Nos adversaires pro-pesticides se sont empressés de réagir à ces maigres garde-fous arrachés au Conseil (16).
La Commission européenne avait déjà accusé les États membres de « vider le texte de sa substance » lors des négociations (17).
Le lobby de l’agrochimie Phyteis a même organisé une conférence de presse pour rappeler ses exigences aux décideurs. Un fait rare pour un lobby qui préfère agir dans l’ombre (18).
Ces contre-attaques sont la preuve que nous gênons leur travail de démantèlement des protections existantes.
Nous devons continuer à nous battre pour faire tomber les autres dispositions inacceptablesque le Conseil a conservées.
Notre travail a aussi porté ses fruits auprès des députés européens.
Nous leur avons détaillé chaque mesure et leurs dangers, afin qu’ils puissent déposer des amendements pour les contrer et imposer de nouveaux garde-fous.
Et ils nous ont écoutés : en juillet, plus de 1 500 amendements ont été déposés sur le texte par des parlementaires.
Pour convaincre un maximum d’entre eux de voter contre le texte, nous avons lancé une grande offensive citoyenne avec une centaine d’organisations alliées en France et en Europe :
Plus de 500 000 citoyens des 27 Etats de l’Union européenne, exigeant que leur santé et l’environnement priment sur les intérêts de l’agrochimie, ont envoyé un message à leurs députés (19) !
Et plus de 500 scientifiques ont écrit à la présidente du Parlement européen pour demander une étude indépendante sur les impacts sanitaires et environnementaux du projet avant les votes (20)(21).
Les défenseurs du texte se sont retrouvés face à une opposition qu’ils n’avaient pas anticipée. Ils ont été dépassés par le nombre d’interpellations reçues.
Les rapporteurs se sont heurtés à une difficulté très concrète : impossible de traiter les 1 500 amendements déposés dans les délais qu’ils avaient prévus.
Et le rapporteur du groupe de droite PPE assume mal sa collaboration avec l’extrême droite pour obtenir une majorité.
Fin septembre, le Parlement européen a annoncé que les votes prévus le 5 octobre en commission et fin octobre en plénière étaient reportés aux mois de novembre et décembre.
Ils nous ont donné davantage de temps pour alerter les citoyens. Et nous comptons bien en profiter.
Si nous gagnons des batailles sur ce texte complexe, c’est par le travail de fond mené grâce
aux dons. Sans dons, nous n’aurions pas pu passer des centaines d’heures sur ces actions.
Pour continuer le combat, nous dépendons uniquement de votre soutien. POLLINIS ne reçoit aucune subvention. Notre indépendance repose entièrement sur les milliers de donateurs qui soutiennent notre travail.
S’il vous plaît, aidez-nous à continuer le travail d’alerte et de mobilisation indispensable pour réussir à stopper cet omnibus et empêcher le déversement à vie de pesticides toxiques dans nos champs !
Pour imposer leurs idées, les industriels de l’agrochimie jouent sur deux tableaux.
D’un côté, ils se cachent derrière les entreprises produisant des substances peu nocives pour l’agriculture en s’associant avec elles au sein de l’association internationale pour le “biocontrôle” (22)…
… Et font croire qu’ils veulent désormais eux aussi favoriser la vente de substances peu nocives : par exemple, des phéromones qui brouillent les signaux des papillons et les empêchent de se retrouver pour se reproduire (23).
L’idée semble prometteuse : évaluer prioritairement ces substances permettrait aux agriculteurs de les utiliser à la place de certains pesticides chimiques.
Mais dans le même temps, les industriels de l’agrochimie réclament la même priorité d’évaluation et des autorisations illimitées pour leurs pesticides chimiques destructeurs.
Undouble discoursde Phyteis qui cherche à obtenir tous les avantages pour ses produits chimiques (24).
La position de POLLINIS est claire : la priorité est d’organiser la sortie de notre dépendance aux pesticides chimiques et TOUS les produits doivent passer par une évaluation stricte avant d’être mis sur le marché.
Quels que soient les produits, nous resterons une vigie pour la survie des abeilles et des pollinisateurs, aux côtés des agriculteurs qui travaillent avec le Vivant.
Aidez-nous à faire tomber ce texte à la solde des industriels de l’agrochimie, et à continuer de défendre la biodiversité et notre santé à tous !
(14) Le ministère de la Transition écologique, le ministère de la Santé, le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le Secrétariat général aux affaires européennes et la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne.
(17) Session du Conseil de l’UE, Prise de parole de la Commission européenne, 22 septembre 2026. Le commissaire européen chargé de la simplification estime que le Conseil de l’UE et le Parlement sapent ces efforts. Il a notamment dénoncé une « baisse de l’ambition » de l’omnibus sécurité alimentaire, les travaux du Conseil s’orientant vers une position plus modérée que celles défendues par la Commission et le Parlement.
(24) En conférence de presse, le président de Phyteis a rappelé les demandes de son lobby. Plutôt qu’une priorisation des procédures pour le biocontrôle, qui risquerait de se faire « au détriment du conventionnel », le lobby demande aussi un « circuit dédié ». Contexte, le 8 octobre 2026.