Les Fusillés de La Chapelle-en-Vercors…
Refuge pour ceux qui, en 1940, ont entendu » l’Appel du 18 Juin » lancé depuis Londres par le Général de Gaulle, La Chapelle en Vercors est emportée dans la tourmente de la lutte clandestine, dès septembre 1942 (Ambel). Comme dans tous les points stratégiques, de la » Citadelle Naturelle du Vercors » la Résistance s’organise. Les « Combattants de l’Ombre » maquisards venus d’ailleurs et Chapelains exécutent les ordres du » Plan Montagnards », en liaison radio avec Londres et Alger.
L’armée allemande décidant de prendre d’assaut les maquis situé dans le Massif du Vercors, elle entreprend deux actions, le 21 juillet 1944 : l’accès en planeurs à Vassieux-en-Vercors et l’assaut du site au sol, par le Col du Rousset. Alors que La Chapelle-en-Vercors est envahie par l’armée allemande, la population locale est regroupée sur la place principale.
À la Chapelle-en-Vercors, les soldats recherchent armes et résistants. Ils exigent la collaboration du maire Élie Revol et du curé Pitavy. Ces derniers refusent.
Le 25 juillet 1944, les soldats allemands incendient une centaine de maisons.
Le 25 juillet, seize jeunes hommes sont arrêtés et regroupés dans la cour de la ferme Albert. Ils seront exécutés le soir même, lors de l’incendie du village.
La répression de l’armée allemande contre le village de La Chapelle-en-Vercors, dans le cadre de l’élimination des maquis du Vercors, entraîna les 25 et 26 juillet 1944 la mort de 32 personnes (au total), civils massacrés, dans leur immense majorité.
Pour La Chapelle, l’année terrible sera 1944. C’est d’abord, en Avril, une incursion de la Milice; puis 3 mois après commencera la lente agonie d’un village traqué de toutes parts. A partir du 12 Juillet, le territoire est bombardé et mitraillé sans relâche par les avions de la Luftwaffe basés sur l’aérodrome de Valence-Chabeuil. Bombes explosives et bombes incendiaires détruisent environ le quart des maisons. Les habitants terrorisés se cachent dans la forêt.
Le 25 Juillet, venant de Vassieux où ils avaient été aéroportés, des éléments de choc de la Waffen SS arrivent à La Chapelle qui va vivre des heures hallucinantes. La journée de traque est suivie d’une longue, très longue nuit pour la partie de la population enfermée dans le bâtiment de l’école étroitement gardé par les combattants nazis. Nuit d’apocalypse qui s’écoule lentement à la lueur des flammes jaillissant de l’immense brasier du village incendié. Nuit rythmée par le crépitement lancinant d’un mitraillage répétitif…
Puis vient l’aube tragique qui découvre les corps de seize otages abattus dans la cour de la ferme Albert… Une commune à feu et à sang, des maisons qui ne sont plus que cendres et murs calcinés. Mais surtout, la stupeur muette devant la mort brutale de trente-deux habitants âgés de 5 à 82 ans… Les dernières victimes du massacre seront, le 7 Août 1945 cinq enfants du hameau de Gagnaire arrachés à leurs jeux par l’explosion d’une grenade » abandonnée » là, par des combattants que hantait déjà le spectre de la défaite. Pour les survivants déchirés entre amertume et désarroi, la vie s’écoule pesamment jusqu’au 15 Août, date à laquelle l’annonce du débarquement allié en Provence, fait s’enfuir les troupes d’occupation.
Des maquis se mirent en place à partir des derniers mois de 1942 dans tout le massif du Vercors. L’annonce du débarquement de Normandie entraîna l’arrivée massive de centaines d’hommes. A la mi-juillet, près de 4 000 Résistants étaient dans le Vercors, soit la plus importante concentration de la région.
A partir du 12 Juillet 1944, le territoire fut bombardé et mitraillé sans relâche par les avions de la Luftwaffe venant de l’aérodrome de Valence-Chabeuil. Ce fut en particulier le cas de La Chapelle-en-Vercors où l’usage de bombes explosives et incendiaires détruisit environ le quart des maisons, obligeant les habitants terrorisés à se cacher dans les forêts alentour. Puis dans la crainte de voir arriver des troupes en nombre important à partir des terrains d’aviation en cours de construction, le commandement allemand lança le 21 juillet 1944 une opération aéroportée contre le village de Vassieux-en-Vercors. 200 hommes issus en grande partie du Fallschirm-Kampfgruppe « Schäfer », furent aéroportés de Lyon-Bron à Vassieux par des planeurs remorqués par des Dornier-17.
Dans le même temps des troupes allemandes furent chargées d’encercler et d’investir le Vercors. A partir du 23 juillet, les unités allemandes commencèrent le ratissage du massif progressant vers Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors où se trouvaient, avec La Chapelle-en-Vercors, les principaux postes de commandement du maquis (à La Chapelle-en-Vercors était installé le tribunal militaire du maquis).
Le 25 juillet 1944, des unités venant de Vassieux où ils avaient été aéroportés, et appartenant vraisemblablement au groupe Schäfer (des chasseurs parachutistes de la 7ème compagnie de Kampfgeschwader et avec eux des volontaires issus des pays de l’Est d’une Ostlegionär Kompagnie) occupèrent La Chapelle-en-Vercors. Les soldats pillèrent le village, massacrant isolément des civils, détruisant et incendiant 160 des 200 maisons. Dans la soirée, ils rassemblèrent la population qu’ils divisèrent en trois groupes, par sexe et par âge : les femmes et enfants, les hommes âgés de plus de 40 ans et les hommes de 17 à 40 ans (au nombre de 16). Le groupe des femmes et enfants et celui des hommes âgés furent rassemblés dans les écoles. Celui des hommes de 17 à 40 ans, servait d’otage. Dans la nuit, vers 2 h du matin, les 16 hommes furent abattus dans la cour de la ferme Albert. A l’aube, la population découvrit dans la cour de la ferme dont les bâtiments finissaient de brûler, les corps des seize jeunes, criblés de balles et achevés à la grenade. Leurs corps furent enveloppés dans des draps et ensevelis l’après-midi même.
Le 25 juillet 1944, officiers et soldats allemands occupent La Chapelle-en-Vercors. En fin d’après-midi, les nazis procèdent à l’arrestation des habitants qui sont rassemblés en trois groupes par sexe et par âge : les femmes et enfants, les hommes âgés de plus de 40 ans et les hommes de 17 à 40 ans. Le groupe des femmes et enfants et celui des hommes âgés sont rassemblés dans les écoles. Vers 2 h du matin, retentissent des explosions, puis on voit monter des flammes. Tout à coup, on entend des rafales de mitraillettes et des coups de revolver, puis quelques explosions venant du côté de la ferme Albert toute proche où les jeunes ont été conduits. Au petit jour, le silence laisse deviner que les Allemands ont disparu. Les gens découvrent dans la cour de la ferme dont les bâtiments finissent de brûler, les corps des seize jeunes, enchevêtrés, criblés de balles et achevés par quelques grenades. Les restes des seize jeunes sont enveloppés dans des draps et ensevelis dans l’après-midi.
Liste des seize jeunes hommes massacrés : Alloard Jean, Bouvet Aimé, Bayoud René, Bénevène Pierre, Borel Georges, Chabert René, Fontanabona Jules, Fontanabona Nello, Morin Paul, Rochas Robert, Rolland Léopold, Rolland Maurice, Rome Fernand, Revol Roger, Saint-André Philippe, Sitarz Stanislas.
Noms des otages et leur âge
| Nom | Âge |
| Jean Allouard | 18 ans |
| Aimé Bouvet | 17 ans |
| René Bayoud | 19 ans |
| Pierre Benevène | 36 ans |
| Georges Borel | 37 ans |
| René Chabert | 18 ans |
| Jules Fontanabona | 23 ans |
| Nello Fontanabonna | 20 ans |
| Paul Morin | 19 ans |
| Robert Rochas | 19 ans |
| Léopold Rolland | 19 ans |
| Maurice Rolland | 17 ans |
| Fernand Rome | 37 ans |
| Roger Revol | 28 ans |
| Philippe Saint-André | 35 ans |
| Stanislas Sitarz | 38 ans |
Contexte historique
La commune de la Chapelle-en-Vercors a subi, à plusieurs reprises, les exactions des troupes allemandes, notamment le bombardement du 14 juillet et les massacres des 25-26 juillet 1944.
La Médaille de la Résistance Française a été attribuée à la commune par un décret du 15 octobre 1945, paru au J.O. du 20 octobre. Seules, 18 collectivités territoriales ont reçu cette distinction : Béthincourt (Meuse), Brest (Finistère), Caen (Calvados), Caniac-du-Causse (Lot), La Chapelle-en-Vercors (Drôme), Lyon (Rhône), Marsoulas (Haute-Garonne), Meximieux (Ain), Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), Nantua (Ain), Nouvelle-Calédonie, Oyonnax (Ain), Plougasnou (Finistère), Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère), Île-de-Sein (Finistère), Tavaux (Aisne), Terrou (Lot), Thônes (Haute-Savoie). 
La Chapelle-en-Vercors, « L’un des centres de la Résistance du Vercors, pendant plusieurs mois. A hébergé d’importants services de l’armée du maquis. A souffert en mars 1944 du passage des forces ennemies. Violemment bombardée par aviation le 14 juillet, occupée par l’ennemi du 25 juillet au 10 août, a eu seize de ses habitants lâchement fusillés dans une cour de ferme, plusieurs autres massacrés isolément, et la totalité de ses maisons sauvagement brûlées. A donné un exemple magnifique de patriotisme. Restera dans l’histoire une commune martyre. » (texte de la citation).
22 unités militaires ont eu la même attribution. Parmi elles, la brigade de Gendarmerie de la Chapelle-en-Vercors, par un décret du 14 juin 1946, paru au Journal officiel du 11 juillet, a été la seule en France à recevoir la Médaille de la Résistance Française.
La brigade « s’est particulièrement distinguée par l’aide apportée à la Résistance. Négligeant les risques encourus, elle ne transmet pas ou avec retard, ou déformées, les informations pouvant entraîner des représailles (diffusion de tracts, parachutages). En liaison constante avec les divers maquis stationnés dans sa circonscription, les avertit des opérations projetées par les Allemands et les Miliciens, les informe des mouvements des troupes ennemies. La Brigade participera au déménagement et à la mise à l’abri d’un dépôt d’armes. Elle participera activement à un parachutage de nuit.
Le 9 juin 1944, la Brigade rejoint les Forces Françaises de l’Intérieur et participe à la défense du Vercors.
Le 28 juillet, le Gendarme Édouard Hervé, blessé, est fait prisonnier. Il sera fusillé. L’Adjudant René Garcin et le Gendarme René Célérien seront décorés de la Croix de Guerre pour services rendus à la Résistance. »
En 1943, le général de Gaulle qui ne se reconnaît pas encore le droit de conférer la Légion d’honneur décide, par l’ordonnance n° 42, du 9 février, de créer une nouvelle décoration destinée à ceux qui se sont distingués dans la lutte pour la libération du pays, c’est la Médaille de la Résistance Française. 
Elle ne sera plus attribuée à compter du 1er avril 1947 (décret du 16 janvier 1947), sauf pour « les déportés et internés de la Résistance, fusillés ou morts en déportation ou au cours de leur internement ou décédés des suites des blessures ou des maladies contractées ou aggravées du fait de leur déportation ou de leur internement… ».
La Croix de guerre a également été attribuée à la commune de La Chapelle-en-Vercors.
Nota : Pour La Chapelle, l’année terrible sera 1944. C’est d’abord, en Avril, une incursion de la Milice; puis 3 mois après commencera la lente agonie d’un village traqué de toutes parts. A partir du 12 Juillet, le territoire est bombardé et mitraillé sans relâche par les avions de la Luftwaffe basés sur l’aérodrome de Valence-Chabeuil. Bombes explosives et bombes incendiaires détruisent environ le quart des maisons. Les habitants terrorisés se cachent dans la forêt.
Le 25 Juillet, venant de Vassieux où ils avaient été aéroportés, des éléments de choc de la Waffen SS arrivent à La Chapelle qui va vivre des heures hallucinantes. La journée de traque est suivie d’une longue, très longue nuit pour la partie de la population enfermée dans le bâtiment de l’école étroitement gardé par les combattants nazis. Nuit d’apocalypse qui s’écoule lentement à la lueur des flammes jaillissant de l’immense brasier du village incendié. Nuit rythmée par le crépitement lancinant d’un mitraillage répétitif…
Puis vient l’aube tragique qui découvre les corps de seize otages abattus dans la cour de la ferme Albert… Une commune à feu et à sang, des maisons qui ne sont plus que cendres et murs calcinés. Mais surtout, la stupeur muette devant la mort brutale de trente-deux habitants âgés de 5 à 82 ans… Les dernières victimes du massacre seront, le 7 Août 1945 cinq enfants du hameau de Gagnaire arrachés à leurs jeux par l’explosion d’une grenade » abandonnée » là, par des combattants que hantait déjà le spectre de la défaite. Pour les survivants déchirés entre amertume et désarroi, la vie s’écoule pesamment jusqu’au 15 Août, date à laquelle l’annonce du débarquement allié en Provence, fait s’enfuir les troupes d’occupation.
Dans un premier temps, réfugiés dans des abris de fortune, les sinistrés logeront ensuite pendant six années dans des baraquements, où l’eau gèle dans les cruches et où les meubles octroyés par le Secours National, doivent être protégés par des toiles imperméables dans la mesure où le papier goudronné qui recouvre les toitures résiste mal aux intempéries.
Enfin, le 28 Juin 1948, en présence du Préfet, a lieu la cérémonie officielle de la » Pose de la Première Pierre » du village à reconstruire. C’est l’ingénieur en Chef Albert Pietri, qui supervise les travaux des 9 architectes en charge de la reconstruction. Et dès l’année 1950, des habitants abandonnent les logements provisoires pour emménager dans leurs maisons neuves.
Claude Veyret (avec Jean Sauvageon)
Lecture : » Juillet 44 , Parachutistes allemands dans le Vercors » par Jan Volker Schlunk, édition Privat 2017