Drôme : Ce prince du Monténégro qui veut s’inspirer de la Biovallée en matière de transition écologique
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« La Biovallée à une longue tradition d’ échange avec des territoires aux dynamiques de transitions écologiques. Les Biodistricts. Une centaine de communautés s’inscrivent dans cette initiative dans une association INNER. IN.N.E.R.fait référence à l’International Network of Eco Regions (Réseau international des écorégions). Un Bio-district est un accord formel établi sur un territoire géographique donné entre des agriculteurs biologiques, des citoyens, des administrations publiques, des opérateurs touristiques et des associations. L’objectif est de gérer durablement les ressources locales en se basant sur le modèle de production et de consommation biologiques.
- Gouvernance participative : Il ne s’agit pas uniquement d’agriculture, mais d’une synergie complète combinant l’alimentation (filières courtes, cantines scolaires bio), l’économie locale et l’aménagement du territoire.
- L’origine : Le tout premier Bio-district au monde a été créé en 2004 en Italie, dans la région du Cilento (Campanie). Le Cilento reste le laboratoire historique de ce projet et a été récompensé à l’échelle européenne. Puis en Drôme la Biovallée s’est inscrite dans cette dynamique.
- Expansion internationale : Porté par le réseau IN.N.E.R., le modèle s’est largement diffusé. L’Europe compte aujourd’hui plus de 170 bio-districts (avec une forte présence en Italie, au Portugal, en France, en Autriche) et le modèle s’étend désormais à d’autres continents comme l’Asie (Chine, Corée du Sud)
- Accompagnement technique : Fournir une assistance et des outils méthodologiques aux collectivités qui souhaitent fonder leur écorégion.
- Certification & Outils dédiés : Création d’un système d’évaluation qualitative des impacts environnementaux et sociaux, mise en place d’un Passeport des Bio-districts pour promouvoir le tourisme éco-responsable, et gestion d’un registre international de techniciens spécialisés
- Plaidoyer politique : Promouvoir des réformes politiques en faveur de l’agroécologie auprès des instances nationales et européennes. »
MCD

Candidat à l’Union européenne, ayant inscrit la protection de l’environnement au cœur même de sa Constitution, le Monténégro est attaché à la transition écologique et sociétale. Le prince du Monténégro Nikola Petrović Njegoš poursuit ces enjeux par le biais de la fondation qui porte son nom, en particulier au travers du tourisme régénératif et de la médiation scientifique et artistique… Il vient de nommer, comme conseiller et représentant auprès des partenaires français, Frédéric Lamantia, maître de conférence à l’Université catholique de Lyon et habitant d’Aouste-sur-Sye, dans la vallée de la Drôme.
Né en Bretagne, le prince Nikola Petrović Njegoš est l’arrière-petit-fils du dernier souverain du Monténégro, le roi Nicolas 1er, contraint de quitter son pays (qui allait être annexé par la Serbie) en 1916. Il a découvert cette hérédité en 1989. Depuis 2011, il est reconnu par l’État monténégrin comme chef de la Maison royale du Monténégro, avec un statut officiel lui conférant un rôle de représentation au sein de la République. Avant de le rencontrer, Frédéric Lamantia, avait fait la connaissance du cousin du prince, un tintinophile croisé lors d’une conférence qu’il avait donné sur les territoires musicaux dans l’œuvre d’Hergé. Dans celle-ci, la Syldavie n’est autre que le Montenegro et le sous-marin inventé par le Professeur Tournesol est inspiré par ceux de l’ex-base yougoslave de la baie de Kotor.
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S’inspirer de la rivière Drôme
« Je suis chargé d’assurer le suivi des projets, notamment celui du jumelage de la rivière Drôme et de la Tara, transfrontalière, qui sera la base d’actions écologiques et territoriales concrètes », résume l’enseignant en géopolitique, qui se réjouit de pouvoir apporter à ses étudiants des retours d’expérience et une ouverture directe sur les défis contemporains.
« Le prince, qui est en contact avec ses pairs, souhaite créer un réseau de petits pays sur le thème du “soft power”, poursuit le Drômois. Il veut développer un tourisme éthique dans le nord du Montenegro, en même temps que des activités humaines viables basées sur les circuits courts, en s’inspirant de la Biovallée. Il milite pour une autonomie dans tous les domaines, en particulier le développement durable, dans un pays marqué par une grande diversité ethnique et religieuse. » Il ajoute : « Il se sert de sa fonction pour faire avancer l’intérêt général. Il veut que les habitants puissent bien vivre sur leur territoire. »
En juin dernier l’enseignant a reçu le prince à son domicile, lui faisant rencontrer des acteurs du territoire et découvrir la cave coopérative de Die, la filière des plantes aromatiques ainsi qu’un élevage de chèvres. D’ici quelques mois, une rencontre se déroulera sur place, avec les acteurs monténégrins. « L’ambassadrice de France est à fond pour ce projet, qui nécessiterait des fonds européens », complète Frédéric Lamantia.
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