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Vassieux-en-Vercors rend hommage au compagnon Hubert Germain

Vassieux-en-Vercors rend hommage au compagnon Hubert Germain

HISTOIRE ET MEMOIRE – Cinq communes françaises ont le titre de Compagnon de la Libération. À Vassieux-en-Vercors par exemple, les habitants ont à cœur de faire vivre le devoir de mémoire.

À l’entrée du village, 187 croix blanches rappellent le passé tragique de Vassieux-en-Vercors (Drôme) et de tout un massif. « C’est environ 1000 personnes qui y ont perdu la vie, 800 combattants et 200 civils », raconte un habitant. La population protégeait les maquisards par leur silence et leur permettait de se ravitailler. C’étaient des actes héroïques pour Gilbert, car son père a été tué par un soldat allemand en juillet 1944.
Dans ce village martyr de 330 habitants, le maire, Thomas Ottenheimer, souhaite aujourd’hui impliquer les jeunes dans la transmission de l’Histoire. « Tous ceux qui ont résisté se sont battus pour défendre et restaurer les valeurs de notre République. Je crois que notre devoir, c’est de réussir à faire vivre ces valeurs », dit-il.
À Vassieux-en-Vercors, un musée accueille 30.000 visiteurs chaque année. Il a été créé par un résistant décédé en 2010. La mémoire reste présente. Elle prend juste une autre forme.

Mort d’Hubert Germain : Vassieux-en-Vercors, village martyr de la Drôme, dernier flambeau de la mémoire

Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, s’est éteint le 12 octobre 2021, à l’âge de 101 ans. Un pan de l’histoire de la Résistance disparaît mais cinq communes « compagnons » gardent le flambeau de la mémoire, dont le village martyr de Vassieux-en-Vercors.
En août 1945, la commune de Vassieux, située à plus de 1000 mètres sur le plateau du Vercors est devenue la quatrième commune à être honorée du titre de compagnon de la Libération après Nantes, Grenoble et Paris et avant l'île de Sein.
En août 1945, la commune de Vassieux, située à plus de 1000 mètres sur le plateau du Vercors est devenue la quatrième commune à être honorée du titre de compagnon de la Libération après Nantes, Grenoble et Paris et avant l’île de Sein.

Il y a un peu plus de 77 ans, la commune drômoise de Vassieux-en-Vercors était le théâtre d’un tragique épisode de la 2e guerre mondiale. La ville a été détruite et des civils massacrés par les Allemands.

Pour ces faits de Résistance et en hommage aux victimes, en août 1945, le village a reçu le titre de « Commune Compagnon de la Libération » de la main du Général de Gaulle. Quatre autres communes ont été élevées à ce titre : Paris, Nantes, Grenoble et l’Île de Sein. Elles ont la charge de garder le flambeau de la mémoire.

Passant souviens-toi…

Le 21 juillet 1944, des avions militaires allemands s’attaquent à Vassieux-en-Vercors, la commune est quasiment détruite, 73 civils sont massacrés. Dans la rue principale, un mur porte les noms de ceux qui sont restés sur place, confiants malgré la menace d’une attaque imminente ou trop âgés pour se réfugier en montagne. Des civils sont massacrés sans pitié.

Vassieux-en-Vercors, village martyr de la deuxième guerre mondiale
Vassieux-en-Vercors, village martyr de la deuxième guerre mondiale

Les habitants protégeaient les maquisards du Vercors par leur silence, leur permettaient de se ravitailler ou de communiquer avec les Alliés. Vassieux-en-Vercors abritait aussi une piste atterrissage pour le parachutage des hommes et des armes. Situé à 1000 mètres d’altitude, le village était le principal centre de parachutage pour l’aviation alliée sur le plateau. C’est après avoir repéré cette piste que la Wehrmacht cible le village. Vassieux-en-Vercors est attaqué : des planeurs allemands débarquent des hommes chargés de nettoyer le Vercors et de pourchasser les résistants. Après l’attaque de Vassieux, les combats font rage dans tout le massif du Vercors, opposant 4.000 maquisards à plus de 10.000 soldats allemands. Un total de 840 résistants et civils ont péri dans ces affrontements.

L’association des Pionniers du Vercors créée une nécropole de la Résistance pour offrir une sépulture à quelques-unes des victimes. A l’entrée du village, 187 croix blanches rappellent cet épisode tragique; tout comme une carcasse de planeur exposée à l’air libre….

Vassieux-en-Vercors, ville stratégique

Le Vercors disposait pendant la Seconde Guerre mondiale de 7 terrains d’atterrissage homologués, désignés par des noms de code. A Vassieux, le terrain d’atterrissage était un vaste champ auquel on donna le nom de code « Taille Crayon ». Il fut repéré par Dalloz en mars 1943. C’est ce dernier qui imagina une utilisation stratégique du Vercors. Le terrain de Vassieux devait servir de terrain d’atterrissage et de parachutage de matériels et d’hommes. Le parachutage du 14 juillet 1944 reste le plus important dans le Vercors. Par vagues successives, 72 forteresses volantes venues de Londres larguent 864 containers. C’est le dernier parachutage dans le Vercors avant l’assaut allemand.

Devoir de mémoire

La ville possède aussi son musée de la Résistance. Il conserve près de 3.000 objets datant de la seconde guerre mondiale. Des témoignages de l’existence de l’armée des ombres et des combats sanglants qui ont fait rage dans le maquis du Vercors. Chaque année ce musée accueille près de 30.000 visiteurs. Le lieu a été fondé par Joseph La Picirella, résistant de la première heure, décédé en 2010. D’après l’association des pionniers du Vercors, seuls moins d’une dizaine de résistants locaux sont toujours en vie.  Aujourd’hui, pour le maire du village Thomas Ottenheimer, l’enjeu est d’impliquer les jeunes dans la transmission de l’histoire.

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D.Mazzola (d’après récit de Y.Kusy)

 

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