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Yasmina Asrarguis: la guerre au Moyen-Orient de nature à «redessiner les équilibres de puissance régionaux»

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Ismail Saraoui 
1 mars 2026

Chercheuse associée à Princeton et à la Fondation Jean-Jaurès, la franco-marocaine Yasmina Asrarguis, spécialiste des affaires du Moyen-Orient, décortique la situation explosive dans la région, théâtre une nouvelle fois d’un conflit armé suite à l’attaque américano-israélienne sur l’Iran.

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Yasmina Asrarguis  analyse les perspectives de paix, les obstacles se dressant devant une solution définitive et la course d’influence entre les puissances mondiales dans la région.

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Question: Au-delà des déclarations officielles, assiste-t-on aujourd’hui à une stratégie de confrontation maîtrisée entre l’Iran et les États-Unis, ou à une accumulation de lignes rouges qui augmente le risque d’un affrontement direct ou indirect dans la région ?

Yasmina Asrarguis: Sur la base des événements en cours, notamment l’escalade militaire directe entre les États-Unis, Israël et l’Iran, il est désormais impossible de décrire la situation comme une « confrontation maîtrisée » purement indirecte. La dynamique actuelle reflète plutôt une escalade stratégique ouverte, caractérisée par des opérations de grande envergure touchant des infrastructures étatiques majeures et par des ripostes concertées contre des positions militaires américaines dans les pays du Golf. Ce passage d’une conflictualité indirecte — menée historiquement par des proxies et par des actions limitées — à un affrontement interétatique direct constitue une rupture qualitative.

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Le dossier nucléaire iranien est-il encore un véritable levier de négociation entre Téhéran et Washington, ou est-il désormais relégué au second plan derrière les enjeux sécuritaires régionaux (Gaza, mer Rouge, Irak, Liban) ?

La centralité du nucléaire, qui avait longtemps structuré les interactions entre les principaux acteurs, a été surpassée par des préoccupations sécuritaires immédiates émanant du régime— notamment l’intégrité territoriale, les opérations militaires offensives et les réponses à des agressions perçues comme existentielles. En conséquence, bien que le débat sur les activités nucléaires iraniennes conserve une importance stratégique, il est désormais subordonné à des enjeux régionaux et géopolitiques plus urgents, qui dominent l’agenda des acteurs étatiques impliqués.

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Dans un contexte électoral américain et de recomposition géopolitique mondiale, l’Iran cherche-t-il à gagner du temps, à imposer un rapport de force durable, ou à préparer une sortie stratégique de l’isolement via ses alliances avec la Russie, la Chine et le Sud global ?

L’analyse stratégique de l’Iran repose sur trois dimensions complémentaires : la gestion du temps politique et militaire, l’établissement d’un rapport de force durable au niveau régional, et la recherche d’un basculement au sein du Congrès américain. L’Iran poursuit activement la consolidation d’un rapport de force sur la scène régionale, cherchant à démontrer sa capacité à riposter efficacement aux actions militaires extérieures tout en espérant mettre la pression sur les capitales arabes pour qu’elles appellent Washington à la désescalade.

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 Les frappes récentes marquent-elles un simple signal stratégique destiné à la dissuasion, ou constituent-elles un tournant susceptible de redessiner les équilibres de puissance régionaux et, au-delà, d’accélérer une reconfiguration de la géopolitique mondiale entre blocs rivaux ?

À court terme, ces opérations peuvent être perçues comme un signal de dissuasion calibré, visant à réaffirmer la capacité de riposte de l’État iranien face à des attaques perçues comme existentielles. Dans ce sens, elles s’inscrivent dans une logique classique de coercition stratégique, employant la force pour modifier les calculs adverses sans viser une victoire décisive immédiate.

Cependant, raisonner uniquement en termes de dissuasion serait sous-estimer l’impact systémique de ces actions. Les frappes ont déjà contribué à la transformation d’un modèle de confrontation indirecte en un conflit interétatique ouvert, impliquant des acteurs de premier plan et suscitant des réactions diplomatiques et militaires à l’échelle internationale. Dès lors, ces actions dépassent le simple cadre d’un signal ponctuel de nature strictement défensive : elles participent d’un tournant stratégique capable de redessiner les équilibres de puissance régionaux et de contribuer à une évolution plus large de la géopolitique mondiale, marquée par une polarisation accrue entre blocs concurrents.

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Dans votre dernier livre « Le mirage de la paix : La véritable histoire d’Israël et des pays arabes », pourquoi avez-vous choisi de parler de « mirage » ?

D’un côté, vous avez des idéologues radicaux capables de déstabiliser le « camp de la paix » au profit d’une lecture eschatologique et religieuse de la géopolitique du Moyen-Orient. Les djihadistes, les sionistes religieux, ou les évangéliques américains voient le conflit comme un affrontement apocalyptique entre les forces du bien et celles du mal. Impossible pour eux de dialoguer, c’est idéologie contre idéologie. D’un autre côté, vous avez de nouveaux acteurs hypernationalistes, pragmatiques, autour de Donald Trump, qui voient dans ce « nouveau Moyen-Orient » une opportunité économique, un marché à se répartir. Ils expliquent aux diplomates chevronnés qu’ils n’ont rien compris et promettent, à la place de la paix, la prospérité !

Un mot très fort sur le plan religieux puisque, dans le judaïsme, devenir riche est un moyen de s’élever soi-même et d’élever les autres ; en Islam, la baraka, l’augmentation du gain matériel, est un moyen d’atteindre la richesse spirituelle et la paix intérieure, et chez les évangéliques, devenir riche est la promesse d’obtenir le Graal dans l’au- delà. Mais tout cela, bien sûr, relève de la science-fiction ! Et c’est là que se dessine une fois de plus le « mirage de la paix ».

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Car cela ne peut pas marcher sur le long terme. L’une des caractéristiques fonda- mentales de ce conflit réside dans les déflagrations de violence qui suivent presque invariablement chaque accord de paix négocié sous l’égide des États-Unis depuis Camp David, en 1978. Si on ne s’at- taque pas à l’idéologie, vous aurez toujours un nouveau 7 octobre. La paix, ça ne se résume pas à signer de gros contrats en cachant le reste sous le tapis. La paix se fait entre des peuples. Et si on n’arrive pas à remporter l’adhésion des sociétés civiles, on n’y arrivera pas.

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Que veut Benjamin Netanyahou aujourd’hui ?

Il avait fait campagne sur la promesse d’une normalisation avec l’Arabie saoudite. Je pense qu’il commence à en faire son deuil et regarde vers Téhéran. Le régime des mollahs est affaibli, c’est pour lui le moment de le faire tomber, d’une manière ou d’une autre, et de conclure cette guerre en allant au cœur du système qui a conduit à idéologiser les masses, bien au-delà de la bande de Gaza, jusqu’à provoquer le 7octobre. Une victoire contre l’Iran relâcherait potentiellement la pression de son extrême droite en matière d’annexion de la Cisjordanie, une ligne rouge pour les pays du Golfe.

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Yasmina Asrarguis : Une Chercheuse Émergente dans la Géopolitique du Moyen-Orient

Yasmina Asrarguis est une chercheuse franco-marocaine reconnue pour ses contributions dans les études du Moyen-Orient, la géopolitique et la diplomatie internationale. Son travail se concentre principalement sur les Accords d’Abraham et l’évolution des dynamiques entre Israël et les pays arabes. Asrarguis est une voix montante dans le milieu académique et au-delà. Son travail lie la recherche académique aux problèmes réels de politique internationale, apportant des perspectives précieuses sur les relations mondiales et les efforts de construction de la paix.

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Jeunesse et Formation

Yasmina Asrarguis est née et a grandi à Casablanca, au Maroc, où elle a développé très jeune un fort intérêt pour les relations internationales. Sa passion pour la compréhension des dynamiques mondiales l’a poussée à poursuivre des études supérieures tant au Maroc qu’en Europe. Elle a obtenu son diplôme de premier cycle à l’Université de Bath, au Royaume-Uni, où elle s’est spécialisée dans la sécurité internationale.

Elle a ensuite poursuivi ses études avec un master à Sciences Po Paris, une institution prestigieuse, spécialisée dans la diplomatie internationale et les sciences politiques. Son parcours académique a culminé avec un doctorat à l’Université Sorbonne-Nouvelle, où elle a axé ses recherches sur les Accords d’Abraham et leurs implications pour les relations Israël-Arabes.

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Carrière et Recherche

Actuellement, Yasmina Asrarguis est chercheuse invitée Fulbright au Département des Études du Proche-Orient de l’Université de Princeton. Sa carrière académique est dédiée à l’étude des effets des récents accords au Moyen-Orient, en particulier les Accords d’Abraham, qui ont normalisé les relations entre Israël et plusieurs nations arabes.

Ses recherches doctorales se concentrent sur les complexités de ces accords, en analysant leur signification géopolitique et leurs effets à long terme sur la stabilité régionale. Son livre à venir, intitulé Israël-Palestine, Année Zéro, sera publié en janvier 2026 et examinera les alliances en évolution au Moyen-Orient.

 

 

En plus de ses recherches, Asrarguis a collaboré avec plusieurs instituts de réflexion et organisations politiques. Elle a contribué à plusieurs publications portant sur le rôle de la diplomatie internationale dans la résolution des conflits et l’intégration des pays arabes dans des cadres de coopération mondiaux.

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Expérience Professionnelle

Yasmina Asrarguis a acquis une vaste expérience professionnelle dans les domaines académique et diplomatique. Au début de sa carrière, elle a occupé des postes au sein du secteur diplomatique, travaillant aux Nations Unies et à la Présidence de la République française. Ces rôles lui ont permis d’influencer les décisions de politique étrangère liées au Moyen-Orient et aux relations internationales.

Elle a ensuite travaillé à l’UNESCO en tant que responsable des relations publiques, où elle a facilité le dialogue entre les pays arabes et européens. Son expertise dans la politique et l’académie lui permet d’offrir une perspective équilibrée sur les problèmes de sécurité mondiale, faisant d’elle une voix sollicitée dans les discussions internationales.

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Domaines de Recherche et Contributions

Les recherches de Yasmina Asrarguis couvrent plusieurs sujets clés :

  • La Normalisation Israël-Arabe : Elle étudie les ramifications diplomatiques et culturelles des Accords d’Abraham, un tournant majeur dans la politique du Moyen-Orient ayant normalisé les relations entre Israël et plusieurs pays arabes.
  • La Diplomatie Européenne : Asrarguis a étudié le rôle des pays européens dans la facilitation des négociations de paix dans la région, soulignant l’importance de l’Europe dans les futurs efforts diplomatiques au Moyen-Orient.
  • Dialogue Culturel et Éducation : Elle défend l’idée que l’éducation et le dialogue interculturel jouent un rôle fondamental dans la promotion de la paix et dans la réduction des conflits. Asrarguis estime que l’éducation au Moyen-Orient est essentielle pour parvenir à une paix durable.

Ses travaux ont été publiés dans plusieurs revues académiques, et elle contribue régulièrement à des papiers de politique publique visant à améliorer les relations diplomatiques entre Israël et les pays arabes.

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Engagement Public et Présence dans les Médias

En plus de ses contributions académiques, Yasmina Asrarguis est active dans le débat public. Elle participe régulièrement à des interviews médiatiques et à des conférences, où elle discute des subtilités de la diplomatie du Moyen-Orient, de la sécurité mondiale et du rôle de la jeunesse dans la formation des relations internationales. Ses vues sont largement respectées et elle est fréquemment invitée à prendre la parole lors de conférences et forums internationaux.

Sa présence sur les réseaux sociaux est également un élément clé de son engagement public. Elle utilise des plateformes comme LinkedIn et Instagram pour partager ses recherches, ses analyses et ses réflexions sur les questions politiques actuelles. Sa transparence et sa volonté d’engager le dialogue font d’elle une leader d’opinion précieuse dans le domaine de la diplomatie mondiale.

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Vie Personnelle et Valeurs

Bien que Yasmina Asrarguis garde une grande partie de sa vie personnelle privée, sa carrière professionnelle reflète un engagement profond envers la paix, la justice et le dialogue interculturel. Elle croit fermement que combler les écarts culturels et favoriser des dialogues significatifs entre les nations sont essentiels pour atteindre une paix durable. Son travail reflète constamment ces valeurs, alors qu’elle œuvre pour promouvoir le respect mutuel et la coopération entre le Moyen-Orient et la communauté internationale.

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Conclusion

Yasmina Asrarguis est une chercheuse et diplomate de la nouvelle génération, dont les recherches et le travail professionnel façonnent l’avenir de la diplomatie au Moyen-Orient. Son attention portée sur les Accords d’Abraham et son engagement envers la construction de la paix font d’elle une figure clé dans les paysages académique et diplomatique. Alors que sa carrière continue de se développer, elle demeure dévouée à promouvoir la compréhension entre les cultures, à influencer les politiques et à contribuer aux efforts mondiaux pour la paix.

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